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Full text of "Mémoires"

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MÉMOIRES 

DE Là 



SOCIÉTÉ D'ÉMULATION 

DU DOUBS. 



QUATRIÈME SÉRIE. 

PREMIER VOLUME. 



1865 



BESANÇON 

IMPRIMERIE DE DODIVERS ET C», 
Grande- Rue, 42. 

1866 



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tCfcK 



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290ST 005 2 2239 



MÉMOIRES 



DE 



m m 



LA SOCIETE D'EMULATION 



DU DOUBS. 



PROCÈS-VERBAUX DES SÉANCES. 



Séance du Hjantier 1865. 
Présidence de MM. Delacroix et Grenier. 



BU i 



Bureau : MM. Delacroix (Alphonse), président sortant, élu 
premier vice-président; Grenier, président élu; Vézian, premier 
vice-président sortant; Faivre, vice-secn'taire réélu; Jacques, 
trésorier réélu; Varaigne, archiviste élu; Caslan, archiviste 
sortant, élu secrétaire décennal. . 

Memrres résidants : MM. Arbey, Canel, Courletde Vregille, 
Cuenin, Dunod de Charnage, Ligier, Marchai, Pourcy de 
Lusans et Renaud (Louis). 

La séance s*ouvre sous la présidence de M. Delacroix. 

H. le président délègue Tarchiviste pour donner lecture du 
procès-verbal de la séance du 15 décembre 4864, dont la rédac- 
tion est adoptée, sauf suppression d'un mot qui est instantané-^ 
ment faite. 

Après quoi M. le président remercie la Société de la bienveil- 
lance qu'elle lui a témoignée pendant Texercico écoulé, et la féli- 
cite de la manière heureuse dont elle a formé son nouveau 
eonseil d'administration. 

a 



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— II — 

M. Grenier, en acceptant le fauteuil , assure la Compagnie de 
son dévouement sans limites aux int(^rôts de Tœuvre commune. 

M. Castan, en prenant séance comme secrétaire, dit qu'il est 
chargé par M. Weiss de remercier rassemblée du bon accueil 
fait au toast porté par M. le premier Président de la Cour impé- 
riale, à la Gn du banquet annuel de 1864. 

A la suite de cette communication, la Compagnie adopte une 
délibération ainsi conçue : 

La Société, désirant offrir un témoignage de haute sympathie 
et de vive gratitude au vénérable savant qui consacre généreu- 
sement le fruit de ses labeurs à doter notre ville d'une statue du 
cardinal de Granvelle, élit, à l'unanimité et par acclamation, 
membre honoraire, M. Weiss (Pierre -Charles), conservateur 
do la bibliothèque de Resançon , correspondant de l'Institut de 
France, oflîcier de la Légion d'honneur. 

Il est donné lecture d'une lettre de H. Tamier, de Dijon, 
réclamant une réponse au sujet do la proposition qu'il a feite de 
nous céd^r une suite des Annales de la Société enlomologique, 

La Société , confirmant sa délibération du 1 2 novembre der- 
nier, charge son secrétaire d'informer M. Tamier qu'une somme 
de 144 francs a été votée pour l'objet dont il s'agit. 

M. Delacroix communique le prospectus d'un recueil de mé- 
dailles celtiques amplifiées et reproduites par la lithographie, è 
l'aide desquelles on pourra sûrement étudier le costume national 
en usage à l'ôpoquc do la Gaule indépendante. Celte collection, 
composée de cent planches et d'un texte explicatif, a nour auteur 
M. Eugène Hucher, du Mans, et le prix de ses exemplaires ne 
s'élève qu'à la somme de vingt francs. 

La Société décido qu'elle acquerra un exemplaire de cet 
intr*rcssanl ouvrage. 

M. Caslr.n donne lecture, au nom de M. Marlet, membre 
correspondant, d'une Note sur la généalogie des Perrenot de 
Granvelle, 

La Compagnie vote l'impression de ce travail. 

M. Vézian présente un mémoire de M. Minary, ingénieur à 



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— tit — 

Tusine de Cdsatnène ot membre du conseil municipal de Be^ 
sançoQ, ayant pour litre : Sur le dégagement de chaleur dû à la 
formation des silicates; cette élude est accompagnée des creu* 
sets renfermant les résidus qui justiGent les énonciations de 
Tauteur. 

La Société vote Timpression du mémoire de Hinary, accepte 
pour ses collections les pièces justificatives de ce travail, et dé- 
cide que le savant ingénieur sera remercié, en même temps que 
prié de vouloir bien continuer à tenir la Compagnie au courant 
de ses intéressantes expérimentations. 

M. Marchai dr^clare qu'il ne perdra pas de vue, dans le char- 
gement de ses fourneaux, les renseignements fournis par le tra- 
vail dont il vient d*étre question. 

Le môme membre fait en outre la communication suivante : 

< Le procédé qui est généralement usité pour retirer l'argent 
et l'or dos vieux galons, consiste à les brûler au feu, puis à les 
soumettre à la fusion, après les avoir débarrassés autant que pos- 
sible du charbon produit par la combussion de la soie qui fait 
partie du tissu. Ce mode est toujours long et ennuyeux, parce que 
le charbon que donne la soie est d'une nature compacte, et s'in- 
cinère plus difficilement encore étant recouvert par l'argent, ce 
qui donne une fonte pétulante comme toutes les cendres char- 
bonneuses. 

> J'obtiens de meilleurs résultats et plus commodément, en 
utilisant la propriété désorganisante de l'acide sulfurique. Voici 
comment j'opère : 

> Immersion des galons dans de l'eauv jusqu'à ce qu'ils soient 
imprégnés; — Préparation, dans une terrine en grès, d*un bain 
avec parties égales d'acide sulfurique à 66* et d'eau ; — Im- 
mersion des galons dans ce bain, et agitation au moyen d'une 
tige de verre. 

» L'attaque de la soie commence immédiatement, à la faveur 
du dégiigement de chaleur que produit la dilution d^ l'acide, et 
devient complète en quelques instants. Le filigrane se trouve 
isoléi et il n'y a qu'à le laver pour l'obtenir dans un état parfait 



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— IV — 

de propreté. On peut le fondre alors sans difficulté, ou, mieux 
encore, s'en servir, comme je fais, pour la préparation de l'azo- 
tate et de la poudre d'argent. 

» Le môme acide, après avoir été décanté ou filtré sur du 
sable, peut servir h une seconde opération ; mais il devient alors 
utile do faciliter l'attaque par la chaleur. 

> Ce procédé est économique et ne donne lieu à aucune perte, 
à la condition toutefois de ne pas toucher les galons par l'acide 
sans que celui-ci soit dilué. > 

Sur la proposition de M. le président, la note qui précède est 
retenue peur le procès-verbal de la séance. 

il est ensuite décidé qu'un exemplaire de la 3* série de nos 
Mémoires sera offert à la Société de lecture do Besançon, qui 
sera désormais assimilée aux bibliothèques publiques de la pro- 
vince quant à l'envoi des volumes édités par la Compagnie. 

Sont présentés comme candidats : 

An lllre de membre réaldaBi t 

Par MM. Grenier et Caslan, M. Soudre, contrôleur de la ga- 
rantie, à Besançon, 

el k celui de membre eerrc^pendaBl t 

Par MM. Vuilleret et Bial, M. MeiUet, pharmacien et archéo- 
géologue, à Poitiers. 

n est ouvert enGn un scrutin secret sur les candidatures an- 
noncées dans la précédente séance. A la suite du dépouillement 
des votes, M. le président proclame 

Membre réaldast t 

M. LuxiftRB (.\nloine), artiste-photographe, à Besancon; 
Membres eerreapeadanU t 

MM. Bborthbrbt (Paul), rédacteur en chef de la France cen-- 
traie, àBlois; 
Cmbbly (Justin), (employés de la compagnie des 

FottuiiÉ (Pierre-Félix), r'^"^^ ^^ Franche^.omté , à 
^' VFraisans (Jura). 

Le Président, Ch. Gbbivibr. 

Le Secrétaire, A. Castan. 



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Séance du 1 1 février 1865. 
Présidence de M. Dbucroix. 

SonI présenta t 

Bureau : MM. Delacroix (Alphonse), premier vice-président; 
Jacques, trésorier; Faivre^ vice-secrétaire; Varaignst arciii- 
ristp; Castan, secrétaire. 

Membres résidants : MM. Arbey, Bial, Constantin, Courlet 
de Vregille, Delacroix (Emile), Dunod de Charnage, Ligiir, 
Marchai, Paillât, 

Le procès- verbal de la séance du 14 janvier 1865 est In tt 
adopté. 

Sur la demande du secrétaire, l'assemblée décide que doréna- 
vant les listes de dons reçus d'une séance à l'autre seront in- 
scrites à la suite et non plus dans le corps des procès-verbaux, 
afin qu'elles puissent être refondues annuellement en un seul 
tout, sans qu'il en résulte de mutilations pour les actes de la 
Compagnie. 

Le secrétaire expose ensuite les motifs qui ne lui ont pas per* 
mis de conclure l'acquisition d'une suite des Annales delà Société 
entomologique. 

L'assemblée, satisfaite de ces explications, rapporte sa délibé- 
ration du 42 novembre 1864, relative à cet achat. 

Il est donné lecture d'une circulaire ministérielle, en date du 
31 janvier 1865, informant M. le président que la distribution 
des récompenses accordées aux sociétés savantes, à la suite du 
concours de 1864, aura lieu à la Sorboiyie le samedi 22 avril 
prochain, à midi. Cette solennité sera précédée de trois jours de 
lectures publiques, les mercredi 19, jeudi 20 et vendredi 21 avril. 

Le conseil d'administration est chargé d'aviser à ce que la 
Compagnie ait des représentants à cotte réunian officieUe. . 

Comrauoicatàon est égal^mept (ait0 (fm^e ii^èà^ de Son 



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— VI — 

Excellonce M. le Ministre de rinstruclion publique, qui est ainsi 
conçue : 

« Paris» le 9 février 1865. 

> Monsieur le Président, vous m*avez fait Thonneur de m*é- 
crire, le 27 octobre dernier, pour appeler mon attention ^ur 
Topportunilé d'obtenir le classement du pont de Battant, à 
Besançon, au nombre des monuments historiques. 

> Le Comité historique, auquel j*ai communiqué votre lettre, 
s*est associé avec un vif empressement au vœu formulé par la 
Société d'Emulation. Je viens dN^crire à Son Exe. M. lo Ministre 
de la maison do l'Empereur et des beaux-arts pour lui recom- 
mander tout particulièrement cette affaire. 

» Je vous annonce en même temps, M. le Président, que votre 
travail imprimé sur les fouilles des rues de Besançon en 4863, 
a été déposé dans les archives du Comité. 

» Agréez, M. le Président, l'assurance de ma considération 
très distinguée. 

> Le Ministre de V Instruction publique, 
» Pour le Ministre et par autorisAtion : 
» Le Secrétaire général, 
» Ch. Robert. » 

La Société, vivement touchée de cette heureuse suite donnée à 
un vœu qui lui est cher, charge son président d'assurer M. le Mi- 
nistre de sa profonde gratitude. 

M. Bial informe la Compagnie que le congrès des délégués 
des sociétés savantes s'ouvrira, sous les auspices de Tlnstitutdes 
provinces, le 20 avril prochain, rue Bonaparte, à Paris. L'hono- 
rable membre propose d'accréditer auprès de cette réunion 
M. H. de Chardonnet, membre résidant, ainsi que MM. Cessac 
et Sarrette, membres correspondants. 

Cette proposition ayant été accueillie, l'assemblée décide que 
M de Chardopnet sera prié de faire au congrès un rapport sur 



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— VII — 

]es travaux de la Compagnie ; M. Bial et le secrétaire mettront à 
sa disposition tous les éléments nécessaires à ce résumé. 

La Société accepte ensuite la proposition d*échanger les vo- 
lumes à paraître de ses Mémoires avec les publications de la So- 
ciété des sciemes naturelles et médicales de Seine-ot-Oise, dont 
le siège est à Versailles. 

L*ordre du jour appelle la nomination d^une commission 
chargée do vériGerles comptes du trésorier. 

L'assemblée désigne à cet effet MM. Bial, Courlct de Yregille 
et Victor Girod. Ce dernier membre voudra bien se charger du 
rapport. 

M. le président rend compte d'un remarquable mémoire do 
M. J. Quicherat, membre honoraire, dont le but est de prouver 
que les armes résultant des fouilles faites à Alise-Sainte-Reine 
appartiennent à Tépoque des invasions du iv* siècle et n*ont rien 
de commun avec les vestiges du siège d*Âlcsia. 

L'assemblée, considérant Timportance d'un tel argument au 
au point de vue de la cause d'Alaise, émet le vœu que le travail 
dont il s*agit soit inséré dans ses publications, ainsi que la 
planche qui l'accompagne. 

H. Castan donne lecture de l'introduction et des trois premiers 
paragraphes d'un sf^ptième rapport sur les opérations delà com- 
mission des fouilles d'Alaise. Cette partie du travail est consacrée 
à établir : f " que le texte de César, précisé par les témoignages 
de Plutarque et de Dion Cassius, ne permet pas de placer ailleurs 
qu'en Séquanie la campagne qui aboutit au siège d'Alesia; 
t^qnci la presqu'île de Mantocbe ayant été pendant tout le moyen- 
dge la trouée naturelle des invasions qui descendaient du plateau 
do Langres en Franche-Comté, c'est à juste titre que M. Dela- 
croix l'a désignée comme ayant été le point de la frontière sé- 
quano-lingonne choisi par César pour entrer en Sj'quanie. 

A l'appui des expériences de M. Minary sur le dégagement de 
chaleur dû à la formation des silicates, M. Marchai fait la com- 
munication suivante : 

€ Dans notre séance du 1 4 janvier dernier, nous avons eu le plai« 



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— VIII — 

itrde receroir, au nom de M. Minary, une communication dé- 
montrant d*une manière irrécusable qu'à la naissance des sili- 
cates à bases multiples, il se produit un notable dégagement de 
chaleur, dû à Faction chimique qu'exerce la silice, jouant le rôle 
d*acide, en se co:nbinant avec les bases. 

» Partant de ce principe, M. Minarj explique la différence des 
caractères qu*afTectent les laitiers de hauts-fourneaux, connus 
sous les noms géni^riques de laitiers chauds et laitiers froids, et 
en déduit dos conséquences qui s'appliquent à la métallurgie du 
fer. 

» M'emparant de Texpérionce de M. Minary, je m'applique à en 
profiter dans une autre branche qui me conccrno, je veux dire 
le traitemont des cendres d'orfèvres : les premiers résultats ob- 
teuus ne manquent pas d'être satisfaisants. 

» Ce que Ton appelle cendres d'orfèvres est ce qu'il y a de plus 
mal déûni. Souvent elles n'ont de cendres que le nom ; c'est 
tantôt une substance inerte, tantôt une substance vitrifiable , 
tantôt une substance réfractaire qui en fait le fond. Ces dernières 
sont celles qui offrent le plus de difficultés pour être traitées, et 
il faut citer particulièrement dans l'espèce celles qui tiennent 
de la pierre-ponce. En effet, cette substance, parfaitement réfrac- 
taire au feu des fourneaux, forme, dans les creusets, une masse 
lourde et compacte qui empêche les globules métalliques de se 
réunir et de se déposer ; et ce n'est qu'avec beaucoup de temps et 
sous l'action mécanique du brassage que l'on parvient, par les 
moyens ordinaires, à rdssembUr parfaitement le métal plus ou 
moins précieux dispersé dans la pierre-ponce. En provoquant la 
formation de laitiers chauds, d'après les indications do M. Minary, 
c'est-à-dire en préparant les schichs de manière à amener la 
naissance d'un silicate polybasique, j'obtiens les résultats que 
j'ai l'honneur de soumettre à la Société. Si, dans ces échantillons, 
la ponce n'est pas combinée à l'état de vitrification, elle est au 
moins prise dans un tout homogène qui a éprouvé un certain 
degré de fluidité, ce qui remplit le but de la fonte. 

» Je contiauerai ces expériences, de manière à arrivera pouvoir 



Tf- 



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— IX — 

doQoer des formules de schichs. Présentement je me borne à 
dire qu*il est convenable de mettre en présence plusieurs sub- 
stances jouant le rôle d*acides, telles que silice, soufre, peroxyde 
éê manganèse, avec plusieurs substances jouant le rôle de bases, 
isUes que soude, potasse, fer, alumine, chaux, magnésie, ce qui 
donne lieu, à différents degrés de chaleur, à une série de com- 
binaisons et de décompositions qui tournent à Tavantage de la 
fonle. » 

La Société remercie M. Marchai, et décide que la note ci- 
dessus sera inscrite au procès-verbal de la séance. 

Sont présentés comme candidats au titre de membre résidant : 

Par MM. Delacroix (Alphonse) et Castan : 

MM. Monin, professeur d*hisloire à la Faculté des lettfes; 
Saint-Eve (Charles), serrurier-entrepreneur, à Besançon. 

A la suite d*un scrutin secret ouvert sur les candidatures an- 
oooeées dans la précédente séance, M. le président proclame : 

Membre résidant i 

M. SouDRE, contrôleur de la garantie, h Besançon ; 
E( membre cerrespoadaat : 

M. Mbillet» archéogéologue, à Poitiers. 

A propos de Télection de M. MeiUet, M. le président fait con- 
naître que cet honorable savant vient de faire don à notre musée 
archéologique d'une centaine de silex pyroniaques taillés, pro- 
renant du Poitou et mettant en évidence les procédés «iont 
usaient les hommes de Tâge de pierre pour tailler leurs armes. 

le Vice-Président, A. Delacroix. 
Le Secrétaire, A. Castak. 



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Séance du \\ mars 1865. 

PBÊSIDBlfCB DB M. GrBNIBR. 

Bubeau : MM. Grenier, président; Delacroix (Alphonse) et 
5ire, vica-présidenls ; Faitre, vice-secrétaire; Varaigne, archi- 
viste; Castan, secrétaire. 

Membres résidants : MM. Canel, Courleê de Vregille, Dela- 
croix (Ëtnile\ Dunod de Charnage, d'Esiocquois, Lancrenon, 
Lumière, Pourcheresse et Vézian. 

Le procès-verbal de la séance du \ \ février est lu et adopté, 
après la radiation de deux mots immédiatement faite. 

Le secrétaire lit ensuite : 

4* Une lettre de M. Meillet, pharmacien à Poitiers, remerciant 
la Société de Tavoir admis au nombre de ses membres, et pro- 
mettant de lui communiquer le résultat de ses fouilles et travaux 
incessants; 

2* Une lettre de la Société de lecture de Besançon notiCant un 
vote de remercîment envers la Société d'Emulation du Doubs, 
par suite de la concession d*un exemplaire de la 3* série de nos 
Mémoires ainsi que des volumes que nous éditerons ultérieure- 
ment; 

3* Une lettre de M. le colonel Sarrette, membre correspondant, 
acceptant la qualité de représentant de la Compagnie au congrès 
des sociétés savantes, et exprimant Tintention de faire son pos- 
sible pour assister au moins à Tune des réunions de cette assem- 
blée. 

A ce propos, le secrétaire fait observer que M. de Chardonnet 
n*a pas encore la certitude de pouvoir se rendre à Paris pour l'é- 
poque de la tenue du congrès de la rue Bonaparte, qu'il y a 
lieu dès lors de désigner un membre pouvant suppléer cet hono- 
rable confrère au point do vue de la rédaction d'un rapport sur 
l'ensemble de nos tr/ivaux. 




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— XI — 

La Société délègue à col effet M. Valfrey, membre correspoD- 
daot, à Paris. Avis de cette délégation supplémentaire sera donnée 
I M. le directeur de Tlnslitut des provinces. 

M. Vézian croit pouvoir assurer que M. de Fromentel, membre 
correspondant, serait disposé à preudre part aux réunions de la 
Sorbonne, en qualité de représentant de la Société d'Emulation 
du Doubs 

Conformément à la délibération du I i février, le conseil d'ad- 
ministration est chargé de s'entendre à cet égard avec M. de 
Fromentel, et de favoriser Taccomplissemcnt de son désir. 

M. Castan communique le passage suivant d'une lettre qu'il a 
reçue de M. le docteur Faivre d'Esnans, membre correspon* 
dant: 

€ Permettez -moi de vous faire part d'une légende racontée 
par les vieillards de la commune de Villers-le-Sec, village près 
de Baume-Ios-Dames. Je désire qu'elle puisse vous intéresser, et 
peut-être exciter assez la curiosité des antiquaires pour les dé- 
terminer à en tenter le contrôle. 

» Lors des invasions de Bernard de Saxe-Weimar en Francho- 
Comté, les habitants de nos campagnes, craignant que ce fa- 
rouche personnage ne mît à exécution les menaces sanguinaires 
qu'il avait faites, se réfugièrent dans les cavernes dont est criblé 
notre territoire. Les gens do Villors-le-Sec se cachèrent dans 
uae grotte dont l'ouverture, fort étroite, est au fond d'une combe 
boisée, à cinq ou six cents mètres du village; ils y portèrent sans 
doute leurs provisions et tout ce qu'ils avaient de précieux, aban- 
donnant leurs maisons au vandalisme des soldats. Ceux-ci, cher- 
chant ou les habitants avaient pu se réfugier, aperçurent à la li- 
sière du bois un enfant qui, malgré la surveillance dos parents, 
s'était échappé de la cavorno. On le poursuivit et, au moyen do 
cette piste, on découvrit le lieu ou nos pauvres paysans se 
croyaient en sûreté. N'osant s'aventurer dans l'étroit passage 
par ob l'enfant s'était éclipsé, les soMals couplèrent le bois tout 
à l'entour et y mirent le feu : de sorte que la population de la 
caverne dut périr par asphyxie. Rien n'en sortit plus tard. 



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L d. 






CtAi. 



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— xu — 

> Les anciens habitants de Villers-Ie-Sec sont donc encore là, 
car depuis on a voulu pénétrer dans la caverne sans pouvoir y 
parvenir; les lumières s'éteignaient après quelques pas de des- 
cente, ce qui a déterminé les propriétaires dos champs voisins à 
y jeter toutes les pierres qui les embarrassaient, au point que 
rentrée a été complètement obstruée. 

» Quelques ouvriers de Baume ayant entendu parler de ces faits, 
sont allés avec pioches et autres instruments, dans Tespoir de 
déboucher la caverne et d'y faire do bonnes trouvailles ; mais, ne 
sachant oU déposer les déblais, ils ont été forcés de renoncer à 
leur entreprise. 

» Le gaze acide carbonique qui éteignait les lumières il y a 
moins de quatre-vingts ans et qui nécessairement remplissait la 
grotte, doit encore y exister. Sa propriété est de conserver presque 
indéfiniment les cadavres. On pourrait donc espérer, en péné- 
trant dans cette >grotte avec Taide d*un fourneau d'appel^ d'y 
retrouver tout un mobilier du xvh* siècle, et peut-être môme des 
corps conservés à Télat de momie. » 

La Société retient la narration qui précède pour le procès- 
vorbal de la séance. 

M. Vézian analyse un mémoire sur des phénomènes d'action 
capillaire, dû à M. Minary, ingénieur à Tusine de Casamène. 

L'assemblée , accueillant avec empressement la. proposition 
d'imprimer ce mémoire, décide qu'il fera immédiatement suite 
au travail du môme auteur sur le dégagement de chaleur dû aux 
silicates: elle exprime en mâme temps le désir que ce nouveau 
texte soit accompagné d'une gravure sur bois reproduisant l'un 
des principaux phénomènes observé par M. Minary : M. Vézian 
est prié de diriger l'exécution de cette figure. 

Sont ensuite proposés pour faire partie de la Société : 

fo C«Bime membres réflldanla t 

Par MM. Delacroix (Alphonse) et Castan, M. Michel, Brice, 
décorateur des promenades de la ville ; 



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— Xlll — 

Par MM. Grenier et Constantin, M. Flagey (Camille), ingé- 
nieur civil ; 

fo coamie membres eorreapondanU i 

Par MM. Delacroix (Alphonse) et Caslan, M. le général du 
Pouey, membre du Conseil général du Doubs, à Pelousey ; 

Par MM. Bial et Caslan, M. Pécoul (Auguste), archiviste-pa- 
léographe, rue Jacob, 50, à Paris ; 

Par MM. Grenier et Castau, M. Blanche^ naturaliste, à Dole. 

Il est ouvert un scrutin secret sur les candidatures posées 
dans la précédente séance. Après le dépouillement des votes, 
M. le président proclame : 

Membres réflldaoto i 

HM. MoNiN (Henri) , professeur d'histoire à la Faculté des 
lettres ; 
Saint- Eve (Charles), serrurier-entrepreneur. 

M. le président annonce enGn que M. Marcou,* géologue des 
plus distingués, vient, après un long séjour en Amérique, de re- 
venir habiter Salins. 

La Société accueille cette nouvelle avec une vive satisfaction, 
et décide que le nom de M. Marcou reprendra son ancienne 
place dans la liste des membres correspondants. 

Le Président, Ch. Grenier. 
Le Secrétaire, A. Castin. 



Séance du S avril 4865. 

PRÊSIDBKCB DE M. DeLàCROIX. 

sent pifémentm t 

Bureau : MM. Delacroix (Alphonse), premier vice-président; 
Jacques, trésorier; Faivre, vice-secrétaire; Castan, secrétaire; 

Membres eêsidants : MM. Canel, Constantin, Delacroix 
fJiLm\le),d*Estocquais,Lhomme, Lumière et Saint-Eve (Charles). 



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— XIV — 

Le proces-verbal de la séance du \ \ mars est lu et adopté. 

L'ordre du jour appelle le rapport de la commission chargée 
d'examiner les comples du trésorier; mais M. Victor Girod, or- 
gane de la commission, étant empêché, la Société renvoie l'au- 
dition de cet exposé à sa prochaine séance. 

M. Castan communique les derniers chapitres de son septième 
rapport sur les opérations de la commission des fouilles d'Alaise. 
Il y établit que la tradition locale et les vestiges archéologiques 
sont d'accord avec les textes anciens, pour désigner le pays de 
Charsenne comme théâtre du combat de cavalerie qui précéda le 
siège d^Âlesia. 

M. Canel fait remarquer que la tradition recueillie à Char- 
senne se raconte de môme dans tous les villages environnants. 

Après quoi , la Société vote l'impression du mémoire de 
H. Castan, ainsi que celle des planches qui doivent l'accompa- 
gner. Ce vote s'appliquera également à la reproduction en gra- 
vure sur bois du taureau de bronze découvert à Avrigney, en 
4756, et qni vient d'ô^re habilement photographié par notre con- 
frère M. Lumière. 

La Compagnie remercie M. le vicomte Chiflet, propriétaire du 
taureau d'Avrigney, de ce qu'il a bien voulu consentir à la publi- 
cation de cette belle pièce dans nos Mémoires. 

Le secrétaire expose qu'il a reçu de M. le colonel Sarrette un 
nouveau travail intitulé : La question d'Alesia résolue mathé- 
matiquement en faveur d'Alaise, et que, conformément à l'ar- 
ticle 10 du règlement, le conseil d'administration a envoyé cet 
ouvrage à l'examen d'une commission composée de MBf . Bial, 
d'Estocquois et Delacroix (Emile). 

M. Delacroix (Emile) fait un rapport verbal sur l'œuvre dont il 
s'agit; il juge qu'il est intéressant pour la Société d'enregistrer 
cette solution judicieuse et originale d'une question née dans son 
sein. 

La Compagnie, adoptant cet avis, vote l'impression du travail 
de M. le colonel Sarrette, et prend à sa charge Texécution des 
doux ûgures qui y sont jointes. 




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— XV — 

M. le président fait observer que notre liste de mombres hono- 
raires ne compte que vingt noms, tandis que Tarticle 2 des sta- 
tuts autorise à porter ce chiffre à vingt-quatre. Il demande s*il n'y 
aurait pas lieu de faire deux élections dans cet ordre supérieur. 

La Société partageant celle manière de voir , le conseil d'ad- 
ministration propose immédialement la candidature de M. Henri 
Sainte-Claire Deville, membre de Tlnstitut, qui a présidé à Tor- 
ganisation dd la Faculté des sciences de Besançon et concouru 
activement à la prospérité de notre Compagnie , puis celle de 
M. Henri Martin, Thistorien national, qui prête Tappui de son 
nom et de son savoir à la défense de la cause d*Alaise. 

Cette double présentation ayant été acclamée par toute Tassis- 
tance, H. le président proclame : 



MM. DsviLLB (Henri Sainte-Claire), deTInstitut; 
Mabtin (Henri), historien. 

Sont ensuite proposés pour faire partie de la Société, comme 
membres résidants : 

Par MM. Delacroix (Alphonse) et Castan, M. Botir^on, prési- 
dent honoraire à la Cour impériale ; 

Par MM. Delacroix (Alphonse) et Jacques, M. Bellair^ vétéri- 
naire. 

Après un scrutin secret ouvert sur les candidatures annoncées 
dans la précédente séance, M. le président proclame : 

■fembreM rémldmniM i 

HM. Plaget (Camille], ingénieur civil; 

Michel (Brice), décorateur des promenades de la ville de 
Besançon; 

MeoilireM c«rrespoBdaiiU i 

MM. Do PouEY, général de brigade en retraite, à Pelousey; 
Pêcoul (Auguste), archiviste-paléographe, à Paris; 
Blanche, naturaliste à Dole. 

Le Viee-Président, A. Delacroix. 

Le Secrétaire, A. Castan. 



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Séance du i3 mai 1865. 
Présidence de M. Gbenier. 

0OBt présenlfl i 

Bureau : MM. Grenier, présiJeat; Delacroix (Alphonse), 
premier vice-présidenl ; Jacques, trésorier ; Faivre, vice-secré- 
taire ; Varaigne, archiviste ; Castan, secrétaire ; 

Membres résidants ; MM. Bial, Canel, Constantin, Delacroix 
(Emile), Dunod de Charriage, Gaudot, Ligier, Renaud (Louis) 
eiRollot. 

Le procès-verbal de la séance du 8 avril est lu et adopté. 

Sont ensuite communiquées les lettres de MM Doville et 
Henri Martin accusant réception do leurs diplômes de membres 
honoraires. 

« J'ai passé à Besançon, écrit M. Doville, une partie de ma 
jeunesse et de mon âge mûr, et mes meilleurs souvenirs se rap- 
portent à ce temps. Je suis enchanté d*ôlre quelque chose à Be- 
sançon, surtout par Télection. » 

€ J'accepte de grand cœur, dit M. Henri Martin, cette confra- 
ternité qui existait de fait entre nous avant d'exister en droit; 
vous savez toute mon affliction pour la rieille Séquanie, le pays 
peut-être le plus gaulois de France par la conservation dos tra- 
ditions, parmi ceux qui ne parlent plus la langue de nos pères. » 

Il est également donné lecture d'une lettre de M. Valfrey re- 
lative à la communication qu'il a faite au congrès des délégués 
des sociétés savantes d'un rapport sur les travaux de la Société 
d'Emulation du Doubs. « M. deCaumont, dit l'honorable délégué, 
m'en a remercié dans les termes les plus flatteurs pour vous et 
pour moi, et l'a retenu pour le faire insérer au prochain An- 
nuaire de l'Institut des protinces de France, » . 

La Société remercie M. Valfrey de l'heureux accomplissement 
de son mandat. 

L'Académie royale des sciences de Bavière demande unecollec^ 



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•*-- JtVÎI — 

tion complète do nos Mémoires et nous offre en échange : i^ Re" 
cherches sur la direction et la force du magnétisme terrestre, 
par M. Lamont, 2 vol. in-i** ; 2** Déterminations magnétiques, 
î vol. in-i*>; 3* Cartes magnétiques; 4® Annales de l'Observa- 
taire de Munich^ vol. 4 à 1 4, ia-8^ ; 5* Supplément aux Annales, 
vol. h à 4, in-8'; 6* Comptes -rendus dés séances de V Académie 
royaie des sciences de Bavière, 4860-64, 9 vol. Ces deux der- 
nières publications se continuent, et TAcadémie royale s'enga- 
gerait k nous en fournir les suites, à la condition que les volumes 
uitérieurement édités par nous lui seraient adressés. 

La Société, considérant cette proposition comme avantageuse, 
an double point de vue de Taccroissemeat de sa bibliothèque 
et de la divulgation de ses propres travaux, autorise son secré- 
taire à établir, sur les bases qui précèdent, d^s relations d'é- 
change avec l'Académie royale des sciences de Bavière. 

La Société d'archéologie, sciences, lettres et arts de Seine-et- 
Marne, à Melun, sollicite l'envoi de nos publications en échange 
des siennes. 

Cette proposition est acceptée. 

L'ordre du jour appelle le rapport de la commission chargée 
de vérifier les comptes du trésorier. En l'absence du rapporteur 
de cette commission, M. Bial, l'un des membres, présente 
l'exposé suivant : 

€ Messieurs, le compte de l'actif et du passif de la Société d'E- 
mulation, pour l'exercice 1864, a été reconnu par nous parfaite- 
ment exact; l'état dressé par M. Jacques, trésorier, est en tout 
point conforme aux documents qui constatent l'entrée et la sortie 
des sommes. 

» Nous ne pouvons que vou3 demander de sanctionner cet 
état de situation, qui établit : 

» Que les recettes se sont élevées à . . . 6,484 fr. 60 c. 

> Lesdépensesà 4,844 > 70 » 

> Ce qui laisse un excédant de 4 ,639 fr. 90 c. 

disponible au 4 «'janvier 1865. 

b 



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— XVltt --• 
» Votre commission propose de voter à H. Jacques des rô- 
merctments pour sa bonne gestion. 
» Besançon, le 1" mai 1865. 

» (Signé] CouRLBT de Vrbqillb; Paul Bial; 
Victor Girod, rapporteur. » 

La Société, adoptant les conclusions de ses commissaires, vote 
des remerctments unanimes à son trésorier. 

Le secrétaire rend un compte sommaire du concours régional 
agricole qui vient de finir et à l'organisation duquel trois mem- 
bres du conseil d'administration de cette compagnie ont contri- 
bué. Ces assises de Tagriculture ont été très imposantes et, de 
l'avis de tous les étrangers, leur installation s'est faite dans des 
conditions exceptionnelles de succès. Il est à regretter cependant 
que les produits du sol franc-comtois n'y aient pas tenu une plus 
large place. Ce résultat ne pouvait, d'ailleurs, être atteint qu'au 
moyen d'une propagande locale faite par les soins d'une corpo- 
ration à la fois active et nombreuse, telle que la Société d'Emu- 
lation du Doubs. 

La Société, partageant cette manière de voir, se propose d'of- 
frir sa coopération au prochain concours régional, et, voulant 
donner un gage anticipé de cette disposition, elle décide que les 
actes et rapports relatifs au concours de 4865 seront réunis par 
les soins de son conseil d'administration et insérés dans ses Mé- 
moires. 

Sont présentés pour faire partie de la Société, comme mem- 
bres résidants, par MM. Grenier et Jacques : 

MM. France (Désiré], membre du conseil d'arrondissement 
de Besançon ; 
Foin, agent principal d'assurances. 

Sont élus enfin, à la suite d'un scrutin secret , 

Membres réMldaaU t 

MM. BouRGON, président honoraire à la Cour impériale; 
Bellair, médecin-vétérinaire, à Besançon. 

Le Président, Ch. Grenier. 
Le Secrétaire, A. Castan. 



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-^ lit — 

Séance du iOjuin 4865. 
PafisiDBifCE DB M. Grbnibr, 

BumsÂU : MM. Greniert président; Delacroix (Alphonse), pre- 
nri«r vice-président; Faivre, vice-secrétaire; Varaigne, archi- 
TÎste; Caskin, secrétaire. 

Mbvbrbs RfisiDANTS : MM. Arbey, d'Aubonne, Dunod de 
Chômage, d'Estocquais, Michel (Brice) , Rollol, $ainhEve 
(Charles). 

Le procès-verbal de la séance du 43 mai est lu et adopté. 

Il est donné communication d'une lettre de M. Scheuring, 
fibraire à Lyon, accusant réception d'une collection complète de 
SOS Mémoires destinée à l'Académie royale des sciences de Ba- 
vière, et annonçant comme très-prochaine l'arrivée des livresque 
cette compagnie nous a promis en échange. 

Enumérant ensuite les envois faits à la Société depuis sa der- 
nière séance, M. le président appelle l'attention de ses confrères 
•or ÏAnntuiire de Vlmtilul des provinces pour 4865, volume 
qui renferme un remarquable exposé de nos travaux par M. de 
Chardonnet; il distingue également VEtv4e géologique etpaléon- 
tûlogique de la formation d^eau douce infracrétacée du Jura et 
en particulier de Villers-le-Lac, par MM. P. de Loriol et A. Jac- 
card. 

Ce dernier travail , dont l'un des auteurs appartient à cette 
Compagnie et qui a pour objet une portion du territoire de notre 
département, est renvoyé à l'examen de M. Vézian, qui sera 
prié de vouloir bien nous en rendre compte. 

M. Delacroix lit une notice intitulée : L'Autel celtique de Saint- 
Maximin. U s'agit, dans cette étude, d'un dolmen récemment dé- 
eoarert sur le territoire de Trepot etqui a été visité par plusieurs 
membres de la Société. L'honorable rapporteur donne à ce pro- 
pos les motifs qui expliqueraient, selon lui, la rareté des monu- 



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— t3t — 

meots de ce genre sur le sol de la Séquanie. « Aux époques an- 
tiques, dil-il, ou la religioa consacrait des monuments de pierre 
Tierge, il était tout simple que, dans un pays de calcaires durs, 
caverneux et accidentés comnre ceux du Jura, la main des 
hommes ne tentât pas d'élever, par exemple, un menhir, si haut 
qu'il fût, près du gigantesque Toum-tâtre de Cléron, ou du 
Guy on de Pretin, un dolmen à côté de la Roche percée d'Aveney, 
de la €hè9e d'Arguel, de la Soue de Montgesoye, mie allée coo*- 
verte sur la terre classique des Baumes. Dans dos lieux oh Toù 
trouvait à chaque pas des réalités grandes et magnifiques, il «ût 
été puéril de façonner de chélives images. » 

M. d*Estocquois objecte que M. Delacroix semble s*écarter 
de Topinion généralement admise, laquelle consiste à voir dans 
les dolmens d'anciens sépulcres enveloppés primitivement dans 
des tumulus, 

A l'appui de cette opinion, M. de Charnage cite le fait de la 
présence d'ossements humains sous la plupart des dolmens de la 
Dordogne. 

H. Delacroix répond que sa manière de voir sur les dolmens 
est indépendante de toute observation directe et personnelle , 
mais qu'elle s'appuie sur la tradition des lieux oh ces monu- 
ments abondent. En Auvergne, par exemple, les campagnards 
donnent au dolmen le nom d'autel, au menhir celui de pierre 
droite, et ces deux genres de monuments étaient, avec la pierre 
branlante et la grotte aux fées, l'objet d'une superstition popu- 
laire qui vivait encore au commencement de ce siècle. Cette su- 
perstition comportait, entre autres pratiques, le soin d'entretenir 
à l'état poli la surface des pierres, au moyen d'onctions oléagi- 
neuses, condition indispensable pour que ces monuments pussent 
être conjurés avec fruit dans l'intérêt des malades. On deman- 
dait particulièrement et la grotte aux fées de l'eau pour guérir les 
maux d'yeux. L'atné de la famille ou, en cas d'insuffisance in- 
tellectuelle de ce dernier, celui que l'on destinait à devenir le 
chef de la maison, était seul investi de cette espèce de sacerdoce. 



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En reœvaat rioitialion au culte des piorres, il jurait d*en garder 
les secrets et Je oe pas les révéler môme en confession. 

M. Caslan pense que Texistence d'ossements humains sous les 
dolmens a*a rien qui contredise l'attribution donnée à ces monu^ 
ments par M. Delacroix. N'a-t-on pas vu, ne voit-on pas encore 
nombre de personnes pieuses élire leur sépulture à l'ombre des 
autels chrétiens 7 II n'y aurait rien de surprenant qu'un sem- 
blable usage eût existé à l'époque celtique. Et quant aux dol- 
mens rencontrés au centre de quelques tumulus de dimensions 
exceptionnelles, ils seraient les analogues des chapelles de nos 
cimetières. 

A k suite de cet échange d'explications, l'assemblée vote l'im- 
pression du mémoire de M. Delacroix ainsi que du dessin qui 
doit l'accompagner. 

MM. Grenier et Castan proposent d'admettre comme membre 
résidant M. le baron Dadin, juge au tribunal de Besançon et 
membre du conseil général du Doubs. 

Puis il est ouvert un scrutin secret, à la suite duquel sont pro- 
damés 

nombres résidants s 

MM. Fiance, Désiré, membre du conseil d'arrondissement do 
Besançon ; 
Fom, agent principal d'assurances. 

Le Président, Gh. Grenibr. 

Le Secrétaire, A. Castan. 



Séance du S juillet 4865. 

Présidence de M. Grenier. 

0OBt préseals i 

Bureau : MM. Grenier, président; Delacroix (Alphonse), 
premier vice-président ; Jacques, trésorier ; Faivre, vice-secré- 
taire ; Varaigncy archiviste ; Castan, secrétaire. 



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— XXII — 

Membres résidants : MM. Arbey, Constantin, Lanerenon. 

Le procès-verbal de la séance du 4 juin est lu et adopté. 

Une lettre du bibliothécaire de TAcadémie royale des sciences 
de Bavière, en date à Munich du 47 juin 4865, consomme réta- 
blissement de relations amicales entre cette compagnie savante 
et la nôtre, et nous informe de Texpédition des ouvrages annon- 
cés précédemment comme devant compenser l'envoi d'une 
collection complète de nos Mémoires. 

Le secrétaire rend compte d'une appréciation flatteuse du con- 
cours régional de Besançon que vient de publier M. Barrai, et 
demande l'autorisation de comprendre ce morceau dans la série 
des documents relatifs à la solennité agricole de 4865, dont l'in* 
sertion dans nos Mémoires a été décidée le 43 mai dernier. 

Cette proposition est accueillie. 

M. Delacroix expose ensuite que plusieurs sociétés sont dans 
l'usage de convier à leurs fêtes annuelles des représentants des 
diverses compagnies savantes du voisinage. Il exprime le désir 
que cette habitude soit prise par la Société d'Ëmulation du 
Doubs, qui pourrait y gagner plus d'une intéressante communi- 
cation. 

L'assemblée, partageant cet avis, décide que deux invitations 
au banquet du mois de décembre prochain seront adressées en 
son nom à chacune des sociétés correspondantes du département 
du Doubs et des pays limitrophes, et que ces invitations seront 
faites assez longtemps à l'avânce pour permettre aux déléguas de 
préparer quelques communications. 

Il est également arrêté, sur la proposition du secrétaire, que 
désormais les membres correspondants seront avisés, au moyen 
d'une circulaire, de la date précise du banquet et mis de la sorte 
eu mesure de pouvoir y prendre part. 

La Société se réserve de délibérer ultérieurement sur la ques- 
tion de savoir s'il n'y aurait pas lieu de reporter le banquet à 
une saison plus favorable aux voyages que le mois de décembre, 
hypothèse dans laquelle ce banquet pourrait être précédé d'une 
séance solennelle consacrée à des lectures publiques. 



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— XXIIl — 

MM. Lancrenon et Delacroix proposent d'admettre comme 
membres résidants MM. Mairot cl Gauthcrot, entrepreneurs. 

MM. Grenier et Castan demandent le titre de membre corres- 
pondant pour M. Champin, sous-préfet de l'arrondissement de 
Baume-les-Dames. 

Il est enfin procédé à un scrutin secret, à la suite duquel M. lo 
président proclame 

nombre résidant t 

M. le baron Dàclin, juge au tribunal de Besançon et membre 
du conseil général du Doubs. 

Le Président, Ch. Grenier. 

Le Secrétaire, A. Castah. 



Séance du 43 aoâH 865. 
Présidence de M. Delacroix. 

•ont préseato t 

Bureau : MM. Delacroix (Alphonse), premier vice-présidont ; 
Jacques, trésorier; Varaigne, archiviste; Faivre, vice-sccré- 
laire ; Castan, secrétaire. 

Membres résidants : MM. Arbey, Canel, Lancrenon, Rollot, 
Saint-E'ce (Charles). 

Le procès-verbal de la séance du 8 juillet est lu et adopté. 

n est communiqué une dépêche de M. le Ministre de l'In- 
struction publique informant la Compagnie que, par arrêté du 
9 août courant. Son Excellence lui a attribué une allocation de 
quatre cents francs à titre d'encouragement. 

L'assemblée , vivement reconnaissante de cette nouvelle 
marque d'une sympathie qui l'honore, charge son président de 
remercier Son Excellence ; elle délègue, en même temps, son 
trésorier pour toucher la somme dont il s'agit à la caisse du 
payeur départemental. 



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— XXIV — 

Le secrétaire donne ensuite lecture d*une note de M. Cessac, 
membre correspondant, relative aux fouilles qui viennent d'avoir 
lieu au Puy d*Ussolud » localité dont les titres à représenter 
rUxellodunum des Commentaires ont été exposés dans nos 
Mémoires par M. le capitaine Bial. 

« Sur les hauteurs qui abritent Saint-Sozy, au nord, et sur le 
relief appelé le Pech-Grand, j*ai constaté, dit M. Cessac, des ves- 
tiges non équivoques de retranchements en terre d'un développe- 
ment d'environ 400 mètres. Derrière ces retranchements, et ga- 
gnant le plateau, j'ai pu dénombrer les 80 et quelques tumulus, 
plus ou moins apparents , que M. Bial et moi n'avions fait 

qu'entrevoir l'an dernier Une douzaine de ces tumulus ayant 

été fouillés, ils ont tous rendu des débris de poteries, des osse- 
ments, et quelques-uns d'autres débris, tels qu'un bracelet en 
fer, une défense de sanglier, d'autres fragments de fer sans ca- 
ractère appréciable, des cailloux simulant des haches, et enfln 
deux perles de collier d'une matière calcaire dure et ayant l'ap- 
parence de la craie. Quelques-uns de ces tumulus avaient reçu 
plusieurs corps : l'un, entre autres, offrait neuf logettes dont sept 
avaient conservé des débris d'ossements. 

» Pendant que mon fils, secrétaire-adjoint de la Société d'eth- 
nographie de Paris, poursuivait les fouilles de Saint-Sozy, je 
portais, de mon côté, la pioche sur le versant du Puy-d'Ussolud 
qui avoisine le hameau de l'Oulié. 

» Mes premières recherches s'attachèrent à retrouver, sous les 
terres de recharge éboulées des hauteurs, les vestiges des en- 
gins incendiaires lancés par les assiégés, en môme temps que le 
site et le bassin de l'ancienne fontaine pérenne. 

> A un peu plus de deux mètres de profondeur, sur un point 
distant de la source d'environ 30 mètres, je retrouvai dos terres 
calcinées et de nombreux débris de charbons. Ce fut là un point 
do repère qui me fit planter la pioche à une altitude supérieure 
d'environ 40 à 12 mètres, et j'eus la satisfaction d'avoir rencoa- 
tré positivement le bassin de l'antique source. 

» A environ 4 mètres de profondeur, et sous les terres ébou- 




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— XXV — 

lées recouvrant le bassin naturel de la source, il a été trouvé de 
nombreux débris de poteries, huit pointes de flèches et deux fers 
àê pilum, 

» Deux tranchées poursuivies, Tune à rorifice de l'ancienne 
galerie, et la deuxième à 5 mètres de distance, dans la direction 
de la fontaine retrouvée, ont l'une et Tautre mis à découvert la 
route de la galerie de César. 

» Creusée d*abord dans les marnes ordinaires, constituant à 
cette hauteur Fancien sol, les mineurs romains furent obligés de 
soutenir la voûte en plein cintre à Taide de blindages de bois, 
dont des fragments encore volumineux, malgré leur altération, 
ont été rencontrés et recueillis par les ouvriers. Ceux de ces 
fragments qui ont séjourné dans les argiles du lias, entraînées 
des flancs de la montagne par le courant détourné, ont conservé 
la texture ligneuse et se rapprochent de Fébène; ceux qui ont été 
constamment en contact avec le courant ont été complètement 
pétrifiés, tout en conservant la forme primitive du bois et offrant 
encore l'image de sea fibres. Parvenus à un massif de tuf créé 
par la fontaine même, les mineur» n'eurent plus besoin de blin- 
dages, et la galerie fut alors creusée en plein dans ce massif tu- 
fier. La hauteur de sa baie, sous voûte, est de 6 pieds romains 
et sa largeur de 5 pieds. La moitié environ de cette galerie a été 
déblayée des argiles et autres formations sédimentaires qui l'en- 
combraient, avant mon retour à Paris, et mon ûls continue de 
faire exécuter ces travaux de curage au milieu des eaux qui les 
contrarient. 

» Si des fouilles pouvaient être exécutées avec soin sur un 
périmètre de plusieurs hectares, les armes, les débris de poteries 
gauloise et romaine qu'on y ramasserait feraient presque le 
chargement d'un wagon. » 

Le secrétaire rappelle, à ce propos, que notre confrère M. Binl 
est le premier qui ait soutenu, par des arguments sérieux, l'iden- 
tité de la fontaine de TOulié et de la source saignée par César 
sous, les murs d'Uxellodunum. 

Puis la Société décide que M. Cessac sera remercié de son ia- 



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— XXVI — 

téressanle communication, et que le texte de celle-ci sera inséré 
au procès-verbal de la séance. 

Sur la demande du secrétaire, la Société met à la disposition 
de sa commission d*archéologie le crédit de 300 francs inscrit 
au chapitre vi du budget dei dépenses, ainsi que la somme de 
200 francs offerte en vue des fouilles d*AIaise par M. le sénateur 
Lyautey. 

MM. Delacroix (Alphonse) et Saint-Eve (Charles) proposent 
d'admettre comme membres résidants : MM. JfaWmct/, entre- 
preneur de charpenterie, et Fitsch (Léon), entrepreneur do ma- 
çonnerie ; et comme membre correspondant, M. Boisson (Emile), 
propriétaire, à Moncley (Doubs). 

A la suite d*un scrutin secret ouvert sur les candidatures 
posées dans la dernière séance, M. le président proclame 
Hembres résldasto s 

MM. Màirot, Edouard, entrepreneur de charpenterie ; 
Gadthbrot, Jean, entrepreneur de menuiserie ; 
Membre c«rresp«BdaBt i 

M. CoAMPiif, sous-préfet de Tarrondissement de Baume-les- 
Dames. 

Le Vice-Président, A. Dblaciioix. 

Le Secrétaire, A. Càstan. 



Séance du \\ novembre <865. 
Présidence de M. Delacroix. 

Bureau : MM. Delacroix (Alphonse), premier vice-président; 
Jacques, trésorier; Varaigne, archiviste; Fait>re, vice-secrétaire; 
Castan, secrétaire. 

Membres résidants : MM. Constantin, Cuenin, Gautherot, 
Lhomme^ Mairot, Renaud (Louis), Saint-Eve (Charles) et Voisin. 




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— XXVII — 

Le procès- verbal de la séance du 12 août est lu et adopté. 

Eoomérant ensuite les envois faits à la Société depuis sa der- 
nière réunion» le secrétaire appelle l'attention de la Compagnie 
tor un groupe d'instruments en jaspe provenant du gisement de 
Fontmaure (Vienne), découvert par M. Meillet, membre corres- 
pondant, le 46 juillet dernier; puis sur un lot de publications, 
composé de 49 volumes et 3 brochures, oiïert par l'Académie 
royale des sciences de Bavière, en échange d'un exemplaire 
complet de nos Mémoires. 

Conformément à l'article 16 des statuts, M. le président pré- 
sente, au nom du conseil d'administration , le projet suivant 
d'un budget de la Société pour l'année 1866 : 

RBCITTBS PRÉSUMÉES. 

Excédant de recettes au 31 décembre 1865 (y compris 

les cotisations rachetées) 2,200 f. 

(de l'Etat. ... 400 
Subventions dudépartem*^ 200 

\de la ville . . . 300 

Cotisations des membres (résidants . . . 1,800 

\ correspondants 500 

Radiât de cotisations par les membres (''^sidanls • • • * 

( correspondants » 

Intérêts des cotisations rachetées antérieurement. ... 60 

Droit de diplôme, recettes accidentelles 40 

Total des recettes 5,500 

A déduire : 
Cotisations rachetées par 

Deux membres résidants 200 f. | 

Vingt membres correspondants. . 1,260 i 

Reste disponible 4,040 



i 



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— XXVflI — 
PtPBNSES. 

Impressions, gravures, lithographies 3,390 f^ 

Fournitures de bureau, ports de lettres et d'autres ob- 
jets 20Q 

Indemnités aux personnes chargées de l'eniretien de la 

salle et des courses de la Société 200 

Achat de livres, reliures et achat de matériel 200 

Entretien de l'herbier 50 

Allocation pour l'archéologie 300 

Allocation spéciale pour le moulage de la Porte-Noire. 300 

Subvention au Musée d'horlogerie 100 

Allocation pour les sciences naturelles 300 

Souscription à l'œuvre du Comité départemental de 
l'Exposition de 1867. (Publication d'une étude de 
l'Exposition faite au point de vue des intérêts du dé- 
partement, et envoi à Paris de contre-maîtres et ou* 

vriers méritants.). 100 

Dépenses imprévues 400 

. Total des dépensas égal à celui des recettes. . 4,040 

Chacun des articles de ce projet est mis aux voix et adopté ; 
puis la Compagnie émet un vote approbatif sur l'ensemble. 

L'ordre du jour appelle le règlement des questions relatives au 
banquet et à la séance qui doit le précéder. 

Il est pris à cet égard une délibération ainsi conçue : 

Le banquet aura lieu le jeudi 44 décembre, à six heures du 
soir, dans le grand salon du palais Granvelle. Tous les membres 
résidants et correspondants seront invités à y prendre part, 
moyenuant une souscription qui est fixée à dix francs. Deux 
couverts seront mis à la disposition de chacune des sociétés 
correspondantes qui ont leurs sièges dans les départements du 
Jura et de la Haute-Saône, ainsi que dans le Jura bernois et les 
cantons de Neuchètel, de Vaud et de Genève. Les membres 
honoraires de la Compagnie qui habitent Besançon, seront 



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— xxu — 

coQTiés à la même manière accoutumée. H. Grenier est spécia-^ 
lement délégué pour faire la commande du banquet et en régler 
Je menu. 

La séance qui aura lieu le même jour se divisera en deux parties 
consécutives. La première, consacrée aux opérations électorales, 
s'ouvrira à une heure de Taprès-midi pour se terminer à doux 
beures; les seuls membres résidants j seront convoqués. A 
partir de deux heures , la Société entendra les communications 
que les membres résidants et correspondants, ainsi que les 
délégués des compagnies invités, auront bien voulu préparer 
pour cette circonstance. 

Sont présentés pour foire partie de la Société, comme membres 
résidants : 

M. Gérard, professeur de philosophie au Lycée impérial, par 
MM. Delacroix (Emile) et Castan ; 

M. Tabbé Ba«%, mattre des cérémonies de la cathédrale, par 
MM. Grenier et ConstantiQ ; 

MM. Perret père et fils, entrepreneurs de memiiserie, par 
MM. Saint'Eve (Charles) et Castan. 

Sont proposés comme candidats au titre de membre corres- 
pondant : 

M. ChaËQud, archiviste du département de F Allier, par 
MM. Delacroix (Alphonse) et Castan ; 

M. ffieolêt (Victor), docteur en médecine, par MM. Grenier et 
Castan ; 

M. FaiOfe, apiculteur, à Seurre (Côle-d'Or), par MM. Dela- 
croix (Emile) et Varaigne. 

Sont élus enGn, à la suite d*un scrutin secret, 
■eiiibres résIdMito t 

MM Màldinby, entrepreneur de charpenterie ; 
FitstH (Léon), entrepreneur de maçonnerie ; 
Membre eorre«p«adaiil t 

M. Boisson (Emile), propriétaire à Moncley (Doubs). 

Le Vice-Président, A. Delacroix. 
Le Secrétaire, A. Castan. 



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— iti — 

Séance du H décembre 1865. 
Présidence de H. Grehier. 

Bureau : MM. Grenier, président; Delacroix (Alphonse) eiSire, 
vice-présidents; Jacques, trésorier; Bacoux, secrétaire hono- 
raire; Faivre, vice-secrétaire; Varaigne, archiviste; Castan, 
secrétaire. 

Membres résidants : MM. Arbey, Àmal, Bellair, Boullet, 
Canel, Carlet, Courlet, Cuenin, Delacroix (Emile), Dodivers, 
Dunod de Chamage, Ethis (Ernest), Hory, Lancrenon, Lhomme, 
Louvot (notaire), Michel (Brice), Oudet, Pargusz, Percerot, 
Périard, Renaud (Louis) y Rollotei Vézian. 

La séance s*ouvre extraordinairement à une heure de Taprës- 
midi, dans la grande salle de Thôtel de ville. 

Le secrétaire donne lecture du procès-verbal de la séance du 
41 novembre; la rédaction de ce document est adoptée. 

M. le président annonce que, conformément aux résolutions 
prises dans la précédente réunion et à une décision intervenue 
du conseil d'administration de la Compagnie, décision ratiûée 
par Son Excellence le Ministre de Tlnstruction publique, la 
séance du jour sera divisée en deux parties consécutives : la 
première, essentiellement intérieure et consacrée principalement 
aux élections annuelles; la seconde, accessible au public et 
remplie par la lecture de morceaux de science, d'archéologie et 
d*histoire. 

Puis le secrétaire passe au dépouillement de la corres- 
pondance. 

Il communique d'abord les réponses faites par les sociétés 
savantes de la Franche-Comté et de la Suisse romande, en 
retour de l'invitation adressée à chacune d'elles d'envoyer deux 
délégués au banquet de la Compagnie. Deux de ces sociétés 
seulement se sont trouvées en mesure d'accepter notre invitation ; 



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— ïxii — 

mais toutes remercient cordialement de cette gracieuse attention 
el nous prient de leur conserver les sentiments d*une amitié qui 
leur est précieuse. 

M. Edouard Tournier, membre correspondant, signale la 
formation d'une Société de linguistique, dont le siège sera rue de 
Lille 34, à Paris ; il demande que des relations d'échanges 
soient établies entre cette association et la nôtre. 
Cette proposition est accueillie. 

La Société d'histoire naturelle de Boston nous offre, en 
échange d'une collection aussi complète que possible de nos 
Mémoires, deux séries de ses publications, composées l'une de 
9, l'autre de 7 volumes in 8*. 

Le conseil d'administration est chargé de donner à cette 
demande la suite qu'il jugera la plus conforme aux intérêts de la 
Société. 

L'assemblée renvoie à sa prochaine séance : 1* l'audition d'une 
lettre de M. Quiquerez, membre correspondant, relatives à 
des explorations archéologiques faites dans le Jura bernois ; 
2^ l'examen d'un mémoire de M. le docteur Perron sur la 
mortalité à Besançon. 

D est ensuite ouvert un scrutin secret sur les candidatures 
posées dans la précédente réunion. Après le dépouillement des 
votes, H. le président proclame 

Membres résIdaBto i 

HM. l'abbé Bàilly, maître des cérémonies de la cathédrale ; 
GfiKARD, professeur de philosophie au Lycée impérial i 
Pbrrbt père, entrepreneur de menuiserie ; 
Pbrrst fils, entrepreneur de menuiserie ; 



MH. Chàzàud, archiviste du département de l'Allier, à Mou- 
lins; 
FArvRB (Pierre), apiculteur, à Seurre (Côte-d'Or) ; 
NicoLET (Victor}, docteur en médecine. 



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— Uxit -* 

Après quoi l*assemblée procède, conformément à rarticle ^ ^ 
des statuts, à Télection, pour Tannée 1866, d'un président, de 
deux vice- présidents, d'un vice-secrétaire, d'un trésorier et d'un 
archiviste. Les scrutins successifs ouverts à cet effet donaent les 
résultats suivants : 

Pour le président, 30 votants : 

M. Bretillot.(Léon] obtient 26 voix ; 

M. Sire, 2 voix ; 

M. Vézian, 2 voix. 
Pour le premier vice-président, 34 votants : 

M. Grenier obtient 28 voix ; 

M. Vézian, 2 voix , 

M. Sire, i voix. 
Pour le deuxième vice-président, 29 votants : 

M. Girod (Victor), obtient 22 voix ; 

M. Delawoix (Alphonse), 6 voix ; 

M. Vézian, 1 voix ; 
Pour le vice secrétaire, 24 votants : 

M. Faivre obtient 23 voix ; 

M. Cuenin, 4 voix. 
Pour le trésorier, 24 votants : 

M. Jacques, obtient 23 voix^ 

M. Arbey, 4 voix. 
Pour l'archiviste, 23 votants : 

M. Varaigne obtient 23 voix. 
En conséquence, M. le présîdenft déclare le conseil d'admi- 
nistration de Tannée 1866 composé ainsi qu'il suit : 

Président M. Léon Brbtillot; 

Premier vice-président . . M. Grbnier ; 

Deuxième vice-ifrésident . M. Victor Girod , 

Secrétaire M. Castaw; 

Vice-secrétaire M. Faivrb; 

Trésorier M. Jacques; 

Archiviste M. Varaigj¥&. 




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mme membreâ 

M M. Alexandre, 

, M. Chotard, profes- 

*I. Delavelle, professeur 

t Castan, H. Gauthier, 

i'abbô Guibard, aumônier de 

.. Jacob, propriétaire, maire de 

'I. KrachpeUx, graveur; 
oase) et Castan, H. Legendre, chef do 

i aivre, M. Loichet, avoué à la Cour 

(Charles) et Castan, M. Perrier (Just), 
.ure ; 

r et Vézian, M. SainhGinest, architecte du 
i)oubs ; 

acroix (Emile) etCastan, M. Vivier, directeur de 
uiental du Doubs. 

. usés pour membres correspondants : 

1. Delacroix (Emile) et Castan, M. Gannard (Tuskina), 
ire à Quingey (Doubs). 
MM. Bertin et Castan, M. Machard, (Jules), pensionnaire 
.vcadémie de France à Rome. 

1..1 séance est suspendue pour quelques instants ; puis, dèui 
uures ayant sjnné, les portes de la salle sont ouvertes au 
[>ublic. 

c 



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*-. iàitV' — 

t>euz cenU auditeurs emviroa occupent Us sièges prépara k 
cet effet. 

Aux membres ci- dessus désignés vieuneat s'ajouter les 
suivants : 

MEMBRES HOlfORAlBBS : 

M. le Préfbt du Dodbs, M. le Rbgtbvr db L'AcADÉMn, M. le 
Màirb db là villb; 

MEMBRES RÉSIBAlfTS : 

MM. Chanoitf le baron Daclin, Gitod (Victor), tépagney, 
Perret fils, Perron, Pétey, Pourcheresse, Pourcy de Lusant, 
Proudhon (Léon), de Saint-Agathe; 

MEMBRES CORRESPONDANTS : 

MM. Beauquiet, Blanche, Faivre (Pierre), Muston. 

MM. Retour, président de la Société d'Emulation du Jura» 
et Bouiheno^Peugeot, secrétaire-adjoint de la Société d'Emu - 
lation de Montbéliard, prennent également séance. 

M. le président ayant déclaré ouverte la partie publique de la 
séance, le secrétaire fait connaître le programme des morceaux 
qui doivent la remplir. 

M. le président Grenier ouvre la série des lectures par un 
coup-d'œil sommaire sur les travaux de la Société, tl énumëre 
les services de tout genre qu'elle a rendus, tant dans Tordre des 
sciences spéculatives que dans celui des questions qui touchent à 
la vitalité du pays, depuis son début en 4840, alors qu'elle se 
composait de vin^^rdeux membres, jusqu'au moment actuel oh 
elle en compte plus de trois cents. 

M. Emile Delacroix, membre résidant, lit ensuite une étude 
sur l'usage des eaux minérales chez les anciens. En montrant 
que la haute antiquité n'aurait rien eu à nous envier en pareille 
matière, M. Emile Delacroix censure la légèreté de ceux qui font 
jouer un trop grand r6)e à l'improvisation dans la marche des 
choses humaines. 

M. Castan, secrétaire de la Société, fait revivre, à son tour, . 



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-^ xnv — • 

la phyyioDomie ouUiée de Hugues de Besançon, évéque do Paris 
•Q début i^ uv^ siècle. L'élévation de ce personnage ayant été 
mne oooséiiiience de la conquête de la Franche-Comté par Phi- 
Iippe4ft-Bel, H. Caatan saisit l'occasion de peindre cet événement» 
l'un des chefs-d'œuvre de l'astucieuse diplomatie du précurseur 
de Louis XI. 

M. Pierre Faivre, membre correspondant à Seurre{Côte-d'Or), 
expose des procédés qui lui appartiennent pour l'éducation des 
abeilles et la direction de leur travail. Au moyen d'une disposi- 
tion particulière établie dans ses ruches, l'ingénieux apiculteur 
parvient à séparer les miels qui résultent des diverses floraisons 
successivement exploitées par les abeilles. 

M. Alphonse Delacroix, premier vice-président, termine la 
séance par une dissertation sur le théâtre du dévouement d'Ep- 
poninot cette héroïque compagne de l'infortuné Sabinus, qui ali- 
menta pendant neuf années son époux dans une caverne et vou- 
lut tomber avec lui sous la hache des licteurs de Yespasien. 
H. Delacroix emprunte à Piutarque et à Dion Cassius les émou- 
vants détails de cet épisode, puis il démontre que la retraite de 
Sabinus n'a pu être que la Baume-Noire, double caverne située 
entre Fretigney et Oiselay. 
La séance est lovée à quatre heures. 

Le Président, Ch. Grbnibr. 

Le Secrétaire, A. Castàn. 



BANQUET DE 1865. 

Le banquet a eu lieu le jeudi 1 4 décembre, à six heures du 
soir, dans le grand salon du palais Granvelle. 

Le salon était décoré avec goiit. Une illumination brillante, 
due aux soins de H. Mathey, faisait ressortir les belles plantas 
de H« Lépagoey et Li luxueuse vaisselle de la maison Kleia. Le 
menu était des plus distingués. 



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— XXXVl — 

M. Grenier, président de la fête, avait à sa droite M.. le pre- 
mier Président de la Cour impériale et à sa gauche M. le Préfet 
du Doubs. En face était assis M. Alphonse Delacroix, premier 
vice-président annuel, ayant à ses côtés M. le Recleur de l'A- 
cadémie et M. le Maire de la ville. 

Parmi les convives, au nombre d'une soixantaine, on remar- 
quait : M. Retour, président de la Société d'Emulation du Jura ; 
MM. Muston et Bouthenot-Peugeot, délégués de la Société d'Emu- 
lation de Montbéliard; MM. Lancrenon, membre de l'Institut, 
et Vézian, professeur à la Faculté des sciences, tous deux an- 
ciens présidents de la Compagnie; M. Proudhon, adjoint au 
maire ; M. BouUet, proviseur du Lycée impérial ; M. le baron 
Daclin, membre du Conseil général ; M. le commandant Fau- 
compré, lauréat de la prime d'honneur au concours agricole de 
Besançon ; MM. de Sainte- Agathe, Oudet, Jacquard, Girod et 
Veil-Picard, membres du Conseil municipal ; M. Reynaud-Du- 
creux, professeur à l'Ecole d'artillerie ; M. Sire, directeur de 
l'Ecole d*horIogerie ; M. Mathiot, ancien bâtonnier des avocats ; 
M. Jules Machard, lauréat du grand prix de Rome pour la pein- 
ture, le second des anciens élèves de notre Ecole de dessin à 
qui cet insigne honneur ait été dévolu dans une période de 
douze ans. 

Au dessert, M. le Préfet s'est levé avec toute l'assistance, et, 
dans un langage éloquent et sympathique, a porté la santé de 
l'Empereur, de l'Empereur qui résume en sa personne toutes 
les gloires de la France, tant sa pensée active et féconde sait 
associer le bien du passé au mieux du présent pour préparer un 
avenir meilleur encore. H. le Préfet n'essaiera pas d'énumérer 
les hauts faits d'un règne si éclatant : pour écrire la vie de César 
il faudrait être Napoléon. Deux de ces faits cependant ne sau- 
raient être passés sous silence, car ils sont tout récents et carac- 
térisent merveilleusement l'esprit et le cœur du monarque : il 
s'agit de ce voyage en Algérie, dans lequel l'Empereur, sans 
céder un seul instant à l'enivrement ni à la lassitude du triomphe, 
a sondé lui-même toutes les plaies de notre belle colonie et a 




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— XXXVII — 

trouTé le remède pour chacune d*elles ; il s*agit encore de ces 
rishes aux cholériques des hôpitaux de Paris, ob l'Empereur, 
mu par un sentiment héroïque du devoir, n*a pas craint d'expo- 
ser sa précieuse existence pour faire descendre un rayon d'espoir 
sur la couche des moribonds et pour renforcer le courage de 
ceux qui combattaient le fléau, c A l'Empereur, a dit en terminant 
M. le Préfet, à l'Empereur qui s'est identiCé si complètement 
avec la France, qui aime les associations scientiGques créées en 
vue de Tavancement moral et matériel du pays ; à l'Impératrice 
dont les grâces souveraines et les hautes vertus sont pour le pre- 
mier trône du monde la plus aimable des parures ; au Prince 
impérial qui se montre déjà digne de son auguste origine et pro- 
met à la France une période nouvelle de prospérité et de gran- 
deur! » 

Cette improvisation, aussi bien pensée qu'élégamment dite, a 
été couverte d'unanimes applaudissements. 

Puis M. le président Grenier s'est exprimé ainsi : 

À Stm Excellence le Ministre de V Instruction publique t 

Depuis que M. Duruy a pris possession du ministère de l'Iu- 
strucUon publique, nous avons tous remarqué avec quelle ar- 
dente sollicitude il a cherché à répandre l'instruction et la 
science dans toutes les classes -de la société, et particulièrement 
dans les classes laborieuses. Il a compris que l'humanité doit 
appuyer sa marche progressive sur des données précises, que la 
liberté et le bien-être sont le fruit de la raison combinée à la 
science, et que la réalisation du progrès réside définitivement 
dans l'association de l'intelligence, du travail et des efforts collec- 
tifs. Dans cette croisade contre l'ignorance, la main libérale de 
l'habile ministre s'est largement ouverte sur les sociétés savantes 
dont il réclamait le concours, et la nôtre n'a point été oubli(^e. 
Récemment élevée au rang^de Société d'utilité publique, elb re- 
çoit de plus aujourd'hui môme l'insigne faveur d'ouvrir sans ré- 
serre ses portes à tous les amis de la science, et je suis heureux* 



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d^niTitadons mtro les eeiDpttgnies savadtes de la eontrée, M il a 
reamrcié VM* Delacroix ei Casiaa de s'être pendus^ au printein^ 
dernier, dans la seconde ville du département powr y prendre 
pari à une fête de l'intelligence. M. Rebour a fait des vœux pour 
que oe bon usage se généralise et se perpétue. 

M. Alphoùse Delacroix, premier vice-président, a pris ensuite 
la parole en ces termes : 

Messieurs, 

J'occupe & cette table la place de noire nouveau président, re- 
tenu chez lui par une grave préoccupation de famille. 

Qu'il me soit permis, en son nom et au vôtre, de souhaiter la 
bienvenue à M. d*Ârnoux, préfet du département. 

Une réputation de haute capacité, d'exquise bienveillance et 
de scrupuleuse délicatesse l'avait précédé dans ce pays^; et noua 
savons tous aujourd'hui combien ce reuom était mérité. 

M . d'Amoux a le rare talent de rendre l'autorité aimable. Il 
peut compter sur la vive affection d'un pays oh la mémoire du 
coBur est traditionnelle* 

La Société d'Emulation du Doubs, qui a la prétention de con- 
centrer les forces morales et intellectuelles du département, 
salue avec bonheur Tarrivée d'un représentant si éclairé et si 
paternel du gouvernement de l'Empereur : aussi ai-je la con- 
viction de résumer les sentiments de toute l'assemblée en buvant 
à la longue et prospère administration de M. d'Amoux. 

H. le Préfet s'est levé une seconde fois, et a remercié avec ef- 
fusion, avec émotion, la Compagnie de l'attention délicate qui 
venait si agréablement le surprendre, c C'est en m'inspirent des 
vues larges et généreuses du gouvernement de l'Empereur, a 
ajouté M. d'Amoux, que j'ai pu laisser ailleurs la trace de quel- 
que bien ; si je parviens, avec votre concours, à mériter la con- 
fiance de ce pays, c'est au souverain dont les idées me guident 
que vous devrez reporter toute votre reconnaissance. » 



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— il — 

Ces paroles, empreintes d'une modestie naturelle et cliaf'* 
mante, ont achevé de gagner à M. d*Arnoux toutes les sympa- 
thies de rassemblée. 

M. Victor Girod, président du cercle de Thorlogerie, a bien 
voulu, selon sa louable coutume, remercier la Société d'Emu- 
lation de rintérôt qu'elle porte à l'industrie capitale do la cité, et 
saluer, dans la personne du digne Maire de la ville de Besançon, 
le premier élu du récent scrutin municipal et le protecteur de 
toutes les idées saines et progressives. 

M. Clerc de Landresse a témoigné, par quelques paroles bien 
senties, de son dévouement à la prospérité de la fabrique d'hor- 
logerie, sur laquelle repose tout l'avenir industriel de la ville ; il 
a félicité, en outre, la Société d'Emulation de la part de plus en 
plus considérable qu'elle prend à l'étude des hautes questions 
d'intérôt public. 



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MÉMOIRES. 



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EXAMEN 

DES ARMES 

TROUVEES 

A ALISE-SAINTE-REINE 

Pm> h. Jr. QIJIC«ERAT 

Professear d'arcbéologia i l'Ecole impériale des Chartes. 



•éanee da f t février IMS. 



Je ne crois pas me tromper en regardant comme un appel à 
la discussion Tariicle sous forme de lettre au docteur Keller de 
Zurich, publié par M. Verchère de RefTye dans lo numéro do la 
Remie archéologique du mois de novembre dernier (M* L'objet de 
cet article est de porter à la connaissance du public les armes 
fournies par les dernières fouilles que TEmpereur a fait exécuter 
autour du Mont-Auxois. La découverte remonte déjà au mois de 
mars 1863. Presque tous les journaux de la France et de TEurope 
Font annoncée, et, qui plus est, ont décidé queUe en était la 
signiCcation archéologique : de sorte que ce jugement, auquel 
de nombreux auteurs se sont référés depuis lors, est devenu 
presque souverain. On voit qu'il était à propos que les pièces 
fussent produites, ne fût-ce que pour la satisfaction de ceux qui 
aiment voir avant de croire. Il faut se réjouir que la production 
ait eu lieu par les soins d'un savant et loyal officier, qui a fait 
d'ingénieuses expériences sur les objets dont il s'agit , qui n'est 

0) U$ Armes d\4lise, lettre à M. le docteur F. Keller. président de la 
Société des antiquaires de Zurich. {Hetue archéologique, noufelle série^ 
cinquième année» p. 337.) 



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— 4 — 

pas engagé autrement dans le débat oli il apporte son concours, 
et qui veut avant tout que la lumière se fasse. C'ebt ce qu*il 
exprime on ne peut mieux en terminant son article : « Quand 
» on a pour but moins le désir de faire triompher sa propre 
» manière de voir que d'arriver à la connaissance de la vérité 
» par la discussion, on ne craint pas de prêter ses propres armes 
» à ses adversaires. » Il n'est personne qui n'applaudisse à ces 
paroles. Non, la solution d'un problème historique n'est pas un 
jeu de surprise et d'embûches; oui, il faut que les cartes qu'on 
a dans la main soient mises libéralement et franchement sous 
les yeux de l'adversaire : c'est là la première condition pour que 
la partie soit dans les règles ; et la seconde condition, c'est que 
l'adversaire ne garde rien pour lui des objections que sa cons- 
cience et sa raison lui suggèrent. 

L'opinion que le Mont-Âuxois nous représente l'Alesia de 
César est entrée dans l'atelier dont M. do Reffye dirige les tra- 
vaux. L*honorable officier l'a accueillie, certainement parce 
qu'elle lui était présentée comme la meilleure, et, partant de là, 
il a trouvé dans les auteurs anciens qui ont décrit l'armement 
des légions romaines et celui des Gaulois l'image fidèle des 
pointes et des lames qu'on lui apportait d'Alise. Je vais essayer 
de démontrer d'abord que ses interprétations, ou pour mieux 
dire les interprétations sur lesquelles il s'est appuyé, manquent 
tout à fait de rigueur, et ensuite je dirai ce que j'ai à dire sur la 
thèse historique en faveur de laquelle on lui a fait accroire qu'il 
travaillait. 

La plus grande partie de la lettre au docteur Keller est con- 
sacrée au pilum, l'arme distinclive de Tinfanlerie romaine, cet 
objet si commun, dont il a dû se perdre un grand nombre sur 
les champs de bataille, et dont cependant il a été impossible 
jusqu'ici à l'archéologie de recueillir un seul échantillon certain. 
M. do Reiïye annonce que le pilum vient d'être retrouvé en 
Allemagne. M. Lindenschmit, conservateur du musée de Mayence, 
est l'heureux auteur de celte découverte, dont les fouilles d'Alise 
auraient pleinement confirmé le résultat. 



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— 5 — 

Les fravaiix de M. Lindonschmit devenant ainsi la base de 
déductions toutes nouvelles dans une question très controversée, 
il n'était pas inutile de résumer ces travaux, ou au moins d'indi- 
quer ou et quand ils ont paru. M. do Reffye s'est dispensé do ce 
soin : en quoi il s*esl montré plus pressé do faire connatlre ce 
qu'il avait dans l'esprit qu'attentif à préparer le chemin par où 
devait passer Tesprit de ses lecteurs. Les notes et renvois dont 
les érudits surchargent leurs écrits ne sont pas de la superfé- 
tation, lorsqu'ils ont pour objet de faciliter le recours aux sources. 
M. de Reffye l'éprouvera plus tard, s'il continue h faire de l'ar- 
chéologie, et d^s à présent je ne doute point qu'il ne soit au 
regret lorsqu'il saura que son laconisme m'a fait perdre en 
recherches un temps infini. Heureusement pour moi, j'ai l'habi- 
tude du métier, et voici ce que j'ai constaté par suite de mes 
vérifications. 

En 4860 M. Lindenschmit, publiant la collection d'armes du 
prince de Hohenzollern-Sigmaringcn, émit, à propos d'un angon 
mérovingien, l'opinion que cet objet n'était pas autre chose que 
le fer du pilum romain (*). 11 dessina môme une restitution du 
pilum tel qu'il le concevait, en interprétant à sa manière la 
description que Polybe nous a laissée de cette arme dans le 
chapitre xxiii de son sixième livre. 

L'année suivante, M. Lindenschmit revint sur le mèmie sujet 
daas le Recueil des antiquités de V Allemagne païenne, autre 
ouvrage dont il est également l'auteur ('). Cette fois il prit pour 
thèmo les angons du musée de Mayence, et quoique ces armes 
ne difTérassenl en rien des autres angons, il crut devoir, pour le 
triomphe de sa doctrine, les mettre en comparaison avec un 
autre objet qui n'y ressemble que de loin. C'est une pique figurée 
à la main de deux soldats de la xv* légion primigenia, lesquels 
ont été représentés en bas-relief sur leur cippe funéraire ('). Le 

(*) Die vaterlœndisrhen AUerlhfimer der fûritlich Hohenzoller'schen Samm- 
Imgen zu Sigmaringen, p. 22 et suiv. 
(*) Die Allerthûmer timçrer hfidnischen Vorzeit, iD-4», Mayence. 
(») Huitième cahier, pi. yi. 



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- 6 — 

trait saillant de cette p'que est que, vers les trois quarts de 
sa hauteur, elle présente un renflement dont TefTet est celui 
d*un gros peloton enfilé dans une broche. Quoiqu'il soit impos- 
sible, par la manière dont la sculpture est faite, de discerner 
l'ajustement respectif du fer et du bois, l'antiquaire mayençais 
n'en eut pas moins la conviction qu'il tenait une autre manière 
d'être du pilum, c'est-à-dire, pour lui, une variété de l'angon. 

En troisième lieu, et très peu de temps après ce que je viens 
de rapporter, un draguage pratiqué dans le Rhin fournit, avec 
beaucoup de débris romains des deux premiers siècles de l'Em- 
pire, deux trails de fer qui furent apportés au même musée de 
Mayence (*). Ces pièces ont certainement plus de ressemblance 
que les angons mérovingiens avec la pique des légionnaires de 
la xv^, mais sans cependant être la même chose que cette pique. 
Le dard est posé sur un large pied creux en forme de douille, qui 
rend assez bien l'effet du renflement dont je parlais tout à Theure; 
mais de ce pied sort un barreau de fer à usage de tenon pour 
engager l'instrument dans un tasseau de bois aussi large que le 
pied lui-même : de sorte que la monture détruisait la ressem- 
blance avec la pique. D'ailleurs la tige du dard est plus longue 
du double, en même temps que moins épaisse de la moitié, et la 
pointe du dard est sans ailes. Quoi qu'il en soit, l'objet ne laissa 
pas que d'être encore un pilum aux yeux de M. Lindenschmit, 
et il le fit graver comme tel. 

Voilà donc, de compte fait, trois formes assignées à la même 
arme. Pour plus de clarté, j'en donne la figure, en prenant le 
soin, que n'a pas eu M. Lindenschmit, de réduire les trois 
modèles à la même échelle (voir la planche, fig. 1). 

A est l'angon mérovingien réputé être le plus conforme à la 
description de Polybe. 

B est l'un des deux fers retirés du lit du Rhin. 

C est la pique figurée dans la main des légionnaires de la 
XV* primigenia. 

(I) Onzième cahier, pi. ?. 



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— 7 — 

Voyons comment ces objets justifient Tattribution qu'ils ont 
reçue du savant Mayençais. 

Pour que Tangon mérovingien devienne le fer du pilufn, il 
faut, d'une part, que la mesure donnée par Polybe pour le 
diamètre, c*est-à-dire pour Tépaisseur, sinon de Terme entière, 
au moins de sa partie principale, il faut, dis*je, que cette mesure 
d*épaisseur de Terme devienne celle de la longueur du dard (') : 
transposition qu'il m'est permis de trouver un peu forte. 

Il faut, en outre, que Ton donne à Tangon une profondeur de 
douille de quarante-cinq centimètres (*] , ce qui ne s'est jamais 
trouvé sur aucun échantillon, ni du mus<^e de Mayence, ni de la 
collection de Sigmaringen, ni d'aucune autre des collections de 
TEurope qui possèdent des angons, la douille de cette arme 
n'ayant jamais en profondeur plus de-dix à quinze centimètres. 

De telles suppositions, inadmissibles en bonne critique, me 
forcent de restreindre Tusage de Tangon à celui qu'il eut entre 
les mains des barbares Germains , du iv® au viii^ siècle de notre 
ère. 

Le fer trouvé dans le Rhin nous représente-t-il plus fidèlement 
le pUum ? 

La seule preuve alléguée en sa faveur par M. Lindenschmit, 
c'est que le barreau inférieur qui faisait office de tenon présente 
l'épaisseur attribuée par Polybe à la partie inférieure dos fers de 
pilum ('). J'avoue que ma surprise est grande de voir citer 
Polybo ici, quand cet écrivain a déjà été pris pour autorité dans 
l'assimilation du pilum avec Tangon; quand le critique allemand 
a précisément discuté dans sa première dissertation (*) cotte 
épaisseur de la partie inférieure du for, et qu'il a conclu qu'on 
devait l'entendre de l'épaisseur produite par la superposition 
d*un anneau de fer à la douille de Tangon. Evidemment il y a 
inadvertance de la part de M. Lindenschmit. Qu'il réfiéchisse et 

(*} Die paléfrlœndhchen âlterthùmert etc., p. 23. 

(«) Ibid., p. 24. 

O Die AlterthUmer unserer heUlnischen Vorzeit, xi« eah., notice de la pi. 6. 

(«) Dte vaterlanditfken AUerthûmer, etc., p. 23. 



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— 9 — 

semble que c'était cet objet. A la vMté, il ne se montre pas 
«fane manière si m-tle qu*il n'eût été nécessaire do le discuter. 
Les détails qui permettraient d'en saisir le mode d'emmanche- 
ment sont particulièrement à regretter. M. Lindenscbmit ne 
sVtant pas donné la peine d'y suppléer par le raisonnement, je 
ne m'embarquerai pas ici dans cette recherche Je n'ai pas autre 
chose à faire qu'à constater, comme conséquence de tout ce qui 
Tient d'être dit, que les pièces du musée de Ma^'ence proposées 
comme échantillons du fer de pilnm ne sont pas des fers de 
pilum. Et là-dessus je reviens à M. de Reiïye. 

Le mauvais exemple venu d'Allemagne l'a entraîné. Au lieu 
de deux modèles, le savant officier nous en présente onze (*), 
c'est-à-dire neuf en sus des deux inacceptables qu'avait fournis 
AI. Lindenscbmit. L'assortiment est aussi varié que possible. 
CeuxHn sont longs, ceux-là sont courts, mais courts à n'avoir 
que le tiers ou même le quart des longs. Dans l'un, la pointe a 
Taspect d'un petit harpon à quatre crocs; dans d'autres, cette 
pointe est conique, ou bien elle affecte la forme d'une |>etite 
pyramide quadrangulaire, sans compter qu'il y a des pointes 
méplates ayant la figure d'un cœur. Quant à la façon d'attacher 
le fer, les différences ne sont ni moins nombreuses, ni moins 
radicales. Telle de ces armes s'emmanche comme une lance, 
telle autre comme un ciseau de menuisier, toile comme un cou- 
teau de cuisine. Et quels que soient la dimension , le poids , la 
pointe, l'emmaocbement, c'est toujours pilum. Bien plus, M. de 
Reflye érige l'existence d'une telle bigarrure en un fait néces- 
saire, parce que, à cette époque (qu'on n'oublie pas qu'il raisonue 
pour le temps de César], à cette époque oîi la force musculaire 
était tout dans le maniement des armes, il n'eût pas été rationnel 
d'établir l'uniformité de celles-ci , à cause des différences de la 
force musculaire. 

Que la conscience militaire de M, de Reffye porte tout le poids 
de cette parole, qui est tout bonnement la négation de la disci- 

(>) Bepme archéologique, 1. c, p. 338 ci 339, 



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— 40 — 

pline romaine. Je soutiens, pour nia part, que les armes étaient 
uniformes dans les légions du temps de César; et quant aux 
pièces sur lesquelles on prétend établir le contraire, je dis qu'elles 
sont la plupart barbares et germaniques, appartenant h l'époque 
où les Germains jouèrent un si grand rôle comme défenseurs ou 
comme destructeurs de l'empire d'Occident. 

En effet, les tiges d'environ quatre-vingt-dix centimètres avec 
un petit harpon à quatre crocs à la pointe, ou bien avec une 
pyramide quadrangulaire, ce sont les angons sortis d'un si grand 
nombre de tombeaux francs, allemands, burgondos, saxons : les 
angons tels qu'ils sont décrits et dessinés dans vingt ouvrages 
d'archéologie, notamment par MM. Âkerman, dans VArchœo- 
logia ('] ; l'abbé Cochet, dans ses Sépultures gauloises, romaines, 
franques et normandes (*) ; Baudot, dans ses Sépultures de bar- 
bares de l'époque mérovingie7ine(*); Lindenschmit, dans les deux 
ouvrages précédemment cités, car M. Lindenschmit a fait ses 
ronjeetures sur le pilum sans dissimuler l'origine barbare ni la 
basse époque des angons qui lui servaient de types. 

Les fers de javelot à pointe conique sans dard, ils ont leurs 
représentants et au musée de Sigmaringen (provenance du cime- 
tière de Sleineck) (*), ot dans le recueil de M. Baudot (provenance 
du cimetière de Charnay) ('). 

Les fers de javelot à pointe méplate, qui ont la figure d'un 
cœur, il y en a en la possession de M. Baudot, qui lésa également 
publiés. 

Quant aux longues tiges qui s'emmanchaient par le moyen 
d'une soie, si l'on n'en a pas trouvé dans les sépultures barbares, 
du moins à ma connaissance, il suffit qu'elles se présentent dans 
un même dépôt avec les objets ordinaires de ces sépultures pour 
qu'on les rapporte aussi au même âge, et pour qu'on ait le droit 



(M Tome XXXV l, p. 78. 

(») Page 216. 

(») PI. Il et III. 

(*) Die valerlandischen AHerlhUmer, etc., pi. xxxii, fig. 31. 

(») Lof. cU. 



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— 44 — 

d'affinner, quand bien même elles seraient romaines, que ce 
n'est pas dans la main des légionnaires de la république qu'elles 
oQt figuré. Non, mille fois non, aucun des traits rajustés et 
l'prouîés par M. de Reffye n'est de ceux qui furent employés le 
jour ob succomba l'indépendance de la Gaule. Leur postériorité 
résulte des travaux de TEurope savante, qui a classé et daté leurs 
aoaiogues. 

Après en avoir Gni avec les prétendus pilum découverts à Alise, 
j'aborde le chapitre des fers de lances et des lames d'épées. On 
va voir que l'attribution archéologique donnée à ces divers ob'ets 
n'est pas plus soutenable que celle dont je viens de montrer le 
défaut; on va voir aussi que ces mômes objets n'appartiennent 
pas à une époque différente des précédents. 

Relativement aux fers de lance, M. de Reffye dirige d'abord 
ses regards sur les ouvrages en bronze du même genre qui 
proviennent des tumulus celtiques, et il lui semble que les pièces 
aoaiogues, produites par les fouilles d'Alise, en sont des copies 
si parfaites qu'elles doivent être de la période oh le travail du fer 
succéda à celui du bronze. Il lui semble encore que les armes 
trouvées dans les monuments des vii® et vin® siècles de notre ère 
ont perdu l'élégance de ces premières copies en fer des objets 
de l'âge de bronze, qu'au y* siècle on ne fabriquait plus d'armes 
de ce genre, que les tombes franques n'en offrent pas de traces. 
Cependant tous les fers de lance qu'il montre à l'appui de cette 
assertion ont leurs semblable^ fournis par les tombeaux des v*" 
et VI® siècles. Je le renvoie aux mômes auteurs que je citais tout 
à l'heure, à l'abbé Cochet H, à M. Baudot (*), à M. Linden- 
schmit ('). J'appelle surtout son attention sur la figure î de notre 
planche, qui reproduit, d'après les Antiquités de l'AUemagne 
païenne {*} , le dessin d'une lance trouvée à Ulm dans un tom- 



(*) Tombenn de Childérir, p. 142 et suiv. 

(•) PI. II et le texïc. p 23. 

(»; Die ruterlœndhrhen AHerlhûmer, pï. iv et XXXil. 

(*) Cahier III, pi. t. 



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— 42 — 
beau de lV»poque franquo. Non-seulement celle pièce présente 
les difflcullé^ de forge, dont M. de Reffye croit qu*on n'aurait pas 
su se tirer ù Ti^poque franque, mais encore les lames sont 
damasquinées en or et en argent avec un goût exquis, et la formo 
générale est celle dos lances de bronze du galbe le plus pur. 
Celte preuve de Thabilelé des armuriers mérovingiens, admi- 
nistrée par Térudit Allemand dans lequel M. de Reiïye a mis 
toute sa conûance, aura, je l*espère, le pouvoir de le convaincre. 

Il y a dans la collection qu'il exhibe d'autres fers de lance bien 
autrement caractéristiques que ceux auxquels je viens de faire 
allusion ; de ces types qui s'éloignent de la forme généralement 
adoptée par tous les peuples de l'anliquité, et dont il semble que 
rétrnngoté eût dû servir de point de di'^part pour la recherche 
d'attribution : par exemple des fers profilés sur leurs tranchants 
en courbes et contre-courbes (voir la planche, fig. 3, Del E]^ puis 
d'autres fers munis d'un double crochet d'arrôt à la partie supé- 
rieure de leur douille (ûg. 4, K). Au lieu de s'attacher à la piste 
de ces objets révélateurs, M. de RefTye se laisse aller à sa 
préoccupation du celtique. Il se persuade qu'aucune collection 
ne possède des fers de ce genre, et parce qu'il les répute uniques, 
ils doivent être gaulois. Cependant M. Lindenschmit a donné le 
fer à tranchants tourmentés, et l'a donné comme une trouvaille 
faite dans des sépultures de l'époque allémannique (*]. On n'a 
qu'à voir les formes de deux pièces provenant l'une de Lange- 
nenslingen, l'autre de Darmstadt (voir la planche, fig. 3, F et G). 

Quant au fer à crochets, il est peu de cimetières mérovingiens 
qui ne l'aient fourni. C'est l'arme que quelques antiquaires 
appellent framée. Je mets en regard de l'un des échantillons de 
M. de RefTye (voir la planche, fig. 4, AT) deux pièces analogues 
(ibid. L et M) trouvées, l'une à Charnay , dans le département 
de la Côte-d'Or (•), l'autre à Nackenheim, sur les bords du 

(^} Die valnlœndhcken AHerthùmer, pi. i, fig. 5; Die .4/fer(hifiRef umserer 
heiânisrhen VurzeH, cahier I, pi. vi, fig. 13. 
(*) Baodot, SipulUiresdes barbares, etc., pi. i^ 



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— 43 — 

Rhin (']. H. l'abbé Cochet a réuni sur cette arme les notions 
qQ*iI a trouvées éparses dans un grand nombre d'écrits (*). 
Si j'arais à y ajouter quelque chose, ce serait pour faire voir 
que Tusage de ta lance à crocs s*est conservé pendant toute la 
dorée du moyen-âge. 

Passons aux épées. 

M. de Reflye en signale deux espèces : les unes à lame robuste, 
tenninées par une pointe aiguë , et elles lui représentent Tépée 
ibérique de l'équipement romain; les autres, à lame mince et 
flexible avec une pointe camarde et quelquffois arrondie, sont 
considérées par lui comme les épées faussantes que les historiens 
de Rome ont mises dans la main des plus anciens Gaulois. 

Pour ce qui est de l'épée ibérique, elle a été assez souvent 
6gurée, et présente des caractères assez distincts pour n'être pas 
confondue avec une autre. 

D'abord elle était excessivement courte. Sur les monuments 
les plus voisins du temps de César, tels que le prétendu bouclier 
de Scipion, les bas-reliefs du tombeau de saint Rcmy ('), le 
camée de Vienne (*) , l'arme étant portée par un baudrier en 
écbarpe , le fourreau va du défaut du corps à mi-cuisse. La 
longueur de la lame paraît avoir été, par conséquent, d'environ 
quarante centimètres. Telle est encore la mesure des épées mises 
à la main de tant de statues du commencement de l'Empire ('). 
Elle devient un peu plus longue dans l'armement des soldats 
représentés sur la colonne trajane, qui est postérieure d'un siècle 
et demi à la conquête des Gaules. Alors les lames peuvent avoir 
atteint de cinquante à cinquante-cinq centimètres. 

En second lieu, la pointe du glaive était formée sous un angle 

0) LiîiDBMSCHiiiT, Die AUerlhûmer unserer heidiibrliffi Vor»eU, cahier l, 
pi. Tl, ùg. 14. 

(*) Sèi>"lt»res gnhlohes, romnines, franqvfs, etc., p. 319. 

(*) A. bE Laborde, Les Mmimnents de la Frnnre. t. I''. 

(') V|SC0NTI« IroHogruitUie romaine, pi. XIX bh. 

v') l^ntre autres celles d'Agrippa. de Drusus, de Germanirus, dans T/eo- 
nofrapM romaine, pi. tiii, xxui et xxit. 



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— u — 

très ouvert, ses biseaux se rapprochant d'autant plus de la per- 
pendiculaire que Tarme est plus ancienne. 

Les soi-disant glaives ibériques déterrés sous le Mont-Auxoîs 
ne remplissent pas ces conditions. Comme M. de Reiïje n'en a 
pas plus indiqué les mesures que celles des autres pièces dont il 
a parié (ce qui, par parenthèse, me donne lieu de compter sur 
son indulgence s*il 7 a erreur dans les évaluations approximatives 
auxquelles je suis forcé de me livrer), j*estimo ici la longueur à 
une soixantaine de centimètres (^). En outre, la pointe ast formée 
sous un anglo très aigu. La figure 5 de notre planche montre 
par à peu près les distinctions que je cherche à faire saisir. 
iVest la lame d*épée des temps les plus anciens, 01a lame d*épée 
de Tépoque de Trajan, P Tune de celles dont le dessin accom- 
pagne la lettre au docteur Keller, et du parallèle résulte mon 
opinion. Au lieu de rapporter la lame P et celles qui lui ressem- 
blent au gladius hispaniensis , je les rapporte à la spatha; au 
lieu de les attribuer aux soldats de César, je les attribue soit aux 
soldats des empereurs flaviens, dont Végèce a décrit Tarmc- 
ment(*), soit à ceux des barbares de qui les Romains emprun- 
tèrent la spatha, soit encore aux autres barbares qui, à leur 
tour, empruntèrent la spatha do^ Romains. Ce qu'il y a de 
certain, c'est que depuis le troisième siècle de notre ère jusqu'en 
pleine barbarie, on n'a pas cessé de fabriquer des lames d'épée 
de cette forme. 

Quant aux laipes de la seconde espèce, à pointe camarde ou 
complètement arrondie, à fourreau do fer mince, longues do 
soixante-quinze à quatre-vingts centimètres, d'après mon calcul, 
j'enregistre une observation intéressante de M. de Reiïye. « Dans 
ces armes, dit-il, les tranchants ne sont pas du même fer que le 
corps de la lame. L'ouvrier, après avoir forgé cette partie avec 
du fer très nerveux, étiré dans le sens de sa longueur, soudait 

(M On nous a appris depuis que cette ëpée a cinquante-sept centimètres 
de lame. 
(•) De re mmari, lib. II, c. 15. 



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— 15 — 
de chaque côté de petites cornières de fer doux pour former les 
tranchants. Ce fer était ensuite écroui au marteau. » 

A la bonne heure 1 Voilà un fait constaté en connaissance do 
cause et dont les archéologues devront faire leur profit. Hais 
rhabile expérimentateur conclut-il d'après les épreuves qu'il a 
faites, lorsqu'il suppose que ces lanîfes d'un fer nerveut et si 
artistement travaillées nous représentent les risibles épées gau- 
loises du iv^ siècle de Rome , que les Romains convertissaient 
en crosses (en strigiles, dit Polybe) au moyen d'une simple 
parade? 

L'attribution archéologique dos armes dont il s'agit est encore 
à faire. Bien qu'on en ait trouvé dans le lac de Bienne, cela ne 
prouve pas qu'elles soient du temps des habitations lacustres. 
Elles appartiennent, au contraire, à une époque avancée de 
rindustrie et de la civilisation , à en juger par la circonstance 
curieuse que je -mentionnais tout à Theure et par d'autres, do 
pareille conséquence , qui avaient été déjà signalées. Ainsi , 
lorsque les fourreaux sont décorés, c'est tantôt d'ornements en 
relief exécutés au ciselet, tantôt d'une gravure qui paraît avoir 
été obtenue par l'emploi d*un acide (^). 

D'ailleurs, si le style de cfes ornements n'est ni grec ni romain, 
ainsi que le conjecture très bien M. de Reffye, il n'est pas 
davantage gaulois. M. Keller, le savant de Zurich à qui est 
adressée la lettre que je discute , et le premier qui ait raisonné 
sur les épées en question, M. Keller a repoussé l'idée d'une 
fabrication celtique (') , et il suffit de jeter les yeux sur les modèles 
gravés (pi. xiv du livre de M. Troyon) pour voir jusqu'à quel 
point M. Keller a eu raison. 

M. de RefTye , qui soutient au contraire la thèse d'une fabri- 
cation celtique, se trouve ainsi en désaccord avec son corres- 
pondant. Il y a plus, il se trouve en désaccord avec l'un des 
savants qui ont dirigé les fouilles d'Alise, car l'un de ceux-ci a 

(I) Troton, HabUallons lacusireê, p. 196. 
(») Troton, I6id. 



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— 46 - 

publié, dans la Revue archéologique elle-même ('] , une de ces 
épées découverte en 4861 . Là, la pièce est donnée pour une épée 
romaine, et son attribution est fondéo sur sa ressemblance avec 
un échantillon du musée de Mayence, échantillon dont le four- 
reau est marqué des lettres romaines C S I. L*étrange, c'est que 
cette dernière épée avait été trouvée dans les environs dlngel- 
beim, selon le dire de M. Lindenschmit, qui la fit connaître le 
premier au monde savant ('). 

Que M. de Reiïye veuille bien considérer ensemble tant de 
circonstances bizarres, et il reconnaîtra, je n*en doute pas, qu*il 
n'y a rien à en conclure pour le présent, sinon que l'arme 
trouvée à IngelhiM'm avec une marque romaine, ni aucune de ses 
pareilles, n'est une arme gauloise du temps oh succomba l'indé- 
pendance de la Gaule. S'il n'admet pas cette déduction, qu'il 
renonce au moins à vouloir tirer la lumière de ce qui n'est encore 
que ténèbres; qu'il recherche plutôt les analogues de certaines 
lames d'une longueur énorme (quatre-vingt-dix centimètres au 
moins, en apparence) , très propres à caractériser un dépôt, et 
qui n'ont rien dit à ses yeux, puisqu'il on a donné le dessin sans 
disserter dessus. Ces rapières de l'ancien âge ont été trouvées 
jusqu'ici dans les sépultures de rAllemagno et de la Belgique 
dojà germanisée; elles portent le même témoignage que les 
spatha, que les fers de lance, que les fers de javelot examinés 
plus haut ('). 

AGn de compléter l'assortiment barbare, il faudrait de ces 
couteaux, grands et petits, qui sont sortis en si grande abondance 
des tombeaux. Rien ne caractérise mieux l'équipement du Ger- 
main dans les derniers temps de l'Empire. M. de RefTye, qui 
opère sur les objets apportés d'Alise sans avoir assisté aux 



(») Numéro du mois d'août 1861, tom. Vllî. p. 141 et pi. xiv. 

{*) Die AlterlhÙmerHrtferfr heidiiischen Vorzril, cahier I, pi. v. 

(»; LiKOB?i>CHiiiT, Ole valerlœudisrhfn AltertMkmer der fùntnrh /loken- 
zoller'srhen Sammlung^ii, pi. xxxi ; — Publications de Id Société archéolog. 
du Luxembourg, t. VllI. article de M. Namur, cité par l'abbé Cocbbt^ 
Tombeau de duldèric, p. 70. 



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- 47 — 

fouilles, croit que celles-ci n*ont produit que des lames tranchantes 
des deux côtés. Cependant j'ai sous les yeux un numéro de la 
Retue française (*) dans lequel M. Léon Fallue signale comme 
découverts à Alise € des couteaux semblables à ceux qui ont été 
» trouvés dans les cimetières mérovingiens des pays de Caux, 
» de Metz, de Namur. » M*étant renseigné auprès de M. Fallue 
lui-même pour savoir s'il avait parlé de visu, il me répondit 
que oui; que lorsque les objets lui avaient été montré», il y 
avait certainement dans le nombre au moins un scramasax et 
d'autres couteaux plus petits. C'est donc un indice chronologique 
do plus à mettre avec lous ceux que j'ai dôjà fait ressortir. 

Divers petits objets, énumérés très succinctement par M. de 
Reffye, ou simplement figurés sur les planches qui accompagnent 
son article, ne peuvent point être discutés, faute de renseigne- 
ments suffisants : ainsi les deux viretons ou fers de flèche d'ar- 
balète photographiés sur la planche xxii (*), l'éperon et l'espèce 
de têtière écrasée qui sont rendus sur la même planche ('), les 
jugulaires de casque publiées de préCôrenceau casque lui-même, 
dont on dit que la forme a pu être restituée, et qui eût été un 
bien meilleur élément de critique, l'um^o ou bosse de bouclier 
représenté en projection sans ombre, lorsque le caractère de 
celte pièco réside uniquement dans son relief. Sur toutes ces 
pièces, je me bornerai à une remarque : c'est que, selon toute 
apparence, il ne faut pas leur appliquer l'indication de gisement 
donnée d'une manière générale au commencement de l'article, 
c Les objets recueillis dans les fouilles, est-il dit, ont été 
» retrouvés gisant sur le soi du fond d'un fossé qui devait avoir 
» été rempli d'eau à l'époque du siège. » Hais ceux dont il s'agit 
seraient-ils dans l'état de conservation oii on les voit s'ils avaient 
séjourné dans l'eau? D'ailleurs une personne bien informée a 
parlé des bosses de bouclier au moment de la découverte. 11 y 
en avait deux qui recouvraient chacune un petit tas de six 

(»' l^ septembre 1863, 

[*) Première coloooe è gauche. — (*) Deuxième colonne. 



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— 48 — 
monnaies gauloises, et celui qui racontait cela ne doutait pas 
que les boucliers n'eussent été posés, dans l'origine, sur la 
Si'ipullure de deux guerriers indigènes. C'est dans le Journal de 
Beaune, du 14 mars 4863, que j'ai lu celle curiosité archéolo- 
gique. J'en laisse la responsabilité au narrateur, ne faisant profit, 
pour mon compte , que de l'impression qui fut produite par la 
découverte des résidus de boucliers. Si on a pu dire qu'ils 
avaient couvert des sépultures, c'est qu'ils n'étaient pas au fond 
de fossés anciennement remplis d'eau. 

Encore une observation, qui sera la dernière. 

A Texposilion industrielle qui se tient actuellement au palais 
des Champs-Elysées, on voit le moulage en galvanoplastie d'un 
magnifique casqué de gladiateur, lequel est indiqué comme 
trouvé dans les fouilles d'Alesia, c'esl-à dire d'Alise. Les mômes 
fouilles ont produit encore, à ma connaissance, des boulets de 
pierre, des monnaies de tous les empereurs, d'innombrables 
fragments de tous les genres de poterie gallo-romaine, et môme, 
à ce qu'assurent diverses personnes, des ossements qu'on ne 
s'attendait pas à y rencontrer. Pourquoi garde-t-on le silence 
sur ces objets? Est-il sans portée pour le procès qui se débat que 
des choses d'une toute autre nature que celles que l'on produit 
aient été trouvées dessus, dessous ou à côté? Une poignée d'é- 
chantillons minéraux, triés arbitrairement et exhibés sans autre 
indication que celle de la contrée d'oli ils viennent, justifieraient- 
ils un système qu'on voudrait faire triompher quant à la forma- 
tion géologique de cette contrée? J'en appelle à la raison de 
l'honorable officier dont je conteste ici la doctrine. Qu'il veuille 
bien réfléchir à mon objection. S'il en comprend la gravité, il 
reconnaîtra, je n'en doute pas, que sa manière d'envisager les 
choses a été par trop incomplète; il confessera qu'il a jugé sous 
l'empire d'une illusion , parce qu'il n'a tenu compte que de ce 
qui s'adressait à son érudition spéciale , et que son érudition 
spéciale ne pouvait pas lui donner toute seule la clef d'un 
problème d'oli il n'est possible de sortir que par le concert de 
toutes les parties de l'érudition. 



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— 19 — 

Et maintenant, laissant do côté la lettre au docteur Kellor, je 
m*acbemine à ma dernière conclusion. 

En 4861, lorsque Ton commença à annoncer que la question 
d'Aleïûa était définitivement résolue par la découverte de fossés 
traversant la plaine des Laumes sous Alise-Sain te-Rei ne, j*obtins 
la permission de soumettre à TAcadémie des Inscriptions et 
belles-lettres un passage des Commentaires de César, d*oii il 
résulte qu'aucun fossé n'a traversé la plaine qui régnait devant 
Alesia. Une réponse verbale et évasive , à laquelle je n'eus pas 
le droit de répliquer sur le moment, fut la seule que reçut ma 
communication, et les choses en sont restées là , quoique ce que 
j'avais lu à l'Académie ait été aussitôt après imprimé dans une 
revue (*), tiré et vendu à part (*). 

Dans le môme temps, M. le capitaine Bial, professeur à l'Ecole 
d'artillerie de Besançon, après inspection des fouilles qui s'exé- 
cutaient sous Alise, démontra que les fossés découverts n'avaient 
pas de rapport avec ceux dont César se couvrit devant Alesia ('). 
D ne lui fut pas répondu. 

En 186^9 M. Delacroix, le père de la question d'Alesia, déga- 
gea du texte des Commentaires soixante-quatre conditions de 
topographie nécessaires pour fixer le site de la ville assiégée par 
César, ot dont aucune ne convient à Alise-Sainte-Reine (*). U ne 
lui fut pas répondu. 

En 4863, H. Auguste Castan, rapportant devant la Société 
d'Emulation du Doubs l'état des fouilles continuées autour 
d'Alise- Sainte-Reine , donna des preuves invincibles de l'âge 
postérieur auquel se rapportaient les ouvrages d'investissement, 
ainsi que les objets nouvellement découverts. Son rapport, 



0) Correspondance méraire, o» da 25 Juillut 1861. 

(*} Koureile défaite des défenseurs d'Alise sur le terrain d' Alesia t Paris « 
kuhry, 1861, in-8o. 

(") La vérité sur Alhe-Siinte-Reine, Pari», Oarnicr frères. 1861, in-S». . 

{*) Alaise et le Afonlfeur. Besançon , Bulle ; Mémnirei de la Société (TEniii* 
Islion du Doubs, année 1863, in-8«. 



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— 20 — 
publié et distribué dans le monde savant (*),.ne reçut pas de 
réponse. 

La même année, H. Léon Fallue dénonça, dans Tarticle de la 
Revtie française que j*ai précédemment cité, le caractère méro- 
vingien des armes apportées d'Alise. Il ne lui fut pas répondu. 

Il n*a pas été répondu davantage à un mémoire considérable 
publié au commencement de cette année 4864 (*), et dans lequel 
M. Sarrette, lieutenant-colonel au 86' de ligne, qui avait déjà 
subsidiairement combattu TAlesia bourguignonne, fait Tappli- 
cation militaire du texte de César à TAlesia franc-comtoise. 

Au milieu de cotte conspiration du silence, il faut placer, pour 
être exact, la tentative isolée d*un adversaire qui, en 4862, jugea 
utile d'établir que nous avions succombé, M. Delacroix et moi, 
h une irréparable défaite. Le Moniteur de Vannée fut choisi pour 
loger cette démonstration. Nous n*eûmes pas de peine à établir, 
au contraire, que nous n'étions pas défaits du tout, mais nous en 
eûmes tant à obtenir l'insertion de notre réponse, que je n'y 
réussis, pour ma part, qu'avec le ministère d'un huissier (*). 

Tel est l'état do la question seulement depuis quatre ans. Quant 
au débat qui avait précédé et qui comptait déjà cinq années 
d'existence, puisque c'est en 4856 qu'il prit naissance, il avait 
fourni dès lors tout ce qu'il était susceptible de rendre pour le 
point en litige. Il avait mis on lumière les textes d'oli résulte 
l'impossibilité de maintenir Alesia sur le Mont-Auxois; il avait 
provoqué les fouilles d'Alaise, qui ont conûrmé pleinement 
l'attribution franc comtoise; il avait déterminé la critique rigou- 
reuse de M. Cari Miiller, par qui la même attribution a pris 



(») Lex Camps, les Tmbflffs et les Villa dn pourtour d'AlaUe, dans les 
Mémoires de la Suriétè d'Emulalion du Donbs, 3-» série, t. VI H (1863), p. 1-27. 

(*) Alesia {Afaise), étude d'tirrhénl'çie militaire, dans les Mémoïrei de la 
Sorieté d'Emulation du Doubs, 3» série, t. JX (1864), pp. 1 76, 

(») Moniteur de rarmée, no» du 16 avril et du l«r mai 1862, et la brochure 
intitulée : La Question d*Ale$ia dans le Moniteur de l'armée, Besançon 
Dodivers, 1862. iû-8o. ^ ' 



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— 21 — 
place dans les notes du Slrabon de la nouvelle Bibliothèque 
grecque ('). 

Il est plus commode d'afflrmer ou de nier que de discuter. Los 
écrits pour Alaise contre Alise sont nombreux et disséminés. 
Leur publicité a été celle à laquelle peuvent atteindre, ddus notre 
pays, les travaux d'érudition. On compterait les personnes qui 
les ont lus, et plus d*une à qui il serait nécessaire de les avoir 
lus n*a jamais voulu s*en donner la peine. Des millions d'hommes, 
au contraire, sont depuis quatre ans périodiquement informés, 
par des nouvelles insérées presque de mois en mois dans tous les 
journaux, que décidément TAlosia de César est Alise-Sainte- 
Reine, qu'on y retrouve tout dos Gaulois et des Romains, et les 
ouvrages militaires de César, et jusqu'au gobelet du grand capi- 
taine (*], enGn qu'une statue colossale de Vorcingétorix (preuve 
devant laquelle on n'aura plus qu'à se taire) doit être élevée 
bientôt sur le Mont-Auxois. 

La disproportion des forces est grande. Elle ne nous décou- 
rage pas. La vérilé n'a pas été encore écrasée sous la pression 
des entre-Glets. Sa voix a été couverte par des hurrah préma- 
turés : elle s'empresse de la faire entendre aujourd'hui que 
s'annonce le moment qu'il aurait fallu prévoir avant de chanter 
victoire, aujourd'hui que la prévention subit l'inévitable nécessité 
de fournir ses preuves. Réduisant aux points capitaux les raisons 
que j'ai fait valoir tant de fois ('] , et dont le seul défaut est d'avoir 
été trop nombreuses, je dis : 

Alise-Sainte-Reine n'est pas Alesia : 

4^ Parce qu'Alise fut une ville de la cité éduenne, et qu'AIesia 
fut si peu de la cité éduenne, que le premier mot de César, après 

(>] c Alesia est hod. Alœse, qod vero, ut olim putabant, et ipse in Nomi- 
Dum indice dixi, hod. Alhe. » t. H. p. 963, col. 1. 

(*) IllttstraUon da 6 décembre 1862. 

(») VAlejtia df César rendue à la Fraurhe-Comtè, Paris, Hachette, 1857; — 
Leitre à M. le rédatteut du Spectateur militaire, i" série de ce recueil, t. XX 
(1857), p. 309; — Conrlusion pour Alaise dans la question d" Alesia, Paris, 
Hachette, 1858; — La Qtiestion d' Alesia dans la Hevue des Deux-Mondes, 
Bévue archéologique, aooée 1858. 



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avoir raconté la priso de cette ville , est qu'il donna Tordre du 
départ pour la cité éduenne (^] ; 

2? Parce qu'Alise, située à Touest, n'a pas du ôtro le point de 
rencontre de doux généraux qui prirent d*abord leur direction à 
à Test : César exécutant sa retraite du pays des Senons(diocèsos 
de Sens et d'Auxerre) en Séquanie ou Franche-Comté par le 
pays des Lingons, qui répond à l'ancien diocèse de Langres (*} ; 
Vercingétorix ayant commencé par une marche du côté dos 
Allobroges, c'est-.'i-dire vers le Bas-Bugpy ou le Valromey {•) ; 

S^ Parce que la bataille qui précéda l'investissement d'Alcsîa 
eut lieu en Séquanie ou Franche-Comté (^j, et qu'il y a trop de 
distance entre un point quelconque de la Franche-Comté et Alise 
pour que le trajet eût été accompli en un jour et demi de marche, 
intervalle de temps qui sépara la bataille de l'arrivée des Romains 
devant Alesia ; 

4^ Parce qu'Alise, avant-pnste do la cité éduenne sur une 
langue de terre enfoncée dans le pays lingon (') , le pays lingon 
s'éUmt prononcé pour les Romains, Alise, dans cette situation, 
ne pouvait pas être choisie pour le rempart suprême de la 
nationalité gauloise ; 

5<* Parce qu'Alise, bornée, comme l'exigent les textes, au 
seul plateau du Mont-Auxois, no présente en superficie que 
quatre-vingt-dix-sept hectares, et qu'il est matériellement impos- 
sible de placer sur un si étroit espace des fortiûcations épaisses, 
les cases d'une population de quatre-vingt-dix mille Mandu- 
biens (•), le campement de l'armée de Vercingétorix , composée 

(*) c His rébus coiifectis, in ifidaos proficidcitnr. » {De beUo gaUleo, 1. VI !• 
c. xcx.) 

(*j « Qoum Cssar io Sequanos per extremos Lingonam fines iler faceret. • 
{De hello gnllico, I. VIH. c. Lxvi ) 

(») « O0»p>uYYtx6pi|... iTC» 'AXXôgpiya; l<rTpàT»wa« ' • (DioCassius, Ulsi- 
rom., l. XL c. xxxix.) 

{*) m *£v £T)xouavo7c. » (Dio Caksius. Ibid.) 

{*) Voir ios cartes de l'iinrien Uiorèse d'Autun. 

(* Chiffr) réjiutlaiit du tëinoignago de Plutiirque» rh. 37 de la Vie de 
César : « Al 8à âv aOx^ tûv piaxoiUxav owx èXdTTovçç ^<rgiv iictaxaiSexa 
|Lvpià5(i>v. » 



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-Sa- 
de quatre-vingt mille hommes (*) , un nombreux Wtail (•) , et 
eoûn tout le matériel nécessaire à une si grande agglomération, 
que la ville a contenue pendant au moins un mois ; 

6* Parce qu*Alise, enfermée dans une enceinte do quaire mille 
dnq cents mètres, isoléo et découverte de toutes parts, plus 
fiadle encore qu*Uxe11odunum à réduire par le manque d*eau, 
pour qui Teût serrée de près. Alise n'aurait pas demandé pour 
être investie la contrevallation de seize kilomètres qu*il fallut 
mettre devant Alesia; et si l'on objecte les fossés récemment 
découverts autour d* Alise, lesquels forment une enveloppe d'une 
très grande étendue, je réponds que ces fossés ont été creusés 
pour investir non pas la petite Alise celtique, bornée au plateau 
du Hont-Auxois, mais une grande Alise romaine, qui occupait à 
la fois le Mont-Auxois et les vallées environnantes; 

7^ Parce que, grâce à une série non interrompue de monu- 
ments qui attestent son existence depuis le moment de la con- 
quête romaine jusqu'à l'époque de nos rois fainéants. Alise est 
démontrée ne s'être appelée jamais autrement qu'AlUia, ce qui 
diilère d' Alesia autant qu'Alise diffère d'Alaise ; et afin que l'on 
Toie bien que l'accord dont je me prévaux ici n'est pas l'effet du 
hasard* je mets sous les yeux du lecteur cette série de monu- 
ments : 

ALISIIA, dans une inscription celtique trouvée à Alise même, 
laquelle peut remonter aux dernières années de la république 
romaine ; 

ALISANU, dans une autre inscription gravée sur le manche 
d'un poêlon de sacrifice, trouvé près de Dijon, et qui, par sa fa- 
brication, n'est pas postérieur au premier siècle de notre ère {»); 
ALISIENS[ES], nom des habitants de la ville, sur une tessère 
en plomb du temps des Antonins , monument fourni par les 
dernières fouilles, et qui depuis s'est retrouvé ailleurs (♦) ; 



(») Df betio galllco, 1. VIF. c. lxxvii. 

(•) /Wrf.. c. LXXI. 

(■/ Mémoires de la Commission des antiquHés de la Côte^d'Or, t. IV, p. 281. 

{*) Reçue numismatique, aouëc 1861, p. 253. 



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— 24 — 

ÂLISTA, dans le très ancien martyrologe attribué à saint 
Jérôme (*) ; 

ALISÂNA LOCO, dans un autre martyrologe antique, compilé 
par Rhalmo-Maur (*) ; 

ALISIBNSIS LOCVS, dans la vie de saint Germain d*Auxerre, 
écrite au ¥• siècle par le moine Constantin (•) ; 

ALISIA, dans les miracles do saint Loup, évéque de Troyes, 
écrits au vi« sic»cIo (*) ; 

ALISIENSI OPPiDO, dans la vie de saint Amatre, évoque 
d'Auxorre, écrite au vi« siècle {*) ; 

ALISIBNSË PAGO, dans la vie de saint Germain de Paris, 
por Fortunat ; 

ALISIA CAS[TRyM'], légende d*un trions mérovingien du 
vil* siècle (•). 

Voilà quelques-unes do nos raisons ('). Sans trop do prc^somp- 
tion, il nous est permis de croire quV'lles forment un ensemble 
dont la solidité n*est pas ébranlée parce qu*on produit à ren- 
contre un amas d*armes telles que celles dont firent usage les 
pères ou les grands-pères dos compagnons du roi Gondebaud. 

(>) Dachbry. SpirVegium, t U, p. 18. 

(*) BoUandbtcs. 1. 111 de septembre, p. 26. 

(>) /6irf., 31 juillet. 

(«j /fritf., 29 juillet. 

(») /Wd.. IT mai. 

(•) Renie nrrhenlogique, novembre 1863, p* 379. 

C) Si nous ne mentionnons pas le diplôme de 811 signalé par la Rente 
arrheuhgiqHe (1863. p. 383^ comme donnant à Alise le nom d'Alosia. c'est 
que Tunique leçon de ce monument se trouve dans le rarlulaire de l'abbiyo 
do Flavigny, où fut imaginée, au ix* siècle, ridcntification d'Alise et d'A- 
lesia. (Voir ooire Aletia dt César rendue à la Franike-Comté,) 



À 



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SUR LE 

DÉGAGE3IENT DE CHALEUR 

DU A LA FORMATION DES SILICATES 

Par M. MINART 

Ingénieur à l'osine dé Casaméne (Donbt). 



«éanee du €4 Janvier f ««S. 



L« traitement des minerais ou des matières métalliques dans 
les bauU-fournauxou dans les fours do divers systèmes on usage 
dans l'industrie, est toujours accompagné d'une production de 
matières vitreuses fondues, que l'on désigne sous le nom de lai- 
tiers ou de scories , suivant qu'elles sont plus ou moins dé- 
pouillées du métal qu'on élabore. Ces matières en fusion s'é- 
coulent en dehors des appareils, et jusqu'ici n'ont pas encore été 
utilisées comme l'on peut prévoir qu'elles le scroul plus tard; 
elles résultent de la combinaison à de hautes températures de la 
silice avec les bases terreuses, alumine, chaux, magnésie, etc., 
contenues dans les gangues des mmerais et les cendres des com- 
bustibles. On les désigne chimiquement sous le nom de sili- 
cates : la silice jouant le rôle d'acide et formant avec ces bases, 
sous l'action d'une forte chaleur, des silicates d'alumine, et des 
silicates de chaux, de magnésie , de protoxydo de fer, do manga- 
nèse, etc. 

Le silicate d'alumine est infusible , le silicate de chaux l'est 
également ; mais ces deux composés réunis et combinés sont 
fusibles. 

Je ne m'occuperai que de ceux-ci, qui sont les plus impor- 
tants, parce que ce sont ceux que produisent en immense quan- 
tité les bauts-fourunux oii l'on traite le minerai de fer, et que. 



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— 86 — 

c*est sur un phénomèno qui résulte de leur formation que je veux 
appeler TaUenlion. 

La composition moyenne des laitiers de hauts-fourneaux au 
coke est : 

Silice 40 

Chaux 40 

Alumine .... SO 

fOO 

qui se rapproche extrêmement de la composition chimique sui- 
vante : 

Oxygène Silice. Alumioe. Chaux, 

de Ittcide. des bases. Si 0* ' Al* 0* 3 Ca 
300 300 566,7 »»»» 4050 4646,7"^S^Ï Vc^^q' 
300 300 566.7 64^8 »»»» 1 208,5 "^l^ï*-^|?^^r 
600 600 1133.4 641,8 1050 28i5,2 
d*où la composition en centièmes suivante : 
1133.4X100 



28i5,2 

641,8X100 
2825,2 

1050X100 



== 401 silice, 
= 227 alumine, 
= 371 chaux. 



' 1000 

silicate neutre dont Toxygène des bases est égal à Toxygène de 
l'acide. 

Cette composition correspond exactement à un silicate simple 
ou monobasiquo d*alumine, uni à un silicate triple ou tribasique 
de chaux. Les deux silicates étant combinés, sont fusibles à la 
température de fusion de la fonte. 

C'est par la fusion que la séparation du métal et des gangues 
est obtenue; les matières se classent par ordre de densités, le 
métal forme la couche du fond ot le laitier celle de la surface. 



l J\^d^yG^^8^^ 



-27- 

Hais si Ton établit le compte de la chaleur que les matières, 
en descendant depuis le haut du fourneau, ont emprunté aux gaz 
issasde la combustion du charbon , on reconnaît que la totalité 
d« cette chaleur ne se retrouve pas dans ces matières fondues, 
et Too est obligé d'admettre, ou que les capacités calorifiques ad- 
mises dans le calcul sont trop fortes, ou que ces matières, après 
iroir absorbé réellement la quantité calculée, en ont dégagé une 
partie avant do se rendre dans le creuset. 

C*est ce qui m'a conduit à faire Thypothèse que la formation 
des silicates était accompagnée d*un dégagement de chaleur ; et 
c'est dans le but de vérifier si cette hypothèse était vraie que j*ai 
bit les expériences suivantes : 

J'ai placé dans un fourneau, sur un méftne fromage en brique, 
deux creusets d'égale grandeur percés chacun d'un trou dans le 
bas et sur le côté/ afin de donner passage à la matière fondue : 
Tunde ces creusets contenait 100 grammes d'un mélange intime 
composé de 40 parties de silice, 40 de chaux et 20 d'alumine, le 
loot finement pulvérisé et humecté pour bien établir les contacts. 

L'autre creuset contenait un silicate exactement de la même 
composition, préalablement fondu et finement pulvérisé et hu- 
mecté comme le premier. 

Les creusets chauffés rapidement pendant une petite demi-heure 
environ, éprouvèrent ensemble une température égale et corres- 
pondant à peu près à celle de la fusion de la fonte grise. A ce 
moment, le creuset qui renfermait les éléments non combinés 
du silicate, laissa couler rapidement un verre bien fondu et très 
fluide, tandis que dans le creuset voisin le silicate préalablement 
formé commençait à fondre, mais n'avait pas encore acquis par 
la seule chaleur du foyer une fluidité suflisanle pour s'écouler 
parle trou pratiqué au fond du creuset. Je les retirai vivement 
du feu, et, après refroidissement, il me fut facile^ de constater 
que Texpérience avait confirmé mes prévisions : un des creusets 
était vide et l'autre n'avait rien perdu de la matière qu'il conte- 
D3il. Cette mémo expérience, répétée plusieurs fois, donna tou- 
jours les mêmes résultats. Il faut en conclure qu'indépendam- 



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— 28 — 

mont de la chaleur du foyer reçue également par les deux 
creusets, il se produit une élévation de température dans celui 
oii la combinaison du silicate se fait, par suite d un di^^gagoment 
de chaleur dû à Taction chimique, et que le silicate nouveau at- 
teint plutôt une fluidité parfaite qui lui permet do s'écouler au 
dehors du creuset. 

Une remarque importante à faire et qui donne une grande 
force à l'hypothèse. 

C'est que le silicate à former , bien qu'il ait été tassé dans le 
creuset à l'état humide , n'a laissé que d'un seul côté et sur la 
moitié de «la hauteur la trace do son contact avec la paroi du 
creuset. Ce qui prouve que par la dessication d'abord, puis par 
la combinaison, la matière s'est contractée sur elle-môme et 
qu'elle ne touchait la paroi que sur une ligne. Dans ces condi- 
tions, la chaleur du foyer ne lui parvenait que par rayonnement 
et non par contact, ce qui a dû être une cause de retard dans la 
fusion de cotte matière, tandis que dans l'autre le silicate com- 
posé préalablement adhôrait à la paroi du creuset, et recevait du 
foyer une quantité de chaleu^ par contact évidemment plus 
grande dans le même temps. 

J'ai cherché à établir ce fait d'une manière plus évidente en- 
core, et'pour cela j'ai employé un corps dont le point de fu- 
sion est assez élevé pour rester à l'état solide dans le silicate 
déjà composé et amené de nouveau à l'état de fusion, et capable 
cependant de fondre par le dégagement de chaleur dû à la for- 
mation du silicate. 

J'ai employé le nickel du commerce. L'on peut voir, dans les 
échantillons que j 'ai l'honneur de présenter à l'appui de cette note, 
deux moitiés de creuset : dans l'une, se trouvent deux globule» 
de nickel fondus au milieu du silicate en voie de combinaison ; 
dans l'autre, deux petits cubes de nickel ayant conservé l'état 
solide et leur forme primitive, bien qu'ils se fussent trouvés au 
milieu d'un silicate ancien presque entièrement fondu. Des ré- 
sultats analogues ont été obtenus avec du for; mais ce dernier 
métal est toujours assez fortement attaqué par la silice, et pour 



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cette raison il convient moins pour la démonstration de ce phé- 
nomène. 

Presque toutes les combinaisons chimiques ont lieu avec déga- 
gement de chaleur, et, sous ce rapport, le phénomène que je 
Tiens de signaler rentre dans la règle ordinaire : il ne présente 
pas une particularité nouvelle. Seulement les circonstances dans 
lesquelles il se produit rendaient son observation difficile, ot 
c'est pour cela que jusqu'à ce jour il paraît avoir été ignoré. 

n reste maintenant à déterminer quelle est la quantité de 
chaleur produite par cette combinaison ; ce sera le sujet de nou- 
velles expériences. 

En attendant que cette quantité soit déterminée . avec plus ou 
moins d'exactitude, nous pouvons déjà en tirer l'explication de 
certains faits observés souvent dans les hauts-fourneaux et qui 
jusqu'ici étaient inexplicables. 

n arrive souvent, dans le roulement ordinaire de ces appa- 
reils, que les laitiers sortent à une température moins élevée que 
d'habitude ; ils sont rouges , visqueux , épais , au lieu d'être 
blancs, fluides ot coulants. Ces laitiers ne peuvent être conduits 
sur le lieu ordinaire de dépôt; ils se solidifient avant d'y arriver, 
la fonte présente le même abaissement de température, elle est 
pâteuse, rouge, no remplit pas les moules ; bref, c'est ce que les 
ouvriers appellent une allure froide. Je la fonte froide. 

Ordinairement le laitier et la fonte présentent des aspects tout 
différents, et quelquefois sans que l'on puisse en connaître la 
cause: Tallure devient chaude, les laitiers sont d*un blanc écla- 
tant, très fluides; la fonte également très liquide coule avec la 
plus grande facilité et remplit les moindres creux des moules ; 
elle est excessivement chaude. Cependant l'on a consommé dans 
les doux cas la même quantité do combustible et la même quan- 
tité de minerai dans le même temps. 

Il 7 a cependant une différence visible dans la température du 
fourneau : dans les deux cas et tant que l'on ne connaissait qu'une 
source de chaleur, le fait était inexplicable. 

Aujourd'hui l'explication en est facile : il y a une deuxième 



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- 30 — 

source de chaleur dans Touvrage des fourneaux, c*est la forma- 
tion dos laitiers, c'est-à-dire la combinaison de la silice avec les 
bases terreuses. Mais remarquons qu'ordinairement le silicate 
d'alumine étant déjà en grande partie formé dans les minerais» 
il n'y a guère que le silicate de chaux qui se produise dans le 
fourneau ; et comme il entre dans le silicate composé pour 
plus de 62 p. ^/o, il résulte de cette réacton une élévaûon im- 
portante de la température , un accroissement de la fluidité dos 
laitiers et de la chaleurde la fonte. 

Mais lorsque, par une variation do la composition des mine- 
rais, U proportion de silicate d'alumine augmente et que celle du 
silicate de chaux diminue, immédiatement la température dé- 
croît et l'allure froide se manifeste. 

La connaissance de la cause de ce phénomène guidera le mé- 
tallurgiste dans la recherche des moyens à employer pour so 
préserver des inconvénients que peuvent occasionner ces refroi- 
dissements dangereux ; ce n^est pas ici le lieu d'en parler plus 
longuement. 

Je ne terminerai pas sans faire remarquer que le sens pra- 
tique des ouvriers et des directeurs d'usine avait fait classer les 
minerais en deux catégories : les mines chaudes, qui compre- 
naient les minerais siliceux ou calcaires ; les mines froides, qui 
étaient argileuses, c'est-à dire oU le silicate d'alumine était tout 
formé. 

Ces expressions qui, jusqu'à ce moment, excitaient le sourire 
incrédule de beaucogp de métallurgistes instruits , avaient leur 
origine cependant, comme on vient de le voir, dans l'observa- 
tion et l'expérience longuement acquise de faits qui, pour n'être 
pas compris, n'en étaient pourtant pas moins justement observés. 



La planche ci-jointe contient quatre figures représentant les 
phénomènes de capillarité qui se sont produits dans les expé- 
riences dont il vient d'être question* 



¥ 
f" 



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«i5n k L'ouijs . ^8Sb . 



Cf.âieur cfue aux jj/;rales. 



Ùti LiV/W, i"M#f •" 



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— 31 — 

Dans la fig. i , on voit Tébullition de la fonte liquide par la 
Tapeur qui s'échappe du cylindre d*argile dont la base trempe 
dans l'eau de la cuvette plac^ dans le cendrier. 

La fig. 2 indique la condition dans laquelle on voit se produire 
la dissociation de la vapeur d'eau ; elle correspond à un très grand 
rapprochement du sommet du cylindre d'argile de la surface de 
la fonte. 

La 6g. 3 représente Tétat du verre fondu dans le creuset avant 
rintroduction de l'eau dans la cuvette inférieure. 

La fig 4 représente le boursouiDement du verre lorsque le 
courant d*oau ascensionnel est établi au travers du cylindre 
d'argUe. 



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EXPÉRIENCES 

SUR L'ACTION CAPILLAIRE 



PHÉNOMÈNES DE CAPILLARITE. INFLUENCE DE LA CHALEUR 

SUR LES CORPS PERMÉABLES ET DOUES DE CAPILLARITÉ. 

ENDOSMOSE DE LA VAPEUR. — DISSOCIATION DE LA VAPEUR. 

Par M. MINART 

Ingénieur k l'usine de Cataméne (Donbs). 



•éamee du if mars t0«ft. 



La capillarité ost la cause à laquelle on attribue la pénétration 
particulière des liquides dans les tubes étroits ou dans les in- 
terstices des corps poreux et perméables. Ce phénomène ne de- 
vient apparent que lorsque sa production est en opposition avf>c 
les lois do Téquilibro des fluides. Ainsi Tascension de Teau 
dans un morceau de grès dont la base touche au niveau de ce 
liquide, est un fait de ce genre, puisque, contrairement h la loi 
de la pesanteur, une certaine quantité d*oau s'est élevée au-des- 
sus du niveau sans cause apparente. Ce phénomène est dû à 
l'action des forces moléculaires; il se produit dans toutes les di- 
rections, et, si on ne Tobsorvo réellement que quand cette direc- 
tion a lieu de bas en haut, il n'en a pas moins lieu do haut en 
bas; seulement le mouvement du liquide est confondu avec celui 
dû h l'action do la pesanteur. 

Pour que ce phénomène ait lieu, il faut que les corps en con- 
tact avec le liquide soient poreux , c'est-à-dire qu'il existe de 
petits vides ou interstices entre les parties constitutives, et, de 



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— 33 — 

plos, qu'ils soient perméables, c*est-à-dire susceptibles de se 
laisser mouiller et traverser par le liquide. 

Certains corps poreux ne sont point perméables : ainsi cer- 
taioes étoflés de laine au travers desquelles on peut voir de nom- 
breux petits trous à la lumière, supporteront, sans se laisser tra- 
verser, une nappe d*eau étalée sur leur surface. La laine n'ajant 
pas d*afiinité pour Feau, ne se laisse pas mouiller ni traverser. 

Les briques présentent è un haut degré les conditions favo- 
rables à la capillarité ; Tobservation d*un phénomène qui s'est 
produit dans un des hauts-fourneaux de Rans a appelé mon at- 
teotion sur ce sujet, et m*a engagé à faire les expériences que 
j'ai rhonneur de communiquer à la Société d'Emulation. 

Le fourneau sur lequel j'ai observé les effets de la capillarité 
des briques était, dans le langage du métier, en allure chaude; 
les laitiers, bien qu'un peu basiques, ne contenaient que 4 à 6 
millièmes de protoxyde de fer, proportion insuffisante pour les 
colorer sensiblement; ils étaient blancs. La chaleur du creuset 
«Hant excessive , je fis fonctionner un système d'arrosage établi 
ad hoc, et qui, mouillant la surface extérieure des briques du 
creuset, avait pour objet de s'opposer, par un refroidissement 
actif de la surface extérieure, à la fusion de la partie intérieure 
des briques, et de conserver ainsi aux parois une épaisseur et 
uoe solidité suffisantes. 

Rien n'étant changé dans la charge ni dans la consommation 
du fourneau, l'arrosage fonctionnant depuis 28 h 30 heures^ un 
refroidissement considérable se Ot remarquer dans le creuset, le 
métal se figea sur le fond et les laitiers devinrent subitement 
Doirs et chargés de 70 à 80 millièmes de protoxyde de fer. Ce^ 
pendant la marche du fourneau, depuis les tuyères jusqu'au haot^ 
était toujours satisfaisante, la descente était régulière, les tuyères 
claires et nullement embarrassées ; bref, il n'était pas douteux 
pour moi que l'élaboration des minerais se faisait toujours dans 
d'aussi bonnes concKtions que précédemment. Je n'étais frappé 
que de la grande proportion de fer que contenaient les laitiers. 
Le refroidissement ne me préoccupait pas* Je fis cesser, puis 

3 



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— 34 — 
reprendre Tarrosage; les mômes effets se. reproduisirent exacte- 
ment, et il me fut démontré que c*était à cette cause qu'il fallait 
rapporter les dérangements qui avaient eu lieu. 

Le refroidissement et la solidification de la fonte dans le creu- 
set pouvaient s'expliquer facilement par un arrosage trop abon- 
dant, enlevant une quantité de calorique trop considérable à cette 
partie du fourneau. On dépassait le but, rien n'était plus facile 
que d'y revenir. Il n'y avait qu'à trouver par tâtonnement le 
volume d'eau convenable et s'en tenir là. 

Mais ce qui ne pouvait s'expliquer, c'était l'augmentation con- 
sidérable d'oxyde de fer dans les laitiers , malgré la bonne ré- 
duction des minorais dont j'étais certain. Je fus donc conduit à 
admettre qu'une cause d'oxydation accidentelle existait pendant 
l'arrosage, et que le métal réduit d'abord se réoxydait en partie 
au moment de sa fusion et jusque dans le creuset. Cette cause 
d'oxydation ne pouvait ôtre due évidemment qu'à la vapeur d'eau, 
et je supposai que la capillarité des briques pouvait déterminer 
de l'extérieur à l'intérieur un courant d'eau qui, se réduisant en 
vapeur sous l'influence de la haute température , pénétrait dans 
le fourneau par endosmose, en soulevant l'enduit vitreux qui 
tapisse les parois , et malgré la pression de l'atmosphère inté- 
rieure du fourneau qui ne s'élève pas à moins de deux centi- 
mètres de mercure. 

Pour vérifier mon hypothèse, j'entrepris les expériences sui- 
vantes, qui justifièrent complètement mes prévisions. 

Je plaçai dans un fourneau un creuset de graphite percé au 
fond d'un trou de 25 millimètres , par lequel j'avais introduit 
l'extrémité supérieure d'une baguette cylindrique en terre à 
briques de 20 à 22 centimètres de longueur; le bout de la ba- 
guette dépassant de 2 à 3 centimètres le fond du creuset, et son 
autre extrémité descendant de 16 à 18 centimètres dans le cen- 
drier. Je mis des morceaux de fonte dans le creuset et je chauffai 
jusqu'à fusion parfaite du métal. Dans cet état, la surface de la 
fonte ayant été bien débarrassée de toutes scories, je constatai 
Tabsence de toute agitation et de tout mouvement dans le bain 




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- 35 — 

métallique, qui réfléchissait comme un miroir Timage des objets 
avoisinauts. A ce moment je plaçai une petite cuvette en fer 
pleine d*eau dans le cendrier, et je fis tremper de â ou 3 centi- 
mètres l'extrémité inférieure du cylindre d'argile au travers du- 
quel Feau pénétra immédiatement; puis, la capillarité étant 
activée par la chaleur, au bout de quelques minutes la vapeur 
d'eau s'échappa par l'extrémité supérieure de la baguette au 
travers de la fonte en fusion , dans laquelle elle détermina une 
espèce d'ébuUilion qui s'est continuée indéfiniment tant que j'ai 
fait continuer le chauffage. 

Dans cette expérience, l'eau s'est élevée par l'action de la ca- 
pUlarité de lia 15 centimètres au-dessus de son niveau, puis 
sa vapeur, au lieu de s'échapper de haut en bas sous la pression 
d'une couche de fonte de 3 centimètres, et de s'opposer ainsi à 
l'ascension de nouvelles parties du liquide, s'est frayé un pas- 
sage au travers du métal formant ainsi un courant ascensionnel 
continu de l'eau de la cuvette au travers du cyhndre d'argile et 
de la fonte, courant qui n'a cessé qu'après la solidification du 
métal par refroidissement. L'échantillon que j'ai l'honneur de 
présenter à la Société d'Emulation, permet de voir le gonflement 
produit par des bulles de vapeur arrêtées au moment de la soli- 
dification de la surface. 

J'ai répété un grand nombre de fois cette expérience, j'ai tou- 
jours obtenu les mômes résultats. Une précaution est cependant 
nécessaire : il faut que le cylindre d'argile soit recouvert d'un 
enduit vitreux imperméable, dans la partie qui traverse le creu- 
set et qui l'isole complètement de celui-ci ; à défaut d'un isole- 
ment complet , le liquide passe du cylindre dans la terre du 
creuset et s'écoule par le bord supérieur , sans traverser le bain 
métallique. 

La même expérience a donné des résultats analogues avec du 
verre fondu ; on peut voir sur l'échantillon n*» 2 le soulèvement 
considérable occasionné par la vapeur s'échappant du cylindre 
d'argile au travers de la masse de verre : pour obtenir la con- 
servation de ces bulles , il est nécessaire d'exposer le creuset de 



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— 36 — 

verre à un refroidissement rapide, tout en laissant la partie 
inférieure du cylindre plongée dans Teau. 

Ces résultats, comme on le voit, conûrment Thypothèse que 
j*avais admise, et expliquent Toxydalion extraordinaire du métal 
dont j*ai parlé, par l'introduction dans Tintérieur du fourneau 
d*une certaine quantité de vapeur d'eau, sous Tinfluence de la ca- 
pillarité et par endosmose. L'on sait, en effet, que la vapeur d*eau 
se décompose au contact du fer avec une grande énergie à de 
hautes températures. 

L'abondance de Toxyde de fer dans les laitiers était donc bien 
rindice de Tinlroduction de la vapeur dans l'ouvrage du four- 
neau, et la preuve que la capillarité est assez puissante pour 
traverser des briques de m. 60 centim., pour vaincre la résis- 
tance de la pression de l'atmosphère intérieure et la viscosité 
des matières vitriûées plus ou moins fluides qui en tapissent la 
surface exposée à la chaleur. 

En poursuivant ces expériences, j'ai pu constater le phénomène 
de la dissociation de l'eau , phénomène découvert et décrit par 
M. De ville ; il se produit dans les conditions suivantes : Lorsque 
le cylindre en argile est terminé en cône à la partie supérieure , 
de manière à ce que toutes les bulles de vapeur s'échappent par 
son sommet; lorsque la partie du cylindre d'argile pénétrant 
dans la fonte a 4 ou 5 centimètres de longueur, et enûn lorsque 
la pointe du cône est à 5 ou 6 millimètres au-dessous de la sur- 
face métallique. Dans ces conditions, les bulles de vapeur sont 
très peu en contact avec le métal qu'elles traversent dans une 
faible épaisseur, après avoir cheminé toutefois au travers d'une 
partie suflisamment longue du cylindre, portée à une très haute 
température. Le peu de durée du contact de l'eau avec le métal 
est insuffisant pour faire combiner l'oxygène de la vapeur, mais 
rinfluence du fer suffit à opérer la décomposition de l'eau. Dès 
que la bulle de vapeur est sortie du bain métallique, la combi- 
naison des deux gaz se reproduit instantanément et donne lieu à 
un éclairement assez vif de la surface environnante du métal et 
à une petite détonation très marquée. On doit déduire da ce fait 



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— ar- 
que J« température do fasioD de la fonte ne suffit pas à elle seule 
à opérer la dissociation de la vapeur d*eau, mais que cette réac- 
tion a lieu en présence du fer. L'affinité du métal pour Toxygène 
serait la force qui vient en aide à la chaleur pour séparer les 
éléments de la vapeur d'eau. 

Les expériences dont je viens de rendre compte ayant mis en 
évidence une force de la capillarité assez intense pour élever 
Teau à une certaine hauteur au-dessus de son niveau, et sou- 
lever en outre une couche de métal fondu d'une assez grande 
épaisseur, je cherchai à mesurer la force ascensionnelle de la 
capillarité. 

Pour cela je pris un cylindre d'argile dans l'extrémité duquel 
je perçai un trou de 40 millimètres de profondeur environ, et 
j'y fixai une petite éprouvette à mercure en verre. Pour éviter 
les pertes par l'évaporation , j*enduisis la surface du cylindre, 
sauf la base de cire à cacheter, et je fis tremper la partie infé- 
rieure dans l'eau. 

La capillarité fit monter ce liquide dans les pores de l'argile et 
en expulsa l'air qui, refoulé dans le tube de l'éprouvette, trans- 
mit au mercure la pression exercée sur lui parle mouvement as- 
censionnel de l'eau. Après vingt-quatre heures, la dénivellation 
du mercure était de 0,itO millimètres, correspondant à une 
pression de \ m. 47 d'eau ou 4/7® d'atmosphère. 

Il n'est pas douteux que de nouveUes expériences, dont les con- 
ditions seront mieux appropriées, donneront des résultats bien 
supérieurs à ceux-ci, qui, néanmoins, ne laissent pas que d'être 
assez remarquables. 

Ces recherches pouvant être d'une certaine utilité, j'ai entre- 
pris des expériences pour déterminer : 4^ à quelle hauteur limite 
l'eau pouvait s'élever dans ces matériaux au-dessus de son ni- 
veau et dans les conditions atmosphériques ordinaires ; 2^ quelle 
est la hauteur limite pour les matériaux mis à l'abri de l'évapo- 
ration par leur surface extérieure ; 3^ quelle est l'influence de la 
chaleur sur la capillarité. J'aurai l'honneur de communiquer à 
la Société d'Emulation les résultats que j'obtiendrai sur les deux 



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— 38 — 

premières queslioDS. Je fuis dès aujourd'hui indiquer ceux que 
j*ai déjà obtenus sur la troisième. 

J'ai rempli deux tubes en fer de 40 millimètres de diamètre 
et de 0, 80 centimètres de longueur, de sable argileux, humide, 
fortement serré. Je les ai fait sécher lentement et à une tempéra- 
ture d'au moins 450 degrés, puis je les ai placés tous les deux 
verticalement dans des cuvettes contenant quelques centimètres 
d'eau. L'un des tubes est resté exposé à la température ordinaire, 
et après deux jours n'a pas donné de trace d'humidité à la partie 
supérieure. L'autre a été chauffé à moitié de sa hauteur par 
quelques charbons placés sur une grille et porté au rouge 
sombre; l'activité de la capillarité a été tellement accrue par 
cette température, qu'en une demi-heure environ la vapeur s'est 
manifestée à la partie supérieure, le sable argileux s'y est dd- 
trempé, et une mince couche d'eau s'est produite à la surface 
d'une manière permanente. 

L'action de la chaleur a donc eu pour effet d'accélérer le mou- 
vement ascensionnel de l'eau dans des proportions relativement 
considérables. 

Ces expériences doivent être répétées , modifiées de plusieurs 
manières ; je me propose de les continuer et d'en faire connaître 
les résultats. 

Avant de terminer cette note, je crois à propos de dire un mot 
de quelques effets de la capillarité. De toute chose il faut trouver 
le côté utile. 

Tous les bâtiments d'habitation, toutes les maisons construites 
avec des matériaux perméables et doués de capillarité sur des 
terrains dont le sous-sol est humide, sont des habitations mal- 
saines. Beaucoup de pierres, les mortiers, ceux qui sont hydrau- 
Uques comme ceux qui ne le sont pas ou qui le sont peu , sont 
perméables et doués de capillarité. Il suffit de laisser tomber 
quelques gouttes d'eau sur une pierre sèche pour juger approxi- 
mativement de son degré de perméabilité et de capillarité, par la 
promptitude avec laquelle l'eau est absorbée. Le plâtre est dans 
le même cas. Par conséquent, toutes les constructions faites avec 



,edby Google 



— âg- 
ées matériaux ont rinconvénient dangereux d*étre humides et 
par suite malsaines. La hauteur, à laquelle Thumidité puisée 
dans le sous-sol par les fondations peut arriver, dépend de Tacli- 
Tité capillaire des matériaux, de Tévaporation plus ou moins 
facile par les surfaces enduites ou non de matières peu per- 
méables. Si les murs sont recouverts seulement de plâtre à Tin- 
térieur et d'un crépissage au dehors, le rez-de-chaussée seulement 
sera humide, parce que Teau ne pourra s'élever qu'à 0, 80 centi- 
mètres» \ m. ou 1 m. 50 au-dessus du sol, Tévaporation s'elTec- 
tuant librement dans ces conditions. Mais si Textérieur du mur 
est protégé par le feuillage d'une treille ou de plantes grim- 
pantes, si rintérieur est boisé comme moyen de défense contre 
rhumidi té, alors Tévaporation se trouve réduite, et la capillarité 
envoie l'eau jusqu'au premier étage, qui devient humide, comme 
le rez-de-chaussée. 

Les inconvénients d'un tel état de choses, je ne {leurrais les 
énumérer : ce sont des causes de maladies nombreuses, des rhu- 
matismes, névralgies, etc.; puis des causes de destruction d'ob- 
j^ précieux, de linges, de meubles, etc., etc. 

Rien pourtant n'est plus facile à combattre et à empêcher, et 
chacun admettra comme certain le moyen de préservation que je 
vais indiquer. 

L'action de la capillarité étant démontrée, on comprend que 
dans les lieux dont le sous-sol est habituellement humide, il s'é- 
tablit au travers des matériaux qui composent les murs , lorsque 
ces matériaux sont perméables, un courant ascensionnel qui 
n'est limité que par l'évaporation qui a lieu aux surfaces : c'est ce 
courant perpétuel d'eau aspirée dans les profondeurs du sol par 
les murs, analogue au mouvement de la sève dans les arbres, 
qui sature l'air des appartements, quel que soit le chauffage inté- 
rieur qui n'a d'autre effet que d'activer cette aspiration. Les 
abaissements momentanés et périodiques , aux diverses heures 
de la journée et de la nuit, de la' chaleur de Tair qui y est ren- 
fermé, font condenser partout l'excès de vapeur d'eau de satura- 
tion ; bref, les personnes qui habitent ces maisons sont comprises 



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— 40 - 
dans le cours d'une circulation perpétuelle d'eau et de vapeur; 
on en connaît les consi^quences. Pour supprimer le mal , il ne 
faut que supprimer la cause. Le moyen, le voici : empêcher la 
capillarité. Les métaux ne sont pas perméables, du moins à l'eau. 
Que l'on interpose donc une feuille métallique dans les murs de 
manière à isoler la partie supérieure qui est en contact avec 
l'atmosphère, de la partie inférieure qui baigne dans l'eau du 
sous-sol. 

Pour cela, il faut élever les fondations jusqu'à m. 90 centim. 
environ au-dessus du sol, les terminer, suivant l'inclinaison du 
sol, par un ou plusieurs plans de niveau sur lesquels on fera un 
lit de mortier. Sur celui-ci on placera des tôles de fer de 4 à 5 
millimètres d'épaisseur, ayant pour largeur l'épaisseur des murs 
et se jgignant toutes bout h bout. Sur ces tôles une nouvelle 
couche de mortier qui servira à la pose de la nouvelle assise 
pour l'éreétion des murs. Avec cotte précaution , toute perméa- 
bilité et capillarité sont supprimées, et tous les inconvénients 
disparaissent. Le moyen, du reste, est peu coûteux, et compen- 
serait largement par ses avantages la dépense insignifiante qu'il 
aurait occasionnée. 

Que l'esprit de routine et de parcimonie ne repousse pas un 
moyen certain de supprimer un état de choses désastreux pour 
bien des locahlés, et que les phénomènes de la capillarité, mieux 
connus, soient utilisés au profit de l'humanité au lieu de lui être 
contraires, c'est ce que je désire et espère. 



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NOTE SUR LA G£NËU0«IE 



PERRENOT DE GRANVELLE 



Par M. AD. MARLET 

SecréUire général de la Préfsctnre de la Gôte-d'Or. 



•éanec dv 14 Ji 



Uq vénérable savant, l'ami intime de Nodier, vient de cou- 
ronner sa belle carrière par un pieux hommage au plus illustn) 
des enfants de Besançon, à ce cardinal qui fut le principal ministre 
de Philippe II et exerça les pouvoirs de ce souverain dans les 
Pays-Bas et le royaume do Naples. 

Nous pourrons donc, grâce à M. Ch. Weiss, contempler cette 
noble figure que peignit le Gaëtano (*) et qui va ôtre reproduite 
par un de nos habiles compatriotes. Cette statue, érigée dans le 
[>a1ais Granvelle, au milieu de cette cour si longtemps négligée 
et rendue pour l'avenir à sa dignité première, nous consolera de 
ces tombes violées en des jours de colère. 

Il sera, certes, le bienvenu de tous, ce jour oU le marbre 
donnera au cardinal de Granvelle comme une seconde existence, 

(*) Dans la dernière édition de sa notice du Musée d*art de la yille do 
Besançon, M. Lancrenon s'exprime ainsi au sujet du portrait sur cuivre 
du cardinal de Granvelle que possède cette collection : «i Ce magnifique 
portrait (haut. 72 c., larg. 48 c.)> précédemment attribué au Bronzine, a 
été restitué à son véritable aut.ur (Scipione Pulzone, dit le Gaëtano) d'a- 
près les inventaires du mobilier des Granvelle. On sait, d'ailleurs, que le 
Gaërano reproduisit les traits de tous les cardinaux vivant sous le pontificut 
de Grégoire XIII. et qu'il fut mandé à Naples, alors que Granvelle en 
était vice-roi, pour peindre l'image de don Juan d'Autriche. » 



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— 42 — 

mais plus spécialement encore de ceui qui , ayant appris de 
H. Weiss à l'aimer, ont, dans la mesure de leurs forces, travaillô 
avec lui à la défense de celte grande mémoire. 

Tel sera le sentiment des savants collaborateurs de rédition 
des Papiers d'Etat, comme de MM. Castan, Tridon et autres, 
parmi lesquels ose se ranger l'auteur de cette note; car leurs 
recherches, en élucidant la généalogie des Perrenot, ont con* 
tribué, pour une part, à cette œuvre patriotique. 

Les extiyits des archives de la Côte-d'Or, que j'ai l'honneur de 
soumettre à la Société d'Emulation du Doubs, comprenant des 
renseignements inédits sur la famille Perrenot, pourront donc, 
en raison des circonstances, présenter quelque intérêt. 

La Société n'ignore pas que les ennemis des Granvelle, leur 
faisant un reproche de l'humilité de leur origine , prétendaient 
que le chancelier était le fils d'un forgeron. L'opuscule intitulé : 
La vérité sur l'origine de la famille Perrenot de Grandvelk 
(Dijon, 4859, in-8**) fut écrit pour démontrer la fausseté de cette 
assertion, et pour établir que Pierre Perrenot, aïeul de notre 
cardinal, avait exercé, pendant la plus grande partie de sa 
longue carrière, les fonctions de notaire de la couY de Besançon 
et tabellion général au comté de Bourgogne, 

Je reconnaîtrai sans hésiter aujourd'hui, que les sarcasmes qui 
poursuivaient jadis dans Bruxelles le ministre de Philippe II, ne 
faisaient que se tromper de date , et qu'ils auraient touché juste, 
si, au lieu de se porter sur l'aïeul du cardinal, ils étaient remontés 
à son quadrisaïeul. 

Voici , en effet , ce que relatent les comptes rendus par les 
clercs trésoriers du bailliage de Dole au receveur général du 
duc et comte de Bourgogne, pour les années \ 426 et suivantes (*) : 



(*) Je dois la connaissance de ces comptes au conservatenr des archives 
de la CMeHi'Or, M. Garnier, dont l'obligeance égale l'érudition. 



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— 43 - 

(ifiSF/ ^^^^**^''- "" COMPTB DE JaCQUOT VuIIT. 

Ouvraiges, 

Omans. — « A Anthoine Prenet d'Ournans, fèvre, pourlo 
> maiotenemont des fers des molins dudit lieu, pour Tan de ce 
» (H^senl compte, et ront quittance : xx f. » 



\4658./ 



4 435-1 436. — Compte db Jehan Toubui. 



Onmns. — « A Anlhoine Pernot, mareschal, pour avoir 

> maintenu à ses despens, en Tan comme dessus, les fers et 

> métaulx desdiz molins, par merechef à lui fait, et rent quit- 

> lance : x gros. » 

*n en est de même pour les années 4437, 4440, 4444 et 4442* 
Enfin , Antoine Perrenot se trouve une dernière fois inscrit dans 
e» comptes pour le cens d'une vigne, en 4 447 et 4 448. 

Ces renseignements nouveaux, en s'ajoutant à ceux qui ont 
été publiés dans ces dernières années, complètent^ à une lacune 
près, la série généalogique de la famille Perrenot. Le tableau 
suivant formera un résumé intéressant de la question , et mon- 
trera, une fois de plus, qu'il n'est pas de recherche isolée ou 
minutieuse qui n'ait sa valeur en histoire , lorsqu'elle vient è se 
rattacher à quelque autre entreprise faite dans le même but. 

PREMIÈRE GÉNÉRATION. 

Nicolas Perrenot (4S94). . 

LVxistenco de ce Nicolas a été reconnue par M. Castan, grâce 
à un document par lui retrouvé dans les archives de l'hospice 
Saint-Jacques de Besançon, et publié dans la Correspondance 
littéraire (6® année, 4862, p. 364); il s'agit vraisemblablement 
du pt*re d'Antoine, que nous avions considéré comme tige de la 
^amille Perrenot. t Cette pièce est l'acte de réception , dans la 

> bourgeoisie d'Ornans, dudit Nicolas Perrenot, d'Ouhans, 



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— 44 — 

» petit TÎUage assis sur les gigantesques rochers d*oii jaillit la 
> foaree de la Loue (i*' mars 4391). » 

DEUXIÈME GÉNÉRATION. 

Antoine Perrenot (4448-4448). 

Fils de Nicolas et signalé dès U18 dans une notice rédigée 
an siède dernier par les officiers municipaux d'Ornans, il n*est 
antre que le fèxfT€ ou maréchal à propes duquel cette note a été 
4m te. 

TROISIÈME GÉNÉRATION. 

Jehan Perrenot (1*^ du nom). 

Taî établi, dans la brochure La vérité, etc., quMl était le fils 
d'AsIoàie. (Accensenifuit de Tan 4434 , oU Anthoine Prenatei 
ictea, son fili, servent de témoins.) 

QUATRIÈME GÉNÉRATION. 

Jehan (2* du nom). 

Le nom de ce second Jehan, désigner également par Frosper 
Léréqueelles officiers municipaux dTJmans, n'a pas encore été 
rKiovTé dans les manuscrits du temps, à moins qu'il ne s'agisse 
Je hii daos an acte, cité aussi par moi, do Tannée 4477. 

La lacune que j'ai signalée, et qui concerne Jean premier et 
Jftto second, consisterait moins, on le f oit, dans une incertitude 
régnant sur leur existence, que dans l'ignorance de leur position 
MKÎale. 

Oft peut toutefois penser, sans trop d'invraisemblance, que 
^esl à dater de Jean premier que les Perrenot sortirent de la 
c'asse ouvrière, et se préparèrent, par quelqu'une de ces fonc- 
Loos dites libérales, à secouer leur roture. 

Eb effet, la femme de Jean premier était fille d'un Grospaiu, 
^Veft qualifie du titre d'écuyer, et qui, tout au moins, était 



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— 45 — 

CINQUIÈME GÉNÉRATION. 

Pierre Perrenoi. 

Quant ai> père du chancelier, le doute n'existe plus; il était 
notaire, et non forgeron. 

SIXIÈME ET SEPTIÈME GÉNÉRATIONS. 

Nicolas Perrenot et Antoine Perrenoi de Granvelle. 

Je ferai remarquer ici, avec M. Auguste Castan, t que les 
> prénoms des deux premiers Perrecot actuellement connus , 
» sont devenus ceux du chancelier et du cardinal. » 

Je termine en rappelant que c*està M. Tridon, censeur du 
Ijcée impérial de Besançon, que j*ai dû la connaissance delà 
lettre du cardinal, où il dit : « qu'il est né citoyen à Besançon » 
(La vériU, etc., p. 68); j'exprime enfin Tespoir de voir quelque 
jour se compléter cet arbre généalogique auquel désormais il 
manque si peu de chose. 



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LA QUESTION D'ALESIA 

■ÉSOLUB HATHÉHATIQUBMBNT 

EN FAVEUR D'ALAISE 



M. A. SARRETTE 

Lieutenant -Colonel au 86* de ligne. 



•éaace dv • avril f ••». 



Méthode nouTalld pour Tétude des Commentaires de César. 

Jusqu*à ce jour on n'a suivi aucune marche méthodique dans 
rétude des Commentaires de César, au point de vue de la re- 
cherche des positions militaires, théâtres des événements que le 
grand capitaine raconte à propos de ses guerres avec la Gaule. 
Chacun a fixé géographiquement les lieux célèbres de la 
Gaule selon ses convenances personnelles, plutôt que déterminé 
par les exigences du texte qu'on a l'habitude do traduire par des 
à-peu-près do latiniste, avec des expressions vagues, là oh l'au- 
teur le plus précis de l'antiquité emploie des expressions tech- 
niques. Aussi, existe- t-il sur les questions militaires que les 
Commentaires de César soulèvent, une divergence d'opinions 
qui porte souvent l'obscurité dans cette partie de l'histoire na- 
tionale. 

Heureusement, aujourd'hui la tendance des esprits éclairés 
est de s'enquérir des lieux véritables oîi se sont passés les évé- 
nements , et d'expliquer la conduite de nos ancêtres dans les 
derniers combats livrés contre Rome, autrement que par des 
hypothèses qui, trop souvent, leur ont été peu favorables. 




^ / V?°°gi^ 



- 47 — 

Ainsi le problème des destinées gauloises, Forigine et la fin 
des choses de Thistoire nationale, est ce qui nous attire par-Ses- 
SOS tout Nous avons le souci de leur solution. Ce besoin impé- 
rieax de connattre explique le grand mouvement de curiosité 
qui s*opère depuis plusieurs années autour des Commentaires 
de César. L*£mpereur lui-même, en y cédant, a donné un redou- 
blement d*impulsion patriotique à ce mouvement. Et certes, en 
pareille matière, Tintérét est bien légitime; car, dans ces faits an- 
tiques, il s'agit des origines de notre France, issue de la vieille 
Gaule, si longtemps Teffroi des Romains. 

On agite sous toutes les formes les questions celtiques. Les 
diercbeurs sont de plus en plus nombreux et persévérants. On 
sent que c'est à la vraie science qu*il faut demander des solutions. 
Or cetto vraie science est avant tout Farchéologie militaire. 

L'archéologie militaire est la science de notre antique histoire 
expliquée par la topographie et les règles de l'art de la guerre. 
Elle redressera le témoignage du texte par le témoignage incon- 
testable du terrain, et fera surgir ensuite du sein de la terre des 
preuves irrécusables. Cette science apportera ainsi à la vérité le 
concours le plus efficace par ses découvertes, qui sont appelées à 
déraciner les préjugés historiques. 

En archéologie, comme en toutes choses, la vérité est une, 
nous la cherchons; notre esprit, qui aime ce qui est net, absolu 
comme elle, ne sera satisfait que lorsque nous l'aurons trouvée. 
Bq archéologie, la vérité est dans ce que nous voyons et dans la 
snite logique de ce que nous voyons. Un lieu est-il signalé 
dans la Gaule, comme théâtre d'un fait historique? Ce lieu 
ne sera reconnu tel que lorsqu'il répondra intégralement à 
des conditions que nous n'avons pas faites, mais qui se dé- 
duisent du récit des événements accomplis en ce lieu; en 
d'autres termes, lorsque sa découverte sera le résultat d'une 
donnée qui repose sur le mot-à-mot exact d'un bon texte, sur 
le témoignage du terrain, la position géographique et la vrai- 
semblance, seuls fondements de toute bonne critique historique 
des Commentaires de César. Dans de telles conditions , on peut 



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-48- 

(iire que k vérité nous vient surtout de la topographie, qui est 
l'art* d'établir les rapports qu'un terrain offre avec tous les dé- 
tails du fait historique qu'il a vu s'accomplir. Co fait a pris dans 
son accomplissement» pour ainsi dire, l'empreinte du terrain; il 
n'est vraiment tel, avec tous ses accidents , ses développements, 
que parce qu'il s'est accompli en un tel lieu ; fait et lorrain s*d(>- 
partiennent mutuellement: entre eux il y a des coïncidences in- 
times qui impliquent l'existence de l'un et de l'autre. 

Le texte des Commetitaires nous donne les faits, et, dans la 
suite des faits, les détails topographiques des lieux et les notions 
delà poliocétique gauloise et romaine, détails et notions quelque- 
fois obscurs par leur concision, mais souvent très bien indiqués, 
môme par un seul mot, comme nous le verrons. C'est à nous, qui 
cherchons la vérité, de retrouver les véritables lieux, pour faire 
la vériûcation des faits par le terrain, et pouvoir constater l'inti- 
mité des rapports existant entre eux et constituant leur identité. 

L'archéologie militaire, appliquée aux Commentaires de César, 
exige qu'on aille à la recherche des lieux historiques avec une 
bonne méthode, fruit de l'étude réfléchie du texte et de la va- 
leur des mots. Et cette méthode une fois admise, la logique veut 
qu'on la suive fidèlement à l'égard de toutes les questions, sans 
en excepter une seule. Il est évident que, pour chacune d'elles, 
la méthode conduira sur un certain terrain. Là, nous apphque- 
rons le texte dans toutes ses parties, avec la valeur intrinsèque 
et relative de chaque mot ; nous rechercherons la vérité dans les 
faits et dans le raisonnement, sans rien supposer; nous étudie- 
rons enfin, et nous n'inventerons pas. Conséquemment, dans ces 
recherdies prescrites et Umitées parla méthode elle-même, nous 
ne ferons point l'application d'un système préconçu, nous n'évo- 
querons point et nous ne subirons pas l'image topographiquodes 
lieux déjà parcourus : conduite essentielle pour arriver à la dé- 
couverte de la vérité. 

Un chemin ainsi tracé ne semble-t-il pas rationnel? Confiant en 
une méthode, combinaison des forces de l'analyse et de la syn- 
thèse, nous marcherons avjôc opiniâtreté dans nos recherches» 



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— 49 — 

en nous appuyant sur elle, et sans nous préoccuper des opinions 
déjà émises à Tégard des questions celtiques, opinions dont la 
diversité sur le même objet ne prouve , au surplus, que la fai- 
blesse. Nos déterminations viendront uniquement de ce que 
nous aurons pu voir clairement nous-mêmes sur le terrain , ou 
déduire d'une manière certaine. Et alors, si nos déductions sont 
partout conformes à l'expression vraie du texte, à la topographie 
du terrain, à la position géographique, aux règles fondamentales 
de la stratégie et à la vraisemblance , nous serons en droit de 
conclure, de proclamer que notre méthode est bonne. 

Posons d'abord quelques principes, qui nous serviront de ja- 
lons dans nos recherches et de fondement pour TédiOcation de 
cette méthode, appelée à résoudre les questions militaires ren- 
fermées dans les Commentaires de César. 

Dans tout mouvement de troupes, il faut considérer deux 
choses indispensables, pour bien se rendre compte de la direc- 
tion du mouvement. Ces deux choses, ces deux éléments es- 
sentiels et indispensables, sont le point de départ de la troupe 
mise en marche et son point d'arrivée. Quant à sa direction, elle 
est donnée par la ligne suivie pour aller de l'un à l'autre point, 
ligne dépendant habituellement de la topographie qui est im- 
muahle. 

Le véritable appui de la troupe mise en mouvement est le 
point de départ, oîi sont ses dépôts, ses approvisionnements de 
toute nature. En art militaire, on nomme cet appui, ce point de 
départ, base d'opérations, ou ligne de défense. Le point d'arri- 
vée est ce qu'on appelle le point objectif; la route suivie pour 
y parvenir prend le nom de ligne d'opérations; elle devient ligne 
de retraite, si on la parcourt ensuite en sens inverse pour re- 
gagner le point d'appui ou de départ. 

Il ost de principe qu'une troupe en mouvement, ou en posi- 
tion, doit toujours couvrir son point de départ et sa ligne d'opé- 
rations. Il y a péril pour elle «i elle viole ce principe rigoureux. 

Le point d'arrivée et le point de départ étant toujours reHés 
par la direction, ou ligne d'opérations, celle^i constitue pour 

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— 50 - 

eui un rapport constant. On ne doit donc pas considérer ces deux 
éléments Tun sans Tautre , lorsqu'on s'occupe d'un mouvement 
de troupes, attendu que sans le point de départ on ne peut déter- 
miner la direction, ni la route suivie pour atteindre le point 
d'arrivée, et réciproquement. 

Prenons des exemples, pour mieux faire comprendre cette 
dernière conséquence. 

Une armée détache une division sur les frontières d'Espagne, 
une sur celles d'Italie, et une sur celles d'Allemagne. Dans cette 
phrase, le point de départ des trois divisions n'étant pas indiqué, 
la zone, ou la partie des frontières d'Espagne , d'Allemagne et 
d'Italie, sur laquelle sont détachées les trois divisions, reste in- 
déterminée. Elle se trouve flxée , au contraire, celte zone fron- 
tière, si on indique le point de départ, comme dans la phrase 
suivante : L'armée de Paris détache une division sur les frontières 
d'Espagne, une sur celles d'Allemagne. En effet, ces trois zones 
frontières sont, par rapport à Paris, point de départ, les Pyré- 
nées, les Alpes, le Rhin. C'est ainsi que le rapport du point do 
départ au point d'arrivée , c'est-à-dire la direction , donne l'o- 
rientation. 

Précisons davantage, en prenant pour objectif une ancienne 
province de la France, et considérons-la dans ses parties princi- 
pales, par rapport à Paris : soit, par exemple , le Quercy, avec 
ses limites ou frontières nord, sud, est, ouest bien déterminées. 

Les trois cas suivants qui nous intéressent peuvent se pré- 
senter : 

Premier cas : L'armée de Paris détache une division sur la 
fronUère du Quercy. 

Deuxième cas : L'armée de Paris détache une division sur la 
frontière extrême du Quercy. 

Troisième cas : L'armée de Paris détache une division dans 
le Quercy. 

Conformément à l'exemple précédent , et d'après le rapport 
constant du point de départ au point d'arrivée , la division dé- 



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— 5< — 

tachée prend position, savoir : dans le premier cas, sur la limite 
ou zone frontière du Quercy la plus rapprochée de Paris, c'est- 
è-dire sur la zone frontière septentrionale ; dans le second cas, sur 
la limite du Quercy la plus éloignée de Paris, c'est-à-dire sur la 
zone frontière méridionale ; dans le troisième cas, elle prend 
poste dans un point indéterminé de Tintérieur du Quercy. 

Ces fixations de la zone frontière, relativement au point de 
départ, ne peuvent faire Tobjet d'aucun doute, attendu qu'elles 
procèdent de la science géographique , qui enseigne la position 
respective des lieux, toujours considérés et orientés par rapport 
à un autre lieu bien connu, bien déterminé. 

Ce genre d'orientation est tellement simple et 1 application si 
facile, si ordinaire , qu'on se demande pourquoi il n'a pas été 
adopté de suite et par tous les interprètes de César. On peut et 
on doit d'autant plus l'appliquer aux mouvements des légions 
romaines dans la Gaule, que César a bien soin de fixer d'avance 
les points de départ, toujours indiqués par le texte, et que, dans 
les descriptions des lieux et des batailles , les positions qu'il in- 
dique doivent s'entendre dans leur rapport avec la place qu'il 
occupe au moment oU il parle , comme nous le voyons , môme 
dès le premier chapitre do ses Commentaires, oh il présente la 
division géographique de la Gaule, la considérant dans son rap- 
port avec la province romaine, dans laquelle il se trouve avant 
son départ et dont il fait sa base d'opérations. Quand il dit 
que la Gaule celtique est placée au nord : Gallia aub septen- 
trionihm posita est (lib. I, c. xvi), il faut sous-entendre évi- 
demment de la province romaine. Les chapitres xx, xxviii du 
livre IV donnent lieu k une semblable observation, ainsi que le 
chapitre xiii du livre V. Enfin le chapitre xxiv du livre VI, dans 
lequel il décrit la forêt d'Hercynie, indique, à n'en pouvoir douter, 
qu'il considère cette forêt par rapport à lui placée en Gaule et 
face à la Germanie, au moment oîi il parle : hinc se flectit si'- 
nistrorsus, dit- il, après avoir raconté qu'elle suit le cours 
du Danube, jusqu'aux frontières des Daces; et ab dextera parte 
alio adscensu eodem tempore jEduos mittit, dit-il aussi, au 



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— 52 — 
tuvéi firreTIIf dans ses dispositions d'attaque contre 

Ma» 1» HlLiiJ Bodenies, objectera-t-on, traduisent toujours 
ie Bot /f«0 cooune représentant la totalité d'un pays, d'un ter- 
moire, œ loi doaiiaiit jamais le sens de circonscription, de zone 
âniBUîère ctsniovl le sens de fraction de zone frontière. Cela 
€sÈt BMb limteuf ■m it rrai, et c'est précisément ce qui a produit 
.a ''imhmm m dus les itinéraires indiqués comme ayant été 
r ks léfîoos de César, et conséquemment dans les em- 
i des champs de bataille. 
f donc d*abord , par des citations, que le terme fines 
est esploré par César, comme expression géographique, avec la 
-fftrimraftoa bien marquée de frontières, conflns. 

Livre h ckapitre kuy : Nunquam anie hoc tempus exercitum 
900SÛ rwiaî G^Uiœ provinciœ fines egressum. Cette phrase 
âut csdaarveaMiil allusion aux frontières septentrionales de la 
ae, dont parle Arioviste', et les seules qui n'eussent 
' éié frandiies par les Romains. 
Livrt T, Aàpàpfi XXVI : Qui, cum ad fines regni sut Sabino 
Ciomifmr prmste fuissent. Dans cette phrase fines désigne évi- 
ta lone frontière vers laquelle les deux rois Eburons, 
; a»-^Tant des généraux romains, s'étaient portés pour 
Dnr Élire hMoneur. 

Lierre T. ohapître ui : Usque ad fines insecuti, regno domo- 

^ms *jfmUntU^ Le terme fines ne peut être traduit ici que par 

ïvaâèfffs. puisque le fait se passe chez les Sénones eux-mêmes 

Kur^vant et chassant leur propre roi. 

Livre TI, chapitre xxi : Cii)itatibus maxima laus est, quam 

: ctroMfi se vastatis finibus (confins , zone frontière) 

r kekbere. 

Vxm VII, chapitre ix : Per fines Mduorum in Lingones con- 
»Wu. «I n quid etiam de sua salute ab jEduis iniretur con- 
I».,.. ^titriMe prctcurreret. César est à Vienne, sur le Rhône. 
l^ EJ«M complotent, se réunissent ; pour plus de sécurité, il 
«titt enler de traverser leur pays : à cet effet, il longe la fron- 



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— 53 — 

tière, il prend le chemin le plus sûr et le plus court, qui est celui 
allant à Langres par la Saône, rivière qui sert de frontière aux 
Edoes et aux Séquanes , selon le chapitre xii du livre I*' : 
Fktfnen est Arar, quod per fines Mduorum et Sequanorum in 
Rhodanum influit. 

Ces exemples, que nous pourrions multiplier, démontrent clai- 
rement que César donne au mot fines la signification de fron-> 
tières. Conséquemment, pour lui comme pour nous , ce mot est 
aae expression géographique et militaire ; considéré relative- 
ment à lui, il marque dans son esprit, comme dans le nôtre, une 
partie de terrain déterminée, un rapport constant entre le lieu 
qu'il désigne par ce mot et le lieu qu'il occupe au moment oii il 
parle. Donc, lorsque César place une légion in finibus de tel 
peuple, il désigne comme nous, par ces simples mots, non la to- 
talité du territoire de ce peuple, mais seulement la zone frontière 
la plus rapprochée du point de départ de la légion ; et la plus 
éloignée de ce même point, s'il place cette légion in finibus ex- 
tremis, ou hien ad uUimos fines du peuple dont il parle; tandis 
que s'il l'établit sur un point indéterminé, il fait alors abstrac- 
tion du mot fines, comme, par exemple, dans les phrases : in 
Morinos, in Nervios, in Essuos hiemare jussit (lib. V,c. xxiv), 
ou bien encore, in hiberna in Sequanos — in hibemis in 
Lingonibus, etc., etc. 

Cette manière différente de s'exprimer dans des circonstances 
qui semblent être identiques, mais qui ne le sont certes pas 
militairement parlant, trouve sa raison dans la différence des 
routes suivies, comme le démontrent encore les observations 
suivantes. 

Des frontières distinctes -séparaient les nombreuses nations 
dont se composait la grande famille gauloise. Tous ces petits 
peuples différaient entre eux par leurs confins, comme par leur 
langage, par leurs institutions et par leurs lois. Les confins, ou 
(routières, étaient des obstacles naturels qui s'opposaient plus 
ou moins aux brusques attaques des peuples voisins, tels que des 
fleuves, des rivières, des ruisseaux, des marais, des montagnes, 



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— 54 - 

des forêts. Les obstacles naturels formant les frontières pré- 
sentent habituellement des points importants d*oti partent' les 
voies de communication : routes , vallées, rivières , qui vont do 
la circonférence au centre. Tels sont, par exemple, en Franco, 
la trouée entre la Somme et TOise, celle de Belfort; plus en 
avançant vers le centre, le Mont-Auxois qui est à la sortie des 
passages de la Côte-d'Or ; le plateau de Langres, d*oii Ton peut se 
porter dans les bassins du Rhône, de la Loire, de la Seine , etc. 
L'occupation de ces points stratégiques procure des avantages 
incontestables ; ils sont la clef des chemins, rendent maître des 
cours d'eau, ou défendent les défllés. Aussi, les frontières des 
peuples gaulois leur servaient-elles de li^ne de défense , ou de 
base d'opérations, selon la circonstance. Ces raisons militaires 
désignèrent naturellement les zones frontières à l'attention do 
César. Telle est la véritable cause de remploi si fréquent de 
l'expression fines, à l'occasion des mouvements de ses logions. 
Etablie sur la zone frontière commune à plusieurs peuples, une 
légion était maîtresse des défllés , de l'embranchement des val- 
lées, de la jonction des chemins conduisant chez ces peuples 
tenus ainsi tous à la fois, et par une seule légion, sous la menace 
d'une prompte répression; et cette légion restait toujours reliée 
avec la base secondaire d'opérations que César avait soin de 
placer chez l'un de ces peuples (un peuple ami ou soumis), 
comme il l'indique chaque fois par la position qu'il occupe et 
qui sert de point de départ à la légion qu'il a mise en mouve- 
ment. Mieux qu'aucun autre homme de guerre, ce général sut 
choisir sur les confmsde ses ennemis les points essentiels à garder, 
et propres à les menacer tous à la fois. Tels furent, par exemple, 
les camps suivants, qu'il faut avoir soin de considérer par rapport 
aux lieux qu'occupe César, lorsqu'il en fixe les emplacements : 
Le camp d'hivernage de Labienus chez les Rèmes, frontières des 
Trévires (quartam in Remis, cum Labieno, in finibus ou bien 
in confinio Tretirorum hiemare jussit, lib. V, c. xxiv. — Tre- 
i)iri Labienum cum una legione, quœ in eorum finibus hiema- 
verat [même camp], adariri parabant, lib. VI, c. vi) ; le camp 



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— 56 — 

de ]a légion établie sur les codGds des Bituriges (quam non 
Umge a finibua yEduorum collocaverat in finibus Biturigum, 
lib. VIII, c. Il) ; le camp de deux légions chez les Turons, près 
des frontières des Carnutes {duos in Turofiis ad fines Camutum 
potuit, lib. VIII, c.xLvi); le camp sur les conOns des Lémo- 
vices {duos reliquas in Lemovicum fines, non longe ab Arver- 
His, lib. VIII, c. XLVi); tels encore les points stratégiques 
d*Ageodicum, de Noviodunum, du Belgium, etc., etc. 

Donc le terme fines, considéré par rapport au point de départ, 
est mis dans les Commentaires à Finstar d'une boussole topo- 
graphique, qui nous aide à suivre la marche des légions de 
César. Ce terme sert ainsi puissamment à Torientation, et par 
suite à la recherche des lieux dont parle le général romain : 
points d'arrivée, points objectifs, qui, pour être exacts, devront 
répondre aux conditions topographiques posées par le texte et 
aux règles les plus élémentaires de la stratégie. 

Hais, pour fixer Tattribulion d'un lieu historique, il ne suffit 
pas que l'indication du point de départ , avec la direction mar- 
quée par le mot fines, conduise vers l'objectif ou lieu d'arrivée ; 
il faut encore pouvoir reconnaître ce lieu d'après le récit des 
faits que raconte l'auteur, et d'après la valeur réelle des expres- 
sions techniques qu'il emploie dans sa description topographique. 

A cet effet, voyons d'abord comment on procède à la descrip- 
tion d'un lieu, théâtre d'une action militaire dans laquelle on a 
joué soi-même un rôle actif. On se poste en un point favorable, 
et de la place qu'on occupe on expose la situation topographique 
du lieu. On commence par tracer un tableau très succinct,, mais 
assez clair pour que le lecteur, ayant dans l'esprit une image de 
la scène, n'éprouve aucun embarras dès le début. Ensuite on 
dôcrit les différentes phases du combat, en considérant le champ 
de bataille dans toute son étendue, par rapport au point choisi 
cil l'on est posté ; et à mesure que la clarté des détails l'exige, 
OQ fait venir la notion plus complète du terrain qui les concerne. 
On offre ainsi, dans l'ensemble du récit, une suite logique de dé- 
tails topographiques et historiques réunis, qui permettent au lec- 



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- 56 — 
teur de se faire une idée exacte des faits et des choses. Mais, de 
même qu'on comprend vite dans une carte géographique , oii 
chaque chose est disposée selon la situation qu'elle doit avoir par 
rapport aux quatre points cardinaux , la position relative de 
chaque partie d'un pays, dès qu'on a placé devant soi cette carte 
d'une manière convenable; dé môme dans un récit militaire, 
dans une description de lieux, on retrouve, on reconnaît sans 
erreur tous les détails, lorsqu'on considère les lieux décrits, du 
point môme oii la description a été faite. Si, au contraire, on se 
place en un point différent , les détails les plus décisifs passent 
inaperçus, et on reste pendant toute la lecture sous l'empire do 
l'illusion. 

Prenons pour exemple le siège de Sébastopol , fait tout récent, 
dont chacun a encore la carte topographique dans l'esprit. La 
place russe n'étant accessible que du côté sud, c'est là que l'ar- 
mée victorieuse alla prendre position ; et c'est là que le lecteur 
devra se placer par la pensée, s'il veut bien saisir la description 
topographique des lieux faite par nous Français, et comprendre 
tous les détails de ce siège compliqué. Il est évident que si, au 
lieu de se porter au sud de la ville, il se plaçait à l'est, au nord, 
ou il l'ouest face à la rade, l'aspect des lieux différerait de celui 
offert par l'auteur du récit, et tout deviendrait confus dans l'esprit 
du lecteur. Les expressions telles que celles-ci : Devant la place 
un ravin s'étendait dans une longueur de quatre kilomètres ; 
vis-à-vis la place était une tour qu'on appelait la tour Mala- 
koff; l'attaque de droite était confiée aux Anglais et l'attaque 
de gauche aux Français, etc., etc.; ces phrases, dis-je, n'au- 
raient plus le sens topographique bien déterminé par la position 
que le narrateur occupait au sud de la ville. Dans de telles con- 
ditions, il serait absolument impossible de reconnaître l'attribu- 
tion du lieu. 

Ainsi, en topographie, le sentiment et la sensation que nous 
éprouvons, en examinant un lieu particulier, et qui constituent 
en philosophie la perception, ou action de connaître et d'aperce- 
voir par l'esprit et par les sens, de juger enfin de la composition 



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— 57 - 

d*un objet, ce sentiment et cette sensation varient avec la place 
que nous occupons, par rapport au lieu qui fait le sujet de notre 
examen. 

n faut donc, dans Tétude de la description des lieux et des ba- 
tailles, se mettre toujours très exactement à la place oii était 
celui qui occupait ces lieux, a livré ces batailles et les décrit. 

Ce soin impérieux de se mettre à la place de celui qui parle. 
Test d'autant plus lorsqu'on étudie César, que cet historien, à la 
fois géographe, géomètre, soldat, procède dans ses descriptions 
et dans ses narrations d'après la méthode rationnelle que nous 
avons essayé d*esquissor. Dans son admirable concision et dans 
sa minutieuse exactitude topographique, il emploie souvent les 
expressions a sinistra parte, a dextro cornu, a septentrionibuSf 
fines, e regione, ante, pro, prœ, les considérant chaque fois par 
rapport à la place qu'il occupe. C'est ainsi que dans ses descrip- 
tions, il dispose chaque chose selon la situation qu'elle a relati- 
vement à lui, ce qui constitue toujours une véritable orientation. 
Du reste, nous n'agissons pas autrement nous-mêmes , notam- 
ment lorsque nous employons, dans une description topogra- 
phique, les expressions équivalant aux termes fines, e regione, 
anie, pro, prœ. 

Nous avons déjà vu, en effet, que l'expression géographique 
et militaire fines, considérée par rapport à César dans le récit 
qu'il fait, désigne non la totalité du territoire dont il est question, 
ni de sa circonscription, mais seulement la zone frontière la plus 
rapprochée de lui, eu égard au lieu où il se trouve, et la plus 
éloignée , quand le mot fines est précédé de l'adjectif cx/retni.- 
Cette expression fines aide ainsi puissamment [>our aller à la 
découverte des emplacements cherchés. Nous allons voir main- 
tenant que les termes e regione, ante, pro, prœ, considérés avec 
la relation et le sens de direction topographique que César leur 
attribue, permettent de vérifier l'exactitude desdits emplacements 
auxquels le mot fines a conduit. 

La locution technique e regione, que César et Uirtius em- 
ploient si souvent dans la description du terrain, est passée dans 



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— 58 — 

notro langue. Elio désigne, pour eux comme pour nous , le rap- 
port de deux objets qui sont en vue Tun de l*autre, en perspec- 
tive Tun avec Tautre, qui se regardent, qui sont en opposition 
directe et sur la même ligne du rayon visuel. 

De plus, pour César et pour Hirtius comme pour nous, si 
l'on applique cette locution à deux objets relativement à un 
troisième, elle fixe remplacement géométrique de ce troisième 
objet. 

Ainsi deux maisons qui sont chacune d'un cùté de la rue se 
trouvent e regione, ou vis-à-vis Tune de Tautro, lorsqu'elles 
sont sur la même perpendiculaire à la rue oli sont leurs façades ; 
de mémo deux camps, dont Tun est établi sur la rive droite d'une 
rivière et l'autre sur la rive gauche, sont dans la condition do 
l'expression e regione, lorsqu'ils se trouvent sur la même per- 
pendiculaire au cours de l'eau baignant la tête des deux camps : 
e regione casirorum flib. VII, c. lxi). Enfin deux hommes sont 
e regione ou vis-à-vis l'un de l'autre, 1 orsqu'ils se font face, 
c'est-à-dire lorsque leurs rayons visuels dirigés devant eux se 
confondent, ou plutôt lorsque, regardant droit devant eux, ils 
sont l'un et l'autre sur la même perpendiculaire partant de leurs 
talons joints. Mais si nous supposons un troisième objet en rap- 
port avec les deux reliés par l'expression e regione, il sera évi- 
demment lui-même e regione de ces deux objets , lorsqu'il so 
trouvera précisément sur la perpendiculaire qui les réunit. 
Exemple : D'un lieu élevé je regarde une ville sise sur une mon- 
tagne, et mon rayon visuel rencontre entre la ville et moi uno 
colline; il est clair qu'alors cette colline se trouve e regione de la 
ville , c'est-à-dire vis-à-vis la ville, par rapport à moi : erat e 
regione oppidi [Gergovia] collis (lib. VII, c. xxxvi). Bien mieux, 
les trois points occupés par la ville, la colline et moi , sont telle- 
mont liés entre eux, que la position de l'un quelconque de ces 
trois points dépend de celle des deux autres, et alors on com- 
prend que le sens de direction topographique e regione soit un 
moyen sûr de contrôle pour la fixation des points auxquels cette 
locution se rapporte. 



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— 59 — 

Eq conséquence, dans Tétude des Commentaires, il faut tou- 
jours se mettre à la place qu'occupait César, lorsqu'il faisait 
usage de Texpression e regione, c'est-à-dire qu'il faut se placer 
dans son grand camp, comme le dit Hirtius dans la phrase sui- 
Tante ayant trait au siège d'Uzile : (Casar) deinde ab suis maxi 
mis castHê per médium campum, e regione oppidi Uzitœ, quod 
inter sua castra et Scipionis in planitie positum erat, teneba- 
turque a Scipione, duo brachia instituit duci, et ita erigere, ut 
ad angulum dextrum sinistrumque ejus oppidi convenirent. Id 
hac rations opus instruebat, ut, quum propius oppidum copias 
admovisset , oppugnareque cœpisset, tecta latera suis muni- 
tionibus hnberet, ne ab equitatus multitudine circumventus, 
ab oppugnatione dcterreretur (lib. VIII, c. u). 

Remarquons que cette citation, par l'explicalion qu'elle donne 
du terme e regione, justifie pleinement le sens de direction topo- 
graphique que nous lui attribuons dans les questions de Lutèce, 
d'Avaricum, de Gergovie et d'Uxellodunum. 

Il faut agir de même quand on traduit les mots ante, pro, prœ 
et autres, qui marquent aussi un rapport de lieux et de choses. 
Par exemple, si d'un point quelconque de son pourtour je re- 
garde une ville, et qu'une plaine s'étende entre la ville et moi, 
je dirai : devant la ville il y a une plaine, ante oppidum (Alesia) 
planities patebat (lib. VII, c. lxix) . 

Par cette manière simple et logique d'interpréter les mots 
familiers à César, avec leur valeur propre elleur valeur relative, 
on se rend rapidement compte de ce dont il est question, attendu 
qu'il suffit d'être en possession de l'un des trois objets entre les- 
quels il y a relation, pour retrouver les deux autres. En effet, dans 
l'exemple précédent, la ville, la plaine etia place que j'occupe, voilà 
les trois objets reliés par un même rapport ; il est méthodique- 
ment certain que, connaissant ce rapport, je retrouverai facile- 
ment la ville et le point d'oii j'ai vu cette ville ( surtout ce point 
<^(ant une position militaire emplacement d*un camp romain), si 
0:1 me conduit dans la plaine intermédiaire et réciproquement. 

En procédant ainsi dans la traduction des Commentaires de la 



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— 60 — 

guerre des Gaules, on est dans Tappréciation juste du mot tech- 
nique et de la phrase do César, et on reste dans un rapport 
exact de pureté et de délicatesse entre les expressions latines et 
françaises. 

Enfin, en se plaçant comme nous Tindiquons, et en examinant, 
comme nous le voulons, la valeur intrinsèque et relative de 
chaque mot, on obtient une méthode simple, rationnelle , au 
moyen de laquelle on peut suivre les itinéraires de César dans 
les Gaules, vérifier Texactitude des emplacements historiques 
considérés au point de vue du texte, comprendre enfin la stratégie 
et les efforts de ce grand capitaine , en face des chefs gaulois 
dont rhabileté dans la guerre , proclamée par César lui-même, 
se trouve alors justifiée. 

Tels sont les principes qui servent de base solide à la méthode 
invariable que nous allons appliquer à Tun des problèmes mili- 
taires soulevés par les Cojnmentaires de César sur la guerre des 
Gaules. En résumé, cotte méthode consiste à donner à chaque 
mot sa valeur descriptive et à se mettre toujours à la place qu'oc- 
cupe le général romain, lorsqu'il agit, ou à celle des hommes 
dont il parle, quand il indique les lieux relatifs à leurs actions. 



n. 



Solation mathématique da problème d'Âlesia. 

Le résultat des fouilles opérées à Alise-Sainte-Reine, autour 
du Mont-Auxois, a pleinement confirmé mon interprétation du 
texte antérieur à ces fouilles (*). 

Deux groupes de trois camps ronds, Tun au sud du Mont- 
Auxois, l'autre à l'est, reliés par deux lignes de fossés, dont 
Tune ( contre vallation), formée d'un petit fossé de sept à huit 
pieds, à coupe triangulaire, n'est double que dans la plaine, et 

(>) Quelques pages des Commentaires de César, Paris, Corréard, 1862, ia-S*. 



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— Gl — 

dont Tautre (circonvallation) n*a qu'un simple fossé de même 
dimension et de même profil. Tel est le résultat poliorcétique 
des fouilles faites en Auxois. 

On ne peut raisonnablement concilier ces lignes de blocus 
avec celles que pratiquaient les Romains, dont les camps étaient 
rectangulaires et les fossés des lignes d'investissement toujours 
plus larges et à talus droits (directis laUribusJ. Ces travaux ne 
sauraient représenter en aucune façon ceur d'Alesia , si bien 
décrits par César, et qui sont autrement compliqués, quant à la 
forme, la largeur et la profondeur de leurs fossés de beaucoup 
plus nombreux. 

Au reste, un simple coup d'œil jeté sur la topographie et sur 
le croquis des fouilles d'Alise supit pour convaincre de l'impos- 
sibilité absolue d'appliquer sur ce terrain les faits militaires tels 
que César les présente. 

1^ Le camp, que dès son arrivée (altero die ad Alesiam 
castra fecit, c. lxviii) le général romain fît si judicieusement 
dans la plaine d'Alesia, seul côté accessible de la place, ne se 
trouve pas dans la plaine d'Alise-Sainte-Reine, où il devrait être 
cependant, en vertu de la suite des faits et surtout en vertu du 
mot anU de la phrase : ante oppidum planities circiter millia 
passuum m in longitudinem patehat, le mot ante marquant un 
rapport topographique entre Alesia, la plaine et le point du 
pourtour qu'occupe le narrateur. Ainsi, en l'absence des traces 
d'un camp, on ne. peut placer le générai romain dans la plaine 
d'Alise; et comme nous devons le supposer campé en un point 
déterminé, afin de pouvoir nous identifier à lui et comprendre 
son récit, il faut que nous le menions dans le groupe des trois 
camps du sud, ou dans celui des trois camps de l'est. Hais, de 
ces deux positions sud et est, il est impossible de s'orienter et de 
se rendre compte, par conséquent, des détails les plus importants 
du siège; et puis, pourquoi ce groupe des trois camps si rap- 
prochés : camp de César et camps des auxiliaires Rèmes, Lin- 
gons, Trévires, probablement? Non, puisque les auxiliaires cam- 
paient avec les légions, et puisque le chapitre lxiii du livre VII 



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- 62 — 

nous apprend que ces trois peuples gardèrent seuls la neutralité 
dans cette lutte de toutes les nations de la Gaule contre César. 
A propos de cette neutralité, on se demande comment les Lingons 
auraient pu rester neutres dans l'hypothèse d'Alesia chez les 
Edues, au Mont-Auxois qui touche au pays lingon. 

2^ A Aiise-Sainte-Reine , les lignes d'investissement du côté 
de la plaine sont tracées dans un terrain absolument uni, qui ne 
saurait représenter les campestres munitiones du texte. En effet, 
César désigne toujours par l'expression munitiones campestres 
les retranchements de la plaine, aussi bien ceux tournés contre 
la place que ceux tournés contre l'extérieur, et il donne à l'en- 
semble de cette plaine la qualification do campus : erat ex 
oppido Alesia despectus in campum. Or, par ces mots campus, 
campestris, employés dans les localités montagneuses. César 
indiquait non la plaine proprement dite, mais les derniers gra- 
dins des collines, ou pays d'en bas, distinguant ainsi les pays 
d'en haut, les hautes régions qu*il appelle loci superiores , 
de ce que, par opposition, nous appelons dans ces contrées lo 
plat pays, bien qu'il ne soit pas réellement plat, comme doit être 
un planities proprement dit. Le planities intermissa collibus 
de l'Alesia de César représente exactement ce plat pay.<î ou pays 
d'en bas, avec ses loci campestres dominés par les loci supe- 
riores. Nous trouvons la preuve de la valeur intrinsèque que 
nous donnons au terme campestris, dans le récit de la retraite 
d'Afranius qui, ayant tout à redouter de la cavalerie de César, 
a soin d'éviter, selon le texte, le planities proprement dit, et se 
retire par les locis campestribUrS (Bell. civiU, lib. I, c. i.xxix). 
Ainsi, à Alesia, les lignes de César étaient tracées, non dans 
la plaine unie comme à Alise-Sainte-Reine, mais sur les derniers 
coteaux de Voppidum, bordant sur cette rive la plaine dite entre- 
coupée de collines, intermissa collibus, 

3^ La colline de Rhéa, seule coHine qui puisse représenter à 
Alise la colline a septentrionibus d' Alesia , bien qu'elle soit au 
nord-est, se trouve être enveloppée par la circonvallation. On 
ne saurait donc lui faire jouer le rôle important que le récit 



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— 63 - 

assigne à la colline non enveloppée du nord, dont le faîte étroit 
et dominant les lignes romaines fut si disputé. Là, on se trouve 
réduit à faire livrer bataille à Tarmée de secours dans un endroit 
bas, vers Grésigny, vallée du Habutio, et non dans un endroit 
constamment haut ob circulent les munitiones superiores du 
chapitre lxxxv : Maxime ad superiores munitiones laboratur, 
quo Vergasillaunum missum demonstravimus. 

Complétons ces observations militaires générales, mais déci- 
sives, par l'analyse géométrique des lignes de César à Alesia. 
Leur incompatibilité avec celles d'Alise-Sainte-Reine n'en res- 
sortira que mipux. 

Chaque ligne de César à Alesia (ligne intérieure ou contre- 
vallation tournée vers la place , et ligne extérieure ou circon- 
vallation tournée vers l'ennemi du dehors) comporte quatre 
éléments distincts, qui sont le fossé de 20 pieds, les deux fossés 
de 45 pieds et le rempart : total pour les deux lignes, huit cercles 
concentriques (six fossés et deux remparts, l'un regardant Alesia 
et l'autre la campagne] tracés autour de Voppidum avec des 
rayons difTérents. (Voir la figure 1 de la planche ci-jointe.] 

Le tracé de ces huit lignes circulaires a donné lieu à une foule 
d'interprétations. 

César n'indique en chiffres que l'intervalle ^existant entre le 
fossé de 20 pieds et le double fossé do 15 pieds; plus le dévelop- 
pement, circuit ou circonférence, de deux de ces cercles, attri- 
buant à l'un 1 \ ,000 pas et à l'autre i 4,000 pas. Nous verrons 
bientôt commenl ces simples données suffisent pour déterminer 
par le calcul le circuit de tous les cercles des deux lignes, fossés 
et remparts. 

Mais à laquelle des deux lignes, ou à quel cercle de l'une et 
de l'autre ligne, faut-il assigner les circuits de il, 000 pas et de 
U,000 pas dont parle César? 

A vrai dire, commence ici un grand embarras. Faudra-t-il 
attribuer les 11,000 pas au circuit du fossé intérieur de 20 pieds, 
qui représente la plus petite circonférence de la contrevallation, 
et les 1 4,000 pas au circuit du fossé extérieur de vingt pieds qui 



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- 64 — 

forme la plus grande circonférence de la circonvallation? Cette 
manière de procéder semblerait tout à fait logique, Tun des 
chiffres s'appliquant au plus petit des cercles concentriques, et 
Taulreau plus grand. Ou bien faudra-i-il affecter les deux chiffres 
à la contrevallation seule, ou tous les deux à la circonvallation? 

Les érudits anciens, imités par les modernes, passant par- 
dessus la difficulté, ont tout de suite donné les chiiïres de César 
au rempart de la contrevallation (i 1,000 pas] et à celui de la 
circonvallation (14,000 pas), ne réfléchissant point qu*en agis- 
sant ainsi, ils faisaient commettre une inconséquence géomé- 
trique à Tauteur. 

Examinons quels sont les résultats mathématiques de cette 
interprétation qui nous a toujours paru erronée, et montrons 
qu*on ne saurait même concilier ces résultats avec le tracé des 
deux lignes mises à jour autour du Mont-Auxois. 

Avec une telle interprétation, le tracé des huit circonférences 
concentriques, dont se composent les deux lignes de César à 
Alesia (contrevallation et circonvallation), peut être figuré par 
notre premier dessin, dont les calculs sont déduits du rapport 
constant de la circonférence au diamètre : 

C 22 

— = ~ = 3,U15926. 
D 7 

Les calculs donnent : 
Pour la circonférence du rempart de la circonvallation, auquel 
on assigne les 44,000 pas du texte : 

D-oi. iR = 4- = ^-"^^ = 2.333 pot. 

Tu Ju 

Pour la circonférence du rempart de la contrevallation, auquel 
on donne les 1i,000 pas du texte : 



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)\ 



^ 



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— 65 — 
|- = ii^=f = 3.U<5926. 

D-où D = -|- = ii^^^ = 3.666p«, = 2AR'. 

r.» >. . f>/ ^ 3,666 pai 

D'ob Aft' = — = ^^ = 4,833 pa«. 

De ces deux résultats, on dMuit rintervalle existant entre le 
rempart de la circonvallation et celui de la contrevallation, c*est- 
à-dire AR — AW = 2,333 pas — 4 ,833 pas = 500 pas. 

Quant à Tintervalle ff laissé par lo texte entre le fossé de 

15 pieds et le fossé de 20 pieds, nous savons qu*il est do 400 pas 
(version grecque] ou de 400 pieds (version latine), selon qu'on 
«dopteTune ou Tautre version. Nous avons pris pour le premier 
tracé, comme notre dessin l'indique, la version 400 pieds; mais 
nous la verrons condamnée par notre deuxième tracé, dont la 
version 400 pas est une conséquence géométrique. 

Première conséquence des calculs précédents. Il faudrait qu'il 
yeOiteu entre les fossés figurant les deux lignes d'Alise-Sainte- 
Reine (contrevallation et circonvallation) un intervalle de 500 pas 
ou 725 mètres, notamment dans la plaine oU rien ne s'oppose à 
la régularité du tracé. Or, comme on lo voit sur le croquis des 
fouilles, cet intervalle n'a qu'une centaine de mètres dans la 
plaine des Laumes. 

Deuxième conséquence des calculs précédents. A Aliso-Sainte- 
Reioe, les tours qui flanquaient le rempart de la contrevallation, 
dans son développement de 14,000 pas, chiffre affecté ici à ce 
rempart, n'eussent pas été également distantes de 80 pieds ou 

16 pas d'un centre à l'autre, puisque 44,000 pas n'est point un 
multiple de 80 pieds ou 4 6 pas, comme le veut le texte : et turret 
toto opère (il est question du rempart] circumdedit, quœ pedes 
uxx inter se dis tarent (c. lxxu}. Ce détail important démontre, 
eo outre, que le rempart de la contrevallation fut exactement 
mesuré, ainsi que celui de la circonvallation; et, du reste, il est 
vraisemblable que le projet et le calcul en furent préparés à 

6 



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— 66 — 
Favance par le corps du génie romain. Donc retendue des deux 
remparts fournie par le texte devrait être reproduite exactement 
par les fouilles. Or, à Alise, le rempart de contrevallation ne 
saurait atteindre le chiffre de 41,000 pas ou 16 kilomètres qu'on 
lui affecte, puisque le développement de son fossé n'a que 1 2 à 1 3 
kilomètres; et celui de circonvallation ne saurait reproduire les 
14,000 pas ou 21 kilomètres qu'on lui attribue, attendu que son 
fossé n'a pas plus de 17 kilomètres. 

Troisième conséquence des calculs précédents. Les trois collines 
de la rive gauche de la Brenne , sur lesquelles on devrait faire 
camper l'armée gauloise de secours, sont à plus de 5 ou 6 kilo- 
mètres du point central du Mont-Auxois. Or, le rayon de la 
circonvallation, à laquelle on attribue les 14,000 pas du texte» 
étant de 2,333 pas ou 3,329 mètres, et l'armée de secours cam- 
pant à 1,000 pas ou 1,470 mètres des travaux romains, la colline 
extérieure à Alesia ne peut être qu'à une distance de 4,790 mètres 
du centre de Voppidum; et encore faut-il qu'il y ait entre celte 
colline et Voppidum des hauteurs intermédiaires bordant la 
plaine : pedestresque copias paulum ah eo loeo abditas in lacis 
superioribus constituunt (c. Lxxix). 

Ainsi, l'interprétation du texte généralement admise, que nous 
venons d'analyser par le calcul, est absolument contraire à la 
topographie du Mont-Auxois et au résultat des fouilles faites sur 
son pourtour; elle l'est aussi, quoique à un moindre degré, à la 
topographie d'Alaise du Doubs, c^r cei oppidum ayant 11,000 
pas de circuit, on ne peut, avec l'hypothèse de 1 1 ,000 pas, tracer 
militairement le rempart de la contrevallation dans l'étroite vallée 
de ceinture qui forme son circuit. Nous pensons que c'est à cette 
seule difficulté sérieuse qu'il faut attribuer la cause principale du 
retard apporté par le monde savant au triomphe d'Alaise, qui 
est d'ailleurs en possession des meilleures preuves. 

Appliquons donc le môme genre d'analyse à Tinterprétation 
nouvelle développée dans mon dernier travail sur Alesia (*), et 

(") AU$ia, élude d'archéologie viilUaire; dans les Mémoires de la Société 
d*£mtt(alioii du Doubs, 3* série, t. IX, pp. l-7e« • 



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- 67 — 

qui assure en faveur d*Alaise la solution définitive de celte 
grande question, comme les chiffres vont le prouver. 

Evitant de donnera la fois les 14,000 pas du texte au plus 
grand circuit de la contrevallation, et les \ 4,000 pas au plus petit 
circuit de la circonvallation, mon interprétation attribue logique- 
ment les 11,000 pas au plus petit circuit de la contrevallation, 
c'est-à-dire à sonïossé de 20 pieds, et les 14,000 pas à son plus 
grand circuit, c'est-à-dire à son rempart qui enveloppe tout Ten- 
semble des seules fortifications décrites par César, ensemble qui 
fut répété en sens inverse contre Tennemi extérieur. (Voir notre 
2* figure.) 

Le dessin du tracé des huit cercles déjà décrits reste le même, 
quant à la forme; il n'y a de changé que les rayons ot par con- 
séquent le développement des circonférences. Avant d'en tirer, 
par le calcul, des conséquences décisives, faisons voir que cette 
interprétation, justifiée par les règles de la poliorcétique, comme 
je l'ai démontré ailleurs, est conforme au texte expliqué d'après 
ma méthode qui fait camper César, dès son arrivée près d'Alesia, 
en face des sorties naturelles de la place, c'est-à-dire dans la 
seule plaine de 3,000 pas, entrecoupée de collines, devant exister 
sur le pourtour. C'est de ce point choisi que le général romain 
fait la description des lieux et qu'il raconte les événements. C'est 
donc là qu'il faut se placer soi-même, non ailleurs, si l'on veut 
bien voir les couleurs de son tableau et comprendre les détails 
de son récit. 

Le chapitre lxix présente une description très succincte de 
l'ensemble. C'est d'abord l'assiette de Voppidum, dont les limites 
sont : d'un côté, une plaine s'étendant devant la place dans une 
longueur d'environ 3,000 pas fante oppidum planities eirciter 
miUia pas9\ium m in Umgitudinem patebat) ; de tous les 
autres côtés des collines (reliquis ex omnibus partibus colles J 
qui, laissant un étroit espace entre elles et Voppidum (mediocri 
interjeeto spatio), espace dont les deux bords sont égaux en 
hauteur, espace égal par le bord de la hauteur (pari aUitudinis 



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— 68 — 

fasHgio), foitigio ayant ici le sens du fasHgio des trous de 
loup de la phrase : paulatim angustiore ad infimum fastigio 
(c. Lxxiii}, entouraient par conséquent Y oppidum tout près du 
mur (oppidum cingebant sub muro), laquelle partie de la colline 
de Y oppidum regardait vers le soleil levant (quœ pars coUis ad 
orientem solem spectabat). Tout ce lieu ainsi limité, les troupes 
gauloises l'avaient occupé (hune omnem locum copia CaUorum 
compUverant), et elles avaient ensuite creusé un fossé et dressé 
un mur de six pieds en pierres sèches sur leur front (fossamque 
et maceriam sex in altitudinem pedum prœduxerant). 

On voit tout d'abord, comme conséquence obligée du mediocri 
inUrjecto spatio existant entre les collines du pourtour et Yoppi- 
dum d'Alesia, que ces collines touchaient partout, excepté du 
côté de la plaine, presque le mur de Y oppidum. Donc, logique- 
ment, la phrase : sub muro, quœ pars collis ad orientem solem 
spectabat, se rapporte à celle qui précède, c'est-à-dire à colles 
cingebant, et non à celle qui suit. Ce passage aurait donc été mal 
ponctué. On voit aussi que la phrase : hune omnem locum copiœ 
Gaïlorum completerant, se rapporte alors naturellement à tout 
ce qui précède et qui a été si bien limité, c'est-à-dire à tout 
l'ensemble de Yoppidum sis in colle summo admodum edito 
loco, long et haut plateau bordé par 3,000 pas de plaine, et 
présentant à César, qui l'examine de ladite plaine, son versant 
occidental , tandis qu'il oQire aux rayons du soleil levant son 
versant oriental. Que le lecteur se mette par la pensée à la place 
du général romain , il saisira aussitôt ce détail de perspective. 
Enfin , on comprend que les Gaulois aient occupé toute la mon- 
tagne du vaste oppidum, ce qui est rationnel, et que, pour pro- 
téger les seules avenues de la place, ils aient établi en même 
temps un camp extérieur sur leur front (prœduxerant) , c'est* 
à-dire dans la plaine ob est le seul et véritable front de la place, 
face à l'ennemi campé vis-à-vis (ante oppidum). 

Au surplus, ces dispositions militaires sont justifiées parla 
suite du récit qui veut des camps dans Yoppidum: elles le sont 
surtout par les chapitres lxx et lxxi, relatifs au combat de cava- 



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lerie livré dans la plaine, et après lequel Vercingétorix fit rentrer 
dans Voppidum tous les fantassins qu'il avait placés avec sa 
cavalerie dans cette plaine s'étendent pro oppido par rapport à 
lui, comme elle s'étendait ante oppidum par rapport à César : 
copias amnes qtMs pro oppido collocaverat in oppidum recipiL 

Le chapitre lxviii expose en deux mots le plan de César 
investissant Alesia du point militaire qu'il a choisi dès son arri- 
vée : ad AleHam castra fecit... Alesiam drcumvallare institua 
€ Le circuit de cet investissement, dit-il (c. lxix), qui était 
résolu, réglé, commencé, comptait 4 1 ,000 pas : ^us munitionis 
quœ ab Romanis instituebatur, circuitus xi miUia passuum 
tenebat. » 

Il est évident, pour quiconque se rend bien compte des détails 
successifs de l'investissement d'une place, qu'il faut entendre par 
Texpression circuitus munitionis l'action de resserrer le plus 
possible le périmètre de la place investie. Or, la mesure du 
périmètre d* Alesia est déterminée, d'un côté par les 3,000 pas 
de la plaine, et des deux ou trois autres côtés (car il y en a plu- 
âeurs : reliquis ex omnibus partibus) par le mediocri interjecto 
spaiio du pourtour, ce qui représente au moins les 11,000 pas 
du texte. C'est ce périmètre connu de 11 ,000 pas qui sert de base 
aux travaux du blocus ; c*est sur lui qu'est calculée la grande 
chaîne, dont les castella sont les anneaux, de l'investissement de 
Voppidum d'Alesia. Les collines de ceinture portent déjà sur leurs 
sommets les 23 redoutes en voie d'exécution (facta erant et non 
perfecta erant), et bientôt leurs pentes porteront les immenses 
circonférences de fossés et de remparts qui devront relier toutes 
ces redoutes. Hais la plus petite de toutes les circonférences, 
resserrant la place dans le cercle le plus restreint possible, en 
d'autres termes le circuitus munitionis de tous les travaux 
commencés, sera représentée par le développement du fossé de 
20 pieds qu'on creusera dans le circuit formant le périmètre de 
l'oppidum, dès' qu'on aura forcé les Gaulois à évacuer le camp 
extérieur qui tient la plaine. En effet, en poliorcétique, circuitus 
munitionis n'a pas |e sens de complexus ou de amplexus que 



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-70 — 
César emploie indifféremment : circuitus munilionU est le 
contenu^ complexus est le contenant; entre eux, en un mot, il y 
a toute l'épaisseur du terrain sur lequel sont tracés les différents 
travaux opposés à Tennemi. Donc, les trois circonférences expri- 
mées par les termes: circuit du périmètre d*Alesia, circuUtts 
munitionis, et circuit du fossé de 20 pieds, n'ont qu'un seul et 
môme rayon, par conséquent qu'une môme étendue de 14,000 
pas. En conséquence, pour nous comme pour César, le fossé de 
20 pieds passant au pied de Yoppidum, du côté de la plaine de 
3,000 pas, et dans le mediocri intfirjecto spatio qui limite les 
autres côtés, sera le plus petit embrassement de la contrevalla- 
tion, le circuitus munitionis, en arrière duquel nous tracerons 
parallèlement tous les autres cercles de travaux : reliquas onines 
munitiones ab ea fossa pedibus (ou passibus, selon la meilleure 
version) cd reduxit, en observant la succession, les mesures et 
les précautions indiquées par le texte. Cette succession, ces me- 
sures et ces précautions sont consignées dans les ch. lxxii, lxxiii 
et Lxxiv, pour ce qui regarde la contrevaUation. Ce derniercbapitre 
explique comment les autres circonférences de cette contrevaUa- 
tion (tracé des défenses accessoires, tracé du double fossé do 
15 pieds et tracé du rempart) furent topograpbiquement conduites 
autour du fossé de 20 pieds dans l'intérêt de la meilleure défense. 
« Tous ces travaux étant régulièrement terminés (his rébus per- 
fectisj, en ayant suivi les terrains les plus égaux qu'il a pu 
(regiones secutu^ quam potuit œquissimas), en ayant embrassé 
14,000 pas de terrain, à cause de la nature des lieux (pro loci 
natura xiv millia passuum complexus). César exécuta ensuite 
contre l'ennemi du dehors des travaux en tout semblables aux 
premiers, mais tournés en sens inverse : pares ejusdem generis 
munitiones, diversas ab his, contra exteriorem hostem perfecit. 
Ainsi, les travaux regardant l'extérieur ne furent entrepris, ce 
qui est tout à fait rationnel en l'absence de l'armée gauloise de 
secours, qu'après l'entier achèvement de ceux regardant l'inté- 
rieur et qui embrassaient, dans la circonférence de leur rempart, 
1 4,000 pas de développement, en raison de la nature d'up terrain 



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— 71 - 

tourmenté et des meilleures conditions de défense. Ces travaux 
extérieurs ou circonvallation, dont le tracé fut aussi soumis à 
toutes les règles de Tart de la poliorcétique , se composaient, 
comme ceux de la controvallalion, dans Tordre de leur dévelop- 
pement, d'un rempart, d*un double fossé de 45 pieds, de défenses 
accessoires et d'un fossé de 20 pieds enveloppant tout Tensemble. 
César ne donne pas la mesure des circonférences de cette circon- 
vallation, parce qu'elle se déduit toujours de la mesure de celles 
de la contrevailation. Il s'adresse aux patriciens de Rome, à des 
lecteurs qui connaissent les règles de la poliorcéiique, et savent 
très bien qu'il faut laisser libre, entre le rempart de la contre- 
vailation et celui de la circonvallation, un espace moyen do tant 
de pas, intervalle nécessaire pour renfermer les castella et pou- 
voir faire manœuvrer en tous sens et partout les troupes chargées 
de défendre Tune et l'autre ligne. Cet intervalle étant donné, et 
les éléments de la circonvallation étant entre eux dans le même 
rapport que ceux déjà connus de ]a contrevailation , tout était 
parfaitement intelligible pour les Romains. Voilà pourquoi César 
se borne à dire qu'il fut fait contre l'extérieur des travaux en tout 
semblables à ceux tracés contre l'intérieur. 

Du reste, voici le résultat des calculs de tout l'ensemble, con- 
trevaUation et circonvallation , d'après les données du texte. Il 
en résulte que la version grecque, qui porte à 100 pas l'intervalle 
laissé entre le fossé de 20 pieds et le premier fossé de 15 pieds, 
est la seule exacte, et que le rempart de la contrevailation con- 
tient un nombre exact de tours, conformément à la lettre du 
texte (c. Lxxii), attendu que 14,000 pas, circonférence de ce 
rempart, est un multiple de 80 pieds ou 46 pas, ce qui fourni^ 
un total de 875 tours également distantes d'un centre à l'autre. 

4® Circonférence du fossé de 20 pieds : 
1=44 ,000 pas, et son rayon iB = 4 ,833 pas. 
Contrevailation./ go Circonférence du 4«' fossé de 45 pieds : 
= 43,398 pas, et son rayon AC = 4,833 pas 
\ + 400 pas = 2,233 pas. 



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ContreyallatioD. 

(Suite) 



— 78 — 
3* Circonférence du V fossé de ili pieds : 

Elle est supérieure à celle du l*** fossé de 

15 pieds qu*elle enveloppe, et son rayon AD 

\ = AB + BC + CD = 4,833 pas + 400 pas 

' + la largeur des deux fossés et Tintervalle qui 

sépare. 

4* Circonférence du rempart : 

= U,000 pas, et son rayon AE = ÀB + BC 
+ CD + DE = 2,333 pas. 

En prenant, comme César à Dyrracbium (BelL civil., lib. III, 
c. Lxiii), 600 pas d'intervalle entre le rempart de la contre valla- 
tion et celui de la circonvallation, on obtient pour la circonvalla- 
tion d*Alesia les résultats suivants : 

/ i^ Circonférence du rempart : 

= 17,598 pas, et son rayon ÀF=AE'\- EF 
= 2,333 pas + 600 pas = 2,933 pas. 

2® Circonférence du fossé du rempart : 

Elle est supérieure à celle du rempart qu'elle, 
lenveloppe, et son rayon AG = 2,933 pas + Té- 
jpaisseur du rempart et la largeur du fossé. 

3® Circonférence du 2* fossé de 15 pieds : 
Circonvallation. / Elle est supérieure à celle du 1 *^ fossé qu'elle 
\enveloppe, et son rayon A/f = 2,933 pas + Té- 
Ipaisseur du rempart, la largeur des deux fossés 
|et l'intervalle qui les sépare. 

4® Circonférence du fossé de 20 pieds : 

= 20,598 pas, et son rayon AT= 2,933 pas 
-|- 500 pas, qui est l'espace BE existant entre 
le rayon AB do la circonférence du fossé de 
20 pieds de la contrevallation et le rayon AE de 
la circonférence de son rempart, =^ 3,433 pas. 



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— 78 — 

Ainsi, la plus grande eirconférence des travaux dMoTestisse- 
meotd'Alesia avait un peu plus de 20,000 pas, et non pas 14,000 
pas, comme on Ta cru jusqu'à ce jour par une fausse interpréta- 
tion du texte et du terrain, soit à Alise, soit à Alaise. J'ai dit 
aillears qu'il n'y avait pas exagération dans ce développement 
de iO,000 pas, que conGrment les expressions de César et les 
paroles de Velleius Paterculus; et qu'il y avait, au contraire, 
iD?raisemblance du côté desl 4,000 pas, attendu qu'àDyrrachium, 
cil César n'avait que 22,000 hommes contre Pompée qui en 
comptait 40,000, le développement de sa ligne d'investissement, 
double en un seul endroit, comptait 18,000 pas, et en aurait eu 
bien davantage si elle eût été double dans tout le pourtour, 
comme à Alesia. 

En présence de cet immense circuit obligé de plus de 20,000 
pas ou 29 kilomètres, on comprend jusqu'à un certain point que 
César ait voulu éviter d'augmenter l'étendue de sa circonvallation, 
en n'enveloppant pas la colline a sepUntrionibttt d'Alesia, mal- 
gré le grand inconvénient de la laisser hors des lignes romaines 
qu'eUe dominait de très près. 

Hais, si nous voulons nous Caire une juste idée de ce que le 
terrain oblige toujours à donner de développement à de pareilles 
lignes, rappelons- nous la grande étendue de nos lignes à Sébas- 
topol, oU nous n'investissions cependant qu'un seul côté de la 
place, et celle des lignes plus récentes d'Oajaca (Mexique), qui 
avaient 34 kilomètres de développement, c'est-à-dire 23,107 pas 
romains, dit le Moniteur de l'armée du 20 mars 1865. 

Est- il besoin d'ajouter que les cercles concentriques d'Alesia, 
dont nous venons de faire le calcul, sont inapplicables au terrain 
insuffisant d'Alise-Sainte-Reine, tandis qu'ils sont tellement 
faciles à tracer à Alaise du Doubs, en suivant les vestiges du 
pourtour, qu'on peut affirmer qu'ils ont été conçus uniquement 
pour cette localité? 



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Goo 



s^ 



— 74 — 

m. 

Réponse aux objections* 

Si déjà je n*avais compris depuis longtemps que ia question 
d*AIesia était mathématique, qu'elle attendait sa solution de 
Fétude plus sérieuse des travaux de blocus, et qu'elle restait 
indéterminée, malgré des années de discussions, précisément 
parce que ce côté scientifique du problème avait été négligé, je 
l'aurais senti aux quelques objections qui m'ont été faites par 
lettres sur la solution géométrique précédemment exposée. 
J'ajoute de suite que ma démonstration mathématique a paru 
péremptoire à des militaires érudits et expérimentés, dont l'ad- 
hésion m'est précieuse. 

Les objections sont au nombre de six. Elles ont trait : à l'ex- 
pression per exlremos fines , au fossé perdu, à la distance qui 
le sépare des deux fossés de i& pieds, à la nature de ces fossés, 
à l'emplacement des défenses accessoires, à la mesure des deux 
remparts, à l'intertaUe qui les sépare et à la forme des camps 
romains. 

Je commence par celle qui importe le plus au point de vue 
nouveau oîi je me suis placé. 

!'• OBjBCTioif. Fossé perdu et version 400 pas. — Voici 
d'abord ma solution géométrique dont les éléments sont fournis 
par le texte, savoir : 



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— 75 — 



lili! 




-iiof|wn«Aaqiio3 



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— 76 — 

On Toit du premier coup d*œil que celte solution est basée sur 
^la version 400 pas, espace laissé en arrière du fossé de 30 pieds 
qu'on appeUe fossé perdu. 

Il y a deux versions pour cet espace : Tune dit 400 pas, Tautre 
400 pieds; et comme le pas romain vaut 4"',475, le pied 0",%95, 
il en résulte que Tespace de la première version est cinq fois 
plus grand que celui de la seconde. 

Dire que la version 400 pas est fautive, c'est dire que ma 
solution est mauvaise. Examinons ce point important. 

Ceux qui préfèrent la version 400 pieds et rejettent celle 400 
pas comme donnant un espace trop considérable, ne sont préoc- 
cupés que du soin d'éloigner des travailleurs les traits lancés 
par les Gaulois des bords de la contrescarpe du fossé perdu , et 
ils pensent que 400 pieds, ou H 8 mètres, sont suflSsants pour 
remplir cet objet. On pourrait le contester, attendu que les traits 
et pierres lancés à la main , et surtout avec les frondes et les 
machines dont les Gaulois faisaient usage (siège de Marseille, 
Guerres civiles, liv. II), portaient au delà de 448 mètres; tandis 
que si on lisait, comme nous, 400 pas ou 590 mètres, on ne 
contesterait pas l'efficacité de cette protection. Hais il s'agit d'un 
objet bien autrement sérieux : avec 400 pieds ou 448 mètres, oU 
aurait-on placé les troupes de soutien pendant l'exécution des 
deux fossés de 45 pieds et des défenses accessoires, en présence 
de l'armée gauloise sous les armes? On ne laissa pas, bien 
entendu, ces troupes do soutien en arrière des travailleurs 
qu'elles n'auraient pas protégés du tout; on les porta évidem- 
ment en avant des travaux, c'est-à-dire dans Tintervalle 448 
mètres, qui devient alors insuffisant pour le^-mouvements des 
turmes, des cohortes et même des légions, chargées de cette 
protection, et pour leur établissement hors de la portée du trait 
gaulois lancé de la contrescarpe du fossé perdu. Au reste, c'est 
ainsi que César plaçait ses troupes de soutien : Dum hœc opéra, 
quœ ante dixi, fiebanta legionibus, intérim pars acie ante 
opus instructa sub hoste stabat. Equités barbari, lefHsque ar- 
maturœ, prmUis minuPis eominus dimicabant (De bel. afr., c. u]. 



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— 77 — 

Ce n'est pas tout; avec 418 mètres seulement, on n*eût pas 
rempli la première fonction imposée par le texte à l'espace laissé 
eo arrière du fossé perdu : ne de improviso aut noeh^ ad muni- 
tionei hoetium muUUudo advolaret (lib. VU» c. lxxii). Voilà 
ce qui m*a préoccupé tout d*abord et fait rejeter de suite la 
rersion 400 pieds» de beaucoup trop insuflSsante pour remplir la 
condition militaire la plus essentielle. Je suis obligé d'entrer 
dans quelques détails techniques pour bien me faire comprendre. 

n est une nécessité bien reconnue à la guerre » c'est celle de 
se garantir des surprises (de improviso). On appdle surprise 
rarrivée subite de Tennemit qui, par un effort imprévu toit sur 
on point, enlève aux défenseurs les moyens d'utiliser la défense : 
pris à l'improviste, ceux-ci n'ont pas le temps de Csire^pprocber 
les renforts. Pour éviter les surprises ou attaques inopinées, les 
camps doivent se couvrir de postes nombreux très avancés et 
liés Mitre eux. Dans l'armée des Gaules, ce service spécial était 
Eut par des fractions constitutives de la légion : centuries, mani- 
pules, turmes, cohortes (De bello civ., lib. I, c. ux, lxv, Lxxni ; 
De beUo gaU.^ lib. IV« c. xxxii, lib. VII, c. lxix ; De beUo afr., 
c. XXIX et XXXI ; De beUo hiep., c. xrv). Or, César ne pouvant 
disposer d'un grand nombre de postes très en avant de ses 
lignes, à cause de l'étendue des travaux et du petit nombre de 
ses soldats, avait imaginé le fossé perdu, limitant par cet obstacle 
le terrain qu'il voulait garder et surveiller (ne quid temere culpa 
tua secus admitteretur, eum loeum definire ccspit, comme il 
dit dans une autre circonstance, De bello hisp., lib. I, c. xxx). 
Ce fossé de 20 pieds ne le dispensait pas d'exercer une grande 
surveillance en avant du rempart, condition la meilleure pour 
aroir le temps de diriger les réserves vers les points menacés. 
Ce fut pour avoir la faculté d'exercer convenablement cette vigi- 
lance, qu'il laissa une distance de 400 pas, au moins, entre le 
ibssé de 20 pieds et As travaux défendant le rempart. Cet espace 
de 400 pas semble être réglementaire entre deux armées en 
position (De bello civ., lib. I, c. xu et c. lxxxii). Là, dans ces 
400 pas, étaient placés les grand'gardes (etaliones), les postes 



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— 78 — 

avancés (eustodiœ), les sentinelles et les vedettes (tigiliœ), 
épiant le moindre bruit, surveillant tout mouvement suspect 
venant du côté du fossé perdu ; là circulaient les reconnaissances 
(exploratores) qui, dès le point du jour, allaient s*assurer si 
quelque corps gaulois n'avait point comblé le fossé de 20 pieds, 
ou ne s'y était point embusqué à proximité pour de là se préci- 
piter inopinément sur les défenses accessoires; là s'établissaient, 
avec leurs réserves, les détachements chargés de retarder le 
plus possible le comblement et le passage du fossé perdu. Ainsi, 
grâce à ces 400 pas de terrain assuré, toutes les mesures de 
surveillance étaient possibles à l'extérieur, tant la nuit que le 
jour. Les Gaulois, toujours annoncés, ne pouvaient dérober 
leurs mouvements et arriver sur les retranchements à l'impro- 
viste, seule condition qui leur permît quelque chance de succès 
dans ces combats à armes inégales; ils perdaient ainsi les avan- 
tages de l'initiative, et l'armée romaine prévenue conservait la 
facilité de se concentrer par des mouvements rapides vers les 
points faibles de ses lignes. Donc, avec la distance nécessaire de 
100 pas laissée en arrière du fossé perdu, l'attaque par surprise 
était impraticable, ou du moins avait peu de chance de réussite 
contre un ennemi vigilant, discipliné et actif comme l'était le 
soldat romain ; nécessairement toutes les attaques tournaient en 
attaques de vive force : c'est ainsi que dans l'attaque de nuit du 
chapitre lxxxi, les Gaulois de l'armée de secours, désespérant 
de tromper la surveillance exercée dans les 400 pas, donnèrent 
par des cris le signal de l'attaque, avant môme d'avoir comblé 
le'fossé perdu (craies projicere). 

En résumé, la topographie des lieux, telle que Tindique le 
chapitre lxix, et la faiblesse numérique de ses troupes, inspi- 
rèrent à César le fossé de 20 pieds. Ce fossé, dont les deux 
extrémités allaient aboutir évidemment au mediocri interjecto 
spatio, devait assurer les dehors de la fortiffcation , terrain qui 
s'étendait en avant des retranchements (rempart, défenses acces- 
soires et fossés de 45 pieds) jusqu'au pied de V oppidum oii était 
la plus p^te circonférence concentrique de l'investissement. Il 



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— .79 — 

senrait d'extrême limite dans toute l'étendue du rayon d'activité. 
Pendant et après les travaux, la zone comprise entre lui et les 
deux fossés de 45 pieds devait pouvoir être parcourue librement, 
les troupes romaines sortant à chaque instant par des portes et 
des rampes ménagées, selon l'habitude, aux endroits les plus 
favorables : portœ, quitus locU videtur, eruptionU causa, in 
muro relinquuntur (De bello civili, lib. II, c. xv). Enfin, non- 
seulement les Romains devaient patrouiller pendant la nuit dans 
la zone limitée par le fossé perdu, et la parcourir le jour en tous 
sens; mais ils devaient pouvoir, au besoin, s'y ranger en bataille 
devant le retranchement (pro castris), en présence de l'assiégé, 
dans le but de contrarier ses projets d'attaque, ou de refaire le 
fossé perdu aux endroits comblés à la suite des sorties : opération 
délicate qui demandait beaucoup d'espace pour les manœuvres. 
Comment supposer que 118 mètres seulement aient été réservés 
à ce terrain important du rayon d'attaque, lorsque nous savons 
que la ligne de bataille de César occupait 133 pas ou 186 mètres 
de profondeur (De bello civ , lib. I, c. xxxxu)? 

On ne manquera pas de dire : « César n'attachait point à l'es-* 
pace laissé en arrière du fossé de 20 pieds l'importance que vous 
lui donnez. Ce terrain, qui s'étendait en avant du front des posi- 
tions occupées par lui, qui. constituait les abords de ces positions 
dans la sphère d'activité des troupes garnissant le rempart, ce 
terrain ne lui servait pas pour des retours offensifs; il ne s'y 
était pas ménagé, comme vous le pensez, les avantages tactiques 
du théâtre de l'action; dans la prévision des sorties, il n'y plaçait 
pas des troupes, en avant des retranchements, pour les faire 
rentrer ensuite , lorsqu'impuissantes elles n'auraient pu forcer 
l'assiégé à rentrer dans la place; et si le fossé perdu avait été 
comblé en quelques endroits, il ne le recreusait pas. Non, dira- 
t-on, il n'attribuait point tant d'importance à cet espace réservé 
en arrière du fossé perdu, puisqu'il ne s'agit de rien de tout cela 
dans le récit. » 

*A ces objections, il est facile de répondre que les Commen- 
taires de César n'entrent pas et ne pouvaient entrer dans tous ces 



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— 80 — 

détails du service journalier des troupes en campagne ; que le 
fossé de 80 pieds non surveillé et non réparé devenait un travail 
inutile et ne remplissait plus les conditions du texte; que ce 
serait, au surplus, une faute grave de renfermer César dans ses 
retranchements sans lui permettre d*en sortir, de lui faire aban- 
donner ainsi les avantages de Tinitiative dans la défense, et de le 
faire renoncer aux moyens de proGter, après un succès, de Tar- 
deur de ses soldats, de la frayeur des Gaulois repoussés, des 
concentrations faites, et de la supériorité de ses manœuvres pour 
agir'offensivement sur les flancs de Tennemi, en le faisant pour- 
suivre au moins jusqu'au fossé perdu. 

Vouloir, en effet, interdire à César de défendre par des sorties 
Tespace en arrière du fossé de 20 pieds, c*est lui faire négliger 
la qualité de ses troupes, le réduire à une défense purement 
passive, se bornant à éloigner Tassaillant du rempart et à le 
rejeter dans les défenses accessoires. Bien plus, c*est oublier la 
conduite du général romain dans une foule de circonstances oii, 
quelle que fût son infériorité numérique, il fit des retours offen- 
sifs, profitant du désordre de Tennemi pour compléter la victoire 
(lib. III, cap. vi et xix; lib. V, cap. xxvi, li, lviii; lib. VII, 
cap. XIII, etc., etc.). C*est oublier encore que ces circonstances 
se reproduisant fréquemment à Alesia , il y agissait de la même 
manière. Si Fennemi trop fort franchissait le fossé perdu, Tat- 
taque devenant sérieuse et générale, il ralliait les postes avancés, 
lesgrand*gardes, les détachements dans le double rempart, y 
concentrait des troupes , résistait à Tassaillant derrière les forti- 
fications; et, lorsque celui-ci était fatigué ou devenait inquiétant, 
il faisait sortir des détadiements qui, se portant rapidement en 
avant dans Fespac^ de 400 pas, se jetaient avec plein succ^ sur 
les flancs et les derrières de Tennemi embarrassé dans les dé- 
fenses accessoires. C'est ainsi qu'il voulait que Ton combattît et 
qu'il rétablissait lui-même le combat et repoussait les attaques : 
imperat, $i sustinere non possii, deductis cohortibus eruptione 
pugnaê (c. lxxxvi) ; — restituio prœlio ae repuUis ?i08Hbus 
(c. Lxxxvii). Certainement, agissant de la sorte, il avait dans les 



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— 8« — 

400 pas des emplacements choisis pour mettre ses détachements 
à courert et dérober ses manœuvres à la vue des Gaulois. Or 
ceux-ci ne craignaient rien tant que ces sorties subites : veriU, 
ne ab latere aperto ex superioribus castris eruptione circum^ 
venirentur, se ad suos receperunt (c. lxxxii). Et ils avaient 
raison de les craindre, car c'est à la suite d'une sortie pareille, 
opérée par la cavalerie, qu'ils furent vaincus sur la colline a 
septentrionibus (c. lxxxvii et lxxxviii), au moment oli ils sai- 
sissaient la victoire I Comment et sur quel terrain cette cavalerie 
opéra-t-elle son mouvement tournant? Evidemment la manœuvre 
se ût dans les 400 pas. Tandis que les Gaulois de Vergasillaune, 
après avoir comblé le fossé de 20 pieds, les deux fossés de 15 
pieds et les défenses accessoires, étaient occupés à l'attaque du 
rempart extérieur, la cavalerie germaine s'élança dans l'espace 
de 400 pas, sans franchir évidemment le fossé perdu, ce qui eût 
fait manquer l'opération en occasionnant un retard, e*. elle prit 
subitement à dos les assaillants : repente posi tergum equitatus 
eemitur (c. lxxxviii). Tout cela me semble encore établir sur- 
abondamment que 400 pieds seulement ou \\S mètres de terrain 
libre, entre le fossé perdu et les deux fossés de 15 pieds, auraient 
été tout à fait insuffisants pour un champ de bataille aussi avan- 
tageux que celui ménagé par César en avant du rempart de ses 
lignes. 

2* OBJECTION. Fossés de \^ pieds et emplacement des défenses 
accessoires, — Les abords du rempart des lignes étaient fortifiés 
par des défenses accessoires et deux fossés de 45 pieds. 

Le texte dit, à propos du fossé perdu (ch. lxxu) : fossam 
pedum XX latam directis lateribus duxit; et lorsqu'il parle des 
deux fossés de 15 pieds, il se sert du même mot latas, inusité 
partout ailleurs, mais il néglige l'expression directis lateribus, 
ce qui a fait croire à quelques traducteurs que ces deux fossés 
n'étaient pas à talus droits : duas fossas, xv pedes latas, eadem 
altitudine perduxit. Je n'en persiste pas moins à penser que 
les deux fossés de 1 5 pieds d'AIesia étaient à talus droits, comme 
ceux chez les Bellovaques : fossam duplicem, pedum xv, lateribus 

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— 82 — 

direciis deprimi (lib. YIII, c. ix]. En ces deux circonstances, en 
efîet, César cherchant, comme il le dit, dans la nature même de 
ses fortifications le moyen de les défendre avec peu de troupes, 
dut faire creuser les deux fossés de 45 pieds à parois verticales, 
afin qu'ils fussent moins facilement franchis et comblés. Mais, 
de ce que les parois étaient verticales, il ne s*ensuit pas qao les 
deux fossés se trouvaient tout contre le rempart qui alors, pesant 
sur leur escarpe, eût fait ébouler la paroi verticale; leur distance 
tntiximum ne pouvait d*ailleurs dépasser la portée des traits 
lancés du rempart défendu par eux. Or, telle est précisément, 
comme nous le verrons, la distance dont les deux fossés de 
45 pieds se trouvaient éloignés du rempart de César à Alesia. 
En conséquence, il n'y avait aucun inconvénient, mais avan- 
tage, au contraire, à ce qu'ils fussent à talus droits, comme le 
fossé perdu et les deux fossés de 15 pieds chez les Rellovaques. 
Du reste, la nature des deux fossés n'a aucune influence sur 
la solution du problème. Il n'en est pas de même des défenses 
accessoires qui, par la place qu'elles occupaient, en constituent 
un élément qu'on ne saurait négliger. Cet emplacement des 
défenses accessoires est fixé par le texte, en arrière de l'espace 
réservé entre le fossé perdu et les deux fossés de 45 pieds : 

fossam pedum xx latam direciis lateribus duxit ; reliquas 

omnes tnunitiones ab ea fossa passus cd reduxit. Là (hoc inter- 
misso spatioj furent creusés les deux fossés de 45 pieds, derrière 
lesquels (post) s'éleva le rempart flanqué de tours (c. lxxii). Le 
mot post laisse indéterminé l'intervalle laissé entre les deux 
fossés et le rempart; mais ces fossés de 45 pieds, dont l'un était 
rempli d'eau, avaient pour mission d'augmenter les difficultés 
des approches, ainsi que de l'assaut du rempart, en rendant les 
traits et les projectiles de la défense plus meurtriers, l'assaillant 
étant forcé d'y rester plus longtemps exposé pendant qu'il en 
tenterait le passage. Il fallait donc que cet obstacle fût à bonne 
portée des machines de jet. Cette portée était connue de tous les 
lecteurs contemporains de César. Voilà pourquoi l'auteur ne 
donne qu'approximativement , par l'énumération des défenses 



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— 83 — 
accessoires, Tintervalle qu*il laissa entre le rempart et les deux 
fossés de 45 piçds qui en défendaient les approches. C'est là, et 
là seulement y dans cet intervalle, qu'est la place des défenses 
accessoires que César jugea à propos d'ajouter pour augmenter 
les difficultés de Tassant et pouvoir garder le rempart avec moins 
de monde encore (c. lxxiii). Du reste, le récit semble indiquer, 
autant qu'il se peut, cet emplacement occupé par les défenses 
accessoires, entre le rempart et les deux fossés de 45 pieds 
(c. Lxxxi, Lxxxii, Lxxxv, Lxxxvi). Or, les traits lancés du rempart 
portaient au moins à 400 pas, puisque nous voyons Pompée, 
sorti de son camp, ranger son armée sur trois lignes, de telle 
sorte que la première ligne se trouvait protégée contre l'en- 
nemi par les traits lancés du vallum, et puisqu'on temps ordi- 
naire une armée ainsi rangée occupait 433 pas de profondeur 
(De bello civ,, 1. 1, c. lxxxii). Mais si 400 pas étaient favorables 
pour l'action des traits lancés du rempart, 78 pas le sont encore 
plus. Tel est précisément l'intervalle que notre solution géo- 
métrique réserve aux défenses accessoires, depuis la crôte du 
rempart jusqu'à la contrescarpe du premier fossé de 45 pieds. 
Voici le résultat des calculs : Rayon du fossé perdu ou ci/con-' 
férence de 44,000 pas = 4,750 pas; rayon du rempart de la 
contrevallation ou circonférence de 44,000 pas = 2,227 pas; 
différence des deux rayons = 477 pas ; l'espace entre le fossé 
perdu et les deux fossés de 45 pieds étant de 400 pas, il reste 
77 pas, chiffre exact pour les deux fossés de 45 pieds et les 
défenses accessoires (*}. 

Que si l'on contestait, par hasard, que l'intervalle nécessaire 
aux défenses accessoires ait été pris entre les deux fossés de 
45 pieds et le rempart, on serait alors obligé de les placer en 
avant des deux fossés, comme je l'avais fait moi-même avant 
d'avoir été ramené à la vérité par la démonstration géométrique. 
En agissant ainsi , on violerait le texte et on rendrait en même 



(>) Ces chiffres diffèrent de ceux doonnés par nous précédemment, parce 
une nous avions à tort négligé les fractions ; ce qui prouve que dans cette 
question complexe il ne faut rien négliger. 



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— 84 — 

temps illusoire la version 400 pieds adoptée par les partisans 
d'Alise-Sainle-Reine. En effet, quelle que soit la largeur de la 
zone occupée par les défenses accessoires (supposons 50 mètres 
seulement), on diminuerait de plus d'un tiers l'espace de 400 
pieds ou 418 mètres, espace déjà à peine suffisant pour la portée 
des traits dont il doit garantir les travailleurs. De sorte qu'on 
peut affirmer que le croquis des fouilles de la plaine des Laumes 
à Alise-Sainte-Reine, ob les deux lignes marquées par des fossés 
ne sont qu'à une distance de 400 à 450 mètres l'une de l'autre, 
ne permet pas le tracé des défenses accessoires dont parle César, 
ce qui indique une fois de plus que ces lignes ne sont pas celles 
d'Alesia. Voici un bout de ce croquis des fouilles de la plaine des 
Laumes : 



o 



-a : Fossé de 20 pieds dod retrouvé. 



400 pieds. 

le) 

o o • oooocoooooooooooo, ' « , . , 

b : Deux fossés inégaux. 



100 à 150 mètres. 



^ ••eoooooooooooeooeo 



-b' : Petit fossé simple. 

400 pieds. 

-Q^ ; Fossé do 20 pieds non retrouvé. 



? 



Si Ton trace les défenses accessoires (c) en avant de b et 6^ 
on voit que l'espace 400 pieds ou 448 mètres se trouve amoindri 
de t'SO mètres environ, et que les traits lancés de a, fossé perdu, 
atteindraient les soldats romains travaillant aux défenses acces- 
soires. 

Si, au contraire, on place les défenses accessoires (c) en arrière 
de b et de b', et si l'on figure les remparts m, m^ comme dans 
le croquis suivant : 



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— 86 — 

C3 

j^_ . 

Si 400 pieds. 



de 0» à 50 mètres. 



SSSSSSSSSSS3S8SSSSSS(cO 
6» 



•m ; Rempart de la contrevallation. 
.m' ; Rempart de la circonvallation. 



400 pieds. 



on voit que le terrain de 400 à 450 mètres compris entre les 
fossés d et 6^ est réduit à l'espace entre m et m\ c'est-à-dire à 
presque rien, et que les mouvements de troupes exigés par la 
lutte gigantesque qui eut lieu dans la plaine d'Alesia ne peuvent 
s'y exécuter. 

3® OBJECTION. Mesure du rempart de la contrevallation. — 
On m'objecte que je no comprends pas les chapitres lxix, lxxii et 
Lxxiv comme tout le monde. C'est vrai. Mais on les a si peu 
compris jusqu'à ce jour que l'on n'a jamais pu s'entendre, et si 
je ne les avais pas sentis autrement, je n'en aurais pas trouvé la 
solution géométrique. Au reste, je no suis pas seul de mon avis 
dans l'interprétation de ce qui sert de base à mes calculs : 
M. Duruy (*) a compris comme moi que le circuitus du munitio 
de la phrase : eju^ munitionis, quce ab Romanis instituebatur, 
circuitus xi millia passuum tenebat, était la plus petite circon- 
férence des travaux concentriques ('). Nous verrons plus bas 
que l'interprète grec des Commentaires de César l'entendait de 
la même manière. Mais on le comprendra comme nous, lors- 
qu'on se rendra mieux compte de ces sortes d'opérations consti- 
tuant un blocus, plusieurs fois décrites par César dans ses Com- 
mentaires de la guerre des Gaules et des guerres civiles. Ces 
travaux d'investissement qui consistaient à répandre d'abord des 

(>) Histoire de France, 2« édit., 1862, t. I. p. 55. 
O « Alors» dit-il, commencèrent de prodigieux travaux. D'abord on 
fossé de 30 pieds de large sur 11,00§ pas de déreloppement. » 



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— 86 — 

détachements sur toutes les collines du pourtour en vue de 
Yoppidum et de manière à occuper toutes les sorties, ravins, 
sentiers, avenues, par des redoutes (castella) reliées ensuite 
entre elles au moyen d*un rempart tracé sur leur pente et tourné 
contre la place, ces travaux, dis-je, no se terminaient pas en un 
jour. Il faut lire le blocus de Dyrachium pour en comprendre la 
série et les difficultés de détail en face d*un ennemi actif. Eh 
bien I cette intermittence étant admise dans la confection du 
rempart d'investissement, opération qui suivait celle de rétablis- 
sement des castella, que Ton remarque ceci, que le circuittis du 
munitio quœ inalituebatur du chapitre lxix (castella et rempart 
commencés sur le pourtour] n*est autre que le circuitus de 
Yoppidum sur lequel César a Thabitude d'établir ses travaux 
d'investissement, comme le démontrent les exemples suivants : 
Castellis idoneis locis collocatis, operibusqure in eircuitu oppidi 
coiUinuatis, Vliammunitionibus clausit (De bello Alex., c. Lxt). 
— Vallum in oppidi eircuitu ducere instituit (De bello gallico, 
lib. VIII, c. xxxiii). Alors, d'après les règles de l'art, il paraît 
logique que César, obligé de resserrer le plus possible Alesia, 
prenne pour base de ses travaux d'investissement, dont le rem- 
part est commencé (quœ instituebatur), le circuit même de 
Yoppidum pris dans ses plus petites limites. C'est dans ce circuit 
qu'il fera passer plus tard, lorsque les travaux se termineront au 
chapitre lxxii, après le départ de la cavalerie gauloise, le fossé 
de 20 pieds, dont le développement sera de 44,000 pas, comme 
le circuitus du munitio, plus petite circonférence des travaux 
concentriques, calculée sur le circuitus oppidi si bien décrit au 
chapitre lxix, savoir : une plaine de 3,000 pas et, de tous les 
autres côtés, un médiocre espace séparant Yoppidum des collines 
du pourtour. 

Ainsi, nous, nous mesurons les 44,000 pas du chapitre lxix 
sur une chose limitée qui existe en ce moment, c'est-à-dire sur 
le circuitus oppidi reconnu (perspecto urbis situ, c. lxyiii) , où 
sera le circuitus du munitio terminé, tandis que tous les autres 
interprètes de César ont mesuré les 4 4 ,000 pas 9ur une chose 



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-87- 

qui n*existe pas encore, c'est-à-dire sur un rempart commencé 
dans quelques endroits seulement, ce qui permit à Yercingétorix, 
comme il est dit au chapitre suivant (lxx], de renvoyer, par le 
côté non encore fermé, sa cavalerie cainpée dans la plaine. 
Qu'on lise le siège d'Ulia, on y verra le môme fait se reproduire 
(De belU) Alex,, c lu). C'est à cause de la fausse interprétation 
du circuUus munilionis que le problème d'Alesia est resté indé- 
termidé (*). 

En résumé, je vois un rempart commencé sur le pourtour 
d'Alesia, au chapitre lxix, et terminé avec tous ses détails aux 
chapitres lxxii et Lxxiit ; j'en trouve ensuite le développement 
au chapitre lxxiv. Ce rempart est celui des travaux complexes 
dirigés contre Voppidttm, et les seuls décrits. Tout cela est 
mathématique. La plus petite circonférence concentrique de ces ' 
travaux, ou fossé de 20 pieds, ayant 1 1 ,000 pas de développement, 
l'espace, ou difTérence de rayon entre la circonférence de ce fossé 
de 20 pieds et la circonférence du rempart, étant égal à 400 pas, 
plus 77 pas pour les deux fossés de 15 pieds et les défenses 
accessoires, il en résulte que le rempart avait géométriquement 
44,000 pas de développement; de plus, 14 000 pas étant un 
multiple de 16 pas ou 80 pieds, ce rempart de la contrevallation 
contenait un chiffre exact de tours, ce qui est conforme à la fin 
du chapitre lxxii : et turres toto opère circumdedit, quœ pedes 
Lxxx inter se distarent. 

La version grecque des Commentaires de César (ch. lxxiv) dit 
littéralement que le rempart des travaux décrits et faits par le 
proconsul contre les assiégés, sur les lieux, autant qu'il pût, les 
plus convenables, embrassait 112 stades ou 14,000 pas : (César) 



(^) Appliquée aux fortifications qui défendent une place , l'expression 
rirruHus munilioniit désigne la plus grande circonférence des travaux de 
défense, et, réciproquement, si on l'applique aux fortifications qui bloquent 
une place, elle signifie la plus petite circonférence des travaux de Tattaque. 
De sorte que, d'un côté comme de l'autre, rircuHus munilionis est toujours 
la circonférence des travaux les plus rapprochés de l'ennemi. Ainsi, pour 
bien déterminer la signification exacte de cette expression technique, il faut 
0e mettre à la place qu'occupe celui qui l'emploie. 



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— 88 — 
TawTŒ (ces choses, c'est-à-dire fossé de 20 pieds, deux fossés de 
45 pieds, défenses accessoires, rempart) itàv oCv woiTiuàiievoç év 

Tâicotc, ûç ^8uvaT0, èiriTYiÔeiotàToi;, éxŒTÔv xal 5u(o8Exa ordSia TcspiXaScov, 
6(&o(otc ToO aÙToO etSov; 6x^P<ï^^^^C « xccc'IvavTCa ta?; Tcporépai;, xaToi tov 

Donc l'interprétation grecque, affectant grammaticalement la 
plus grande circonférence des travaux tournés contre la place au 
rempart et rejetant la version 400 pieds, assigne par ce fait 
44,000 pas au fossé de 20 pieds, et se trouve être conforme à 
notre solution géométrique. Elle est rationnelle. 

4* OBJECTION. Rempart de la circonvallation ; intertalle ré-- 
serve entre ce rempart et celui de la contrevallation. — César 
ne décrit pas les travaux tournés contre l'ennemi extérieur et ne 
donne pas la mesure de leur développement. Dans son admi- 
rable concision , il dit tout simplement au chapitre lxxiv (voir le 
texte grec cité plus haut), qu'après avoir terminé, en embrassant 
44,000 pas sur un terrain choisi, la ligne de contrevallation 
décrite aux chapitres lxix, lxxii et lxxiii, il fit contre l'ennemi 
du dehors des travaux de la môme espèce, semblables aux pre- 
miers. J'ai écrit et je maintiens qu'il n'avait pas besoin d'ajouter 
un mot de plus pour être compris des hommes spéciaux, le 
développement des travaux tournés contre Fextérieur dépendant 
d'une règle de poliorcétique. Il ne fait point un traité d'art mili-** 
taire; il doit se taire et il se tait sur les principes de poliorcétique, 
comme sur la forme de ses camps. 

Mais quelle était cette règle d'oh dépend la mesure de la 
circonvallation? 

A Alesia, les deux lignes de César laissaient entre elles comme 
un vaste camp circulaire. Ce camp, contenu dans l'intervalle qui 
séparait les deux remparts, était pour les Romains leur véritable 
champ de bataille. César y attendait Yercmgétorix et les Gaulois 
de l'armée de secours. Il avait préparé son terrain , ouvert des 
communications, établi des magasins, des ateliers, choisi des 
endroits propices pour y embusquer ses réserves, prêtes à agir, 
selon la circonstance, au dehors, dans le rayon d'activité (espace 



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— 89 — 

de 400 pas) , ou au dedans entre les deux remparts. Vingt-trois 
redoutes y serraient de ralliement et de point d*appui , facilitant 
dans rintérieur les retours offensifs et le jeu des réserves. L'une 
des lignes étant enfoncée sur un point, et môme une ou plusieurs 
redoutes se tronrant prises, le champ de bataille n'était point 
perdu pour les Romains. Ils devaient pouvoir se rallier à la 
faveur des autres redoutes, et revenir à la charge pour prendre 
en flanc les Gaulois se disposant à attaquer successivement les 
redoutes voisines, car ils ne pouvaient les laisser derrière eux. 
En conséquence, il fallait que cotte zone circulaire eût une pro- 
fondeur convenable, qui permît de s*y former en bataille dans 
tous les sens, pour prendre toutes les dispositions de la défensive 
et de l'offensive. Or, le front d*une cohorte de César, dixième 
partie de la légion, était en moyenne de 400 pas ou U8 mètres 
(De bello civ., lib. I, c. XLiuetxLv), et la profondeur d'une ligne 
de bataille avait 433 pas ou 486 mètres (De bello cif>., lib. I, 
c. Lxxxii). De là on avait déduit s^ns doute un espacement moyen 
entre les deux remparts d'une ligne de blocus, dans les endroits 
déterminés par la topographie oii des combats étaient probables. 
C'est ainsi qu'à Dyrachium , l'espace entre les deux remparts de 
César avait 600 pas : Erat eo loco fossa pedum xv, et f>allus 
contra hostem in altitudinetn pedum \...Abeo, intermisso spatio 
pedum ne, alter conversus in contrariam partem erat vallw... 
(De bello civ., lib. III, c. lxiii). Maintenant, ce principe de 
poliorcétique étant reconnu , ne paratt-il pas de toute évidence 
que César n'avait rien à ajouter à son chapitre lxxiv pour être 
compris des poliorcètes romains? Ceux-ci, en effet, n'avaient 
qu'à augmenter de 600 pas le rayon du rempart de la contre- 
vallation, dont le développement était de 44,000 pas, pour avoir 
aussitôt le rayon du rempart de la circonvallation et i)ar consé- 
quent son développement ; môme opération pour les autres tra- 
vaux dirigés contre l'ennemi du dehors. 

5* OBJECTION. Forme type des camps romains, -— J'ai dit que 
les camps romains d'Alesia étaient rectangulaires. On me fait 
remarquer que l'on ne voit de camps romains rectangulaires 



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— 90 - 

que dans les ouvrages de castraméiation (Polybe, Hygin, Végèce, 
Jules ]*AfricaiD). li faut reconnaître qua c'est déjà quelque chose. 
Je pense aussi que dans la pratique on se pliait au terrain; je Tai 
dit quelque part et j*ai même ajouté, ayant de bonnes raisons 
pour cela, que César donnait une légère ondulation aux faces de 
ses camps pour favoriser le placement des tours qui flanquaieul 
lo rempart. Toutefois, je crois qu'on doit affirmer que la forme 
type, carrée et non ronde, était conservée la plus régulière 
possible dans Tintérêt de Tordre et de la bonne défense. Mais 
quand on dit pratiquement forme carrée ou rectangulaire, il faut 
entendre une figure de quatre côtés, plus ou moins égaux ou 
jnégaux, parallèles ou non parallèles, car il ne s'agit point ici 
d'exactitude géométrique, tous les terrains ne la permettant pas. 
Que si l'on no trouve point, comme on l'assure, un seul camp 
romain temporaire à forme rectangulaire, il faut l'attribuer à ce 
qu'on n'a pas su les chercher. Cependant, nous avons examiné 
et mesuré le camp mis à jour, par les soins de l'Empereur, à 
Mauchamp sur l'Aisne, et celui adossé aux travaux de siège à 
Gergovie ; ils étaient tous les deux temporaires et sont de forme 
carrée. Mais qu'on lise attentivement le chapitre xui du li\Te I 
de la Guerre civile, et le chapitre xxviii de la Guerre alexan- 
drine, on y verra que le camp temporaire des six légions de 
César, en face d'Afranius, était carré; que celui du roi Ptolémée, 
qui campait comme les Romains, l'était aussi. 

En castramétation, la figure rectangulaire est la plus favorable 
pour la défensive et pour contenir lo plus grand nombre d'hommes 
dans le plus petit espace possible. Un camp ou une redoute de 
forme ronde, est un mauvais ouvrage. Il est invraisemblable que 
César ait adopté , pour ses camps et pour ses redoutes autour 
d'Alesia, la forme la plus défavorable. Qu'on y prenne garde: 
amoindrir la nature, la solidité, la force, la grandeur des retran- 
chements faits par César h Alesia, c'est amoindrir le courage de 
ceux contre lesquels ils furent dressés, et lo mérite de Vercingé- 
torix qui les attaqua si souvent sans succès. Ils étaient combinés 
non-seulement relativement à la nature et à la configuration du 



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— 94 — 

femdn, mais encore au caractère et à la valeur des troupes 
gauloises et du chef qui les commandait. Contre de bonnes 
troupes, ayant à leur tête un bon général, aucun moyen n*était à 
négliger dans Tart de la défensive; contre de mauvais soldats et 
on chef inhabile, tous les retranchements étaient bons. Or, cette 
même infanterie arverne et ce même général, bloqués à Alesia, 
avaient vaincu César à Gergovie. Et si Ton juge de la nature des 
retranchements par cette considération que César était numéri- 
queaient plus faible, et que les Gaulois étaient fort entreprenants, 
on peut conclure que les camps, les redoutes, les fossés et les 
remparts du général romain étaient irréprochables au point de 
vue de Tart de la castra métation et de la poliorcétique. 

A propos de Tart militaire chez les anciens, un de mes hono* 
râbles contradicteurs me demande pourquoi je préfère Alaise du 
Doubs à Alise-Sainte-Reine, au point de vue purement militaire. 
Cette préférence repose sur plusieurs bonnes raisons dont voici 
les principales : 

4^ Parce que Vercingétorix eût été, suivant Napoléon I^**, 
inexcusable d'avoir entassé , avec ses ateliers, sel magasins, ses 
entrepôts, son armée de 80,000 hommes et toute une population 
indigène sur le Mont-Auxois, que 20,000 hommes pouvaient 
défendre; inexcusable d'être resté renfermé dans ce pays de 
plaines, accessible de toutes parts, oU les sorties étaient faciles 
sur tout le pourtour, et oU le faible et petit oppidum avait besoin 
de Tappui d*une armée extérieure pour ne pas être enlevé do 
vive force, après quelques jours de siège seulement ; 

^ Parce que César, faisant le blocus d*Alise, dont le circuit 
a moins de 4,X)00 pas, n'aurait pas pris 44,000 pas pour plus 
petite circonférence de ses travaux concentriques, et qu*il aurait 
privé d*eau les défenseurs du Mont-Auxois . selon son habitude 
(De bel. gai., 1. VIII, c. xl ; De bel, civ., 1. III, c. xux et lxxxviii) ; 

3® Parce que remplacement d'Alaise du Doubs, qui n'offre 
pas les invraisemblances d'Alise, se concilie avec le plan de 
Vercingétorix et avec sa conduite antérieure dans la campagne 
de Gergovie, 



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— 92 — 

Alesia doit remplir un double but; être une barrière et un 
champ do bataille choisi à Tavance : \^ une barrière qui ferme 
le bassin de la Saône, grande voie de communication, la seule 
libre maintenant entre la province romaine et les Trévires , les 
Rèmes, les Lingons, seuls peuples restés amis de César; 2^ un 
champ de bataille qui, en cas de revers subi par la cavalerie, 
seule arme destinée à combattre en rase campagne, selon les 
projets de Yercingétorix (lib. VII, c. lxiv), puisse à la fois 
cx)uvrir Tinfanterie gauloise et empêcher la retraite do César vers 
la province romaine envahie par le frère d*£porédorix , en 
menaçant ses derrières, en permettant aux Gaulois de passer 
contre lui de la défensive à roffeosive, grâce aux moyens de 
secours et aux ressources que renfermera Voppidum. L*armée 
romaine, en un mot, doit ne pouvoir plus faire un pas vers la 
province et Vienne, notamment, oh sont ses dépôts (1. VII, c. ix), 
avant que cette barrière ne soit conquise; elle doit forcément s'y 
arrêter et en faire le siège. Donc Alosia doit être un oppidum 
celtique de la plus haute importance, pouvant contenir toute une 
population, dos troupeaux, des magasins, des ateliers et une 
armée de 80,000 hommes, libre dans ses mouvements sur ce 
terrain choisi pour la défensive; et, comme tous les oppidum 
défendus par les Gaulois contre les troupes de César fDe bello 
galL, 1. II, c. XXIX ; lib. VIÏ, c xv, et 1. VIII, c. xl), Alesia doit 
n*ofrrir qu'un front pour les attaques, des escarpements, ravins 
ou cours d'eau protégeant les autres parties et rendant leur accès 
impossible. Voilà l'idée tactique qu'on se fait d'Alesia par la 
lecture approfondie du texte. 

Alaise, avec ses 16 kilomètres ou 41,000 pas de pourtour, sa 
position géographique et sa topographie spéciale, répond soûle 
à cette idée. Le front unique des attaques est du côté de la plaine 
du Taudeur qui a 4 kilomètres ou 3,000 pas de long; tle tous les 
autres côtés, des collines entourent l'oppidum, laissant entre 
elles et lui une large crevasse (mediocri inlerjecto spatio) aux 
parois également inclinées et d'égale hauteur (pari alliUuiinis 
fastigio), fastigio ayant toujours dans César le sens de pente, 



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— 93 — 
inclinaison, talus, toit (De hello gall., lib. II, c. viii; lib VHI, 
c. xiv; De bello civ., lib. I, c. xlv; lib. II, c. xi) (*). Là, la 
position de Vercingélorix est vraiment formidable : son front 
occupe une ligne de bataille d*une Houe d'étendue, sur le Mouniot 
et les MoQtfordes; ses deux flancs et ses derrières sont couverts 
par la crevasse du Lison et du Fourré ; des réserves et quelques 
détachements gardent toutes les avenues en arrière de cet im- 
mense champ de bataille, pour lequel 80,000 hommes ne sont 
pas de trop. 



P) La phrase du chapitre lxix : Eeliqnis ex omnibu$ partibus colle* , me- 

dtorri interjecto tpalio, pari allHudinis fastigio, oppidum cingebani , qui 

joœ un rôle priocipal daus la topographie d'Aleaia et suffit à elle seule 
pour trancher la question entre Alise et Alaise, a'a jamais été traduite. 

Les oppidum étaient d'autant plus forts qu'ils étaient entourés de plus 
d'obâtacles naturels. De ces obstacles, les ravins ou les vallées étroites 
étaient les plus communs. Le second membre de la phrase citée indique 
précisément ce genre d'obstacle , c'est-à-dire un médiocre espace existant 
entre Voppidum et les collines de ceinture ; et le troisième membre complète 
Je second, en caractérisant le médiocre intervalle. Cela résulte des consi- 
dérations suivantes : 

AUiiudo, appliquée à un intervalle quelconque entre collines, tel que 
luisseau, ravin, vallée, à un fossé ou à un trou , veut dire profondeur ; 
d'autre part, fastigitim signifie faîtage : c'est la pièce de bois qui forme le 
haut d'une charpente; c'est le toit, la couverture d'une maison; c*e*t la 
partie d'une colline où aboutissent deux surface! inclinées l'une vers l'autre; 
et \h, la colline est dite fostigatus {De bell. galL, lib. Il, c. viii). 

Le mot fastigium, dont le «ens propre veut 
dire inclinaison en forme de toU, s'applique aussi 
bien à une éminence qu'à une cavité. 

Pour le premier cas, la phrase : celerilerque in 
SHmmam plauitiem jugi pertenil , qnœ decitvi 
fa>iigio duobtis ab lateribus mnniebatur {De bello 
gall,, lib. VIII, c. xiv) donne la coupe A (pla- 
teau), 6, bf (côtés ayant chacun le caractère du 
rierliri fastigio). Les chapitres x et xi du liv. II 
des Giterres civiles : Has inter se capreolis molli 

fasiigio conjungunl lia fasligalo alque ordi- 

naUm sfriic/o... Quidqmd inridtl, fastigio musculi 
elabitur, fournissent le croquis M {musculus), c, 
tf, e {fastigium). 

Pour le second cas, les trous de loup du cha- 
pitre Lxxni, liv. VII, Guerre des Gaules : scrobes 
trium in altiludinem pedum fodiebanlur. paula- 
iim anguslirre ad infimum fastigio, donnent la 
coupe A (scrubs), b, e, c', b* {fastigium paulaiim 




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— 94 — 
VerciDgétorix espérait que César Taltaquerait daos des coodi- 
lioDS topographiques mauvaises pour lui, comme il fil à Gergorie; 
mais le général romain, instruit par sa dernière défaite, déjoua 
l'habileté stratégique du général gaulois en entreprenant de le 
combattre, non en bataille rangée, mais par la famine. Retour- 
nant contre son adversaire les avantages topographiques du ter- 
rain, il occupa toutes les positions du pourtour et le renferma 
dans une ligne continue dont les parties fortes furent précisément 
celles couvertes par les obstacles naturels, crevasse du Lison et 
du Fourré, qui gardaient si bien les flancs et les derrières de 
l'armée gauloise en bataille. Yercingétorix, pour s'opposer à 
l'investissement, ne pouvait, en effet, franchir ces précipices et 
les laisser derrière lui, car battu, attaqué vivement, il se serait 
exposé à un désastre. Les sorties n'étant praticables que du côté 
de la plaine mamelonnée du Taudeur, les rôles étaient subitement 



angusUor ad infimum, c'est-è-dire fattage iDtérieur allant en se rétrécissaDt 
depuis le haut b, fr' jusqu'au plus bas r, c*). Le fossa fastigata des Romains» 
ainsi nommé, dit Hyginus (ch. xlix), parce que les parois, inclinées à partir 
du niveau du sol, se réunissent en arrivant au fond, donne le croquis A 
(fossa), b, e, 6^ (fastigium). 

Ainsi, dans le premier cas, fastigium indique la forme d'un toit ordinaire, 
parce qu'il est question d'une éminence, et, dans le second cas, la forme 
d'un toit reuTersé, parce qu'il s'agit d'une caTÏlé. 

Or, le pari oKKtidiiiij fasligio du mediocri interjecto spailo de la phrase 
dont nous nous occupons, entre dans le second cas. Il faut donc traduire 
littéralement ainsi : De tous les autres côtés, des collines entouraient l'oppi- 
dum, un médiocre espace étant interposé, le faîtage de la profondeur étant 
égal: en d'autres termes : les deux pentes de ce médiocre espace étant, à partir 
du niveau du sol, également inclinées Vune vers Vautre, jusqu*à leur réunion 
au plus bas de la profondeur. 

Voilà le frai caractère topographique et militaire du circuit d'Alesia. 
Ce n'est pas même une médiocre vallée, c'est un ravin, une crevasse ayant 
le caractère d'une large fossa fastigata, au milieu et au fond de laquelle est 
le thalweg d'un ruisseau : cujus collis radiées duo duabus ex partibus flumina 
subluebant (c. lxix). A Alise-Sainte-Reine, rien, absolument rien de sem- 
blable ; à Alaise du Doubs, au contraire, identité parfaite. Nouvelle preuve 
de ce que nous avons dit cent fois, que pour bien interpréter César, no- 
tamment dans les descriptions topographiques, il faut aller au fond des 
* mots. Il n'est pas jusqu'à la description du fumeux pont sur le Rhin (1. IV, 
ch. XVII) qui ne soit restée pratiquement obscure, à cause de l'expression 
relative aux deux pilota : sed prona ac fastigata, toujours mal rendue par 
les interprètes de César. 



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~ 95 — 
diangés» ainsi que les avantages du terrain : aux Gaulois Toffen- 
sire et aux Romaios la défensive maintenant. Partout, excepté 
vers la plaine, Yercingélorix était gêné, et, même de ce côté, se 
trouvant exposé à la vue libre dans un rayon de 600 à 700 met., 
il était forcé de découvrir toutes ses dispositions d*attaque. Au 
contraire , la direction des opérations était d^autant plus facile 
pour César, que la topographie d'Alaise indiquait la plaine seule- 
ment comme point probable sur lequel les assiégés pouvaient 
s'avancer. Ainsi, il suffisait aux Romains de fortifier plus solide- 
ment et d*observer surtout ce côté de la plaine de I kilomètres, 
sur lequel les Gaulois devaient se porter toujours facilement, 
et de faire surveiller les autres côtés moins abordables. Ne dirait- 
on pas un résumé du siège d* Alesia ? 

Telles sont les raisons militaires pour lesquelles je préfère 
Alaise à Alise : dans la première, je sens poindre la réhabilitation 
de Yercingétorix comme grand capitaine, et dans la seconde, je 
vois se perpétuer sa réputation d*inhabileté. C*est ainsi qu'un 
jour je montrerai , à l'aide des vrais emplacements et des prin- 
cipes servant de base à l'art de la guerre, qu'un jugement faux 
autant qu'injuste a été porté sur le héros gaulois à l'occasion du 
siège d'Avaricum, et au sujet des suites de sa victoire de Ger- 
govie et du blocus d*Alesia. 

Un de mes camarades de Tarmée, partisan endurci d'Alise, 
mais que je ne désespère pas de voir se rallîet à Alaisej tant il 
est amoureux de la vérité et des études sérieuses, me pose une 
question du genre de la précédente. Je ne veux pas l'éluder 
davantage : 

« Je vous demanderai à vous militaire expérimenté, m'écril-il» 
si ayant à assiéger Alaise du Doubs, avant l'invention des 
armes à feu , vous n'auriez pas considéré le gigantesque ravin 
qui l'entoure de trois côtés comme une conlrevallation large- 
ment suffisante ? » 

Je réponds sans hésiter, non; je n'aurais pas considéré U 
crevasse du Lison et du Fourré comme une conlrevallation abse- 
lumenl suffisante. J'aurais fait celte contrevallatioa autour d'A- 



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— 96 — 

laise, comme la fit César, notre maître à tous, autour de Vappi- 
dum des Aduatuques qu*il investit d*une chaîne de castellum et 
d*un rempart continu, bien que ce lieu fût entouré de partout 
excepté d'un seul côté, comme Test Alaise, par des rochers et des 
précipices (De bel. galL, 1. II, c. xiix et xxx}. Voulant, coname 
César chez les Aduatuques et à Alesia, qu'aucun habitant ne 
puisse sortir d'Alaise, qu'aucun porteur d'avis ne puisse y péné- 
trer, je ferais, sur le front unique des attaques, c'est-à-dire dans 
la plaine de i kilomètres du Taudeur, une contravallation com- 
plète, plus forte là qu'ailleurs, avec fossé de 20 pieds, double 
fossé de 15 pieds, défenses accessoires et rempart, et, de tous 
les autres côtés, je me contenterais d'un simple rempart bordant, 
à 40 ou 50 mètres de distance , terrain réservé aux défenses 
accessoires, la crevasse du Lison et du Fourré, crevasse qui 
tiendrait lieu de fossé de 20 pieds et de double fossé de 45 pieds. 
J'obtiendrais ainsi : 4^ un fossé de SO pieds qui, passant au 
pied de Y oppidum du côté de la plaine et dans le lit du Lison» 
aurait 46 kilomètres ou les 41,000 pas du chapitre lxix, et 
serait la plus petite circonférence (circuitus du munitio) ou 
la base de tous les autres travaux que je tracerais à 500 ou 600 
mètres ou 400 pas en arrière ; 2® un rempart tourné contre la 
place et ayant 20,000 mètres environ, ou les 44,000 pas du 
complextÂS et du TcepiXaSuv du chapitre lxxiy. Quant à la circon- 
vallation , je m'aiderais des localités , comme pour la contre- 
vallation, et j'aurais, entre les deux remparts, notamment dans 
la plaine, un millier de mètres pour les mouvements rapides des 
troupes et pour les concentrations qui se feraient certainement 
sur ce côté des attaques problables. Au moyen de ce tracé, le 
rempart tourné contre l'ennemi du dehors passerait partout en 
des lieux favorables, c'est-à-dire qu'il ne serait dominé nulle 
part, excepté vers Doulaise et Refranche, oU la colline au nord 
d'Alaise ne pourrait être embrassée par lui et resterait consé- 
quemment en dehors des travaux de circonvallation , tracés là 
par nécessité sur la pente méridionale. 



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— 97 — 

ToDt cela montre que la topographie d'Alaise est conforme à 
la solution géométrique du problème d'Alesia. 

6* OBJECTION. Per extremos fines. — La méthode qui me fit 
chercher Alesia en Séquanie repose sur l'interprétation du mot 
fines dans les mouvements de troupes, et sur l'idée pratique très 
sinaple que dans l'étude des Commentaires de la guerre des 
Gaules, il faut toujours se mettre à la place qu'occupe César. 

€ Fines reut souvent dire frontière , mais souvent aussi il veut 
dire le territoire tout entier, et alors tout votre raisonnement, 
hase sur ce qu'il signifie seulement frontière , me paraît man- 
quer par la base. » Voilà l'objection qui m'a été faite. 

Certes, je n'ai jamais voulu prétendre que fines, dont l'accep- 
tion propre est frontière, fin, borne, limite, extrémité d'un pays, 
n'ait été employé nonobstant par César avec le sens plus étendu 
de territoire, le contenu étant pris pour le contenant. J'avais 
besoin de consacrer par des exemples incontestables recueillis 
dans le texte, que fines pouvait signifier frontière, c^ qu'on 
semblait vouloir refuser ; cela me suffisait pour que je pusse 
adopter cette acception de frontière à l'occasion des mouve- 
ments de troupes et de l'établissement des légions dans les posi- 
tions stratégiques oh figurait le mot fines. Voilà ce que j'ai fait 
en exposant la méthode invariable qui me guide dans l'étude des 
Commentaires de César. Pour prouver que cette méthode pèche 
par la base, il me semble qu'il faudrait établir que dans les cas 
spéciaux qui m'intéressent, fines ne peut signifier frontière. 

Il m'a tovgours semblé impossible que César, si précis dans sa 
concision, eût laissé ses lecteurs militaires dans le vague à l'oc- 
casion des points approximatifs de départ et d'arrivée de ses 
légions, conséquemment dans l'incertitude de la direction de 
leurs premiers mouvements, ces indications étant indispensables 
pour rintelligence des faits. Or, ces indications se trouvent dans 
le mot fines, interprété comme zone frontière la plus rapprochée, 
c'est-à-dire comme premiers confins, lorsque ce mot est employé 
seul ou exceptionnellement arec l'adjectif primi, et comme zone 
frontière la plus éloignée, ou derniers confins, quand fines est 

7 



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précédé de l'adjectif extremi. Ainsi, dans ces cas particuliers oh 
fines est considéré par rapport au sujet, l'expression fines extreini 
fait opposition à l'expression fines primi ou à fines employé seul. 
Au surplus, je ne vois pas quel sens on pourrait attribuer, en 
dehors de ce rapport, à l'expression fines extremi, les mots fines 
et extremi ne pouvant aller ensemble comme exprimant la môme 
idée. Mais voici un exemple qui , je l'espère, convaincra tout le 
monde (liv. VI, ch. x) : César a passé le Rhin; les Suèves, à 
la nouvelle de l'arrivée des Romains, avaient fait retirer leurs 
troupes jusqu'aux confins les plus éloignés de César, c'est-à-dire ' 
jusqu'à leurs derniers confins (peniius ad extremos fines sese 
récépissé). Là , la forêt Bacenis séparait les Suèves des Ché- 
rusques. Les Suèves, postés à l'extrémité de cette forêt, y atten- 
daient les Romains. 

Certes, le sens de fines et d' extremi est ici bien marqué et 
bien distinct par rapport à César. Pense-t-on que César eût dit : 
penitus ad extremos fines sese récépissé, si les Romains eussent 
abordé les Suèves du côté des Chérusques, au lieu de marcher 
contré eux en venant du Rhin, les Suèves restant toujours dans 
la même position militaire? Assurément non; il aurait supprimé 
extremos. Eh bien I voilà la nuance délicate que ma méthode 
met en lumière, en donnant à extremi sa vraie valeur relative. 
Je vois bien que cette nuance gêne beaucoup les partisans d'A- 
lise-Saibte-Reine, car alors la fameuse phrase du chapitre lxvi : 
Quum Cœsar in Sequanos per extremos Lingonum fines iter 
faceret, signifierait que César, parti de chez les Sénones, selon 
le texte, bords de la Seine, par exemple, marchait vers la 
Séquanie par les derniers confins des Lingons, confins les plus 
éloignés du point de départ de César, c'est-à-dire qu'il marchait 
vers les Séquanes par la Saône supérieure, lorsque Yercîngétorix 
vint lui barrer le passage, à 40,000 pas de son camp, et livrer 
cette bataille de cavalerie qui détermine l'emplacement d'Alesia 
en Séquanie, ce qui est conforme au dire de Plutarque, de Dion 
Cassius et de la version grecque 'des Commentaires de César. 
Hais qu'y faire? Ce qui est vrai pour V extremos fines des Suèves, 



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— 99 — 

doit être vrai pour Yextremos fines des LingODS. Cette précision 
de César dans Texpression fines, employée à Toccasion des 
mouvements de troupes, je la trouve encore dans une phrase du 
liv. VI, ch. XXXV : primos Eburonum fines adeunt, à propos 
des Sicambres venant du Rhin dans la partie du pays des Ebu- 
rons la plus rapprochée d*eux et la plus éloignée de César, qui 
se trouve en ce moment vers TEscaut à la poursuite d*Ambiorix. 
n est évident que si dans la phrase citée il avait mis le mot fines 
seul ou même fines extremos, il y aurait eu ici incertitude au 
point de vue mililaire, confusion même, car on n'aurait pas su 
par lequel côté des frontières éburonnes arrivèrent les Sicambres, 
côté de TEscaut par rapport à César, ou côlé du Rhin par rap- 
port aux Sicambres. Admirons avec quelle habileté de style 
Tauteur se tire d'embarras en ajoutant à fines le mot primos. 
Ainsi, prenant Texemple qu'on m'a opposé, allant d'Espagne en 
France, et touchant la frontière française, jo dirais : voilà les 
premiers conûns de France, et non pas Y extrême frontière de 
France, attachant le sons d'extrémité à l'autre bout de la France, 
c'est-à-dire au bout opposé à celui par lequel je pénètre : ce 
sont les frontières de Belgique ou derniers confins de France, 
par rapport à moi pénétrant par les Pyrénées. 

J'ai répondu à toutes les objections; je suis même allé au- 
devant de quelques-unes. On le voit : la question d'Alesia est 
maintenant soluble. Elle se réduit à deux parties d'un problème 
élémentaire de géométrie dont toutes les données sont connues. 

On peut poser ainsi ce problème : 

\^* partie. Décrire trois circonférences concentriques (contre- 
vallation) dont la première égale 44,000 pas (fossé perdu creusé 
dans le circuit de Y oppidum), la seconde 44,000 pas (rempart 
de la contrevallation), et dont la troisièitae (double fossé de 
45 pieds) a un rayon qui est égal à celui de la première, plus 
400 pas, ou à celui de la seconde, moins la bonne portée des 
traits du rempart. 

Ouvrez un compas, et vous trouverez que la bonne portée des 
traits de rempart était de 77 pas romains, c'est-à-dire 4 4 3 mètres. 



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— 400 — 

S* partie. Décrivez du môme point, comme centre, trois 
autres circonférences concentriques (circonvallation) qui soient 
entre elles dans le môme rapport que les trois premières, et dont 
le rajon de la plus petite égale 4 4,000 pas, plus une distance de 
600 pas, par exemple (front de six cohortes). 



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> 










\ 

V 






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L'AUTEL CELTIOUE 

DE SAINT-MAXIMIN 



Par M. A. DELACROIX 



SéABee da !• JbIb !••&. 



Aux époques antiques oti la religion consacrait des monu- 
ments de pierre vierge, il était tout simple que dans un pays de 
calcaires durs, caverneux et accidentés comme ceux du Jura, la 
main des hommes ne tentât pas d*élever, par exemple, un 
menhir, si haut qu'il fût, près du gigantesque Toum-tâtre de 
Clcron ou du Guyon de Fretin , un dolmen à c6té de la Roche 
percée d'Avcney, de la Chèse d*Arguel, de la Sotie de Montgesoie, 
une allée couverte sur la terre classique des Baumes. Dans les 
lieux oh Ton trouvait à chaque pas des réalités grandes et magni- 
fiques, il eût été puéril de façonner de chétivès images (']. Le 
nombre des monuments celtiques entièrement dressés par l'in- 
dustrie humaine devait donc être assez restreint en Séquanie. 
On ne les y signale guère que dans ces deux cas : la pierre 
branlante et la pierre percée. Encore Tune et l'autre ne sont-elles 
remarquées parfois qu'à cause de leurs noms. Quand ceux-ci ont 
disparu, l'attention s'est détournée, captivée qu'elle était par les 
œuvres plus puissantes de la nature. L'archéologue de Séquanie 
doit donc suppléer à cotte inattention générale, et ne rien négUger 
pour recomposer chez lui la statistique difficile des monuments 
druidiques élevés de main d'homme. 



(^) Cf. A. Dblacroix, Unité religieuM» artistique, industrielle et nationale 
de toutes les Gaules: dans le Bulletin monumental de M. de Caumont, ann. 
1863. 



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— 402 — 

Nous devons à un intelligent observateur, M. Tinstituteur 
Charpy, Tindication d'un dolmen de ce genre situé sur la com- 
mune de Trepot, à un myriamètre au sud-est de Besançon. 
Comme si, sur une tradition religieuse celtique, avait dû toujours 
se superposer une tradition chrétienne, la môme localité renferme 
aussi le fameux ermitage de Saint-Maximin dont elle porte du 
reste le nom. Ce fut en vain que, dans le siècle dernier, l'autorité 
diocésaine restreignit le nombre, alors trop peu choisi, des pèle- 
rins, en supprimant la chapelle du saint, la tradition ne périt 
point; et, à Theure même oh nous écrivons ces lignes, les reliques 
du vénérable évoque descendent solennellement dans un caveau 
reconstruit, pour les recevoir, sur remplacement do Tédifice 
démoli («). 

Dès les plus anciens temps, un chemin naturel partant do 
Besançon, par VAbro, dans la direction du haut Jura, et indé- 
pendant des villages actuels, sillonnait déjà le Grand-Mont, près 
de Trepot et de Foucherans. Sur le côté sud-est dé cette colline, 
modeste par ses dimensions, mais qui appartient à une faille 
géologique importante, le chemin traversait des pelouses encom- 
brées çà et là de pierres brutes et marquées do tumulus. Il laissait 
à droite Termita^e, à gauche, sur le mamelon suivant, le dolmen. 
Le terrain porte le nom de Cnmmunatix de Saint-Maximin ; 
mais une partie est désignée en outre par le lieu dit à V Ange- 
Gardien, attendu, disait une vieille femme du pays, qu'il existait 
près du chemin une pierre brute représentant le zélé protecteur. 
On ne [mt cependant nous montrer la rustique image. C'est dans 
l'enceinte si bien nommée que le dolmen se montre, à l'extrémité 
d'un véritable champ de pierres éclatantes de blancheur, au milieu 
de la verdure des broussailles. 

Le monument n'a jamais été perdu de vue par les habitants 
de la contrée; mais il ne porte plus que le nom d'un berger^du 
village, dont il était l'abri accoutumé : 



(^) Saint Maximin, éréqtte de Besançon, protecteur de Foucherans {Dou})s), 
par M. l'abbé Sochbt, Besançoa. imp. Dodiirers, lib. Turbergue, 1865. io-12. 



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— 403 — 
Latitans vicinft, ut sœpe, sub arâ (^). 

Les deux assises de Tédifice ont été empruntées aux roches 
calcaires du voisinage. La table, s'il est permit d'appliquer ce 
mot à UD bloc brut dont toutes les inégalités sont dues à la 
nature, étale une surface de 8 à 9 mètres carrés, sur une épais- 
seur qui ne dépasse pas 4 '",4 0. Elle repose sur trois autres pierres 
non moins brutes, aux angles arrondis et polis en dessus |>ar la 
nature, comme il s'en voit communément dans le Jura, et 
posées sur leur partie "pla te. Chacun de ces pieds, en raison des 
courbures du sommet, touche et supporte la table par un point 
unique. On sent, en voyant ces larges bases, qu'il s'agit d'une 
construction faite avec des calcaires, et non avec des fragments 
de granit qui eussent fourni des piles plus sveltes. 

Entre les trois pieds existe un quatrième point d'appui sous le 
milieu de la table. Petit, oblong, il est tenu verticalement entre 
des blocs, comme serré dans un porte-crayon. On essaya de 
frapper du bout d'un bâton ce frêle soutien , qui rendit le son 
propre aux colonnes chargées d'un trop grand poids. Le hasard 
n'avait été certainement pour rien dans cette combinaison. Mais 
quelle avait pu ôtre l'intention des constructeurs? Il ne fut pas 
possible de la deviner. 

La main de l'homme se montre à l'explorateur dans toutes les 
parties du monument quant à ce qui concerne l'arrangement des 
pierres, leur édification; mais elle a respecté la structure natu-. 
relie de chacune d'elles. 

Ainsi, le dessus de la table est sillonné de profondes et larges 
rigoles allant du plus haut de la pierre vers le bord le plus bas, 
lequel regarde le nord. Le poli des courbures et leur disposition 
indiquent ce genre d'érosion par l'eau de pluie que produit le 
temps seul. La nature a été sans partage l'artiste de ces bassins 
et de ces rigoles, qui rendent le dolmen de Saint-Maximin 
remarquable sous ces rapports. 

(*) Calpumius Sicnl, Eglog. m, v. 95. 



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- Ï04 - 

Quels qu'aient été les dissentiments des archéologues sur 
Tattribution à donner aux tables de pierres brutes portées sur 
des piles, ces monuments ont conservé chez les paysans, en 
certains lieux< le nom d'autel. L*aspect de la pierre qui s'élève 
sur la pelouse de Y Ange-Gardien, inspire le sentiment d'une 
destination en rapport avec l'explication populaire. C'ost bien 
Vautel du Deutéronome, que le fer n'aura pas touché, fait de 
pierres brutes et non polies. 

Les visiteurs du monument ont été, indépendamment de 
M. Charpy et de l'auteur de cette notice,' H. Charpy fils, à qui 
nous devons le dessin ci-joint, M. Brice Michel, praticien exercé 
à juger des roches naturelles, et M. le secrétaire de la Société 
d* Emulation. 



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DOCUMENTS REUTIFS 



CONCOURS REGIONAL AGRICOLE 

DE BESANCON 

DO 8AMBDI 29 AVRIL AU DIMANCH£ 7 MAI 1865 
Mcosiiut *7 poniit 

Par M. AUGUSTE GASTAN 

Secrétaire de la GommitsioD départementale d'organiiatioa da coDCOurs. 



mémmme un ta mal I9«ft. 



I. 

Introdnction. 

Les concours régionaux d'animaux reproducteurs, 
d'instruments et produits agricoles, ont été inaugurés 
en 1850; mais leur organisation sur des bases larges et 
régulières ne date que de 1855. La ville de Besançon 
ayant été alors le siège d'un concours régional, on peut 
juger, en comparant les chiffres des envois faits en 1 855 
avec ceux des envois qui composaient notre récente 
exhibition, de l'essor qu'a pris cette institution émi- 
nemment féconde. 

En 1 855 , la région à laquelle appartenait notre con- 
cours comprenait onze départements (la Meuse, la Haute- 
Marne, la Côte-d'Or, la Moselle, la Meurthe, les Vosges, 
la Haute-Saône, le Bas-Rhin, le Haut-Rhin, le Doubs, 



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Gobg 




le Jura), et nous n'en avions obtenu que 163 animaux 
de l'espèce bovine, 106 de l'espèce ovine, 20 de Tespèce 
porcine, 18 instruments d'agriculture et 91 lots de 
produits agricoles. 

En 1 865, la région s'est trouvée réduite à sept dépar- 
tements (la Moselle, la Meurthe, les Vosges, la Haute- 
Saône, le Bas-Rhin, le Haut-Rhin, le Doubs), et les 
chiffres des inscriptions ont été les suivants : 

Taureaux ... 1 64 

Vaches .... 335 

Béliers .... 76 

Lots de brebis . 27 

Verrats .... 45 

Truies .... 59 

Animaux de basse-cour 86 

de la région ... 1 76 



Animaux de l'espèce bovine 
Id. de l'espèce ovine | 
Id. de l'espèce porcine | 



Instruments d'agriculture . . ■. i , . 

° ( hors de la région. 78 

Produits agricoles 76 lots. 

En 1855, le concours n'avait duré que deux jours, et 
los écuries du dépôt d'étalons ainsi que la cour de cet 
établissement avaient suffi à son installation. 

En 1865, les opérations ont duré neuf jours, et l'ins- 
tallation s'est faite dans la promenade du grand Chamars, 
dont Timmense superficie se déroule sous les plus ma- 
gnifiques dômes de verdure qui se puissent voir. 

Les stalles des animaux de l'espèce bovine avaient 
été disposées sur trois rangs dans les belles allées qui 
s'étendent entre la poudrière et le voisinage du pom. 
Cette dernière extrémité du local était occupée par Ie$ 



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— 407 — 
volières de Tespèce galtine, les parcs des espèces ovine 
et poroine et la tente des produits agricoles. 

L«es machines et instruments d'agriculture étaient 
adossés au bassin de la gare et à peu de distance de 
celle pièce d'eau. 

L'espace intermédiaire, comprenant le jet d'eau de 
la promenade et l'exposition de la Société d'horticulture 
du Doubs, servait pendant la journée de vestibule au 
concours, et se transformait le soir en un salon de 
verdure éclairé par le gaz. On a vu jusqu'à dix mille 
personnes à la fois y venir écouter nos musiques mili- 
taires et jouir de l'aspect féerique des feux de bengale, 
des pièces d'artifice et des girandoles en verres de cou- 
leur projetant sur la feuillée leurs reflets éblouissants. 

Un café-restaurant et un café-buvette servaient des 
rafraicliissements dans cette partie de la promenade, 
tandis qu'une cuisine de paysan, étabUe près de la tente 
des produits agricoles, alimentait les campagnards qui 
donnaient leurs soins aux animaux exposés. 

L'avenue du petit Chamars était bordée de spectacles 
forains et de jeux ambulants; l'administration n'avait 
imposé aux propriétaires que l'obligation d'allumer cha- 
que soir des lanternes vénitiennes devant leurs façades. 
La presse agricole a été généralement très favorable 
au concours régional de Besançon. On en jugera par 
l'appréciation suivante que nous empruntons au Journal 
(T agriculture pratique {^) et qui émane de M. J. A. Barrai, 
l'un des maîtres dé la plus utile des sciences : 

(>) N« du 5 juillet 1865. 



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— <08 — 

« Le concours de Besançon, d'après les renseignements qni 
ont été donnés sur les cinq autres concours qui avaient lieu ea 
môme temps, a été certainement un des plus brillants de la pre- 
mière série de 1865. L'espèce bovine surtout y était représentée 
de la manière la plus remarquable. 

» Il était ouvert aux sept départements du Doubs, de la Haute- 
Saône, des Vosges, du Haut et du Bas-Rhin, de la Meurthe et de 
la Moselle. C'est une région dont la conformation laisse à désirer; 
on ne comprend pas bien comment le Jura n'en fait pas partie, 
et on trouve que les départements de la Meurthe et de la Moselle 
en sont bien loin et ne devraient pas être séparés de celui de la 
Meuse. Il en est résulté que, par exemple, sur les 151 agricul- 
teurs ayant amené les 497 têtes de l'espèce bovine exposées, la 
grande majorité appartenait au Doubs et à la Haute-Saône, qui 
comptaient : le Doubs, 78 exposants ; la Haute-Saône , 46 ; les 
autres départements avaient seulement : la Meurthe, 9; le Haut- 
Rhin et les Vosges, chacun 7; le Bas-Rhin, 4; la Moselle, 0. 
Pour les autres catégories du concours, on trouverait les mômes 
résultats, de telle sorte qu'on peut dire que le Doubs et la Haute- 
Saône formaient presque exclusivement la solennité, qui était 
plutôt un concours franc-comtois qu'un concours de la région du 
Nord -Est. Cela arrivera chaque fois que, dans l'organisation 
actuelle, le chef-lieu de la fôte sera quelque peu excentrique par 
rapport au reste de la région. 

» Après le bétail, les instruments formaient un ensemble assez 
intéressant, mais les produits laissaient énormément à désirer. 

» Somme toute, la promenade de Chamars, sur laquelle le 
concours se trouvait placé, était, grâce au beau temps, un lieu 
parfaitement choisi pour une solennité de ce genre ; le succès a 
été complet et les exemples donnés produiront certainement 
beaucoup de bien. 

> Le maréchal Forey est venu honorer les fôtes du concours 
de sa présence; il a assisté à la distribution des récompenses et 
au banquet auquel la ville avait invité les jurés et les lauréats. 

» Tout avait été bien organisé par M. Cazeaux, inspecteur 



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- 409 — 

général de ragriculture» qui sail remplir avec un tact parfait ses 
fonctions de commissaire général. Il avait été très bien secondé 
par l'administration préfectorale et par la municipalité bisontine, 
ainsi que par M. Dutertre, adjoint à l'inspection générale de 
ragriculture, et par les autres commissaires du concours : aussi 
la satisfaction a été grande, et les vaincus de la lutte ne se plai- 
gnaient môme pas, chose bien rare. » 

n. 

Elirait des procèa-Terbanx du Conseil général dn Donbs 
(session de 1864). 

Rapport de M, le Préfet. 

Le département du Doubs a été désigné pour siège» en 1865, 
d*un des douze concours agricoles régionaux ouverts chaque 
année à l'agriculture. 

Vous savez qu'indépendamment des sommes très importantes 
que le ministère de l'agriculture distribue en primes à cette 
occasion aux animaux, instruments et produits exposés par toute 
la région, il est attribué au département, siège du concours, une 
récompense spéciale, dite prime d'honneur, qui est donnée à 
l'agriculteur dont l'exploitation est la mieux dirigée et qui a 
réalisé les améliorations les plus utiles. 

Cette prime d'honneur consiste en une somme de 5,000 fr. et 
une coupe d'argent de 3,000 fr. 

Une somme de 500 fr. avec des médailles d'argent et de 
bronze, est en outre mise à la disposition du jury, pour être 
distribuée entre les divers agents de l'exploitation primée. 

Les concurrents pour la prime d'honneur ont adressé à la 
préfecture, dans le délai réglementaire et dans la forme prescrite 
par les instructions, leur demande d'admission au concours ; ils 
sont au nombre de 27. La section du jury qui devra statuer sur 
la haute récompense à laquelle ils aspirent, a visité, au mois de 
juin dernier, les exploitations de tous les concurrents. Son rap- 
port est maintenant aux mains du jury. 



«K^-ÊXA 



— ilO — 

En désignant le département du Doubs et la ville de Besançon 
comme siège de Texhibition, Son Excellence M. le Ministre de 
Tagriculture, par sa dépêche du 8 juin, demande le concours de 
la ville et du département pour les dépenses qu'exige la tenue 
de cette solennité. 

Le Conseil municipal de Besançon , répondant à cet appel , a 
voté une somme de 25,000 fr., dont la ville recouvrera une partie 
par la perception d'un droit d'entrée à l'exposition. 

J'ai pensé que vous n'hésiteriez pas à contribuer avec la ville 
à tout ce qui pourra donner de l'éclat à un concours dont notre 
département sera à môme de tirer de précieux avantages. M. Je 
Ministre m'a fait savoir qu'en pareille situation, le Conseil 
général de la Dordogne avait voté 25,000 fr., et celui de l'Eure 
30,000 fr.; je vous propose d'ouvrir un crédit de <5,000 fr., 
somme moins élevée, mais proportionnée aux ressources de 
notre budget. Cette somme serait mise à la disposition du préfet, 
et serait employée principalement à l'organisation des mesures 
qui pourraient contribuer à mieux solenniser cette fête agricole. 

Délibération du Conseil. 

M. le préfet explique au Conseil que le département du Doubs 
a été désigné pour siège, en 4865, d'un des douze concours 
agricoles régionaux ouverts chaque année à l'agriculture. En 
désignant le département du Doubs et la ville de Besançon 
comme siège de l'exhibition, Son Excellence M. le Ministre de 
l'agriculture a demandé le concours de cette ville et du dépar- 
tement du Doubs pour les dépenses qu'exige la tenue de cette 
solennité. Le Conseil municipal de Besançon a ouvert, pour cela, 
un crédit de 25,000 fr. W. le préfet propose au Conseil général 
d'ouvrir un crédit de 15,000 fr. pour le môme objet. Le Conseil 
adopte cette proposition cl décide que cette somme sera versée, 
à titre de subvention, dans la caisse du receveur municipal, et 
que la ville de Besançon restera chargée de tout ce qu'il pourra 
y avoir d'aléatoire dans cette entreprise. 

Pour donner une solennité convenable à cette fête de l'agri- 



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— m — 

culture, le Conseil invite H. le préfet à engager toutes les 
communes du département à y concourir par des subventions , 
qui seront mises à la disposition de l'autorité municipale de 
Besançon. 

IIL 

Arrêté de Son Excellence le Minlitre de l'agricnlture , 
du commerce et des travaux publics. 

Le Ministre Secrétaire d'Etat au département de l'agricullure, 
du commerce et des travaux publics, 

Vu les arrêtés qui ont jusqu'à ce jour réglé l'institution des 
concours régionaux agricoles, les comptes-rendus et les rapports 
dont ils ont été l'objet ; 

Considérant la nécessité de mettre les dispositions des divers 
arrêtés en harmonie avec la nature des récompenses proposées, 
le nombre des animaux, des instruments et des produits envoyés 
et l'importance croissante dos concours ; 

Vu les observations présentées par les différents jurys de ces 
exhibitions ; 

Les inspecteurs généraux de l'agriculture entendus ; 

Sur le rapport du Directeur de l'agriculture, 

Arrête : 

Art <". Le concours d'animaux reproducteurs, d'instruments 
et do produits agricoles, institué chaque année dans la région 
comprenant les départements de la Moselle, du Bas-Rhin, de la 
Meurthe, des Vosges, du Haut-Rhin, de la Haute-Saône et du 
Doubs, se tiendra, en 4865, dans la ville de Besançon. 

Art. 2. Une prime d'honneur sera décernée, lors de cette expo- 
sition, à l'agriculteur du département du Doubs dont l'exploi- 
tation, comparée aux autres domaines ruraux du département 
inscrits pour concourir par leurs propriétaires, sera la mieux 
dirigée et qui aura réalisé les améliorations les plus utiles et les 
plus propres à étro offertes comme exemples. 



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— 442 — 

Des médailles d*or et d^argent pourront être accordées aux 
coDCurrents dont les domaines auront été visités, pour des amé- 
liorations partielles déterminées et signalées par eux, telles qu*un 
drainage bien entendu, une irrigation habilement tracée, un 
heureux aménagement des bâtiments ruraux, un ingénieux arran- 
gement des fumiers de la ferme, l'amélioration et la bonne tenue 
du bétail, etc., etc. 

V DIVISION. 

pRon: B'HO]!irsnEiJift« 

Art. 3. La prime d'honneur à décerner consistera en une 

somme de 5,000 francs, 

et une coupe d'argent de la valeur de 3,500 francs. 

Art. 4. Une somme de 500' francs, 3 médailles d'argent et 
3 médailles de bronze seront mises à la disposition de la première 
section du jury, qui pourra les distribuer entre les divers agents 
de l'exploitation primée. 

!!• DIVISION. 

JjraaULUX BEPRODIJ€TEIJBS* 

Art. 5. Les prix et les médailles sont répartis de la manière 
suivante entre les diverses classes, catégories et sections d'ani- 
maux jugés dignes de les obtenir. 

l'* CLASSE. — ESPÈCE BOVINE. 
1** CalëyoHe. — maee feaiellBe pure. 



l» Section. — Animaux n^ depuis le 1« mai 1863 et avant 
le 1« mai 1864. 

4" prix. Une médaille d'or et 600' 

2* prix. Une médaille d'argent et 500 

3" prix. Une médaille do bronze et. . . . 400 

4* prix. Une médaille de bronze et. . . . 300 

2" Section. -^ Animaux néa avant le 1** mai 1863. 

1«' prix. Une médaille d'or et 600' 

2« prix. Une médaille d'argent et 500 



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— 113 — 

3* prix. Une médaille de bronze et 400' 

4^ prix. Une médaille de bronze et 300 

fBMBLLU. 

1^ Section. — Génisses nées depuis le l*' mai }86d et avant 
le 1" mai 1864, n'ayant pas encore fait veau. 

1" prix. Une médaille d'or et 300' 

9^ prix. Une médaille d'argent et 250 

3« prix. Une médaille de bronze et. . . . 200 

4* pnx. Une médaille de bronze et 100 

2« Section. -- Génisses nées depuis le l** mai 1862 et avant 
le l"* mai 1863, pleines ou à lait. 

1*' prix. Une médaille d'or et 400' 

2* prix. Une médaille d'argent et 300 

3* prix. Une médaille de bronze et. . . . 200 

4" prix. Une médaille de bronze et 100 

3* Section. — Vaches nées avant le l*' mai 1863, pleines ou à lait. 

1" prix. Une médaille d'or et 400' 

2« prix Une médaille d'argent et 300 

3« prix. Une médaille de bronze et 200 

4* prix. Une médaille de bronza et 1 00 

2« Catégorie, -* mace« ffranç at^etf dlveraetf pare« 

autres que la race fémeline, 

1'* DIVISION. 

«SA]fBB0 SACM. 
■ALIS, 

l*^" Section. — ÀnimauT nés depuis le 1** mai 1863 et avant 
le 1*' mai 1864. 

T' prix. Une pédaille d'or et 500' 

2« prix. Une médaille d'argent et 400 

2* Section. — Animaux nés avant le 1** mai 1863. 

1 •' prix. Une médaille d'or et 500' * 

2« pnx. Une médaille d'argent et 400 

8 




— 114 — 



fBMIiXU. 



1** Section. — Génisses nées depuis le 1** mai 1863 et afont 
le 1*' mai 1864, n'ayant pas encore fait yeau* 

4'' prix. Une médaille d'or et 200' 

2* prix. Une médaille d'argent et 100 

3' Section. -- Génisses nées depuis le I** mai 1863 et avant 
le 1*' mai 1863, pleines ou à lait. 

1 ' prix. Une médaille d'or et 300' 

2* prix. Une médaille d'argent et 200 

3' Section. — Vaches nées arant le 1*' mai 1863, pleines ou à lait. 

1" prix. Une médaille d'or et 300' 

2« prix. Une médaille d'argent et 200 

3* prix. Une médaille de bronze et 100 

2« DIVISION. 



1'* Section. — Animaux nés depuis le l*' mai 1863 et avant 
le 1*' mai 1864. 

1 " prix. Une médaille d'or et 500' 

2* prix. Une médaille d'argent et 400 

3* Section. — Animaux nés avant le 1» mai 1863. 

1«^ prix. Une médaille d'or et 500' 

2* prix. Une médaille d'argent et 400 

FEMELLES. 

lr« Section. — Génisses nées depuis le l*' mai 1863 et avant 
le 1" mai 1864, n'ayant pas encore fait veau. 

1*' prix. Une médaille d or et 200' 

2* prix. Une médaille d'argent et 100 

8« SiCtion. -- Génisses nées depuis le 1*' mai 1863 et avant 
le 1*' mai 1863, pleines ou à lait. 

1" prix. Une médaille d'or et 300' 

2* prix. Une médaille d'argent et 200 



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— u& — 

3» Section. — Taches nées aranl le 1« mai 186B, pleines ou à lait. 

!•' prix. Une médaille d'or et 300' 

2« prix. Une médaille d'argent et 200 

3* prix. Une médaille de bronze et 400 

3* CaUgorie. — m«ee Dorham piire« 

{Short homed improved.) 

■ALIS. 

1" Section. — Animaux nés depuis le 1« mai 1863 et avant 
le 1*' mai 1864. 

i*' prix. Une médaille d'or et 600' 

2« prix. Une médaille d'argent et 500 

2* Section. — Animaux nés avant le 1« mai 1863. 

4" prix. Une médaille d'or et 600' 

2* prix. Une médaille d'argent et 500 

fiaiLLU. 

l'» Section. — Génisses nées depuis le l*» mai 1863 et avant 
le l** mai 1864, n'ayant pas encore /ait veau. 

4" prix. Une médaille d'or et 300' 

2* prix. Une médaille d'argent et 200 

2* Section. — Génisses nées depuis le l" mai 1862 et avant 
le 1" mai 1863, pleines ou à lait. 

1" prix. Une mMaille d'or et 400' 

2* prix. Une médaille d'argent et 300 

^ Section. — Vaches nées avant le 1" mai 1862, pleines ou à lait. 

4*' prix. Une médaille d'or et 400' 

2« prix. Une médaille d'argent et 300 

3* prix. Une médaille de bronze et 200 

4* Catégorie, — maee« «alMe^ pure*. 

■ALIS. 

l"* Section. — Animaux nés depuis le l*' mai 1863 et avant 
le !•' mai 1864. 

4" prix. Une médaille d'or et 600' 

2" prix. Une médaille d'argent et 400 




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— 116 — 
3* prix. Udo médaille de bronze et ... . 300' 
4* prix. Une médaille de bronze et. . . . 300 

3* Section. — Inimanx nés avant le l«r mai 1863. 

1" prix. Une médaille d'or et 500' 

2* prix. Une médaille d'argent et 400 

3* prix. Une médaille de bronze et . . . 300 

flHILLBS. 

1^ Section — Génisses nées depuis le l«r mai 1863 et avant 
le 1"' mai 1864, n'ayant pas encore fait veau. 

i " prix. Une médaille d'or et 300' 

2* prix. Une médaille d'argent et 200 

2* Section. — Génisses nées depuis le 1** mai 1862 et avant 
le 1** mai 1863, pleines ou à lait. 

1" prix. Une médaille d'or et 400' 

2* prix. Une médaille d'argent et 300 

3* Section. — Vaches nées avant le !•* mai 1862, pleines on à lait. 

i " prix. Une médaille d'or et 400' 

2» prix. Une médaille d'argent «t 300 

3** prix. Une médaille de bronze et 200 

4* prix. Une médaille de bronze et 100 

5* Catégorie, -^ maees éiraasères pores 
autres que les races Durham et suisses. 

UkLSS, 

!*• Section. — Animaux nés depuis le !•' mai 1863 et avant 
le l*' mai 1864. 

1«^ prix. Une médaille d'or et 500' 

2** prix. Une médaille d'argent et 400 

2* Section. — Animaux nés avant le 1" mai 1863. 

1 '' prix. Une médaille d'or et 500' 

2* prix. Une médaille d'argent et 400 

3^ prix. Une médaille de bronze et 300 



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— m — 

PEHKLLKA. 

!»• Section. — 6ënis5ies nées depuis le !•«• mai 1863 et arant 
le 1*"; mai 1864, n'ayant pas encore fait veau. 

4" prix. Une médaille d'or el 300' 

?• prix. Une médaille d'argent et 200 

2* Section. — Génisses nées depuis le !•' mai 1862 et avant 
le !«' mai 1863. pleines ou à lait. 

^" prix. Une médaille d'or el 400' 

2* prix. Une médaille d'argent et 300 

a» Section. — Vaches nées avant le 1«' mai 1862. pleines ou à lait. 

h" prix. Une médaille d'or el 400' 

2* prix. Une médaille d'argent et 300 

3^ prix. Une médaille de bronze et 200 

6* Calégorii. — Crolsemeate Dorhani. 

MALES. 

l'« Section. — Animaux nés depuis le 1** mfti 1863 et avant 
le 1'' mai 1864. 

\" prix. Une médaille d'or et 400' 

2* prix. Une médaille d'argent et 300 

2* Section. — Animaux nés avant le 1*' mai 1863. 

^•••' prix. Une médaille d'or et 400' 

2" prix. Une médaille d'argent et 300 

PBHBIXB8. 

l^ Section. — Génisses nées depuis le 1** mai 1863 et avant 
le 1^ mai 1864. n'ayart pas encore fait veau. 

<*' prix. Une médaille d'or et 300' 

2' prix. Une médaille d'argent et 200 

2 Section. — Génisses nées depuis le l«r mai 1862 et avant 
le l«r mai 1863, pleines ou à lait. 

r*" prix. Une médaille d'or et 400' 

2* prix. Une médaille d'argent et 300 

3* Section. — Vaches nées avant le l*** mai 1862, pleines ou h lait. 

4*' prix. Une médaille d'or et 400' 

2* prix. Une njédaille d'argent el . . . . . 8Q0 



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— <I8 — 



T CÊU§9rie. — r 
amtreê que ceux dela€* catégorie. 



iM Section. — Aaiinaox oét depuis le 1* nui 1853 et aTast 
le 1« mai 1864. 

4»' prii. Uoe médaille d'or et 300^ 

2* prix. Uoe médaille d'argeot et 200 

9' SertIoD. — ADimauT Dét avant le 1** mai 1863. 

<«' prix. Une médaille d'or et 300' 

2* prix. Une médaille d'argent et 200 

miixit. 

l** Seetlon. — Géniiees nées depuis le l*' mai 1863 et avant 

le 1" mai 1864, n'ayant pas encore fait veau. 

I*' prix. Une médaille d'or et 200' 

2* prix. Une médaille d'argent et 400 

2« Section. — Génisses nées depuis le l"' mai 1862 et avant 
le l*' mai 1863, pleines ou à lait. 

<** prix. Une médaille d'or et 300' 

2« prix. Une médaille d'argent et . ... 200 

3* Section. — Vaches nées avant le 1** mai 1862, pleines ou k lait. 

4" prix. Une médaille d'or et 300' 

2* prix. Une médaille d'argent et 200 

II* CLASSE. — ESPÈCE OVINE. 

(Les animaux exposés devront être nés avant le l«r mai 1864.) 

l'* Caiigorle. — maeea nértBM et ■aélla-niérlBos. 

■ALfS. 

4*^ prix. Une médaille d'or et 300' 

2* prix. Une médaille d'argent et 250 

3* prix. Une m<^daille de bronze et 200 

4« prix. Une médaille de bronze et 450 

5* prix. Une médaille de bronze et ... . 100 



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— n9 — 







(Lots de 5 brebis.) 




1» 


' prix 


Uno médaille d*or et 


. 300^ 


2- 


prix. 


Une médaille d*argent et 


. 250 


3» 


prix. 


Une médaille de bronze et. . . 


. 200 


4« 


prix. 


Une médaille de bronze et . . . 


. 150 


5- 


prix. 


Une médaille de bronze et. . . 


. 400 



3« Catégorie, — Sace« pure« Il lalae loasue. 

{Dishley, Wurtemhergeoises, etc) 

■ALU. 

!•' prix. Une médaille d'or et 300' 

2* prix. Une médaille d'argent et 200 

P» ELLES. 

(Lots de 5 brebis.) 

<•' prix. Une médaille d'or et 300' 

2® prix. Une médaille d'argent et . . . . 200 

3* Catégorie, -* Saees pure» Il laine charte. 

■ALBS. 

I»' prix. Une médaille d'or et 300' 

2* prix. Une médaille d'argent et 250 

3* prix. Uno médaille de bronze et. . . . 200 

4* prix. Une médaille de bronze et 400 

flHELLBS. 

(Lots de 5 brebis.) 

4" prix. Une médaille d'or et 300' 

2* prix. Une médaille d'argent et 250 

3« prix. Une médaille de bronze et 200 

4' prix. Une médaille de bronze et 400 

4* Catégorie, — Croisements divers. 

MALES. 

4*' prix. Une médaille d'or et 300' 

2» prix. Une médaille d'argent et 250 

3* prix. Une médaille de bronze et 200 



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— 120 — 
miLtu. 

(Lots de 5 brebis.) 

!•' prix. Une médaille d'or et 300' 

2« prix. Une médaille d'argent et 250 

3* prix. Une médaille de bronze et ... . 200 
4* prix. Une médaille de bronze et ... . 100 

111* CLASSE. — ESPÈCE PORCINE. 

(Las animaux exposés devront être nés avant le 1" décembre 1864.) 

l^ Catégorie. — Races ladlgèBes 

pures ou croisées entre elles, 

HiLFS. 

^•' prix. Une médaille d'or et 250' 

2* prix. Une médaille d'argent et 200 

3* prix. Une médaille de bronze et ... . 450 

4" prix. Une médaille de bronze et ... . 400 

FEUILLES PLEINES 00 tUlTEES* 

4" prix. Une médaille d'or et 200' 

2* prix. Une médaille d'argent et 450 

3* prix. Une médaille de bronze et 425 

4* prix. Une médaille de bronze et. .-. . 400 

2* Catégorie. — Saee« élrangèretf 

pures ou croisées entre elles. 



4*' prix. 
2» prix. 


Une médaille d'or et 


250' 


Une médaille d'argent et 


. 200 


3» prix. 


Une médaille de bronze et. . . 


. 450 


4* prix. 


Une médaille de bronze et. . . 


. 400 


5* prix. 


Une médaille de bronze et. . . 

FEMBLLES PLEiREi OU 8UITÊB8. 


80 


4 •'prix. 


Une médaille d'or et 


. 200' 


2' prix. 


Une médaille d'argent et . . . 


. 450 


3' prix. 


Une médaille de bronze et . . . 


. 400 



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- m - 

4* prix. Une médaille de bronze et. . . . 80' 
5* prix. Une médaille de bronze et. . . . 70 

3* Catégorie, — Cr^l^enente dlvera 

entre races étrangères et races françaises. 

■ALIS. 

!•' prix. Une médaille d'or et <50' 

2* prix. Une médaille d*argent et 100 

PUIILLIS PLIIXM OU SUITÎU. 

\*' prix. Une médaille d*or et 150' 

2« prix. Une médaille d'argent et 100 

3* prix. Une médaille de bronze et 80 

IV CLASSE. ~ ANIMAUX DE BASSE-COUR. 

Une somme do 400 francs, 3 médailles d'argent et 10 médailles 
de bronze sont mises à la disposition de la deuxième sous-section 
de la deuxième section du jury, pour être distribuées en prix aux 
meilleurs lots de volailles et autres animaux de basse-cour. 

Chacun des lots de coqs et poules comprendra au moins un 
mâle et deux femelles Pour les autres espèces, les lots seront 
composés d'un môle et d'une femelle. 

Art. 6. Les animaux reproducteurs des espèces bovine, ovino 
et porcine, nés et élevés en France, sont exclusivement admis à 
concourir. Us devront appartenir à des agriculteurs de la région, 
être en leur possession et se trouver dans des étables, bergeries 
ou porcheries situées dans la môme région, au moins depuis le 
1*' février 1865. 

Art. 7. Sont exclus tous les animaux reconnus par la deuxième 
section du jury comme ayant atteint un engraissement exagéré, 
tous ceux provenant d'achats faits par des sociétés ou comices 
agricoles, conseils généraux do départements, et concédés ou 
revendus par lesdits conseils, sociétés ou comices. 

Art. 8. Un exposant ne pourra recevoir qu'un seul prix dans 
chaque section de chacune des catégories; il pourra toutefois pré- 
senter autant d'animaux qu'il voudra dans chacune des sections. 



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— 122 — 

Art. 9. Des mentions honorables, constatées par des certiQcnts 
inaprimés et signés par le commissaire général, pourront élro 
accordées lorsque plusieurs animaux appartenant au môme pro- 
priétaire et présentés, ainsi qu*il est indiqué art. 8, mériteraient 
d'être primés, ou lorsque la deuxième section du jury, après 
avoir épuisé les récompenses prévues par Tarrôté, trouvera utilo 
do signaler des reproducteurs à rallenlion des éleveurs. 

Art. 40. Dans le cas oU les animaux qui auront été jugés 
dignes des premiers et des seconds prix ne seront pas nés chez 
Texposant, une médaille d'or ou d'argent, suivant la nature 
des prix, sera décernée à l'éleveur chez lequel seront nés ces 
animaux. 

Pour justifier du droit à l'obtention de ces médailles, les lau- 
réats devront fournir, au commissaire général du concours, un 
certificat dont la formule leur sera délivrée au bureau de l'ex- 
position. 

Art. \ \ . Les animaux primés dans un concours régional pour- 
ront toujours concourir ultérieurement dans un concours de In 
môme nature ; mais, dans ce cas, ils ne pourront recevoir qu'jim 
prix d'un degré supérieur à celui qu'ils auront déjà obtenu dans 
la même section. 

Si, dans le nouveau concours, ils sont désignés pour le prix 
qu'ils ont reçu précédemment, ils n'auront droit qu'^u rappel do 
leur prix ,, constaté par un certificat imprimé si^né par le com- 
missaire général, et, malgré ce rappel, le prix, s'il est mérité par 
un autre concurrent, sera attribué à celui-ci. 

Pour rendre possible l'exécution do ces prescriptions, les ani- 
maux primés seront marqués. 

Art. 42. Les animaux mâles et femelles primés au concours 
régional devront être conservés par leurs propriétaires, pour la 
reproduction, au moins pendant un an; s'ils sont vendus à dos 
tiers, la clause de conservation, pendant l'année qui suivra le 
concours, devra être expressément imposée aux acheteurs. 

En cas d'inexécution de cette prescription de leur part ou do 
celle des tiers détenteurs, les propriétaires d'animaqic primés 



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— 423 — 

devront être exclus à l'avoDir des concours de TEtat, à moins 
qu*ils ne puissent prouver, par un certificat de vétérinaire, léga- 
lisé par le maire de la commune, des faits d*accidents ou de 
maladies graxes qui auront nécessité une autre destination 
donnée à Tanimal primé. 

Art. 13. Une somme de 500 francs, quatre médailles d'argent 
et six de bronze sont mises à la disposition de la deuxième section 
du jury pour être distribuées aux gens à gages qui lui seront 
signalés par les lauréats, pour les soins intelligents qu*ils auront 
donnés aux animaux primés. 

in« DIVISION. 
BIACOHIIVES ET OTSTRUlflElirTS AGRICOIiES. 

Art. 4 4. Des prix consistant en médailles d*or, d'argent et de 
bronze , seront attribués aux machines et instruments agricoles 
qui auront élé reconnus les plus utiles, d*après les essais auxquels 
devront procéder les doux premières sous-sections de la troisième 
section du jury. 

Art. 15. Les machines et instruments sont répartis on deux 
sections. La première comprendra tous ceux qui appartiennent 
è des exposants de la région, et dans la seconde viendront se 
placer et concourir entre eux les machines et instruments appar- 
tenant à des exposants étrangers à la région. 

Deux séries de prix, égales quant au nombre à la nature et à 
la valeur des récompenses, correspondront aux deux sections. 

Prix prop««éfl pour ehaenne de« deux «eetl«ii«. 

I*"* SOUS-SBCTION. — TRAVAUX D*BXTÉRIBUR. 

f l^'prix. Une médaille d'or. 

^** Charrues l 2« prix. Une médaille d'argent. 

V 3* prix. Une médaille de bronze. 

^ ^, ,1 1*' prix. Une médaille d'argent. 

2«> Charrues sous-sol. - - l ^^ . tt «j h j u 

I 2* pnx. Une médaille de bronze. 

J l»»^ prix. Une médaille d'argent. 
$• Herses | g. p^j^ ^^^ médaille de bronze. 



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— 424 — 

4» Rouleaux \ ['P""* 

I 2* prix. 

5® Scarifîcareurs et extirpa- J 4 •'prix, 

tours ( 2« prix. 

6* Semoirs ........ | ^ ^ . ' 

I 2* prix. 

7® Houes à cheval | ^. . * 

I 2* prix. 

8* Butteurs Prix unique. 

9® Machines à faucher lesf l^'prix. 

prairies naturelles ou! 2« prix. 

artificielles l 3* prix. 

Ç 4*'prix. 

40° Machines à faner . • -| 2* prix. 

( 3^ prix 

ir Râteaux à cheval . . .[ 1" ^^]^' 

\ 2* prix. 

Î1<" prix. 
2* prix. 

V 3* prix. 

13« Véhicules destinas aux( ^"P"'^* 

transports ruraux . .) ^ * 

V 3' prix. 

M^ Harnais propres aux/ ^''prix. 

usages agricoles . . . ( 2* prix. 

( '!«'' prix 

15* Pompes à purin • • • •{ o. • 

<6o Ruches [ TP^!^- 

{ 2* prix. 

1 7° Collections d*instrum"'» \ ^^ 

à main pour les travaux f o. • 

extérieurs j ^ 



Une médaille d*argcnt. 
Une médaille de bronze. 
Une médaille d'argent. 
Une médaille de bronze. 

Une médaille d*argent. 
Une médaille de bronze. 

Une médaille d'argent. 
Une médaille de bronze. 
Une médaille de bronze. 
Une médaille d*or. 
Une médaille d'argent. 
Une médaille do bronze. 
Une médaille d'or. 
Une médaille d'argent. 
Une médaille de bronze. 

Une médaille d'argent. 
Une médaille de bronze. 

Une médaille d'or. 
Une médaille d'argent. 
Une médaille de bronze. 
Une médaille d'or. 
Une médaille d'argent. 
Une médaille de bronze. 
Une médaille d'argent. 
Une médaille de bronze. 
Une médaille d'argent. 
Une médaille de bronze. 
Une médaille d'argent. 
Une médaille de bronze. 

Une médaille d'argent. 
Une médaille de bronze. 



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— 425 - 



2« SOUS-SBCTIOlf. — TRAVAUX D'iNTÉRIIUR. 



4* Malaxeurs 



2* Machines à fabriquer lesj 
tuyaux de drainage . .) 

3* Collections d'instruments ( 
pour le drainage • . . >- 

4* Manèges applicables aux^ 
divers besoins de l'agri- j 
culture \ 

5* Machines à vapeur fixes, > 
applicables à la machine I 
h battre ou à tout autre l 
usage agricole / 

6** Machines à vapeur mo- 
biles, applicables à la ma- 
chine à battre ou à tout 
autre usage agricole . . 

7** Machines à battre fixes, '^ 
rendant le grain tout net- 
toyé, propre à être con- 
duit au marché 

8® Machines à battre mo- 
biles, rendant le grain 
tout nettoyé, propre à 
être conduit au marché. 

9** Machines à battre fixes, 
rendant le grain vanné. 

40* Machines à battre mo- 
biles, rendant le grain 
vanné 



4*' prix. 
2* prix. 
4 «'prix. 
2* prix. 
3* prix. 
4" prix. 
2* prix. 
\^^ prix. 
2* prix. 
3* prix. 

4" prix. 
2« prix. 



Une médaille 
Une médaille 
Une médaille 
Une médaille 
Une médaille 
Une médaille 
Une médaille 
Une médaille 
Une médaille 
Une médaille 



d'argent, 
de bronze, 
d'or, 
d'argent, 
de bronze, 
d'argent, 
de 1)ronze. 
d'or. . 
d'argent, 
de bronze. 



Une médaille d'or. 
Une médaille d'argent. 



4*' prix. 
2* prix. 

4" prix. 
2* prix. 
3» prix. 

4" prix. 
«• prix. 
3* prix. 




Une médaille d'or. 
Une médaille d'argent. 

Une médaille d'or. 
Une médaille d*argent. 
Une médaille de bronze. 

Une médaille d'or. 
Une médaille d'argent. 
Une médaille de bronze. 

Une médaille d'or. 
Une médaille d'argent. 
Une médaille de bronze. 
Une médaille d'or. 
Une médaille d'argent. 
Une médaille de bronze. 



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— 426 — 

44® Machines à battre fixes, ^. , . ,t ,, .„ „ 

, . . / i^'pnx. Une médaille d argent, 

ne vannant m ne en- > ^ 



, , 12° prix. Une médaille de bronze. 

42^ Machines à battre mo-\ ,„ ., .tj n j» . 

. / 4" prix. Une médaille d argent, 

biles, ne vannant m J ^. ., .. .„ . . 

\ 2« prix. Une médaille de bronze. 

• ne criblant J 

( 4 ««^ prix. Une médaille d'argent. 

{ 2* 'prix. Une médaille de bronze. 

( 4*' prix. Une médaille d'argent. 

44* Cribles et trieurs. . . .) ^, it aa u a u ^^ ^ 

\ 2' prix. Une médaille de brooze. 

( t*^*^ prix. Une médaille d'argent. 
<li-Conc8sseursdegramos.[ ^, ^^.^ Une médaille de bronze. 

(4" prix. Une médaille d'argent. 

46° Coupe-racines J ^, . ^t 'j h j u 

^ (.2* prix. Une médaille de bronze. 

" ( 4'' prix. Une médaille d'argent. 

^ l 2* prix. Une médaille do bronze. 

48* Appareils à cuire les'^ .., .. ., ... ,, 

^\. . . , / 4" prix. Une médaille d argent, 

aliments destmés aux > ^. . .. .j -i, . u 

\ 2* prix. Une médaille de bronze, 
animaux. ..... .y 

.^ ^ ( 4 ''prix. Une médaille d'argent. 

49« Barattes | ^ * 



2* prix. Une médaille de bronze. 

Une médaille d'argent. 
Une médaille de bronze. 



20« Bascules pour peser les "^ . 

, i ^ { 4" prix. Une médaille d argent 

animaux et les four- ; ^ . 

\ 2* prix 

rages ' 

i 4^' prix. Une médaille d'or. 
2* prix. Une médaille d'argent. 
3* prix. Une médaille de bronze. 
22*Collectionsd'instruments'\ . . ,^ , .„ 

d'ustensiles d'intérieur T^'''' Une médaille d'argent, 
de ferme J P'*^' médaille de bronze. 

Il est mis, en outre, à la disposition des deux premières sous- 
sections de la troisième section du jury, deux médailles d'or, 
six médailles d'argent et douze médailles do bronze, pour les 
machines et instruments, à quelque section qu'ils se rattachent, 



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— 427 — 

non prévus dans le présent programme ou d'un usage local , et 
qui seront reconnus utiles à Tagriculture. 

Art. 46. Des mentions honorables, constatées par des certi- 
ficats imprimés signés par le commissaire général, peuvent élro 
accordées lorsque les deux premières sous-sections de la troisième 
section du jury, après avoir épuisé, pour les machines et instru- 
ments prévus, les récompenses indiquées dans le présent arrêté, 
trouveront nécessaire de signaler certains objets exposés à Tat- 
lontion des agriculteurs. 

Art. 47. Les prix et mentions honorables indiqués dans les 
articles 44 et 45 ne devront être décernés qu*à des objets isolég 
et dignes d'être recommandés ainsi particulièrement aux agri- 
culteurs. Toutefois, dans le cas oU un instrument hors ligne et 
d*un mérite exceptionnel paraîtrait pour la première fois au con- 
cours, les deux premières sous-sections de la troisième section 
du jury pourront le signaler au Ministre , et demander pour 
Texposant une médaille grand module. 

Art. 48. Les machines et instruments récompensés dans un 
précédent concours, soit de la région, soit d*une autre région, 
peuvent toujours se présenter de nouveau dans une exposition de 
la même nature ; mais si aucune modification notable n'y a été 
apportée, ils ne peuvent être admis à obtenir qu'un prix d'un 
degré supérieur à celui qu'ils ont déjà mérité. 

Si, dans le nouveau concours, ils sont désignés pour le prix 
qu'ils avaient précédemment reçu, ils n'ont droit qu'au rappel de 
ce prix, constaté par un certificat imprimé, signé par le commis- 
saire général. S'ils ne méritent qu'un prix d'un degré inférieur, 
ils ne peuvent pas être mentionnés. 

Malgré ce rappel, le prix, s'il est mérité par un autre concur- 
rent, sera attribué à celui-ci. 

Art. 49. Les exposants qui, sans motifs justifiés et admis par 
la section du jury, ne présenteront pas les animaux ou instru- 
ments et machines déclarés par eux et inscrits au catalogue , 
pourront être exclue du présent concours ou des concours ulté- 
rieurs, pendant un temps plus ou moins long fixé par la section. 



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— 428 — 
qui statuera sur les propositions que devra lui faire à cet égard 
lo commissaire géuéral. 

IV DIVISION. 
PRODUITS AGRICOIil» 

ET B1ATIÂBE8 UTILES A l'aGRICULTURE. 

Art. 20. Quatre médailles d'or, six d'argent et vingt-quatre 
médailles de bronze sont mises i\ la disposition de la troisiènio 
sous-section de la troisième section du jury, pour être attribuées 
aux produits agricoles et aux matières utiles à l'agriculture admis 
au concours, et dont le mérite aura été constaté. 

Les produits agricoles et les matières utiles à ragricullure 
récompensés dans un concours régional, peuvent toujours se 
présenter de nouveau dans une exposition de la même nature ; 
mais si aucune modification notable n'y a été apportée, ils ne 
peuvent être admis à recevoir qu'un prix d'un degré supérieur à 
celui déjà obtenu. 

Si, dans le nouveau concours, ils sont désignés pour le prix 
qu*ils avaient précédemment reçu , ils n'ont droit qu'au rappel 
do ce prix, constaté par un certificat imprimé, signé par le com- 
missaire général. S'ils ne méritent qu'un prix d*uQ degré infé- 
rieur, ils ne peuvent être mentionnés 

Dans l'impossibilité où se trouve le jury d'apprécier, pendant 
la durée de l'exposition, la valeur des engrais et amendements, 
ces matières ne seront pas admises au concours. 

DISPOSITIONS GÉlftRUJtS. 

Art. 21. Un jury divisé en sectious et en sons-sections sera 
nommé par le Ministre. Il a pour président d'honneur le préfet 
du dt partement dàos lequel se tient le concours. Chaque section 
et chaque sous-section statue et délibère sur les récompenses 
mises à sa disposition par arrêté. 

La première section, présidée par Tinspecteur général de 
Pagriculture, premier vice-pn^dent do jury, délibère seule et 



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— <29 — 
sonTerainement sur rattribution de la prime d'honneur. Elle est 
ciiargoe de visiter et d*étudior, avant l*époque fixée pour Tou- 
verture de Texpositioa, les exploitations concourant. 

La deuxième section , présidée par le premier vice-président 
du jury, juge 1ns animaux ; elle se divise en doux sous-sections : 
la premioro apprécie les animaux do ^esp^ce bovine, et la seconde 
ceux dos espèces ovine, porcine et les animaux de basse-cour. 

La troisième section, présidée par le deuxième vice-président 
du jury, juge les machines, les instruments et les proiluits agri- 
coles; elle se sépare on trois sous-soctions : la première statue 
sur les machines et inslriimonlsd*extrriour; la seconde, surcoût 
d^iniériour; la troisième, sur les produits agricoles et matières 
utiles à ragrirulture. 

Chaque vicc-présidont dos deuxième et troisième sections peut 
diriger, h son choix, les opérations de Tune des sous-sections. 

Art. $2. Le jury, dans ses décisions , se conformera stricte- 
ment aux règles édictées dans le présent arrêté; il no peut opérer 
de virement de prix d*uno catégorie dans une autre catégorie, ni 
d'une section dans une autre section, ni établir dos prix ex œquo. 

Les- jugements sont prononcés à la majorité des voix. En cas 
de parla,/o, la voix du président sera prépondérante. 

Aucun membre du jury, ni commissaire no pourra prendre 
part au concours en qualité d exposant. 

Art. 23. Un commissaire général, un commissaire général 
adjoint et des commissaires sont attachés à Texposition pour 
recevoir, classer et surveiller les objets exposés, veiller à la 
bonne et prompte exécution des opérations du jury. 

La police du concours appartient exclusivement au commis- 
saire général, qui statue seul on ce qui concerne Tentrée du 
public dans les différentes parties de Texposition. 

Art. 24. Les frais de conduite et de transport sont supportés 
par les exposants, d*après le tarif réduit consenti par les compa- 
gnies de chemins de for, h la condition de justifier do l'admis- 
sion au concours, en mpr/^sentant la lettre d*avis délivrée par 
le Directeur de l'agriculture. 

9 



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— <30 — 

Art. 25. Pour être admis à exposer, on doit adresser au Mi- 
nistre de l'agriculture , du commerce et des travaux publics, au 
plus tard le SO mars 4865, upe déclaratiou écrite. 

Pour les animaux , cotte déclaration contiendra le nom et la 
résidence du propriétaire (commune, canton et département); la 
catégorie et la section dans lesquelles ils doivent concourir, leur 
origine, leur race, leur âge, leur robe, la durée do possession, et 
en quel lieu ces animaux ont résidé pendant cette durée. 

Pour les instruments, elle indiquera H* le nom et la résidence 
de Texposant (commune, cantofi^ et département) ; 2® la désigna- 
tion, Tusage et le prix do vente; 3* si Fexposant a importé, 
inventé, ou seulement perfectionné, ou enGn s*ii a exécuté ou 
fait exécuter, sur des données antérieurement connues, la ma- 
chine ou l'instrument exposé; s*il y a lieu, le nom et la résidence 
de rouvrier exécutant. 

Pour les produits agricoles, la déclaration portera la nature, 
la provenance, la quantité et la valeur vénale. 

Les exposants d'animaux sont responsables do leurs déclara- 
tions; et si, par leur fait et volontairement, les animaux sont 
mal classés et reconnus tels par le jury, ils devront être mis hors 
concours. 

Art. S6. Toute déclaration qui ne sera pas parvenue au mi- 
nistère le SO mars 1865, au plus tard, et qui ne contiendra pas, 
en caractères lisibles, les renseignements indiqués ci-dessus, 
sera considérée comme nulle et non avenue. 

Art. 27. Les différentes opérations du concours de Besançon 
sont réglées ainsi qu'il suit : 

Le samedi 29 aorii. Réception des machines et instruments, 
de huit heures du matin à deux heures; classement et montage. 

Le lundi ^^' mai. Opérations des deux sous-sections du jury 
des instruments qui devront ôtre montés et prêts à fonctionner 
dès huit heures du matin. 

Le mardi 2 mai. Opérations des deux sous-sections du jury 
des instnimenti. 



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— 43« — 

Le mercredi 3 mai. Es^eis publics dos instraments» jury pré- 
sent. — Prix d'enin'e : K franc par personne. 

Réception des animaux et des produits agricoles» de huit heures 
du ofiatin k midi. 

Classomont des animaux et des produits agricoles. 

Le jeudi 4 mai. Opérations de la section du jury des animaux. 

Opérations de la sous-section des produits agricoles. 

Délibération de la section chargée de décerner la prime d'hon- 
neur. 

Exposition des instruments. — Prix d*entrée : 4 frane par 
personne. 

Le vendredi 5 mai. Exposition de tout le concours. — Prix 
d*entrée : \ franc |)ar personne. 

Le samedi 6 mai. Continuation de Texposilion de tout le con*- 
cours. — Prix dVnlrée : 50 centimes par personne. 

Les droits d'eutrée seront perçus sous la direction exclusive 
du commissaire général et au profit de la ville dans laquelle se 
tient le concours. 

Le dimanche 7 mai. Distribution solennelle de la prime d'hon- 
neur et des prix et médailles. 

Fermeture de l'exposition à cinq heures du soir. 

Art. 28. Aucun animal ni aucun objet no pourra être enlevé 
sans la permission préalable du commi.ssaire général. 

Les propriétaires d'animaux ou de machines et instruments 
primés devront les laisser, s'il y a lieu, à la disposition des com- 
missaires pendant toute la journée du lumli. 

Art. 29. Toute peri^onno qui sera convaincue d'avoir fait une 
fausse déclaration, ou qui aura volontairement détruit ou altéré, 
fait détruire ou altérer les marques indiquées en Tarticle H, sera 
exclue des concours par le jury pour un temps plus ou moins long. 

Art. 30. La coupe d'honneur et les médailles d'or seront re- 
mises aux exposants récompensés au moment môme de la pro- 
clamation do leurs noms on séance publique, à moins toutefois 
que les déclarations et renseignements fournis ne soient pas 
jugés sufUsants, auquel cas rajournemont pourra étro prononcé 



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— 438 — 

par le jury, jusqu'à production de pièces ou explications plus 
complètes. 

Les médailles d'argent et de bronze seront distribuées le 
samedi 6 mai au bureau du commissariat. 

Le montant des prix sera, sous la même restriction, payé aux 
propriétaires qui les ont obtenus ou à leur fondé de pouvoir 
régulier, le jour de la distribution des prix, de trois à six heures, 
à la préfecture. 

Aucune réclamation de médaille ne sera admise après le 
31 décembre 1865. 

Art. 31 . Aussitôt après la proclamation de la prime d'honneur 
et des prix , le procès-verbal des différentes opérations du con- 
cours sera adressé par le commissaire général au Ministre de 
l'agriculture, du commerce et des travaux publics. 

Fait à Paris, le 31 janvier 4865. 

A. BÉHIC. 

IV. 

Arrêté da Préfet du Donbs. 

Nous, Préfet du département du Doubs, commandeur de la 
Légion d'honneur, 

Vu la décision ministérielle, en date du 28 juillet 4864, qui 
désigne la ville de Besançon pour le siège du concours régional 
qui doit s'ouvrir en 4865 pour la circonscription dont le dépar- 
tement du Doubs fait partie ; 

Considérant qu'il est indispensable qu'une commission soit 
préposée à l'organisation , non-seulement du concours propre- 
ment dit, mais encore à celle d'expositions particulières et de 
fôtos publiques qui doivent avoir lieu à l'occasion de cette solen- 
nité agricole , 

ARRfiTOlfS : 

Art. 4^^ Une commission est instituée sous la présidence du 
Préfet du Doubs; elle sera composée ainsi qu'il suit : 



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— 433 — 
MM. Le Maire de Besançon (') ; 

Le Président de la Société d'agriculture (•) ; 
Le Président de la Société d'horticulture (•) ; 
Le Président de la Société des beaux-arts (*) ; 
L'Architecte du département (•) ; 
L'Architecte de la ville {•) ; 
Le Professeur d'agriculture (') ; 
Proodhoit et Gébasd, adjoints; 
Castan, archiviste de la ville. 
Art. 2. M. lo Maire de Besançon remplira les fonctions de 
nce-président de la Commission, et M. Castan celles de secré- 
taire. 

Art. 3. M. le Maire de la ville de Besançon est chargé de 
Texéculion du présent arrêté. 
Fait à Besançon, le 27 janvier 1865. 

Pastoureau. 



Première circulaire da Préfet da Donbs. 

Besançon, le 45 février 4865. 
A Messieurs les Maires du département. 
Messieurs , 
Vous savez que le département du Doubs a été désigné pour 
être, on 4865, le siège d'un des douze concours régionaux ou- 
verts chaque année à l'agriculture. 

lndr*pendammenl de sommes très importantes que le ministère 
de Tagriculture distribuera en primes, pour les animaux, instru- 

{') M. Clerc de Landresse. 

(*} M. Jotes DE Bdssibrre. 

;') H. Ch. Grknibr. 

(*) M. le baron A. de Fraguieh. 

(*) M. SAiNik^nisitT. 

(*) M. A. Delacroix. 

DM. L.JEAfiirik!«Ol% 



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— 434 — 

ments M produits divers exposés par toute la région dont Besançon 
est le centre, il est réservé au département du Doubs une prioie 
d*honneur qui sera donnée au cultivateur dont Texploitation est 
la mieux dirigée et qui a réalisé les plus utiles améliorations. 

Cette prime d*honneur consiste en une somme do 5,000 francs 
et une c^iupe d*argent do 3,000 francs. 

Une somme de 500 francs avoc des médailles d*argent a {ié en 
outre mise à la disposition du jury pour être distribuée entre les 
divers agents de Texploitalion primée. 

La tonne du concours occasionnera des dépenses d'autant plus 
importantes que Tadministnition a résolu do donner h cette so- 
lennité tout Téclat et toute la pom[>e dont Tagriculture lui paraît 
digne. 

Pour subvenir à ces dépenses. Son Excellence M. le Ministre 
de Tagriculture a demandé le concours du département et des 
communes. 

En votant une somme de 15,000 francs, le conseil général a 
fait un appel à toutes les communes, et déjà la ville de Besançon 
a ouvert à son budget un crédit de 25,000 francs. 

Je ne doute pas, Messieurs les maires, que la voix de vos 
représentants au conseil départemental ne soit entendue par 
chacun de vous, et je suis persuadé que les conseils munidpaux 
comprendront qu*il s*agit d*une fôte purement agricole, à Téclat 
de laquelle tous feront contribuer leurs communes, selon Ti tendue 
de leurs ressources. 

Je vous prie de convoquer les conseils municipaux extraordi- 
nairement et à bref délai, et de vouloir bien transmettre les déli- 
bérations à intervenir, à la préfecture pour Tarrondissement de 
Besançon, et è MM. les^ sous-préfets pour les autres arrondisse- 
ments. 

Reoevei, Messieurs, Texpression do ma considération distin- 
guée. 

L$ PrifU du Doubê, 



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— 435 — 

M. 

Danzièmo dronltiro du Préfet du Donbs. 

Besançon, le 40 mars 186& 

A Me$8i$urs Us Maires et Ileceteurs des communes 
du département. 

Messieurs» 

Dans la circulaire que j*ai eu Thonneur de tous adresser le 
45 février dernier, à Toccasion du concours régional agricole 
qui va bientôt s'ouvrir à Besançon, je vous ai fait connaître que 
le conseil général a fait un appel à toutes les communes du dé* 
partement, afin de pourvoir d'une manière convenable et digne 
aux dépenses de cette fête de Tagriculture. 

Je vous prie de nouveau d'insister auprès de vos conseils pour 
le vote d*une allocation proportionnée aux ressources disponibles 
de la commune. 

J'invite Messieurs les maires en relard è me faire parvenir, 
pour le 45 avril prochain, au plus tard, les délibérations de leurs 
conseils. 

Recevez, Messieurs, l'expression do ma considération distin* 
guée. 

Le Préfet du Doubs, 
Pastouiiâu. 

vn. 

Programme des opérations et des fêtes. 

Le vendredi 28 avril, veille de l'ouverture du concours, une 
salve d'artillerie, tirée au coucher du soleil, annoncera la solen- 
nité. U y aura ensuite retraite en musique et aux flambeaux. 



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— 436 — 

PRBHikRI JOURNÉE. — SAMEDI S9 AVRIL. 

Réception des machines et instruments, de huit heures du 
matin à deux heures. Classement et montage (au Grand-Cha- 
mars). 

Le public ne sera pas admis h ces op(^rations. 

Le soir, à partir de sept heures, le Graud-Chamars, bruluai- 
moDt ^clain^, sera livré aux promenours, moycnaant un droit 
d'eotrôf de $5 centimes; un orchestre complet y exécutera des 
morceaux d*harmonie. 

DEUXIÈME JOURFIÉE. — DIMANCHE 30 AVRIL. 

La citadelle et ses chemins de rondo seront ouverts aux visi- 
teurs, de onze heures du matin à cinq heures du soir. 

Les musées de la ville seront rendus publics pendant le mémo 
laps de temps. 

Le soir, à sept heures, illuminalionf feu d'artifice et musique 
au Grand-Chamars; prix d*eutrée : 25 centimes. 

TROISIÈME JOURNÉE. — LUNDI l^'^ MAI. 

Opérations (non publiques) des d€ux sons-sections du jury 
des instruments, gui devront être montés et prêts à fonctionner 
dis huit heures du matin (au Grand-Chamars]. 

Le soir, à sept heures, musique et promenade au Grand-Cha- 
mars; prix d^entrée : 25 centimes. 

QUATRIÈME JOURNÉE. — MARDI S MAI. 

Opérations (non publiques) des deux sous-secti&ns du jury 
des instruments (au Grand- Chamars) . 

Le soir, à sept heures, musique et promenade au Grand-Cha- 
mars; prix d'entrée : 25 centimes. 

Retraite en musique et aui flambeaux. 

CINQUIÈME JOURNÉE. — MERCREDI 3 MAI. 

Essai public des instruments, jury présent (au Polygone et à 
la Butte, derrière le dépôt d'étalons) ; prix d'entrée au Polygone : 
S5 centtines. 



^ r / ^g^oo^y^ 



— 487 — 

Réeeption dês animant et produits agricoles, de huit heures 
du malin à midi. Classement des animatuo et des produits agri- 
coles lau Grand-Chamars). 

Le public ne sera pas admis à ces deux opérations. 

Le soir, à sept heures, musique et promenade au Grand-Cha- 
mars ; prix d'entrée : 25 centimes. 

SIXIÈME JOURNÉE. — JEUDI i MAI. 

Opérati ns de la section du jury des animaux; opérations de 
la sous-section des produits agricoles; délibération de la section 
chargée de décerner la prime d^honneur (au Grand-Chamors). 

Le public ne sera pas admis à ces opérations. 

Exposition des instruments (au Grand-Chamars); prix d'en- 
trée : 50 cenlimos. 

Le soir, à sept heures, illumination, feu d* artifice et musique 
au Grand-Chamars; prix d'entrée : 25 centimes. 

SEPTIÈME JOURNÉE. — VENDREDI 5 MAI. 

Exposition de tout le con^iours (au Grand-Chamars); prix 
d'entrée : 50 centimes. 

Dans l'après-midi, la musique militaire se fera entendre sur 
lo lieu du concours. 

Le soir, à sept heures, musique et promenade au Grand-Cha- 
mars; prix d'entrée : 25 centimes. 

HUITIÈME JOURNÉE. — SAMEDI 6 MAI. 

Exposition de tout le concours (au Grand-Chamars); prix 
d'entrée : 50 centimes.^ 

Dans l'après-midi, la musique militaire se fera entendre sur 
lo lieu du concours. 

Le soir, à sept heures, illumination, feu d'artifice et musique 
au Grand-Chamars; prix d'entrée': 25 centimes. 

NEl MÊME JOURNÉE. — DIMANCOB 7 MAI. 

La solennité du jour sera annoncée par une salve d'artillerie. 
Exposition publique et gratuite de tout le concours (au 
Grand-Chamars). 



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— 438 — 

Entrée gratuite à l'exposîtioa d*horticuIture, aux musées de la 
ville et à rcxposition des Beaux-Arts. 

A une heure, le Maire de la ville, les Adjoints, le Conseil mu- 
nicipal et la Commission d*organisation du concours, escortés par 
la compagnie de sapeurs-pompiers, partiront do TUôtel de Ville 
et se rendront à la Pr^*fecture oii seront réunies les notabiliti^s 
invitées. M. le Préfet *se rendra ensuite avec le cortège au Grand- 
Chamars, pour la distribution solennelle de la prime d*bonneur, 
des prix et des récompenses. Les autorités prendront séance sur 
une riche estrade tapissée en velours rouge; des estrades latérales 
seront disposées pour les lauréats et les invités. 

A six heures et demie du soir, aura lieu dans Tintérieur de la 
Halle, splendidement éclairé et décoré pour la circonstance, un 
banquet do 500 couverts, auquel assisteront les autorités invitées 
par Tadministration municipale, les titulaires de la prime d'hon- 
neur et des médailles de spécialités, les exposants qui auront 
obtenu des médailles d*or et les souscripteurs. 

Pendant le banquet, la musique militaire exécutera des mor- 
ceaux d'harmonie, et le public sera admis à circuler dans les 
deux étages supérieurs des galeries du local. 

Dès huit heures du soir, il y aura grande illumination, feu 
d'artifice, musique et spectacles dans les deux Chamars, qui 
seront gratuitement ouverts au public. 

Les exposants, sur la présentation de leurs cartes, entreront 
librement à l'exposition des instruments et animaux, ainsi qu'aux 
soirées de Chamars. Il en sera de môme pour les délégués des 
Sociétés d'agriculture de la région, qui recevront à cet effet des 
cartes spéciales. 

Uno exposition de peinture et sculpture, organisée par la 
Société des Amis des Beaux-Ar|s, et une exposition de fleurs et 
arbustes, due aux soins de la Société d'horticulture, demeureront 
ouvertes pendant la durée du concours. 

Les souscriptions au banquet seront reçues à ^^6tel de Ville; 
leur prix est de huit francs. 




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— 439 - 

Fait et arrêté, en séance de la Commission (inorganisation du 
concours, à THôtel de Ville de Besançon, le 8 avril 4865. 

Le Maire, Vice-Président, 
Cliic di Làndibssi. 

Vu et approuvé par nous, Préfet du d(^partement du Doubs, 
président do la Commission d*organisation du concours. 
Besançon, le 9 avril 1865. 

Pastouiiàv. 



La Commission du concours régional a pris, au sujet des cartes 
d'entrée libre, les résolutions suivantes : 

Il est créé trois catégories de cartes, donnant le droit d'entrer 
gratjitement aux expositions d'animaux et d'instruments, ainsi 
qu'aux soirées de Chamars, pendant toute la durée du concours: 

Cartes blanches, réservées aux fonctionnaires et employés du 
concours ; 

Cartes bleues, destinées aux exposants, aux représentants des 
sociétés agricoles et des journaux. 

Cartes vertes, diies d'abonnement, délivrées contre le verse- 
ment d'une somme de trois francs. 

Cette dernière série sera mise en vente, au secrétariat de 
l'Hôtel do Ville, h partir du lundi 2i avril. 

Toutes ces cartes sont exclusivement personnelles et ne pour- 
ront être prêtées sous peinexie retrait. 



Des billets aller et retour, valables du jeudi i au lundi 8 mai, 
avec réduction de 30 ^/o sur les [frix du tarif général, seront 
délivrés, en destination de Belfort ou de Gray, par les gares du 
réseau des chemins de fer de l'Est, points extrêmes compris, 
situées : 

4* Sur le parcours direct de Strasbourg à Belfort, par Mul- 
house; 




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— uo — 

99 Sur le parcours direct de Melz à Cray, par Port-d* Atelier 
et Vesoul, ces deux dernières gan^s comprises; 

3* Sur le parcours direct de Langros à Gray, par Chalindrey. 

Ces billets ne permettront pas de prendre place dans les trains- 
postes et express, et il ne sera accordé de franchise que pour les 
bagages portas à la main. 

La Compagnie des chemins de fer de Paris à Lyon et à la 
Méditerranée organisera, pour le dimanche 7 mai, des trains 
supplémentaires, partant de Destinçon à onze heures du soir, 
dans les directions de Belfort, Auxonne et Lons-le-Saunier. 



Ordre dans le^ael me Maeeédereiit le« nmsl^aep mllllalrep. 

Vendredi 28 avril. Chasseurs à pied.,. Retraite aux flambeaux. 

Samedi 29 avril ... 6* Lanciers (*) Chamars, 8 h, du soir. 

Dimanche 30 avril. 6* Lanciers Chamars, 8 h. du soir. 

Lundi t«'mai 9(ï* d'Artillerie Chamars, 8 h. du soir. 

Mardi 2 mai 20' d'Artillerie Retraite aux flambeaux. 

Id Sapeursr Pompiers. Chamars, 8 h. du soir. 

Mercredi 3 mai Chasseurs à pied. , Chamars. 8 h. du soir. 

Jeudi 4 mai 20* d'Artillerie Chamars, 8 h. du soir. 

Vendredi 5 mai.... Chasseurs à pied... Chamars, 3 h. après midi. 

Id Sapeurs- Pompiers. Chamars, 8 h. du soir. 

Samedi 6 mai 20« d'Artillerie Chamars, 3 h. après midi. 

Id Chasseurs à pied... Chamars, 8 h. du soir. 

Dimanche 7 mai .. Chasseurs à pied .. Chamars, 1 h. après midi. 

Id 20^ d'Artillerie Banquet, 6 h. du soir. 

Id Sapeur it- Pompiers. Chamars, 8 h. du soir. 

'*) Le 6** régiment de lanciers ayant fait séjour h Besançon les .39 r| 
30 arril, son colonel, M. Tripard, notre roropatriute, a grarieuseraent mis 
son excellente musique k la diopositioo des organisateurs du coacoure. 



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— m — 
Vin. 

GompoBition dn Jury ai des Commissariats. 

JURY. 

M. le Préfet du département du Doubs, Président d*honneur. 

!'• Seclion, chargée de délibérer eur la prime d'honneur. 

MM. Cazeaux, inspecteur général de Tagriculture, premier vice- 

président du jury, président de la section. 
Petit (René), propriétaire agriculteur, à Vellexon (Haulo- 

Saônej, feu Petit, père, lauréat de la prime d*honneur. 
Pargon, fermier, lauréat de la prime d'honneur, à Salivai 

(Meurtbe). 
Altmayer, propriétaire agriculteur, à Saint-Avold (Moselle). 
Drouot, propriétaire agriculteur, à Laubressel (Aube). 
Ziégler, propriétaire agriculteur, à Soyers (Haute-Marne). 
De Westerweller, fermier, lauréat de la prime d'honneur, 

à Confrançon (Ain). 
Stacklor, propriétaire agriculteur, à Benfold (Bas-Rhin). 
Desvignes, propriétaire agriculteur, à la Chapolle-Guin- 

chay (Saône-et Loire). 
Chauvin, fermier, lauréat de la prime d'honneur, à la 

Chaux-Denys (Jura). 
Lequin, directeur de la ferme-école deLahayevaux, lauréat 

de la prime d'honneur (Vosges). 

2« Section, chargée d'apprécier les animaux. 

M. Cazeaux, inspecteur général de l'agriculture, premier vice- 
président du jury, président do la section. 

1" Som-section, pour juger les animaux de Veepèce bovine. 

MM. Lippmann, à Strasbourg (Bas-Rhin). 
Slœcklin, à Colmar (Haut-Rhin). 
Ziégler, maire, à Soyeis (Haute-Marne). 



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— u« — 

MM. DesTignes, maire, àlaChapelle-Guinchay (Saône-ct-Loire). 
Colin, professeur h l'école véli^rinaire d*Alfort. 
Mourol, maire, h Amalhay (Doubs). 

2* SouS'Section, pour juger les anim^iux des espèces ovine et porcine 
et de basse^our, 

MM. Dutortre, directeur do la bergerie imp<^riale du Ilaut-Tiogry, 
adjoint à Tinspoclion générale de Tagriculturo. 
Pelte, propriétaire agriculteur, h Metz (Moselle). 
Gréa, propriétaire agriculteur, à Rolalier (Jura). 
Lequin, directeur de la ferme-école de Lahayovaux (Vosges). 
Jeannenot, professeur d'agriculture, à Besançon. 

3* Section, chargée d'apprécier Us instruments 
et les produits agricoles» 
M. Jules de Bussicrre, président de la Société d^agriculture, k 
Besanyon , deuxième vice-président du jury, président de 
la section. 

l** Sous-section, pour juger les instruments d'extérieur de ferme. 
MM. Drouot, à Laubressol (Aube). 
Patry, à Cornaton (Ain). 
Petit, à Vellexon (Haute-Saône). 
Slackler, à Beufeld (Bas-Bhin). 
Barthelmé, propriétaire a;^ricultour, lauréat de la prime 

d'honneur, à Sand «Bas-Rhin). 
Cuvinot, ingénieur du service hydraulique, à Besançon. 
2^ Sous-section, pour juger les instruments d'intérieur de ferme, 
M.M. Barrai, membre de la Société impériale centrale d'agricul' 
ture de France. 
Ricot, ingénieur, à Varigney (Haute-Saône). 
Romazzotti, h Saint-Appolinaire (Haut-Rhin). 
De Westerweller, à Confrançon (Ain). 
Maire, ingénieur du canal, à Besançon. 

3* Sous-section, pour juger les produits agricoles* 
MM. le baron de Tricornot, à Coincy (Moselle). 
Hallez d*Arros, à MeU (MoseUe). 



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— 4*3 — 

MM. Willemot, conseiller à la cour impériale de Besançon, 
le comte Morand, membre du conseil gc^néral du Doubs. 
Grenier, professeur à la faculté, expert-adjoint, à Besançon. 

coaaissABiATs. 
Commissariat général. 

MM. Cazeaux, inspecteur général de l'agriculture , commissaire 
général. 
Dutertre, directeur de la bergerie impériale du HautTingry, 
adjoint à inspection générale de Tagriculture, commis- 
saire général adjoint 

Commissariat. 

MM. A. Jacquier, ancien répétiteur à Grignon, commissaire 
principal aux animaux. 

F. Marcon, ancien élève de Grignon, commissaire prin- 
cipal aux animaux. 

Grandvoinnet, professeur à Grignon, commissaire prin- 
cipal des instruments. 

Zedde, ancien élève de Grignon , commissaire principal 
des instruments. 

Lefèvre, directeur de la bergerie impériale des Chambois. 

Guimas, directeur du pénitencier d'Ostwald. 

Richard, employé au ministère de la maison de TEmpcreur. 

P. Voisin, propriétaire agriculteur, près Besançon. 

Ëdgard d*Âvout, ancien élève de la Saulsaie. 

Gautier, commissaire principal aux produits. 



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— 144 — 

IX. 

Lista des Prix. 



I'* DIVISION. 
PBI^E II'HOJVIVEIJR. 

M. Faucompré , commandant d'artillerie en retraite, au châ- 
teau de La Roche, commune de Rigney, arrondissement 
de Besançon. 

Une somme de 5,000 fr. et une Coupe d'argent de la valeur de S, 500 fr. 

Médiill es de ■p^cialllé 

décernées aux exploitations rurales concourant à la prime d*honneur. 

N. B. Ces médailles étant (Jécornéps pour dos mérites spéciaux, 
seraient h tort considi»réos comme des accessits à la prime d'hon- 
neur. Le jury a décidé, en conséquence, que les lauréats, dans 
chaque catégorie de médailles, seraient classés par ordre alpha- 
bétique. 

MÉDAILLES D*OR GRAND SODULE. 

MM. Bardoux frères, propriétaires, commune d'Orsans. — Pour 
création rapide do grandes prairies; pour drainages im- 
portants et ordre intérieur do ferme. 

Jobez, Charles, à Montorge, commune do Villers-sous- 
Chalamont. — Pour grandes améliorations foncières et 
emploi persistant d'engrais commerciaux. 

Monnot-Ârbilleur , commune de la Chevillollo. — Pour 
vastes défrichements, bonne tenue d'étable, fromagerie et 
remarquable aménagement de forêts. 

MÉDAILLES d'OR. 

MM. Cattet, à Prabey, commune de Besançon. — Pour forte 
production d'engrais et bon bétail. 



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— 445 — 

MM. Foroage, commune de Doubs. — Pour culture de plantes 
fourragères et emploi d'instruments agricoles perfec- 
tionnés. 
Vernier, Eugène, commune d'Ouvans. — Pour installation 
d'outillage perfectionné et très bons exemples de culture. 

GHÀNDES atDAILLES d'aHGBNT. 

MM. Bourdin, h la Grange-de-Pierre, commune de Pontarlîer. 

— Pour forte proportion de bélail et ordre dans Tialérieur 
de la ferme. 

Charmoille, à Vemier-Fontaine. — Pour introduction de 
prairios artificielles. 

Magnin, Donat, à la Grange-des-Pauvres, commune de 
Ponlarlier. — Pour ses défrichements laborieux et per- 
sistants. 

■ÉDAILLES D*À1GBNT. 

MM. Billerey, è la Combe-d* Anjou. — Pour mise on culture de 
friches d*un accès très difficile. 

Jeannin, Eugène, commune de Fleurey. — Pour assai- 
nissement de terrains humides. 

Legrand, à la ferme de Prévarey, commune de Saint-Juan. 

— Pour rimportance de ses défrichements et de ses mar- 
nages. 

Lorin frères et sœur, commune de Thise. — Pour le bon 
choix et le bon entretien de leur bétail. 

La commission mentioane honorablement pour les encourager dans la 
▼oie du progrès : 

MM. Jules^ Billaud, à Montboucon. 

Artevelle, à Châtillon-le-Duc. 

Bideaud frères, à la ferme de la Grange-du-Pauï, com- 
mune de Gonsans. 

Paillard, fermier de M. C. Jobez, à Montorge, commune 
de Villers-sous-Chalamont. 



40 



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— 446 — 



Ageata «e rexpl«itaU»a «• M. v«a««a*rr<. 







Temps 








Noms des agents. 


Fonctions. 


de stjrrice 




Médailles. 


PriDCS. 


M. Tardy Désiré 


régisseur 


10 ans 


1" 


d'argent 


100 fr. 


M-» Tardjr Dorothée 


ménagère 


3 ans 


2« 


d'argent 


80 


Mesëager 


comptable 


2 ans 




» 


50 


Julea Thomas dit Pudry 


l*' chartier 


7 ans 


1'* 


* de bronze 


50 


PioD Joi>eph 


chef de culture 


6 ans 


3* 


d'argent 


40 


Nicolet EUeone 


chauffeur 


5 ans 


«• 


de bronze 


30 


Preau 


porcher 


5 ans 


3- 


de bronze 


30 


Dieiig Xavier 


maître vacher 


5 ans 




> 


30 


Haas dit Blaop Blanc 


2« vacher 


4 ans 




» 


20 


Dierig Antoine 


vacher 


3 ans 




> 


15 


Tardy Alfred 


mécanicien 


5 ans 




» 


20 


Nicolet \ictor 


2« chartier 


2 ans 




» 


10 


Claudel 


distillateur 


lan 




» 


10 


fioillot père 


fromager 


6 mois 




» 


10 


Brulemann 


chevrier 


1 an 




> 


5 



500 fr. 



!!• DIVISION. 

][ Extrait de l'arrêté ■Ministériel 

du 26 janvier 4864. 

Art. 7. Sont exclus tous les animaux reconnus par la deuxième 
section du jury comme ayant atteint un engraissement exag(^ré. 

Art. 8. Un exposant ne pourra recevoir qu*un seul prix dans 
chaque section de chacune des catégories ; il pourra toutefois pré- 
senter autant d*animaux qu*il voudra dans chacune des sections. 

Art 9. Des mentions honorables, constatées par des certificats 
imprimés et signés par le commissaire général, pourront être 
accordées lorsque plusieurs animaux appartenant au môme pro- 
priétaire K présentés, ainsi qu'il est indiqué article 8, mérite- 
raient d'être primés, ou lorsque la deuxième section du jury, 
après avoir épuisé les récompenses prévues par Tarrété, trouvera 
utile de signaler des reproducteurs à l'attention des éleveurs. 



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— 447 — 

Art. 40. Dans le cas oii les animaux qui auront été jugés 
dignes des premiers et dos seconds prix ne seront pas nés chez 
Texposant, une médaille d*or ou d*argent, suivant la nature des 
prix, sera décernée à l'éleveur chez lequel seront nés ces ani- 
maux. 

Pour justifier du droit à l'obtention do ces m<^dailles, les 
lauréats devront fournir, au commissaire général du concours, 
un certificat dont la formule leur sera délivrée au bureau de 
l'exposition. 

Art. 44. Les animaux primés dans un concours régional 
pourront toujours concourir uilc'Tieurcment dans un concours 
de Id même nature; mais, dans ce cas, ils ne pourront recevoir 
qu'un prix d'un degré supérieur à celui qu'ils auront déjà obtenu 
dans la même section. 

Si, dans le nouveau concours, ils sont désignés pour le prix 
qu'ils ont reçu préccdemment, ils n'auront droit qu'au rappel 
de leur prix, constaté par un certificat imprimé, signé par le 
commissaire général, et, malgré ce rappel, le pr|x, s'il est mérité 
par un autre concurrent, sera attribué à celui-ci. 

Pour rendre possible l'exécution de ces prescriptions, les ani- 
maux primés seront marqués. 

Art. 42. Les animaux mâles et femelles primés au concours 
régional devront être conservés par leurs propriétaires, pour la 
reproduction, au moins pendant un an; s'ils sont vendus à des 
tiers, la clause de conservation, pendant l'année qui suivra le 
concours, devra être expressément imposée aux acheteurs. 

En cas d'inexécution de cette prescription de leur part ou de 
celle des tiers détenteurs, les propriétaires d'animaux primés 
devront être exclus à l'avenir des concours de l'Etat, à moins 
qu'ils ne puissent prouver, par un certificat de vétérinaire, léga- 
lisé par le maire de la commune, des faits d'accidents ou de 
maladies graves qui auront nécessité une autre destination don- 
née à ranimai primé. 



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— 448 — 

Am^AmL REPRODIJCrrEIJRS [*). 

I'* CLASSE. — ESPÈCE BOVINE. 
l'* Catégorie. — Baee feMelIne. 

■ALU. 

1» Section. — Animanx tiéa depuis le !•' mai 1863 et avant 
le l*' mai 1864, 

V prix : 600 fr, — N» 20, à ». Parchemioey, à Ancbononcourt 
(Haute-Saône). 

2* prix : 500 fr. — N* 15, à M. Guéritot, à Equevilley (Haule- 
Saône). 

3* prix : 400 fr. — N' 22, à M. Mamy, à Conflans (Haute-Saône). 

4* prix : 300 fr. — N* 6, à M. Courtois (Louis), à Pusey (Haulo- 
Saône). 

Mention bonoraUe à toute la catégorie. 
Le premier prix sera rëaerré jusqu'à production de pièces eonstatant que 

le taureau n'a pas été concédé par une société d'ngriculture (art. 7). 
3* Section. — Animaux nés avant le 1** mai 1863. 

<•' prix : 600 fir. — N* 36, à M. Vernier père, à Roye (Haute- 
Saône). 

i* prix : 500 fr. — N* 37, à M. Lamboley, à Vy-lez-Lure (Haule- 
Saône). 

3* prix : 400 fr. — N*" 45, à M. Harmand, à Fontenay-le-Château 
(Vosges). 

4* prix : 300 fr. — N"" 89, à H. Vernier (Auguste), à Lure (Haute- 
Saône). 

Vu l'état d'engraissement du taureau, le 3* prix ne sera payé que dans 
six mois. 

If Section. — Génisses nées depuis le l*** mai )863 et avant 
le l**" mai 1864, n'ayant -pas encore fait veau. 

PIMILLU. 

4" prix : 300 fr. — N* 77, à M. Grappe, à Charmoîlle (Haute- 
Saône). 

(') iV. B, Les premiers prix sont accompagnés d'une médaille d'or, les 
deuxièmes prix d'une médaille d'argent, et tous les autres d'une médaille 
de bronze. 



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— U9 — 

f prix : 250 fr. — N« 64, à M. Guillegoz, directear de la ferme- 

6.co\e de Saint-Remy (Haute-Saône). 
3« prix : 200 fr. — N» 58, à M. Vernier (Auguste), précité. 
4* prix : 400 fr. — N' 79, à M. Lombardiez, à Araagney (Doubs). 
Mention honorable : — K^ 55, à M. Courtois (Etienne), à Pusey 

(Haute-Saône). 

Mention honorable : — N* 71, à M. Guillegoz, précité. 

3* Section. — Génisses nées depuis le l*' mai 1862 et avant 
le 1*' mai 1863, pleines ou à lait. 

!•' prix : 400 fr. — N* 99, à M. Falatieu, à Pont-du-Boîs (Haute- 
Saône). 

2* prix : 300 fr. — N* 100, à M. Grappe, précité. 

3* prix : 200 fr. — N<> 89, à M. le comte de Lenoncourt, à Bus- 
sières (Haute-Saône). 

4* prix : 100 fr. — N* 95, à M. Spîtzer, à Voray-sur-rOgnon 
(Haute-Saône). 
3* Section. — Vaches nées avant le l^ mai 1862, pleines ou h lait. 

l'^prix : 400 fr. — N" 113, M. Falatieu, précité. 

«• prix : 300 fr. — N« 125, M. Durand, à Arc-lez-Gray (Haute- 
Saône). 

3« prix : 200 fr. — N* 117, M. Rousiot, à Pouilley-les- Vignes 
(Doubs). 

4' prix : 100 fr. — N* 110, M. Guillegoz, précité. 

Mention honorable : — N° 107, M. le comte de Lenoncourt, 
précité. 

3« Catégorie, — Baee« rranfaloofl diverse* p«re« 

autres que la race femeline, 

1'* DIVISION. 



■ALU. 

1» Section. — Animant nés depuis le 1** mai 1863 et arant 
le 1*' mai 1864. 

I*' prii : 500 fr. — N* 160, à H. Jeandheur, à Ronchamp 
(Haute-Saône), 




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— 450 — 
S* prix : 400 fir. — NHiS, à M. Muller, à ÂDdeloans (Haut- 
Rhin). 



■ALU. 

<•' prix : 500 fr. — N<* 456, à M. Savy, à Champigneule (Meurlhe). 
«• prix : 400 fr. — N<» 451, à M. Noël, à HarsauU (Vosges). 

■ALU. 

2* Section. — Animaux nés arant le l*' mai 1863. 
4««- prix : 500 fr. — N** 463, à M Drappier, à Ormos (Meurlhe). 
2« prix : 400 fr. — N** 461, à M. Muller, précité. 



Rappel de 4«' prix : — N* 464, à M. Henry, à Amont (Haute- 
Saône). 

4" prix : 500 fr. — N* 162, à M. Vernier (Auguste), précité. 

Rappel de 2* prix : — N** 465, à* M. Houberdon, à Uzemain 
(Vosges). 

1** SiHïtIon. — Génisses nées depuis le l*' mai 1863 et arant 
le 1** mai 1^64. n'ayant pas encore fait reau. 

4«' prix : 200 fr. — N* 468, à M. Klopfenstein . à Belfort (Haut- 
Rhin). 
f prix : 400 fr. — N* 472, à M. Barthelmé fils, à Sand (Bas Rhin). 
Mention honorable : — N** 4 76, à M. George, à Mirecourt (Vosges). 

PBTITB0 BA€B0. 

4«'prix : 200 fr. — N* 475, è M. de Scitivaux de Greische, à 
Villers-lez-Nancy (Meurthe). 



«• Section. — Génisses nées depuis le 1«* mai 1862 et avant 
le 1** mai 1863. pleines ou à lait. 

4*' prix : 300 fr. — N« 192. à M Gporjje. précité. 
t' prix : 200 fr. — N*" 482, à M. Graber (Joseph), à Coatbenans 
(Baule-Saône). 



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— 451 — 



1* prix : 300 fr. — N« 189 . M»«« Pierfilte (Marie et Ursule) , à 

Hennecourt (Vosgos). 
î* prix : 200 fr. — N* 186, M. Vernier père, précité. 

8* Section. — Vaches nées a? aot le l*' mai 186), pleines on à lait. 

1*' prix : .300 fr. -^ N^ 204, à M. Graber, précité. 

Rappel de 2* prix : — N"" 209, à M. le comte de Lenoncourt, 

précité. 
«• prix : 200 fr. — N« 193, à M. Vernier (Auguste), précité. 
3* prix : 100 fr. — N<» 194, à M. Falatieu, précité. 
PBTiTBS wukcmm» 

l'' prix : 300 fr. — X« 197, à M. George, précité. 
2* prix : 200 fr. — N* 205, à M Kallerlet, à Belfort (Haut-Rhin). 
3« prix : 100 fr. — N' 202. à M»«« Pierfille, prt^citées. 
Mention honorable : — N*» 208, à M. Noël, précité. 
Mentions honorables à toute la catégorie. 

3* CMlègotie. — Raeo DarhaBi pare, 
{Short homed improved.) 

■ALU. 

l" Section. — Animaux nés depuis le l«r mai 1863 et avant 
le 1*' mai 1864. 

I*' prix : 600 fr. — N* 213, à M. André, à Pont-à-Mousson 

(Mourthe). 
r prix : 500 fr. — N« 2H, à M. George, précité. 

3* Section. — Animaux nés avant le 1*' mai 1863. 
I*' prix : 600 fr. — Nî»223, à M. de Scilivaux de Greische, précité. 
2« prix : 500 fr. — N"" 217, à M. Bresson, à Dommartin (Vosges). 
Mentions honorables à toute la catégorie. 

piaitxis. 

l'* Section. — Génisses n^es depuis le l*' mai 1863 et avant 
le 1^ mai 1864, n'nyant pas encore fait veau. 

I*' prix : 300 fr. — N« 228. d M. André, précité. 

S* frix. : 900 fr. — N*" 325, à H , de Sciti V9U^ de Greische, précité. 



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— «2 — 

3* Section. » Génisses nées depuis le 1" mai 1863 et arant 
le l^ mai 1863, pleines ou à lait. 

4*' prix : 400 fr. — N« 233, à M Pasquay, à Wasselonne (Bas- 
Rhin). 

2« prix : 300 fr. — N« 232, à M. Bresson, précité. 

3* Section. — Taches nées a?ant le 1** mai 1863, pleines ou à lait. 

1*' prix : 400 fr. — N' 235, à M. Pargon, à Salivai (Meurthe). 

Rappel de 2* prix : — N' 239, à M. Bresson, pr<^cit<^. 

2' prix : 300 fr. — N* 236, à M. de Scilivaux de Greische, précité. 

3« prix : 200 fr. — N» 237, à M. Aubert (Louis), à NeuvUle-sur- 
Moselle (Meurthe). 

4* Catégorie. — Race* avlMes pvres. 

■ALIS. 

1^ Section. — Animaux nés depuis le 1** mai 1863 et arant 
le 1** mai 1864. 

V' prix : 500 fr. — N* 243, à M. Barthelmé fils, précité. 

2« prix : 400 fr. — N« 246, à M. MuUer, précité, 

3* prix : 300 fr — N* 245, à M. Faucompré, à La Roche, com- 
mune de Rigney (Doubs). 

4* prix : 200 fr. — N"* 254, è H. Caillods, à Bussurel (Haute- 
Saône). 

9* Section. — Animaux nés arant le 1" mai 1863. 

V' prix : 500 fr. — N« 255, à M. Vernier père, précité. 
2« prix : 400 fr. — N« 258, è M. Klopfenstein, précité. 
3« prix : 300 fr. — N» 256, à M. Heymann, à Sainle-Croix-en- 
Plaine (Haut-Rhin). 



!>• SoHioa. — Génissea née« depuis le 1** mai 1863 et avant 
le 1** mai 1854. u ajant p«s encore lait rean. 

I**prix : 300 fr. — N* 266, à M. Diémer, à Strasbourg (Bas- 
Rhin). 

a* pnx : 200 fr. — N* 27«, à MM. Bardoox frères, à Orsans 
(DoubsK 

Menlioa honortUa : — N* 863, k M. Graber Josefih)» précité. 



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— 453 — 

i* Seetion. — G^nissee aées depoU le 1*' mai 1863 et ayant 
le 1** mai 1863, pleines ou à lait. 

^" prix : iOO fr. — N» 288, à M. Faucompré, précité. 

2* prix : 300 fr. — N» 290, à M. Simplot, à Besançon (Doubs). 

3* Section. — Yachee nées a?ant le 1'^ mai 1862. pleines ou à lait. 

^•' prix : 100 fr. — N» 294, à M. Faucompré, précité. 

2* prix : 300 fr. — N» 298, à M. Bresson, précité. 

3* prix : 200 fr. — N» 293, à M. le comte de Lenoncourt, précité. 

4» prix : 400 fr — N*» 292, à M. Kalterlet, précité. 

Mention honorable : — N* 306, à M. Barlhelmé fils, précité. 

5^ Catégorie, — maees éiwmw^èrem pare» 

autres que les races Durham et suisses. 

» HALIS. 

1** Section. — Animaux nés depuis le !•' mai 1863 et aTaot 
le 1" mai 18C4. 

4»' prix : 500 fr. — N* 323, à M. Graber (Joseph), précité. 

2* prix : 400 fr. — N* 320, à M. Monnot-Arbilleur, à la Che- 

Tîllotte (Donbs). 

Mention honorable : — N® 315, M, Diémer, précité. 

S" Section. » Animaux nés avant le !•' mai 1868. 

<•» prix : 500 fr. — N* 326, à M. Diémer, précité. 

2* prix : 400 fr. — N* 325, à M. Vernier père, précité. 

3» prix : 300 fr. — N<> 327, à M. Radat. à Bergheim (Haut-Rhin). 

Le prix ne sera payé qu'après six mois sur justification de l'existence 
da taureau. 

FBHILLU. 

l** Section. ~ Génisses nées depuis le l» mai 1863 et arant 
le 1*' mai 1864, n'ayant pas encore fait ?eau. 

I« prix : 300 fr. — N*» 336, à M. Diémer, prêché. 
2^ prix : 200 fr. — N» 330, à M. André, précité. 
Les n«* 337 et 329 ont été écartéd pour cause d'engraissement exagéré. 

9* Section. — Génisses nées depuis le 1«' mai 1863 et avant 
le 1*' mai 1868, pleines ou à lait. 

«" prix : 400 fr. — N* 839, à M Diémer, précité. 
r prix : 300 fr. — N* 889, à M. André, précité. 



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— 464 — 
3* Section. — Vaches nées a?ant le l»' mai 1863, pleines ou à lait 
^•' prix : 400 fr. — N» 347, à M. Diémer, précité. 
S* prix . 300 fr. — N* 345, à M. Graber (Christ) , à Couthenans 

(Haute-Saône). 
3* prix : 200 fr. — N» 346, à M. Monnot-Arbilleur, précité. 

6* Catégorie. — Cr^UeMoaUi Parhani. 

HALIS. 

1** Section. — Animaux nés depuis le l«r mai 1863 et ayant 
le l'^ mai 1864. 
4«' prix : 400 fr. — N« 351 , à M. de Scilivaux de Greische, précité. 
«• prix : 300 fr. — N« 359, à M. Pargon, précité. 

S" Section. — Animaux nés arant le 1« mai 1863. 

4«' prix : 400 fr. — N» 36« , à M. Rollet, à Thiaucourt (Meurthe). 
2» prix : 300 fr. — N« 365, à M. Pargon, précité. 

riHBLLIS. 

1** Section. —.Génisses nées dopuis le l*' mai 1863 et arant 
le 1" mai 1864, n'ayant pas encore fait veau. 

4«' prix : 300 fr. — N« 375, à M. Jobez, à Monlorge (Doubs). 

«• prix : 200 fr. — N* 373, à M. Rollet, précité. 

2* Section. — Génisses nées depuis le 1« mai 1862 et avant 
le l«r mai 1863, pleines ou à lait. 

4*' prix : 400 fr. — N" 378, à M. Rollet, précité. 

«• prix : 300 fr. — N* 377, à M. Faucompré, précité. 

3* Section. — Vaches nées avant le 1" mai 1862, pleines ou à lait. 

4" prix : 400 fr — N» 403, à M. Jobez, précité. 
2* prix : 300 fr. — N* 393, à M Pargon, précité. 
Mention honorable : — N^ 396, à M. André, précité. 
7* Ctfegorie. — «^rAlsemeata «iTera 
(tutres que ceux de la 6* catégorie. 

HALU. 

1*« Section. — Animaux nés depuis le 1** mai 1863 et avant 
le 1« mai 1864. 

4*' prix : 300 fr. — N* 445, à M. Vernier père, précité. 

a* prix : 300 fr. — N"» 440, à M. Gulllegoz, précité. 



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— 455 - 

9* Section. — Animanx nés ayant le 1** mai 1863. 
f prix : 300 fr. — N* 42î, à M. Faucompré, précité. 
8* prix : 200 fr. — N» 800, à M. Bonnet, à Monlflovin (Doubs). 

riHBUU. 

1** Section. — Génisses nées depuis le 1*' mai 1863 et ayant 
le l** mai 1861, n'ayant pas encore fait veau. 

\" prix : 200 fr. — N« 443, à M. Guillogoz, précité. 

9r prix : 400fr. — N» 436, à M. Jeanningros, à Courchapon 

(Doubs). 
Mention honorable : — N*" 442, à M. Hacbotte, à Seichamps 

(Meurtho). 

2* Section. — Génisses nées depuis le I" mai 1862 et avant 
le 1*' mai 1863, pleines ou à lait« 

<"prix : 300 fr. — N» 465, à M. Faucompré, précité. 

^ prix : 200 fr. — N» 452, à M. Jeanningros, précité. 

3* Section. — Vaches nées avant le l**" mai 1862, pleines ou è lait. 

4*' prix : 300 fr. — N" 469, à M. Faucompré, précité. 

2« prix : 200 fr. — N* 473, à M. Guillegoz, précité. 

II* CLASSE. — ESPÈCE OYINS. 

(Les animaux exposés devront être nés avant le l*' mai 1864.) 

l'* Catégorie, — Saees ■térla** et ■tétls-BtérlBea* 

HAL»8. 

4*^ prix : 300 fr. — N» 503, à M. Julien, à Marat (Haute-Saône). 

2« prix : 250 fr. — N* 502, à M. Guillegoz, précité. 

3* prix : 200 fr. — N» 506, à M. Bois, à Fresne-Saint-Mamès 
(Hauto-Saône). 

4' prix ; non décerné. 

5* prix : 400 fr. — N* 507, à M. de Thorey, à ChampliUe ^Haute- 
Saône). 

FBHILLU. 

4" prix : 300 fr. — N' 512, à M. Guillegoz, précité. 
V prix : 250 fr. — N» 515, à M. Bois, précité. 
3» prix : 200 fr. — N» 513, à M. Julien, précité. 
4* prix : non décerné. 
5* prix : 400 fr. — N* 546, à M. de Thorey, précité. 



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— 456 — 

S* Catégorie, •— maeea parcs il lalae ■•■ffue. 

{Dishley» WurUmhergeoises, etc.) 

■ALB8. 

V' prix : 300 fr. — N* 529, à M. Guillegoz, précité. 

2* prix : 200 fr. — N** 533, à M. Pargon, à Salivai (Meurfhe). 

MentioD honorable : N"" 532, à M. Pargon, précité, 

riVELLU. 

( Lots de 5 brebis.) 
4" prix : 300 fr. — N» 535, à M. Pargon, précité. 
2* prix : 200 fr. — N» 539 , à M Boulay, à Jonvelle (Haute- 
Saône). 

3* Caligorie. — maeea pare* ii lalae e«iirte. • 

■ALI8. 

^•' prix : 300 fr. — N' 541 , à M. Bois, précité. 
«• prix : 250 fr. — N* 5o4, à M. Pargon, précité. 
3« prix : 200 fr. — N" 542, à M. Boulay, précité. 
4* prix : 400 fr — N* 543. à M. Guillegoz, précité. 
Mention honorable : N'^545, à M. Pargon, précité. 

FBM ELLES. 

( Lots de 6 brebis.) 

4" prix : 300 fr. — N» 556, à M. Pargon, précité. 
2« prix : 250 fr. — N' 558, à M. Guillegoz, précité. 
3* prix : non décerné. 
4* prix : Id. 

4* Catégorie, — CroUemeaUi «Ivera. 

■ ALU. 

4*'prix : 300 fr. — N* 580, à M. de Scitivaux de Greische, à 
Villers-lez-Nancy (Meurthe). 

2« prix : 250 fr. — N» 574, à M. Julien, précité. 

3« prix : 200 fr. — N<> 589, à M. Pargon, précité. 

Mention honorable : — N* 572, à M. Julien, précité. 
Id. N» 575, à M. Julien, précité, 

Id. N« 676, à H. Julien, précité. 



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— 467 — 

Mention honorable : — N* 569, à H. de Scitivaux de Greische, 
précité. 

F» ELLES. 

(Lots de 5 brebis.) 

I" prix : 300 fr. — N» 599, à M. Pargon, précité. 

2* prix : 250 fr. — N« 597, à M. Julien, précité. 

3* prix : 200 fr . — N*> 600, à M de Scitivaux de Greische, précité. 

4' prix : 4 00 fr. — N* 598, à H. Brice, à Champigneules (Meurthe). 

MeDtiuD honorable : — N^ 596, à H. Guillegoz, précité. 

m* CLASSE. — ESP£CE PORCINE. 

(Les aoîmauz exposés derrorit être né^ avant le l'' décembre 1864.) 

lr« Catégorie. — R«ec0 ladlSèBo» 
ptitr€$ ou eraiêées entre eUes, 

HALIS. 

«•^ prix : médaille d'or et 950 fr. — N** 614, à M. Legrand, è 

Saint-Juan (Doubs). 
2* prix : médaille d'argent et 200 fr. — N« 640, à M. Berger, è 

Vy-lez-Filain (Haute-Saône). 
3* prix : médaille de bronze et 450 fr. — N* 604 , à H. Yemier 

père, à Roye (Haute-Saône). 
4* prix : médaille de bronze et 400 fr. — N* 645, à M. Aubert 

(Louis), à Neuviller-sur-Moselle (Heurthe). 

PBHILLES PLIItlIS 00 tOITilS. 

l'^prix : médaille d'or et 200 fr. — N*» 625, à M. Minary, à 

Besançon (Doubs). 
^ prix : médaille d'argent et 460 fr. — N« 620, à M. Vernier 

père, précité. 
3* prix : médaille de bronze et 425 fr. — N' 622, à M. Honnot- 

Arbilieur, à la Chevillotte (Doubs). 
4' prix : médaille de bronze et 400 fr. — N*> 627, à M. Faucom- 

pré, à La Roche, commune de Rigncy (Doubs). 
Mention honorable : — N* 648, à M. Vernier père, précité. 
Id. N** 624, à M. Aubert (Louis), précité. 



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— 468 — 
3" Catégorie. — maeea étraagèrMi 

pures ou croisées entre eUes. 

■ ALE8. 

i*' prix : médaille d'or et 250 fr. — N» 642, à M. Harmand, à 

Fontenoy-le-Chàleau (Vosges). 
2« prix : médaille d'argent et 200 fr. — N' 633, à M. de Scitivaux 

de Greische, à Villers-lez-Nancy (Meurlhe). 
3* prix : médaille de bronze et 150 fr. — N* 643, à H. Monnot- 

Arbilleur, précité. 
4« prix : médaille de bronze et 100 fr. — N* 635, à M. André, h 

Pont -à-Mousson (Meurlhe). 
5« prix : médaille de bronze et 80 fr. — N*» 638, à M. Diémer, à 

Strasbourg (Bas-Rhin). 
Mention honorable : N^ 650, à M. Faucompré, précité. 

PIMILLES PLimiS 00 SUITBBS. 

4" prix : médaille d*or et 200 fr. — N* 655, à M. de Scitivaux de 

Greische, précité. 
2« prix : médaille d'argent et 450 fr. — N^" 670, à M. Diémer, 

précité. 
3« prix : médaille de bronze et 400 fr. — N'^ 669, à H. André, 

précité. 
4* prix : médaille de bronze et 80 fr. — N"" 668, à M. Radat, à 

Bergheim (Haut-Rhin). 
5* prix : médaille de bronze et 70 fr. — N"" 654, à M. Aubert 

(Louis), précité. 
Mention honorable : — N*» 660, à M. Colignon, à Nancy (Meurlhe). 
Id. N^ 662, à M. Robirt, à Seing Haulp-Saône). 

Id. N» 665, à M. Pargon, à Salivai (Meurlhe). 

Id. N' 667, à M. Radat, précité. 

3* Catégorie. — CrAUesteata tflTer» 

entre races étrangères et races françaises. 
■ALn. 
4" prix : médaille d'or et 450 fr. — N« 679, à M. Guignard, à 
Scye (Hauie-Saône). 



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— 459 — 

9" prix : médaille d'argent et 400 fr. — N^ 684» à M. Jobez, à 

Mootorge (Doubs). 
MeotioD honorable : — N* 680, à M. Bresson, à Dommartin 

(Vosges). 

fBHILLU PLIlHn 00 SOlTilt. 

«"prix : médaille d'or et 450 fr. — N« 699, à M. Guignard, 

précité. 
î' prix : médaille d'argent et 400 fr. — N"" 689, à M. Bresson, 

précité. 
3« prix : médaille de bronze et 80 fr. — N*» 696, à M. Jobez, 

précité. 
Mention honorable : — N* 686, à M. Charpy, à Besançon (Doubs). 
Id. N* 696, à M. Âubert (Louis), précité. 

Id. N* 700, à M. Faucoœpré, précité. 

Id. N"" 704 , à M. Diémer, précité. 

Id. N* 704, à M. Glorgét, à Besançon (Doubs) . 

IV CLASSE. — ANIMAUX DE BASSE-GOUR. 

Médaille d'argent et 40 (r. — N*" 749-724 , à M. Faucompré , à 

La Roche, commune de Rigney (Doubs), pour ses boucs et 

chèvres. 
Médaille d'argent et 10 fr. — N« 727-753, à M. Graber (Joseph), 

de Couthenans (Haute-Saône), pour sa collection de volailles. 
Médaille d'argent et 40 fr. — N"» 778-788, à M. Vemier, de Roje 

(Haute-Saône), pour sa collection de volaiUes. 
Médaille de bronze et 30 fr. — N<» 760-769, à M"* veuve Munier, 

de Besançon (Doubs), pour sa collection de volailles. 
Médailles de bronze et 25 fr. — N* 773-776, à M"« Tardj. de 

Rigney (Doubs), pour sa collection do volailles. 
Médaille de bronze et 20 fr. — N*" 748, à M. Charpy, de Besançon 

(Doubs), pour son lot. 
Médaille de bronze et 20 fr. — N* 758, à M. Martin, de Boaj 

(Doubs), pour son lot. 
HédaiUe de bronze et 20 fr. — N"" 726, à M. Galoche, de Besao- 

çon (Doubs), pour son Ipt. 



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— «60 — 

Médaille de bronze et 20 fr. — N* 757, à H. Mamy, de Conflans 

(Haute-Saône), pour son lot. 
Médaille de bronze et 30 fr. — N» 722-725, à M"*' Faucompré, 

de Besançon ^Doub^), pour sa collection de volailles. 
Médaille de bronze et 20 fr. — N^" 772, à M. Séverac, de Saint- 

Ferjeux (Doubs), pour son lot. 
Médaille de bronze et 20 fr. — N^ 774, à M. RoUet, de Saint-Vit 

(Doubs), pour son lot. 
M(^daille de bronze et 20 fr. — N^ 789-792, à M. Vemier (Au- 
guste), de Lure, pour Fensemble de sa collection. 
Mention honorable et \b fr. — N* 7M-715, à M. Cbapuis, de 

Cbaron(enay (Haute-Saône), pour l'ensemble de sa collection. 
Mention honorable et 1 fr. — N'' 707, à M. Baume, de Besançon 

(Doubs), pour son lot 
Mention honorable et 10 fr. — N* 708-709, à M Beuffe, d'Auxoa 

(Haute-Saône), pour ses lots. 
Mention honorable et 10 fr. — N' 740, à M. Buffet, de Saint-Vit 

(Doubs), pour >on lot. 
Mention honorable et 4 fr. — N* 754-755^ à M. Henry, d*Amont 

(Haute-Saône), pour ses lots. 
Mention honorable et 5 fr. — N® 777, à M. Thuault, de Conflans 

(Doubs), pour son lot. 
Mention honorable et 5 fr. — N* 796, à M. Perrin» de Saint-Vit 

(Doubs), pour son lot. 

IIP DIVISION. 
MACWMXE» ET I1VSTRV1IEMT9 A«RI€OIéE9. 

Ir* SouS'^uctUm. — TrATans #eslérle«r* 
1. Charmes (région). 

Rappel de médaille d*or : — MM. Heyiandt et Sitter, à Colmar 

(Haut- Rhin), pour la charrue Dombasle n® 85. 
^•' prix : médaille d'or. — M. Ecoffet (François), à Echenoz-la- 

Méline (Haute-Saônej, pour la charrue n* 49. 



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— i61 — 
§• prix : médaille d'argent. —M. Nicoley, de Ballenans (Doubs), 

pour la charrue n» 133. 
3« prix : médaille de bronze. — M. Peugeot (Pierre), à Etupes 

(Doubs), pour le n*» 442. 
Mention honorable. — M. Bourdin, à Dommartin (Doubs), pour 

la charrue n° 31 . 
Mention honorable. — Bï. Liechty, à Bourogne (Haut-Rhin) , 

pour le n» 123. 

(Hors région.) 

1" prix : non décerné. 

2* prix : médaille d'argent. — M. Pelot, à Thervay (Jura), 

pour le n' 233. 
3* prix : médaille de bronze. — M. Longchamp, à Port-Lesney 

(Jura), pour la charrue n** 225. 

2. Charrues sous-sol (région) . 

1*' prix : médaille d'argent. — MM. Heylandtet Sitter, précités, 

pour le n* 84. 
2* prix : médaille de bronze. — M. Faucompré, à La Roche, 

commune de Rigney (Doubs), pour la charrue sous-sol Dom- 

basle n* 58. 

3. Herses (région). 

I*' prix : médaille d'argent. — MM. Heylandt et Sitter, précités, 

pour la herse n* 86. 
2* prix : médaille de bronze. — M. Nicoley, précité, pour la herse 

n« 136. 
Mention honorable. — M. Faucompré, précité, pour la herse 

n»60. 
Mention honorable. — M. Nicoley, précité, pour la herse à 

mailles n° 1 35. 

4. Rouleaux (région). 

1" prix : médaille d'argent. — M. Monnot-Arbilleur, à la Che- 
villotte (Doubs), pour le rouleau-plorabeur n* 127. 

8* prix : médaille de bronze. — M. Faucompré, précité, pour le 
rouleau brise-mottes n" 63. 

14 



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— 462 — 

5. Scarificateurs et extirpateurs (région). 
♦•'prix : médaille d'argent. — M. Monnot-Arbilleur, précité, 

pour le n» 128. 
2* prix : médaille de bronze. — M. Faucompré, précité, pour le 
n»64. 

6. Semoirs (région). 

Rappel de médaille d'argent. —MM. Heylandt et Sitler, précités, 

pour le semoir Dombasle n® 89. 
4*' prix : médaille d'argent. — M. Faucompré, pour le semoir 

Dombasle n"" 65. 
S* prix : médaille de bronze. — M. Lor, à Besançon (Doubs), 

pour son semoir n» \ 26. 

7. lloues à chetal (région). 

Rappel de médaille d'argent. — MM. Heylandt et Sitter, précités, 

pour le n® 88. 
I*' prix : médaille d'argent. — M. Monnot-Arbilleur, précité, 

pour le n» 429. 
2* prix : médaille de bronze. — M. Faucompré, précité, pour le 

n«66. 

8. BuHeurs (région). 

i^ prix : médaille de bronze. — MM. Heylandt et Sitler, précités, 

pour le n* 404. 
Mention honorable. — M. Faucompré, précité, pour le n» 67. 

Id. M. Monnot-Arbilleur, précité, p' le n" 4 30. 

9. Machines à faucher Us prairies naturelles ou arlificiclles (région.) 
4" prix : médaille d'or. — MM. Heylandt et Sitter, précités, 

pour le n* 92. 
2* prix : médaille d'argent. — M. Faucompré, précité, pour le 

n*68. 

10. Machines à faner (région). 

4" prix : médaille d'or. — MM. Heylandt et Sitter, précités, pour 

le n» 94. 
2* prix : médaille d'argent. — M. Monnot-Arbilleur, précité, 

pour le n<* 434. 



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— 463 — 

11. Bâleatix à cheval (région). 

\" prix : médaille d'argent. — MM. Heylandt et Sitter, précités, 

pour le n® 93. 
2* prix : médaille de bronze. — M. Faucompré, précité, pour le 

n'eo. 

13. Machines à moissonner (région). 

Rappel de médaille d*or. — MM. Heylandt et Sitter, précités, 

pour le n^ 93. 
\" prix : médaille d'or. — M. Faucompré, précité, pour le n* 70. 

13. Véhicules destinés aux tiansporls ruraux (région). 
\^^ et 2" prix : non décernés. 

3' prix : médaille de bronze. — M. Barbier, à Besançon (Doubs), 
pour son frein automoteur n» 4. 

14. Harnais propres aux usages agricoles (hors région). 

V prix : non décerné. 

2* prix : médaille de bronze. — M. Doyen, rue des Carrières, 8, 
à Paris-Batignolles, pour le n* 193. 

15. Pompes à purin (région). 
<*' prix : médaille d'argent. — MM. Jeannin frères, à Pontarlier 
(Doubs), pour le n° 419. 

(Hors région.) 
4" prix : médaille d'argent. — M. Loiseau, à Bourg (Ain), pour 

la pompe n" 222. 

16. Bûches (région). 

4»'' prix : non décerné. 

2' prix : médaille de bronze. — MM. Jeannin frères, précités, 

pour leur filtre à miel n** 424. 

17. Collections d'instruments à main pour les travaux extérieurs (région). 

4" prix : médaille d'argent. — M. Peugeot (Pierre), précité, 
pour le n* 443. 

Wtkmtmmetkim ■•n prévaa par le pr«fr«HiHie. 

Médaille d'argent. — M. Faucompré, précité, pour la défonccuse 
Dombasle n^ 57. 



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— 464 — 

Médaille d'argent. — M. Honnot-Arbilleur, précité, pour son 

étaupinoir n"* 132. 
Médaille de bronze. — M. Demandre, à Briaucourl (Haule- 

Saône), pour sa charrue-semoir n" 44. 
Médaille de bronze. — M. Cuvier fils, à Seloncourl (Doubs), 

pour la batteuse de faux du système Meyrat, n" 38. 
Médaille de bronze. — M. Faucompré, précité, pour son tonneau 

à purin n? 1\ . 
Médaille de bronze : M. Hudelot, à Beurre (Doubsj, pour son 

palissage de vignes n* 114. 
Mention honorable. — MM. Heylandt et Sitter, précités, pour 

leur ratissoire d'allée n® 410. 
Mention honorable. — M. William Walcot, à Paris, pour son 

aiguiseur de faux n*^ 248. 

2* SouS' section. — Tr«T«az dUnlérlear. 
1. Malaxeurs (hors région). 

I^'prix: médaille d'argent. — M. Chambrette, à Bèze (Côle- 
d'Or), pour le filtre malaxeur n« 169. 

2. Machines à- fabriquer les tuyaux de drainage (hors région). 

1«' prix : médaille d'or. — M. Chambrette, précité, pour la ma- 
chine n* 168. 

2* prix : médaille d'argent. — M. Bourcet, à Thervay (Jura), 
pour la machine n» 7. 

3. Manèges applicables aux divers besoins de V agriculture (région). 

1^'prix : médaille d'or. — MM. Heylandt et Sitter, précités, 
pour le manège n"^ 95. 

2* prix : non décerné. 

3* prix : médaille de bronze. — M. Liechty, à Bourogne (Haut- 
Rhin), pour le manège locomobile n<* 125. 
(Hors région.) 

1^'prix : médaille d'or. — M. Damey, à Dole (Jura), pour le 
manège locomobile n* 186. 

2* prix : médaille d'argent. — M. Harter et M"^ veuve Harter, 



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— 465 — 

à CoIombey-les-deux-Eglises (Haute-Marne), pour le manège 
locomobile n*240. 
3* prix : non décerné. 

4. Machines à vapeur fixes, applicables à la machine à baitre 
ou à tout autre usage agricole (hors région). 

I" prix : médaille d'or. — M. Damey, précité, pour la machine 
à vapeur fixe de la force de cinq chevaux-vapeur, n** 485. 

5. Afarhitiej à vapeur mobiles, applicables à la mochitie à battre 
ou à tout autre usage agricole (hors rëgioo). 

I" prix : médaille d'or. — M. Damey, précité, pour la machine 

à vapeur locomobile n* 484. 
i^ prix : médaille d'argent. — M. Durenne, à Courbevoie (Seine), 

pour la machine n® 196. 

6. Machines à battre mobiles, rendant le grain tout nettogi, 

propre à être conduit au marché (hors région). 

!" prix : médaille d'or. — M. Damey, précité, pour la machine 
[)•> 489. 

7. iHachinfs à battre fixes, rendant le grain vanné (région). 

\^^ prix : médaille d'or, non décerné. 

i* prix : médaille d'argent. — M. Rossignot, à Arc (Haute- 
Saône), pour la machiue n^ 445. 

8. Machines à battre mobiles, rendant le grain vanné (hors région). 
Rappel de 4'' prix. — M. Harter et M"*« veuve Harter, précités, 

pour la machine n^ 214 . 
\^' prix : médaille d'or. — M. Damey, précité, pour la machine 

n<* 488. 
S* prix : médaille d'argent, non décerné. 
3* prix : médaille de bronze, non décerné. 

9. Machines à 6a((re fixes, ne vannant ni ne criblant (région). 
1«'prix : médaille d'argent. — M. Grandclément, à Moncley 

(Doubs), pour la machine nP 79. 
î^ prix : médaille de bronze. — M. Rossignot, précité, pour la 

machine n° 447. 



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— 166 — 

(Hors région.) 

4*' prix : médaille d*argeDt. — M. Damey, précité, pour la ma- 
chine n« 190. 

10. Machines à battre mobiles, ne vannant ni ne criblant (région). 

1«' prix : médaille d'argent. — MM. Heylandt et Siller, précités, 
pour la machine n° 96. 

11. Tarares (région). 

Rappel de médaille d'argent. — M. Corroy, à Neufcbàt^au 

(Vosges), pour le tarare n" 34, 
Rappel de médaille d'argent. — M. Laborde, à Arc-lez-Gray 

(Haute-Saône), pour le tarare n** 220 
Rappel de médaille d'argent. — MM. Heylandt et Sittor, précités, 

pour le tarare u? 98 (système Pinet) et le n** 99 (système 

Dombasle). 
<•' prix : médaille d'argent. — M. Corroy, précité, pour le tarare 

n»35. 
Rappel de médaille de bronze. — M. Fauchard, à Châtenois 

(Vosges), pour le tarare n* 52. 
2* prix : médaille de bronze. — M. Amoux, au Bizol (Doubs), 

pour le tarare n* 3. 
Mention honorable. — M. Girard, à Ouvans (Doubs), pour le 

tarare n» 78. 
Mention honorable. — MM. Heylandt et Sittor, précités, pour le 

Urare n* «00. 
Mention honorable. *— M. Baude, à ChampHye (Doubs), pour le 

tarare n* H . 

(Hors région.) 

Rappel de médaille d'argent. — M. Damey, précité, pour le 

tarare n* 191. 
Rappel de mtMaille d'argent. — M. Vermorel, de Villefranche 

(Rhône\ pour le tarare n* 43. 
Rappel de médaille d'argent — M. Harter aîné, è Colombey-les- 

deux-Bglises iHaute-Mame), pour le tarare n** 206. 



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— 467 — 

l^piîx : médaille d'argent. — M. Presson, à Bourges (Cher), 

pour le tarare n* 238. 
2* prix : médaille de. bronze. — M. Vermoroi, précilé, pour le 

tarare n° 241. 
Mention honorable. — M. Harter atné, précité, pour le tarare 

n*» 206. 

12. Cribles et trieurs (région). 

Rappel de médaille d'argent. — M. Corroy, précité, pour le 

trieur Marot n*» 37. 
I" prix : médaille d'argent. — M. Faucompré, à La Roche 

(Doubs). pour le crible-trieur n* 73. 
^ prix : médaille de bronze. — M. Vemier, A Ouvans (Doubs), 

pour le trieur n* 1 61 . 

(Hors région.) 

Rappel de médaille d'argent. — M. Harter atné, précité, pour 

le trieur n» 208. 
T'prix : médaille d'argent. — M. Presson, précité, pour le 

trieur n» 236. 
2 prix : médaille de bronze. — M. Vermorel, précité, pour le 

crible épurateur n** 244. 

13. Concasseurs de graines (région). 
I*' prix : médaille d'argent. — MM. Virey et C'% à Saint-Dié 

(Vosges), pour le concasseur n° 162. 
2* prix : médaille de bronze. — MM. Heylandl et Sitler, précités, 

l>our le concasseur aplatisseur n*^ 102. 
Mention honorable. — MM. Peugeot frères, à Valentigney 

(Doubs), pour le moulin concasseur n^ 139. 
14. Coupe-racines (région). 

1" prix : médaille d'argent. — MM. Heylandt et Sitter, précités, 

pour le coupe-racines n*' 105. 
2* prix : médaille de bronze. — M. Rossignot, précilé, pour le 

coupe-racines n^ 148. 




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J 



— 168 — 

15. Hache-pallles (région). 

1" prix : médaille d'argent. — MM. Heylandt et Sitler, précités, 
pour le hache-paille n** 106. 

2* prix : médaille de bronze, non décerné. 

Mention honorable. — MM. Virey etC*®, précités, pour le hache- 
paille n*" 165. 

(Hors région.) 

I^^'prix : médaille d'argent. — M. Coudor, à Gémeaux (Côte- 

d'Or), pour le hache-paille n' 182. 
2' prix : médaille de bronze, non décerné. 

16. Appareils à cuire les aliments destinés aux animaux (hors région). 

I*"" prix : médaille d'argent. — M.. Charles, à Paris, pour son 

appareil à cuire les aliments, n® 172. 
17. Barattes (légion). 
I*»" prix : médaille d'argent, non décerné. 
2® prix : médaille de bronze. — M. Faucompré, précité, pour la 

baratte rotative n^ 74. 

(Hors région.) 
Pas do prix décernés. 

18. Bascules pour peser les animaux et les fourrages (région). 

1«^ prix : médaille d'argent. — M. Gaiffe, à Besançon (Doubs), 

pour son appareil à peser le lait, n** 77. 

19. Pressoirs (région). 

1*' prix : médaille d'or, non décerné. 

2* prix : médaille d'argent. — M. Panier, à Buffard (Doubs), 

pour le pressoir n** 137. 
3' prix : médaille de bronze, non décerné. 

iBAlruBieiiU non elasséfl. 

( Région .) 
Médaille d'argent. — M. Donans, à Besançon (Doubs), pour ses 

appareils destinés au règlement des conduits d'eau, n'» 39 à 45. 
Médaille d'argent. — MM. Jeannin frères, précités, pour leur 

pompe à incendie n^ 116. 



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— 469 — 

Médaille de bronze. — M Hachnel, à Colmar (Haut-Rhin), pour 

le pétrin n® 81 . 
Médaille de bronze. — M. André, à Etuz (Haute-Saône), pour les 

luiles et briques n'* \ et 2. 
Médaille de bronze. — M. Escoffié, à Charcenne (Haute-Saône), 

pour les tuiles et briques n®* 60 et 51 . 
.Médaille de bronze. — M. Faucompré, à La Roche (Doubs), pour 

la collection de seaux n® 76. 

( Hors région. ) 

Rappel de médaille d'argent. — M. Harter aîné, précité, pour 

le n" 208. 
Rappel de médaille d'argent. — M. Loiseau, à Rourg (Ain), 

pour sa pompe à main n'' 224. 
Rappel de médaille d'argent. — M. Mesnet, à Cinq-Mars-la-Pile 

(ïndre-el-Loire), pour la collection de meules n® 227. 
3Iédaille d'argent. — M. Rourcet, précité, pour ses produits de 

terre cuite n° 8. 
Médaille d'argent. — M. Jossot, à Rèze (Côte-d'Or), pour la 

collection de tuyaux de drainage n® 21 4. 
Médaille de bronze. — M. Lavie, à Dijon (Côte-d'Or) , pour ses 

forges portatives n® 220. 
Médaille de bronze. — M. Damey, précité, pour la scie circu- 
laire 0^192. 
Médaille de bronze. — M. Loiseau, précité, pour sa pompe 

à incendie n* 224. 
Médaille de bronze. — M. Fronteau, au Mans (Sarthe), pour les 

crémoires n" 199 à 201. 

Le Jury continue à appeler l'attention de Tadministration su- 
périeure sur M. Damey, dont la remarquable fabrique, située à 
Dole, rend de très importants services à tous les départements 
do l'Est pour la construction des machines à vapeur agricoles, 
lises ou locomobiles, dos manèges et des machines à battre; il 
signale, en outre, à Son Excellence M. le Ministre de l'agricul- 
ture, du commerce et des travaux publics, M. Heylandt, de 



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- 170 — 

Colmar, dont les progrès sont constants, qui fait chaque année 
un nouveau genre d'instruments, et qui cette fois a construit le 
premier, en France, une bonne machine à faner, susceptible de 
rivaliser avec les machines anglaises. 

IV DIVISION. 
PRODUITS ACSRieOIil» 

ET MATIÈRES UTILES A l'aGRIGULTURE. 

MÉDAILLES D*OR. 

M. Poignand, à Buthiers (Haulo-Saône\ n® 64, pour ses variétés 

de maïs sur tiges et en graines. 
M. Hudelot, à Beure, près Besançon, n®50, pour ses travaux 

sur la vigne. 

MÉDAILLES d'aRGENT. 

M. Faucompré, à La Roche, commune de Rigney (Doubs), n** 27, 

pour ses fromages. 
M. Renaud, à Besançon, n** 58, pour ses laines lavées. 
M. le vicomte Chiflet, à Recologne (Doubs), n* 24, pour ses 

fromages. 
M. Bataillard, à Audeux (Doubs), n®' 4 à 8, pour Tensemble de 

son exposition. 

MÉDAILLES DE BRONZE. 

M. Vianello, n^ 77, à Strasbourg, pour ses kirschs. 

M. Bresson, à Dammartin (Vosges), n' 23, pour ses fromages. 

M. Noël, à Harsault (Vosges), n* 53, pour ses kirschs. 

M. Mauron, à Velct (Haute-Saône), n® 52, pour ses fromages. 

MM. Deschaseaux et Godart, à Âillevillers [Haute-Saône], n"* 26, 

pour leurs kirschs. 
MM. Favre et Jurançon, à Ribeauvillé (Haut-Rhin), n° 44, pour 

leurs kirschs. 
M. Wild, à Strasbourg, n** 167 (Instruments), pour ses enveloppes 

de bouteilles. 
Mention honorable à.M. Vianello, n* 77, pour ses vins. 



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— ni — 

RéeompeDfles «as 0erTltoiir« raranx. 

Médaillo d*drgeDt et 50 fr. à Amîez, Auguste, chez M. de Sciti* 

vaux de Greische. 
Médaille d'argent et 50 fr. k Bourdonnier, Jean, chez M. Diemer. 
Médaille d'argent et 50 fr. à Hammer, chez M. Pargon. 
Médaille d'argent à Jean-Claude Tisserand, chez M. Guillegoz. 
Médaille de bronze et 25 fr. à Perrot, chez M. Faucompré. 
Médaille de bronze et 25 fr. à Joseph-Louis, chez M. André. 
Médaille de bronze et 20 fr. à Eugène Commès, chez M. Julien. 
Médaille de bronze et 20 fr. à Philippe, Jean-C, chez M. Bresson. 
Médaille de bronze et 20 fr. à Jean Scherer, chez M. Aubert, L*. 
Médaille de bronze et 20 fr. à Emile Begey, chez M. Vernier, A'*. 
60 fr. à Jacques Pages, chez M. Guillegoz. 
15 fr. à G lasser, chez M. Radat. 
<5 fr. à Gras, Jean, chez M. Muller. 
15 fr. à Gillmann, chez M. Pasquay. 
15 fr. à Antoine Brun, chez M. Rollet. 
15 fr. à Bourquin, Pierre, chez M. Joseph Graber. 
15 fr. à Beauregard, chez M. Drappier, Jules. 
15 fr. à Deschamps, Joseph, chez M. Georges, Louis. 
15 fr. à Kohler, chez M. Barthelmé. 
10 fr. à Lalose, chez M. Grappe. 
10 fr. à Baudry, chez M. le comte de Lénoncourt. 
10 fr. à Colas. Constant, chez M"* Ursule Pierfîtle. 
10 fr. à Jean-Claude Duprès, chez M. Klopfonstein. 

X. 

Rapport fait an nom de la section du Jury chargée de délibérer 
sur l'attribntion de la prime dlionnenr, par M. René Petit. 

Messieurs , 
Je viens, au nom du Jury chargé de visiter les fermes qui ont 
concouru pour la prime d'honneur, vous faire connaître le résultat 
de ses délibérations. — Vingt-sept candidats étaient en présence, 



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— 172 — 

et la plupart soumettaient à rexamea de la commission des amé- 
liorations dignes de remarque et d'éloges : aussi a-t-elle accordé 
à plusieurs concurrents des médailles d'or et d'argent. Ces ré- 
compenses ne sauraient être considérées comme des accessits à 
la prime d'honneur; elles sont basées sur des spécialités que le 
Jury a remarquées, et qu'il signale à l'attention des agriculteurs 
du département. 

Quelques exploitations n'ont reçu aucune récompense : les 
unes ne rentraient pas dans les conditions du programme , et 
d'autres étaient d'installation trop récente pour mériter une 
distinction particulière. 

Le Jury mentionne honorablement, pour les encourager dans 
la voie du progrès, M. Jules Billaud, à Montboucon; MM. Bi- 
deaud frères, à Gonsans; M. Dartevelle, à Chûtillon-le-Duc, ot 
M. Paillard, à Montorge. 

Il décerne une médaille d'argent à M. Billerey, de Domprel, 
pour des défrichements de terrains d'un accès pénible et leur 
mise en culture, ainsi qu'à M. Jeannin, de Fleurey, pour des 
assainissements de sol marécageux et des irrigations de prairies. 

M. Legrand, de Saint-Juan, a, sur une ferme assez considé- 
rable, exécuté d'importants travaux de défrichement, et augmenté 
d'une manière notable la production de ses terres; la commission 
lui décerne une médaille d'argent. 

La môme récompense est accordée à MM. Lorin frères et 
sœurs, de ïhise, pour le bon choix et le bon entretien de leurs 
animaux. 

M. Bourdiû, à la Grange-de-Pierro, commune de Pontarlier, 
cultive avec soin et intelligence une ferme dont depuis cent deux 
ans sa famille a l'exploitation. Le Jury a remarqué d'une ma- 
nière toute spéciale ses étables et l'ordre parfait qui règne dans 
l'intérieur de la ferme; il accorde à M. Bourdin une grande 
médaille d'argent. 

M. Charmoille, cultivateur et maire à Vernierfontaine, a depuis 
longtemps donné l'exemple de la culture en grand des prairies 
artiûcielles; il a également fait installer dans sa commune une 



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— 173 — 

tniitière remarquable, qui rend les plus grands services : la 
commission lui décerne une grande mc'^daille d'argent. 

La même récompense est accordée à M. Donat Magnien, à la 
ferme de la Grange-des-Pauvres, près Pontarlier, pour les défri- 
ehements qu'il a exécutés avec un courage et une persistance 
dignes des plus grands éloges. 

M. Cattet, à Praboy, commune de Besançon, présente une 
petite exploitation dont la culture est très soignée ; Tordre et le 
travail y régnent partout, et les résultats obtenus sont fort 
remarquables : la commission décerne à M. Cattet une médaille 
d'or pour le bon choix et le nombre de ses animaux , ainsi que 
[K)ur les achats d'engrais qu'il fait chaque année. 

MM. Fornage frères et sœurs, à Doubs, ont réalisé sur leur 
propriété d'heureuses améliorations; ils emploient avec succès 
les instruments agricoles les plus perfectionnés, et donnent dans 
leur commune des exemples qui malheureusement ne sont pas 
assez suivis. Le jury décerne une médaille d'or à cette laborieuse 
H patriarchale famille. 

Les mômes mérites ont également valu une médaille d'or à 
M. Vemier, d'Ouvans, qui s'efforce de montrer qu'on peut, avec 
des soins et de l'intelligence, faire produire à un sol ingrat des 
récoltes rémun^ratives, et qui a su tirer un heureux parti de ses 
torres dont la grêle avait complètement détruit les récoltes. 

11 nous reste à vous parler, Messieurs, des quatre agriculteurs 
dont les exploitations sont le mieux dirigées, et qu'après une 
première visite le Jury avait considérés comme les sérieux con- 
currents à la prime d'honneur. 

MM. Bardoux frères possèdent, à Orsans, une ferme sur 
laquelle ils ont exécuté des travaux très importants dans un 
temps assez court. Depuis quatre ans, ils ont entièrement trans- 
formé leur propriété; les prés anciens et usés, après avoir été 
assainis par le drainage, ont été convertis en champs « tandis 
que des prairies nouvelles étaient créées dans les parties basses 
et humides. Déjà les heureux effets de ce changement fonda- 
mental se sont fait remarquer par une augmentation considérable 



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— 474 — 

dans les récoltes. Le Jury a visité avec le plus grand intérêt la 
propriété de MM. Bardoux, auxquels il accorde une grande 
médaille d*or pour des drainages heureusement conçus, la créa- 
tion rapide de vastes prairies, et Tordre parfait qui n*a cessé de 
présider à toutes leurs opérations agricoles. 

Le domaine de Montorge, qu*exploite M. Charles Jobez , est 
situé sur les limites du Jura ; les terres sont d'une culture diffi- 
cile, et la rigueur du climat compromet souvent les récoltes. 
Depuis 4846, M. Jobez s*est appliqué à Tamélioration de sa 
propriété, et n'a rien négligé pour Tamener à une plus grande 
production. Des parties incultes et humides ont été drainées et 
mises en culture , et remploi continu d'engrais commerciaux a 
permis d'en obtenir des récoltes satisfaisantes. 

Aujourd'hui , le domaine de Montorge entre dans la période 
de production , et il est à présumer que les dépenses qui ont été 
nécessaires pour arriver à ce résultat seront rémunérées par les 
récoltes futures. 

M. Jobez, dès 4850, introduisit en Franche-Comté les premiers 
animaux Durham, et, depuis lors, cette race donne à Montorge 
les meilleurs résultats. 

La commission a reconnu en M. Jobez une de ces heureuses 
intelligences qui, se consacrant tout entière^à la cause agricole, 
ne reculent ni devant les sacrifices, ni devant les essais, dans 
l'espoir qu'ils pourront plus tard être utiles à tous. 

Le Jury se platt à constater le zèle que M. Jobez n'a cessé 
de déployer pour le progrès agricole , et lui décerne une grande 
médaille d'or pour ses améliorations foncières et l'emploi per- 
sistant d'engrais commerciaux. 

M. Monnot-Ârbilleur possède à la Cheviliotte une propriété 
considérable dont il exploite lui-même une partie. Depuis long- 
temps la terre, ruinée par la mauvaise culture des fermiers, ne 
produisait que des récoltes insignifiantes, et était arrivée à un 
état d'épuisement tel, qu'il fallut plusieurs années pour réparer 
les désastres d'une culture épuisante et arriérée. 

H. Monnot s'appliqua à augmenter par des défoncements 



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— 475 — 

continuels la profondeur du sol, et mit en culture des friches qui 
depuis longtemps avaient été abandonnées par les fermiers. Les 
étables, agrandies et entièrement réparées, renferment une pro- 
portion convenable d'animaux bien choisis et de bonne race; des 
bâtiments nouveaux et une fromagerie ont été créés sur des 
plans heureusement conçus. 

La commission ne saurait trop engager M. Monnot à persé- 
vérer dans la marche sage et progressive qu'il a suivie dès le 
principe. Elle regrette que les améliorations qu'il a apportées à 
son domaine n'aient pas encore donné tous les résultats qu'il est 
en droit d'attendre ; mais tout fait espérer que d'ici à peu d'années 
la ferme de la Chevillotte pourra soutenir avantageusement la 
comparaison avec les plus belles exploitations do la contrée. 

Le Jury décerne à M. Monnot-Arbilleur une grande médaille 
d'or pour la bonne tenue de ses étables, pour l'heureuse dispo- 
sition des aires à fumier, pour sa fromagerie, ses défrichements 
importants, et le remarquable aménagement des forêts de son 
domaine. 

M. Faucompré, commandant d'artillerie en retraite, possède 
le château de La Roche, entouré de cent trente hectares, qu'il 
exploite depuis 1855; c'est ce domaine que le Jury a placé en 
première ligne et auquel il a décerné la prime d'honneur. 

M. Faucompré cultive également, depuis 1850, à Busy, près 
Besançon, une autre belle propriété, et il a su diri)g;er avec habi- 
leté cette double entreprise, malgré les difficultés que présente 
la conduite de deux fermes éloignées Tune de l'autre de quarante 
kilomètres. La commission s'est spécialement occupée de la 
ferme de La Roche, dont l'importance est plus considérable sous 
le rapport de l'étendue et des améliorations dont elle a été l'objet. 
Avant que M. Faucompré fît l'achat de La Roche, cette ferme 
n*avait pas été cultivée avec tous les soins nécessaires et était 
arrivée à un état d'épuisement complet. Aujourd'hui, les résul- 
tats obtenus sont très satisfaisants; les récoltes donnent de 
bonnes moyennes, qui ne peuvent qu'augmenter sous l'influence 
d'une culture sage et améliorante. 



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— ne — 

Les travaux les plus importants ont été exécutés avec soin. 
Les bâtiments de la ferme, restaurés et agrandis, présentent 
Taspect le plus séduisant. Les étables renferment un magnifique 
troupeau de vaches Schwytz et Ayrshires, dont les produits ali- 
mentent seuls la fromagerie que M. Faucompré a établie depuis 
quatre ans. Les animaux de La Roche sont très remarquables : 
déjà, dans de précédents concours, ils ont obtenu de nombreuses 
récompenses, et on a pu, à Texposition qui se termine aujour- 
d'hui, admirer bon nombre de sujets auxquels le jury a décerné 
des prix justement mérités. 

Des drainages, commencés en 4856, ont assaini vingt-huit 
hectares de terrains humides; et les eaux qui en proviennent, 
recueillies dans une vaste citerne de plus de deux cents mètres 
cubes, servent a tous les besoins de la ferme. 

M. Faucompré emploie les instruments aratoires les plus 
perfectionnés, et Ton a pu en remarquer une collection assez 
complète à Texposition des instruments de ce concours. On 
trouve encore à La Roche d'autres machines dont le transport 
n^était pas possible, et qui sont journellement utilisées dans le 
double but de la perfection et de la célérité du travail. 

M. Faucompré n'a pas craint de consacrer à l'exploitation do 
la ferme de La Roche des capitaux importants; mais il faut dire 
qu'ils ont été heureusement appliqués, sans prodigalité comme 
sans parcimonie. 

Une comptabilité, tenue avec détails et de la manière la plus 
régulière, témoigne hautement des bénéûces qui, depuis plu- 
sieurs années, ont été réalisés, et viennent récompenser le pro- 
priétaire des efforts intelligents qu'il a faits pour l'amélioration 
de son domaine. 

Le Jury a reconnu que la ferme do La Roche est, de toutes les 
exploitations qu'il a visitées, la plus complète et celle où les 
résultats obtenus sont le plus remarquables. Il a été unanime 
pour décerner à M. Faucompré la prime d'honneur, en récom- 
pense de la sage et habile direction qu'il a su donner à toutes ses 
opérations agricoles. 



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— 177 — 

Qu'il vienne donc, en présence de cette brillante assemblée, 
recevoir d'un des plus hauts dignitaires de l'Empire, dont la 
présidence rehausse encore l'éclat de cotte solennité, la plus 
belle récompense que l'agriculture puisse accorder à ceux qui 
l'honorent et la font fructifier. 



XL 

Rapport fait an nom de la sons-section dn Jnry chargée d'ap- 
précier les animaux de l'espèce bovine, par M. A. Stœcklin. 

Messieurs, 

L'exhibition de la race bovine, au concours de Besançon, 
comprenait 499 animaux; elle était donc, comme vous avez pu 
vous en assurer, Tune des plus nombreuses et des plus complètes 
de la région. Honneur donc à nos éleveurs! 

Le développement, que prennent d'année en année ces exhibi- 
tions, est pour nous. Messieurs, un sûr garant de l'utilité de nos 
concours. Si, d'un côté, nous y voyons affluer un plus grand 
nombre d'rloveurs qui s'adonnent soit à la propagation de races 
étrangères ù la région, mais propres à. perfectionner nos races 
locales, soit à l'amélioration de nos races indigènes, soit enfin à 
l'essai de croisements divers, nous voyons aussi d'année en 
année les transactions devenir plus nombreuses : ce qui prouve 
que les cultivateurs qui, à l'origine, venaient au concours par 
pure curiosité, y sont poussés maintenant par un besoin mieux 
senti, celui de choisir des reproducteurs capables d'épurer les 
races locales. 

Parmi les races propres à améliorer vos races locales, sous le 
rapport de la précocité et d'un engraissement plus facile, vous 
avez dû remarquer principalement la race Durham, bien repré- 
sentée par les beaux élèves de MM. André, de Scitivaux, Bresson, 
Pasquay et Pargon. Les beaux croisements exposés par MM. de 
Scitivaux, Rollet, Pargon et Jobez , ont pu être pour vous un 
utile encouragement, liar ils vous ont montré les résultats que 

12 



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— <78 — 
'^mm «bCieiKlriez en entrant dans la voie des croisements avec 
aOe net privilégiée. Toutes nos races s'en accommodent bien; 
•^ îL jes conditions économiques de votre localité demandent la 
aiiTcaiMM de la viande, n'hésitez pas à choisir un reproducteur 

?Tciii (es races laitières, votre choix est plus grand. Vous 
m. adinirer les beaux animaux des races Ayr, hollandaise, 
Bormande et suisse, qui sont les races laitières par 
S voQs êtes en pays de plaine , avec de bons pâtu- 
î TOUS nourrissez à l'étable, choisissez parmi les races 
flamande ou normande, très bien représentées, sur- 
iK ^ ircxitTe, par les beaux animaux de M. Graber. En pays 
e aanaçM, où la nourriture est un peu moin« abondante , 
ks races suisse ou d*Ayr, que caractérisent si com- 
les magnifiques sujets sortis des étables de H. Pau- 





î exhibition de races locales , celle de la race fémeline 
■ fiks nombreuse. Les beaux types exposés par MM. Par- 
iBiHiiy, Yemier, Grappe et Falatieu, prouvent qu'avec un 
-2 jD&ieux et une alimentation abondante, cette race, habi- 
t mal nourrie et chétive, tout en donnant de forts bœufs 
; pour le travail et l'engraissement, perd ses défauts 
Aussi, tout en admirant la finesse de ces animaux, vous 
1 voir un bon nombre ayant la ligne du dos bien hori- 
et la cuisse plus remplie; ils étaient généralement bien 
z 'A^ santés que ceux des concours agricoles précédents. 
T.S' «5 conditions économiques de cette race, qui sont, comme 
a.-,s= xfawis dele dire, de produire, avec de petites bêtes irrégu- 
-^-^■BUt nourries, de beaux bœufs de travail et de boucherie, 
- ^ rrrvaiis devoir vous conseiller de conserver la race pure, 
^--- «hîiange, en choisissant bien les reproducteurs. 

«.^ HiÔBaax de la vallée de l'Ognon , ainsi que ceux de la 

. . jr iB rUsace, assez nombreux à l'exposition, se font remar- 

j^rr *a*lrars rapports avec les races suisses dont ils sont issus. 

^ ^« nT-^wf* TOUS demanderont de meilleurs pâturages et une 



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— m - 

nourriture plus abondante ; mais ils vous donneront des bœufs 
plus lourds, et vous trouverez parmi eux un grand nombre de 
bonnes laitières. Pour ces races, plus que pour la précédente, 
différents croisements pourront être avantageux. 

Dans les petites races, vous avez pu ren^arquer quelques 
beaux sujets bretons très bien conformés. Celte belle petite 
race, encore peu répandue, pourrait utiliser avec avantage nos 
maigres pâturages des montagnes, et souvent remplacer avanta- 
geusement la chèvre. 

Cette même catégorie des petites races comprenait encore les 
vosgiennes, généralement très fines. Plusieurs beaux sujets, 
exposés par M"" Pierfitte, vous prouvent que, bien entretenue et 
bien nourrie, cette race, tout en donnant ces petits bœu£s si durs 
àia fatigue et si sûrs pour le travail des montagnes, vous four- 
nirait aussi d'excellentes laitières. 

Notre région. Messieurs, comprend donc, comme vous avez 
pu le voir, trois races assez distinctes, toutes trois fort bien 
représentées. 

La race fémeline, principalement destinée à Télevage de bœufs 
de travail et d*un engraissement facile ; 

Les races de FOgnon et alsacienne, généralement mieux nour- 
ries , destinées à donner des bœufs assez lourds et de plus un 
certain produit en lait; 

Les races vosgienne et lorraine, généralement plus faible- 
ment nourries et plus ou moins développées, destinées à produire 
des bœufs durs au travail et à fournir des laitières. 

Ces trois races ou sous-races ont toutes leur raison d'être, et 
vouloir les transformer de suite serait aussi peu raisonnable que 
de vouloir les conserver pures dans toutes les circonstances. 

Le temps marche. Messieurs, et avec le temps viennent les 
progrès. Les fourrages deviennent plus nombreux et de meil- 
leure qualité ; les chemins s'améliorent, les distances s'efTacent, 
les besoins changent ; en un mot, les circonstances économiques 
ne sont plus les mêmes que par le passé. Il faut donc marcher 
avec le temps. 



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— 480 — 

C'est pour vous facililer cette tâche que le gouvernement a 
institué les. concours régionaux. De même que cliacuii c!o vous 
peut y trouver les nouvelles machines qui facilitent los amélio- 
rations du sol, chacun aussi peut y choisir les dilTércnlos races 
d'animaux qui, par les croisements avec les races du pays, ou 
l)ar leuf introduction comme nouvelles races, permettront do 
pouirvo^r avaAtage|USoment aux besoins nouveiiux de la consom- 
mation et aux conditions particulières de telle ou telle culture. 

Profilez donc, Messieurs, de ces exhibitions; vous prouverez 
par Jô quje l'argent dépensé pour pousser aux progrès de l'agri- 
culture est de Targent bien placé. 

xn. 

stade sur respect boyino aa ctnconrs de Besançon, 
par M. J.-A. Barrai ('). 

L'exhibition des animaux de l'espèce bovine était, à Besançon, 
une des plus belles que nous a^'ons vues. On reconnaissait qu'on 
était dans le pays jmôme de la race fémeline, que la Franche- 
Comté préfère de,pliip,^en plus à la variété dite tourache. On 
pouvait constater combien cette race fémehne est améliorée 
depuis que les éleveurs savent l'importance d'une bonne confor- 
mation, de If^ ûnes^e des membres, de la souplesse de la peau, 
comme signes de, la facilité d'engraissement. 

En effet, jamais tant d'animaux reproducteurs fémelins n'a- 
vaient été réunis ; on en comptait 144, tandis que toutes les 
autres races françaises n'offraient toutes ensemble que 65 télés. 
C'est la Haule-Saùne qui avait envoyé los plus belles hôtes; il 
faudrait citer un grand nombre d'éleveurs pour dire tous ceux 
qui s'étaient distingués, et nous ferions ainsi une sorte de répé- 
tition de la liste des prix que nous avons déjà insérée. Nous 
rappellerons seulement que les meilleurs taureaux fémelins 

(V Jonrnal d'agriculture pratique , no du 20 oclobre 1865. 



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- m — 

rtaicnt exposés par MM. Paroheminey, à ÂDchcnoncourt, et 
Vernior père, h Roye; el les meilleures vaches el génisses par 
MM. Grappe, à Charmoillc, el Palalieu, à Pont-du-Bois. 

Nos lecteurs savent que tous les ans les marchands herbngors, 
(lits Flamands, viennent acheter, dans la Franche -Comté, plu- 
sieurs milliers de bœufs pobr les engraisseurs des départements 
du Nord et de l'Aisne principalement. L'aptitude des fémelins à 
bien se mettre en chair explique cette spéculation. Nous avons 
vu des élablos ainsi magnifiquement garnies, notamment chez 
M. d*Haussy, à Arlos, près de Valenciennes, oh les fémelins 
utilisent très bien les pulpes de sucrerie et les drèches de dis- 
tillerie, mélangées do fourrages brisés et de tourteaux concassés, 
(chaque année, M. Grappe, de Cbarmoille, nous remet une sta- 
tistique du nombre de bœufs ainsi exportés. Nous devons encore 
à sa complaisance un dernier état intéressant : 

Du 10 mai 1863 au 10 mai 186i, il avait été exporté de 
Franche-Comté i/iGi bœufs, au prix moyen de 385 fr. l'un, 
j)0ur une somme totale de 1,795,640 fr. 

Du 10 mai 1864 au 10 mai 1865, l'exportation a porté sur 
4^454 bœufs par les chemins de fer, et 196 par voie de terre, en 
tout 4,650 bœufs, à 370 fr. l'un, pour une somme totale de 
1,720,500 fr. 

L'exportation de la dernière année s'est composée ainsi qu'il 
suit, selon les heux de provenance : 

De Vesoul, Montbozon et autres foires de l'ar- 
rondissement de Vesoul . . . 1J 00 bœufs. 

De Villersexel , 1,i00 

De Lure, Grange et autres lieux de l'arrondis- 
sement cfe Lure 100 

De Clerval 650 

Do risle-sur-le-Doubs 650 

De Baume-les-Dames et Vertel 750 

Do Besançon et Belfort 200 

Total .... 4,650 bœufs. 



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— <88 — 

On remarquera que, Tannée dernière, le nombre de bœufs 
vendus au Nord par la Franche-Comté n'a été inférieur que de 
44 à ceux vendus Tannée précédente; mais le prix par tête a 
été plus faible de 45 francs, ce qui explique la diminution de 
75,440 fr. qu*a subie le total. Cette diminution dans le prix des 
bœufs maigres correspond à Tavilissement général de toutes les 
denrées agricoles dans la dernière année. 

Les engraisseurs du Nord qui ne pourront cette année, à cause 
de la fermeture de nos frontières, ordonnée pour empêcher Tin* 
vasion du typhus, garnir leurs élables ou leurs herbages avec 
des bêtes hollandaises ou belges, viendront probablement en 
plus grand nombre dans la Franche-Comté. 

Parmi les races françaises diverses qui comptaient 65 têtes au 
concours de Besançon , on a surtout remarqué les animaux de 
race vosgienne, parmi quelques animaux flamands, bretons, 
lorrains. 

Les races étrangères comptaient 30 têtes Durham, 82 suisses, 
34 hollandaises, allemandes et anglaises diverses; il y avait, en 
outre, 55 animaux croisés Durham et 96 croisés de diverses 
races. Les meilleurs Durham avaient été envoyés par MH. de 
Scitivaux de Greische; André, à Ponl-à-Mousson ; Bresson, à 
Dommartin; Pargon, à Salivai; Pasquay, à Wasselonne. Los 
meilleurs animaux des races suisses étaient ceux de MM. Faucom- 
pré, le lauréat de la prime d'honneur; Diémer, à Strasbourg; 
Graber, à Couthenans. Les croisements étaient également bien 
représentés, et nous devons signaler encore les «^tables de 
MM. Monnot-Arbilleur, à la Chevillotte; Joboz, à Montorge; 
Guillegoz, à la ferme école de Saint-Remy; le comte de Lenon- 
court, à Bussièros. Notre lisle, nous le répétons, pourrait être 
plus longue encore, car le concours de Besançon a montré que 
ce pays d'élevage est vraiment dans une excellente voie. C'est là 
que sont les meilleures fruitières qu'il nous a été donné d'étudier 
avec quelque détail, et sur lesquels nous reviendrons, pour faire 
voir les avantages que les agriculteurs peuvent retirer de Tasso- 
ciation. 



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— 483 — 



XIII. 



Rapport fait aa nom de la sont-sectioii du Jury chargée d'appré- 
cier les animaux des espèces ovine, porcine et galline, par 
M. Leqnin. 

Messieurs , 

Chargé par mes honorables collègues de vous rendre compte 
des travaux de la commission chargée de décerner les prix dans 
la deuxième sous-section des animaux (espèces ovine, porcine et 
animaux de basse-cour), j*auroi Thonneur. de vous soumettre 
aussi brièvement que possible les différentes appréciations qui 
ont déterminé le choix du jury dans la distribution des récom- 
penses attribuées à cette partie du concours. 

Tout d'abord nous avons été frappés du peu d'inscriptions 
dans les diverses catégories de la race ovine et de l'infériorité de 
la notable partie des animaux présentés. Dans la pensée de votre 
commission, la principale cause de cette abstention doit être 
attribuée à Téloignement de la majeure partie des départements 
composant la région : la Moselle surtout n'ayant rien exposé. 
Nous avons également pensé que Télevage des hôtes ovines étant 
encore peu répanSu dans le Doubs, cette circonstance avait sur- 
tout contribué à diminuer la quantité des lots des hôtes ovines, 
qui jusqu'alors avaient beaucoup plus compté dans les concours 
qui ont eu lieu depuis sept ans dans notre région. 

Six départements, représentés par 36 exposants et 2i i animaux 
de différentes races et sous-races achetés et généralement élevés 
dans la région, forment l'effectif du concours. 

Le -département qui s'est particulièrement signalé, en raison 
sans doute de sa proximité du lieu du concours, est celui de la 
Haute-Saône , oU dix-huit exposants ont présenté cinquante-trois 
lots et ont obtenu seize prix partagés entre cinq exposants : cinq 
prix ont été attribués à M. Guiilegoz, directeur de la ferme-école 
de Saiot-Remy; quatre à M. Julien, à Marat; trois à M. Bois, 



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— 484 - 

cultivateur, à Fresne-Saint-Mamès ; deux à M. de Thorey, à 
Champlitte; deux enfin à M. Boulay, à Jonvelle. 

Ces récompenses prouvent que les cultivateurs intelligents du 
département de la Haute-Saône apprécient, à leur juste valeur, 
les résultats avantageux de Télevage du mouton sur un sol con- 
sacré pour ainsi dire exclusivement jusqu'alors à la spéculation 
•des bêtes bovines. Il est à désirer que le succès obtenu par les 
éleveurs de moutons de ce département les encourage à pro- 
gresser dans cette voie, et que le bon exemple gagne, de proche 
en proche, les éleveurs des départements environnants. 

Malgré son éloignement, le département do la Mourthe con- 
serve sa supériorité bien constatée dans l'élevage et le choix des 
bêtes ovines : sur neuf cultivateurs qui ont présenté trente lois, 
trois exposants ont remporté le restant des prix décernés pour 
cette espèce. 

MM. Pargon et de Scitivaux, que vous connaissez d'ancienne 
date, ont obtenu huit prix, dont six par le premier dans les six 
catégories oîi il avait exposé, et deux prix par M. de Scitivaux 
dans les deux catégories où il avait concouru. Un prix a été 
mérité par M. Brice, de Champigneules. 

Les départements des Vosges, du Haut et du Bas-Rhin et celui 
du Doubs, étaient représentés par neuf cultivateurs qui avaient 
présenté trente-deux sujets d'une infériorité relative , qui s'est 
complètement opposée à la récompense des animaux envoyés 
par ces départements. 

La première catégorie, race mérinos et métis mérinos, repré- 
sentée par quatre béliers et six lots de brebis, laissait beaucoup 
à désirer sous le rapport do la conformation et de la finesse de la 
laine. La commission, par ces motifs, n'a pu décerner deux des 
prix de cette catégorie. 

Les races à laine longue, représentées par dix-sept béliers et 

six lots de brebis, ne comportaient, pour les mâles, que deux 

prix qui ont été attribués aux béliers dishley de MM. Guillegoz 

et Pargon. 

Les deux prix aux femelles de cette catégorie ont été remportés 



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— 185 - 

par le môme M. Pargon et par M. Boulay, de Joavelle, pour 
doux lots de brebis dishiey, nées sur les exploitations de ces 
cultivateurs distingués. 

T^ généralité des sujets exposés par les dix autres concurrents 
dans CPtte catégorie, sont des croisements avec la race wurtcm- 
liergeoise, plus ou moins prononcés, et dont la laine et la struc- 
ture laissent beaucoup à désirer. 

La catégorie des races pures à laine courte a été mieux repré- 
sentée, par la race soulhdown surtout; elle était composée de 
onze béliers, dont quatre achetés chez des éleveurs étrangers à la 
n^cçion et sept nés chez les exposants primés. 

Le premier prix a été remporté par M. Bois, pour son jeune 
bélier né chez M. de Bouille; le deuxième par M. Pargon, et le 
quatrième par M. Guillegoz, pour les béliers de môme race. 

Le troisième prix, dans cette catégorie, a été remporté par le 
jeune bélier de race suisse de M. Boulay, de Jonvelle. LMnlro- 
duction de celte race mérite également d*ôtre encouragée : elle 
possède une partie des qualités qui distinguent la race soutb- 
down, rusticité et précocité d'engraissement; pour les habitants 
des campagnes, elle serait précieuse, en outre, par la couleur 
foncée de la laine, qui peut ôtre employée sans aucune dépense 
de teinture. 

Le premier prix de femelles de celte catégorie a été attribué à 
M. Pargon, pour un lot d'agnelles soulhdown nées chez cet 
('xposant, et le deuxième prix à M. Guillegoz, pour un lot d'a- 
gnelles de môme race nées chez M. de Thiac; les deux autres 
|)rix n'ont pu être discernés, faute de sujets. 

Il n*en a pas été ainsi dans la quatrième catégorie, croisements 
divers : vingt exposants de six départements ayant présenté 
trente-deux béliers et douze lots de cinq brebis, pour les sept prix 
iiccordés à celte catégorie toujours extrêmement nombreuse et 
malheureusement si variée. Malgré la médiocrité relative d'un 
grand nombre de sujets exposés, la commission, Messieurs, 
aurait désiré pouvoir donner quelques prix de plus pour récom- 
penser des croisements judicieusement faits. 



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— 486 — 

Dans les béliers, le premier prix a 6lé remporté par le bélier 
nnglo-mauchamp-ménnos appartenant à H. de Scitivaux; le 
deuxième prix a été décerné au bélier désigné par M. Julien 
sous le nom de métis-mérinos-croisé; le troisième prix au bélier 
southdown-lorrain appartenant à M. Pargon. M. Julien a égale- 
ment obtenu trois mentions honorables pour ses béHers exposés 
dans cette môme catégorie. M. de Scitivaux a aussi obtenu une 
mention honorable pour un bélier anglo-mérinos-mauchamp. 

Nous avons dit, Messieurs, que douze lots de brebis croisées 
se disputaient les quatre prix accordés aux femelles de cette 
catégorie : le premier prix a été remporté par M. Pargon ; le 
deuxième par M. Julien; le troisième par M. de Scitivaux, pour 
leurs lots de cinq brebis appartenant aux mômes races que celles 
des béliers ci-dessus primés ; le quatrième prix a été remporté 
|)ar M. Brice, pour un lot de brebis dishley-mérinos nées chez 
cet exposant; une mention honorable a été accordée à AL Guille- 
goz, de Saint-Remy (Haute-Saône), pour son lot de brebis métis- 
mérinoscroisées. 

Dans l'exposition ovine, le jury a remarqué d*une manière 
toute spéciale les animaux qu'exposait, hors concours, la bergerie 
impériale des Chambois, commune de Champlitte (Haute-Saône), 
oii vient d'être transféré l'ancien troupeau de Gevrolles. Un 
spécimen des deux races qu'entretient cet établissement figurait 
à l'exhibition de Besançon; ce sont : 4* un bélier et cinq brebis 
de race mauchamp' pure; 2** un bélier et cinq brebis de race 
roauchamp-rambouillet. La race mauchamp a rendu et rend 
encore de grands services aux troupeaux mérinos. Les principaux 
éleveurs du Ch<ltillonnais et du Dijonnais y ont eu recours depuis 
longtemps; et, par l'introduction de ce sang, ils ont amélioré 
d'une manière très remarquable la- toison du mérinos , en lui 
donnant du brillant et un soyeux tout particulier, ainsi qu'en 
allongeant la mèche devenue aussi plus nerveuse. 

Le jury a été très heureux de constater ce fait sur les animaux 
(xposés à Besançon, et il remercie M. Lefèvre, l'intelligent 
liirecteur de la bergerie impériale des Chambois, d'avoir mh 



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- 487 — 

sous ses jeux se» beaux spécimens des deux races dont nous 
venons de parler {*). 

Je riens encore, Messieurs, réclamer quelques instants d'in- 
dulgence pour vous entretenir de l'espèce porcine qui, à d'autres 
titres, se recommande à votre bienveillante attention. 

La première catégorie, races indigènes pures ou croisées entre 
elles, était composée de douze verrats, dont la plupart étaient 
généralement beaux comme types de la race du pays. Nous 
avons accordé le premier prix à un verrat bressan appartenant 
à M. Legrand, à Saint-Juan (Doubs); le deuxième prix à M. Ber- 
ger, à Vy-lez-Filain (Haute-Saône); le troisième à M.* Vernier 
père, à Roye (Haute-Saône) ; le quatrième à M. Aubert, Louis, 
àNeuviller (Meurthe). 

La commission a rejeté tous les verrats trop élevés sur jambes 
et trop osseux. Dans les femelles de cette catégorie, les choix 
ont été plus difficiles , les quatorze sujets qui la représentaient 
étant tous généralement bien conformés. Le premier prix a été 
donné à une bressane appartenant è M. Minary, de Besançon; le 
deuxième h H. Vernier père, pour une craonnaise blanche ; le 
troisième pour une bressane blanche et noire appartenant à 
M. Monnot-Arbilleur, à la Chevillotte; le quatrième à M. Fau- 
compré, pour sa bressane noire et blanche. 

En outre, la commission a accordé deux mentions honorables 
à MM. Vernier père, et Aubert, Louis. 

La deuxième catégorie, races étrangères pures ou croisées 
entre elles, se composait de vingt-deux sujets généralement bien 
conformés. Les prix ont été décernés, par ordre de mérite, à 
MM. Harmand, de Fontenoy-le-Château (Vosges), pour un verrat 
newleicester blanc; de Scitivaux, pour un verrat de même race; 
Monnot- Arbilleur, pour un berkshire-hampshire ; André, de 

P) En reproduisant, dans le Journal d'agriculture pratique (D«du90 oc- 
tobre 1865), toute la partie qui précède du rapport de M. Lbquin» M. Barral 
a ajouté : c Nous enregistrons avec satisfaction le témoignage donné au 
fils de notre regretté collaborateur et ami Elisée Lbpâvrb, qui a tant fait 
poor la eoDserration de la précieuse race de Mauchamp. > 



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— 188 - 

Poat-à-Mousson , pour un hampshire noir; Diémer, de Stras- 
bourg, pour un berkshire noir et blanc. 

Une mention honorable a été accordée à M. Faucompré, pour 
un coleshill blanc né à la ferme impériale de la Saulsaie. 

Les femelles de cette catégorie, très belles en général, n'ont 
laissé à la commission que l'embarras du choix. Le premier prix 
a été accordé à M. de Scitivaux, pour une (ruie newleicostor, 
a{;ée de six mois; le deuxième à M. Diémor, pour une berkshiro 
blanche et noire; le troisième à M. (>ollignon, de Nancy, pour 
une jeune truie blanche mouchetée, née chez M. Eubriet, à Neu- 
viller; lô quatrième h M. Robin, à Seing (iïaute-Saône), pour 
une berkshire noire; lo cinquième à M. Auberl, Louis, pour 
une Windsor blanche. Il a été, en outre, décerné quatre montions 
honorables à MM. Collignon, Robin, Pargon et Radat, à Ber- 
gheim (Haut-Rhin). 

L'embarras de la commission s'est encore accru lorsqu'il a 
fallu répartir les deux prix accordés pour les ilix mAlos de la 
troisième catégorie, croisements divers, et surtout pour les trois 
prix accordés aux vingt-deux femelles de cette même catégorie, 
qui certes étaient les plus remarquables de l'exposition. 

Le premier prix des Ynâles a été remporté par le jeune verrat 
IVançais-middlesex de M. Guignard, de Scye (Haute-Saône), et le 
deuxième par le verrat croisé noir appartenant à M. Jobez, de 
Montorgo; une mention honorable a été accordée à M. Bresson, 
de Dommartin (Vosges), pour son verrat yorkshire-français. 

Le premier prix des femelles a été remporté par M. Guignard ; 
le deuxième par M. Bresson; le troisième par M. Jobez. Cinq 
mentions honorables ont été accordées à MM. Charpy, de Be- 
sançon; Aubert, Louis; Faucompré, Diémer et Glorget, de Be- 
sançon, dont les truies exposées étaient très recommandables. 

L'ensemble de l'exposition des animaux de basse-cour n'offrait 
rien de bien remarquable, surtout dans la nombreuse famille des 
gallinacées. 

Un lot de chèvres suivies de leurs chevreaux et d'un jeune bou^^ 
s«>yeux, appartenant à M. Faucompré, a obtenu une médaille 



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— 189 — 

d'argent et 40 fr. Cet honorable exposant nous a déclaré que 
cinq chèvres de cette race d'Appenzell fourniraient autant de lait 
qu'une vache valant 300 fr., donnant en moyenne six à sopt 
litres de lait par jour. Ce lait de chèvres est employé avec celui 
des vaches pour la fabrication des fromages de Gruyère, el le 
fromage provenant de celte fabrication particulière est vendu le 
plus cher de la contrée. 

^ Dans les gallinacées, nous avons remarqué la collection de 
pigeons pn'spnli'e jiar M. Joseph Graber, intéressante surtout 
par la variété dos sujets exposés; nous lui avons accordé la 
deuxième médaille d'argent et 40 fr. La troisième médailln 
d'argent et 40 fr. ont été attribués à M. Vernier, de Royc, pour 
l'enseroblo de sa collection. L'exposition de M"* Munier, do 
Besançon , se recommande également par le bon choix el la 
variété dos pigoons exposés : chaque amateur y pourra trouver 
SOS sujets do prédilection ; nous lui avons accordé une médaille 
de bronze el 30 fr. A M"^ Tardy, de Rigney, une médaille de 
bronze et 25 fr., pour l'ensemble de son exposition composée do 
coqs et poules de Crèvecœur el du pays. Enfln des médailles do 
bronze él 20 fr. à chacun des lots exposés par MM. Charpy, do 
Besançon; Martin, deBusy; Galoche, de Besançon; Mamy, do 
Conflans; M"« Faucompré; MM. Séverac, de Saint-Ferjeux ; 
Rollel, de Saint-Vil; Auguste Vernier, de Lure. 

Des récompenses moins importantes ont été accordées à divers 
autres lots de volailles. 

Nous terminons la nomenclature, longue déjà, des prix accor- 
dés aux animaux des espèces ovine, porcine el de basse-cour, 
exposés au concours régional de Besançon , en déclarant que la 
remarquable exposition de l'espèce porcine offre la généralité du 
l>pe le mieux approprié aux besoins si variés des éleveurs de 
notre région. 



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— 490 — 



XIV. 

Rapport fait an nom des deux sona-sections du Jury chargeas 
d'apprécier les instruments agricoles, par M. J.-A. Barrai. 

Messieurs, 

Il est une opinion erronée que ce concours peut détruire, opi- 
nion néanmoins si bien enracinée dans les esprits qu'elle est 
passée à Tétat de vérité qu'on ne discute pas. Le cultivateur, 
dit-on, est adonné à une routine séculaire; il est rebelle aux 
progrès : les beaux animaux, les nouvelles machines restent 
r-apanage des agriculteurs amateurs qui portent des habits; mais 
sous la blouse gauloise on reste fidèle aux races antiques qui 
viennent comme elles peuvent , aux instruments légués par les 
ancêtres , aux vieilles pratiques rurales. Ceux qui pensent ainsi 
ajoutent encore : Vous vous agitez en vain dans vos solennités 
départementales, régionales, nationales ou même universelles; 
la masse des cultivateurs ne vous suit pas; elle reste sourde à 
vos appels « immobile dans sa méfiance pour les théoriciens et 
les novateurs. — Eh bien ! tout cela était peut-être vrai il y a 
quelques dizaines d'années; mais aujourd'hui il ne faut plus 
parler d'une routine régnant en souveraine incontestée, aveu- 
glément obéie. 

Jetez, en effet. Messieurs, vos regards sur cette exposition de 
machines agricoles et d'instruments aratoires, que beaucoup 
d'entre vous cependant trouvent trop restreinte et eussent désirée 
plus nombreuse et plus variée encore. Reportez-vous ensuite à 
quelques années en arrière : rappelez-vous .l'état déplorable du 
matériel agricole décrit par les auteurs du commencement de ce 
siècle; souvenez-vous seulement des premiers concours régio- 
naux inaugurés il y a dix ans, et tout d*un coup la route par- 
courue vous semblera immense. Ce ne sont pas quelques-uns 
seulement qui se sont laissé emporter par le mouvement ; c'est 



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— m — 

tout le inonde, môme ceux qui doutent, môme ceux qui nient. 
La démonstration du fait est facile à donner. 

Avant tout, constatons combien d'hommes habiles s'occupent 
avec soin de la transformation du matériel agricole, combien 
d'établissements se sont fondés et qui prospèrent en fabriquant 
des machines perfectionnées. Nous ne citerons que les construc- 
teurs qui ont exposé à Besançon. Le silence sur leurs noms doit 
être une leçon pour ceux qui ont eu le tort de s'abstenir. 

Tout près d'ici, à Dole, vous avez M. Damey, dont l'esprit 
d'invention toujours actif a été récompensé par une véritable 
vogue qui s'étend bien au delà de cette région. Un peu plus loin, 
h Colmar, MM. Heylandt et Sitter ont commencé, il y a neuf 
ans, le commerce des instruments reconnus les meilleurs; ils 
ont trouvé une clientèle tellement nombreuse, tellement dési- 
reuse de perfectionnement, qu'ils se sont mis à construire eux- 
mêmes plusieurs machines nouvelles, d'après des modèles ayant 
déjà fait leurs preuves et convenablement modiûés pour mieux 
s*adapter aux conditions de sol et de climat de la contrée. 

Ces maisons n'ont d'abord livré des instruments que pour 
quelques milliers de francs par an, puis pour des dizaines de 
mille francs : aujourd'hui, le chiffre de trois cent mille francs est 
dépassé. 

Nous devons encore mentionner les deux maisons Harter, de 
Colombey-les-deux-Eglises, dans la Haute-Marne; M. Rossignot, 
à Arc (Haute-Saône) ; M. Grandclément, à Moncley (Doubs). 
Ces fabricants font des machines à battre qui ont justement 
appelé l'attention; ils s'efforcent de rendre leurs manèges aussi 
resserrés que possible, pour les faire pénétrer dans les plus 
petites exploitations rurales dont l'exiguité des habitations exige 
parfois qu'on fasse violence aux lois d*une saine mécanique. 

C'est bien la preuve que les perfectionnements entrent sous le 
chaume rustique. Mais il y a mieux encore : les charrons des 
villages ont déployé bien large le drapeau du progrès. La charrue 
qui a obtenu la médaille d'or a été fabriquée par François Ecoffet, 
à Echenoz-la-Mélioe (Haute-Saône). Ce simple charron a déjà été 



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— 492 — 

vainqueur il y a deux ans au concours de Vesoul : il revient cette 
fois avec de nouvelles améliorations; il a fait un versoir d*une 
forme remarquable, imité de Dombasle, mais modiûé de manière 
à bien labourer les terres pour lesquelles Tinstrument est cons- 
truit. M. Nicoley, de Battenans (Doubs), à qui a été décernée 
une médaille d*argent, est dans le même cas. 

Dans bien d'autres villages on trouverait un fait identique à 
signaler. MM. Corroy, Vermorel, Presson, Coudor, Virey, Peu- 
geot, qui ont amené de si nombreux tarares, trieurs, hache- 
pailles, coupe-racines, dont la perfection est si cocnplète en môme 
temps que le prix si réduit, qu*on ne sait pas si des améliorations 
sont encore possibles, représentent tous des fabriques vraiment 
rurales. On chercherait en vain le hameau oîi prospère un 
homme faisant un instrument n'ayant rien emprunté aux 
inventions nouvelles. 

Oui , Messieurs , je me suis mis à la recherche de la routine, 
j*ai fouillé partout; mais je ne saurais dire oii s'est réfugiée, 
pour panser ses blessures, cette déesse du passé. 

Mais si nous revenons sur le champ du concours, que de con- 
quêtes définitives nous verrons pour réjouir nos esprits et affer- 
mir nos convictions ! 

Ce sont d'abord les machines à vapeur iixes et locomobiles, 
ici représentées par celles de MM. Damey et Durenne, que nous 
apercevrons. N'est-ce pas avec une sorte de contentement mêlé 
de surprise, que nous constaterons qu'elles étaient inconnues 
dans l'agriculture il y a douze ans à peine, et qu'aujourd^hui il 
en existe plus de dix mille dans nos exploitations rurales? Et les 
machines à battre que les académies, il y a cinquante-cinq ans, 
condamnaient comme ne devant jamais être employées dans los 
fermes, on en compte plus de 2^0,000 en mouvement dans nos ' 
89 départements; quelques villages de cette région peuvent en 
montrer 8, 10 et môme 20. 

Voici maintenant les machines à faire les tuyaux de drainage, 
puis les machines à semer, à rouler, à sarcler, à faucher, à faner, 
à râteler, à moissonner I Presque toutes, elles datent à peine de 



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— m — 

ces derniers ans, et yojoz cependant comme elles se multiplient. 
Interrogez les fabricants; ils vous donneront de longues listes de 
personnes de tous les rangs qui les ont achetées, malgré Tincré- 
dulité universelle qui avait salué leur première apparition. Go 
n*est pas, croyez -le bien, pour les mettre sous lo hangar que le 
cultivateur, dont Téconomic est proverbiale, en a fait TemplfUte. 
Si quelques riches amateurs seulement se les étaient données 
conkme un luxe inutile, on n'en eût fabriqué qu'un bien petit 
nombre ; mais on les a achetées par milliers : par conséquent, 
elles rendent des services sérieux. 

Us ne sont plus rares et isolés aujourd'hui les agriculteurs qui, 
à l'exemple de MM Faucompré, Monnot-Arbilleur, Jobez, 
Bérdoux, Vernier, pourraient amener dans les expositions un 
matériel agricole perfectionné et complet, ayant fonctionné toute 
l'année. Mais il faudrait les convoquer dans les concours pour se 
rendre un compte exact des progrès déjà faits et des progrès à 
désirer. On verrait en face les uns des autres les constructeurs et 
les cultivateurs; ceux-ci ensei^eraient souvent à ceux-là la voie 
dans laquelle ils devraient s'engager pour rendre leurs inven- 
tions plus rapidement fécondes encore. 

Ainsi, .Messieurs, les petites fermes comme les grandes pren- 
nent part au progrès de l'agriculture moderne. Lors même que, 
par suite des accidents météorologiques qui, jusqu'à présent, sont 
supérieurs à l'influence humaine, les circonstances sont défavo- 
rables an changement de matériel agricole et aux transformations 
rurales qui demandent de grands capitaux, la marche en avant 
ne s'arrête pas. 

L'impulsion a été donnée par des hommes d'un âge déjà mûr 
aujourd'hui ; leurs cheveux blanchissent et tantôt ils disparaîtront. 
Mais les jeunes cultivateurs ne cherchent pas à faire résistance 
au mouvement; ils l'accéléreraient plutôt volontiers dans leur 
noble impatience juvénile. 

Nous avons vu mourir quelques-uns de ceux qui avaient été 
DOS compagnons dans la première lutte; leurs ûls les ont immé- 
diatement remplacés, en se faisant honneur de maintenir toutes 

* 43 



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Googl^ 



— 194 — 
les traditions actuelles. D'autres fils aident leurs pères fatigués. 
Nous pourrons donc tous disparaître à notre tour sans une 
arrière - pensée d'inquiétude; une forte génération agricole, 
aimant la vie des champs et croyant à la grandeur de la patrie 
appuyée sur la prospérité de Tagriculture, est prête à poursuivre 
l'œuvre du progrès. 



XV. 

Rapport fait an nom de la sons-section dn Jnry chargée d'appré- 
cier les prodnits agricoles, et proclamation des récompenses 
dn conconrt dliorticnltnre, par M. Ch. Grenier. 

Il appartenait à une voix plus autorisée que la mienne de 
rendre compte de Texamen des produits agricoles; et je n*aurais 
point osé accepter cet honneur, qui pour moi n*est pas sans périJ, 
si je n'avais compté sur le concours bienveillant et éclairé de 
mes honorables collègues, et spécialement sur celui de notre 
digne vice - président le baron de Tricornot. Je le dis avec 
reconnaissance, rien ne m'a fait défaut. C'est donc l'œuvre de 
mes collègues que je vais avoir l'honneur do vous présenter, 
heureux si j'ai été l'interprète fidèle de leurs pensées. 

Dans ce rapport, dont l'aridité a besoin de toute votre indul- 
gence, nous avons voulu être vrai avant tout. Je ne dissimulerai 
donc pas qu'en entrant sous la tente des produits agricoles , la 
commission a constaté, avec une pénible surprise, une pauvreté 
qui s'accusait d'autant plus énergiquemeut qu'elle était accolée à 
notre magnifique exhibition d'animaux. Chassons les illusions, et 
avouons que, pendant que les concours d'animaux prennent chaque 
année une extension plus grandiose , les expositions de produits 
agricoles diminuent et tendent à disparaître. Il y a là, sans 
doute, un mal radical qu'il importe de pallier ou mieux do guérir, 
si c'est possible. Ce mal ne résiderait-il pas dans les formalités 
imposées aux cultivateurs, pour qui les moindres écritures sont 
une grosse affaire? Ne pourrait-on, dans ce cas, les simplifier? 



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— 495 — 
Le mal ne tiendrait-il pas plutôt au mode admis de distinctions 
purement honoriûques? Car tout exposant, môme heureux, est 
toujours certain de payer sa gloire, puisqu'il ne peut prétendre 
à aucune rémunération pécuniaire. La commission se permet 
donc d'appeler très sérieusement sur ce point Tattenlion du gou- 
Temement. Elle pense encore qu'un moyen de donner du lustre 
et de la Vie à cette sorte de concours, serait d'y adjoindre les 
produits horticoles, qui apporteraient à ces fêtes leur valeur 
propre , leur éclat et leurs charmes ordinaires , tout en prenant 
une importance à laquelle ils peuvent légitimement prétendre. 

MÉDAILLES d'oR. 

Deux noms, déjà avantageusement connus dans les concours, 
se sont présentés entourés d'un riche cortège de produits réelle- 
ment distingués : ce sont ceux de MM. Hudelot et Poignand. 

M. Hudelot a, pendant de longs moments, captivé le jury par 
l'exposition simple et naïve de tous les essais qu'il a tentés pour 
améliorer la culture de la vigne. Ses divers systèmes de culture 
ont mérité l'approbation du jury, qui a pu se convaincre, pièces 
sous les yeux, que les moindres pratiques anciennes ou nouvelles 
ont été, au point de vue expérimental, sévèrement interrogées 
par M. Hudelot, et que toutes ses innovations sont basées sur 
des expériences sérieuses. Ces études ont paru au jury dignes 
d'un honorable encouragement. 

Mais il est une seconde partie de l'exposition de M. Hudelot 
qui a plus vivement intéressé la commission : c'est le semis^ 
bouture de vigne, autour duquel il s'est fait récemment tant de 
bruit en France et à l'étranger. La commission a pu voir des 
nœuds semés il y a trois semaines et déjà pourvus de tiges qu£ 
atteignaient un décimètre ; les racines de ces jeunes pieds n'é- 
taient encore représentées que par de petits tubercules blan- 
châtres situés sur les deux faces de section du nœud. Puis 
venaient des pieds semés l'an dernier à pareille époque, et pour- 
vus de grandes racines que surmontaient des tiges de soixante 
centimètres. Enfin, la série se terminait par des ceps provenant 



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— 496 — 

de semis pratiqués il j a deux ans, et qui entraient ainsi dans 
leur troisième vég^tion. Ceux-là étaient munis d'un chevelu de 
racines qui ne laissait plus rien h désirer, f^ leurs tiges por- 
taient de belles grappes qui, sur un pied, étaient au nombre de 
sept. 

La commission n'ayant pu constater que des résultats, sans 
se rendre compte des difficultés qui ont entouré leur réalisation, 
sans être à mén^ d'apprécier s'il y a là une méthode réellement 
pratique et susceptible de devenir d'un emploi vulgaire, ou s'il ne 
s'agit que d'un procédé de luxe destiné seulement à l'horticulture 
avancée, la commission ne se prononce pas sur la place à assi- 
gner au procédé Hudelot dans la culture de la vigne; mais elle 
ne doute pas que ces recherches, basées sur des expériences 
soigneusement et consciencieusement faites, ne lèguent à la 
viticulture de précieux enseignements. En conséquence, elle 
décernei à M. Hudelot une médaille d'or. 

La récente fortune du brome de Schrader montre bien qu'en 
agriculUure le moindre petit brin d'herbe peut devenir un trésor. 
Honneur donc aux hommes dévoués qui , sans espoir de com- 
pensation pécuniaire, et mus par ce noble amour-propre qui 
consiste à doter l'humanité d'un élément nouveau de bien-être, 
consacrent leur vie à pratiquer à leurs frais des recherches dont 
ils ne profiteront pas, et qui, fussent-elles^ couronnées de succès, 
laisseront peut-être leur nom dans l'oubli I Car, qui sait le nom 
du premier qui planta la vigne, du premier qui sema le blé, et 
de tous ceux qui ont enrichi nos jardins de ces légumes et de ces 
fruits qui font nos délices? M. Poignand, de Buthiers (Haute- 
Saône), s'est présenté devant le jury avec une exposition de maïs 
véritablement splendide. La multiplicité des formes le dispute à 
la beauté et à la richesse des variétés. Mais ce que le jury a 
surtout admiré, c'est l'extrême pureté des races que M. Poignand 
est arrivé à créer par une iulelligente sélection. En présence 
do ces magnifiques résultats, on est tenté de remettre, avec 
Darwin , le sceptre de la création aux mains de la sélection 
toute-puissantr. 



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— «97 — 

M. Poignand ne 8*en est point tenu là. Il ne s'est |mis boirné à 
offrir un produit perfectionné; il a aussi perfectionné son emploi, 
cl arec un instrument des plus simples, presque grossier, il a 
fabriqué les produits les pius variés : farine fine et grosse, 
semoule, tapioka, graiiules simulant le riz, etc. , tout cela sort 
d'une espèce de petit moulin à café en fonte. De pareils travaux 
06 peuvent manquer de donner au maïs, dans Talimentalion , 
uue extension beaucoup plus grande que celle qui lui est accordée 
aujourd'hui. En conséquence, la commission a décerné à M Poi- 
gnand une médaille d'or. 

MÉDAILLES d'aRGENT. 

Le concours des fromages qui, pour le Gruyère, devait se 
présenter dans notre département avec une extension insolite, a 
été, à notre grand regret, presque nul. Heureusement, la qualité 
n'était point en rapport avec notre pauvreté; lejury a constaté 
avec satisfuclion Texcellente qualité des fromages de M. Faueom- 
pré, et lui a décerné une médaille d'argent. 

M. le vicomte Chiflet fabrique, à Recologne (Doubs], des 
fromages de Septmoncel d*une qualité vraiment distinguée. Le 
jury, désirant honorer et encourager cette heureuse tentative, a 
accordé à M. Chiflet une médaille d'argent. 

Les laines lavées de M. Renaud, de Besancon, ont été très 
favcHrablement appréciées, et le croisement du mériooti^nnni- 
champ avec notre race locale a paru renfermer une idée féconde 
qui devait recevoir un encouragement. Le jury a d<)no déoei^lié 
une médaille d'argent à H. Renaud. 

M. Bataillard, d'Audeux, recommandable par ses ecoslailils 
efforts pratiques, et par ses publications donl le but est l'atiéiio- 
ration de nos prairies naturelles et artificielles, a ejiposé imr série 
de graines et de céréales qui lui a mérité une ml^daiik) d'argMil. 

MÉDAILLES DE BRONZE. 

A c6té des grandes meules de fromage dofrt nous i^atlifMis 
kwt à rhoure, se trouvait wtie peiUe boite ronfernïMfl troia 



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— 498 — 
humbles disques de fromage dont le diamètre n'excédait pas 
quinze centimètres; ils se tenaient là si modestement, qu'ils 
auraient pu passer inaperçus. Il n'en a rien été : dégustés par 
les membres du jury, ils ont été trouvés fort bons et honorés 
d'une médaille de bronze, décernée à M. Bresson, de Dam- 
martin (Vosges). 

Sans avoir la valeur des fromages de M. Faucompré, celui de 
M. Mauron, de Velet'( Haute-Saône), a mérité une médaille de 
bronze. 

Les eaux-de-vie n'étaientp as représentées, et les kirschs ne 
l'étaient qu'incomplètement. Le jury, cependant, a distingué 
celui de M. Deschaseaux, d'Aillovillers (Haute-Saône); celui de 
M. Noël, d'HarsauU (Vosges); celui de M. Favre, de Ribeauvillé 
(Haut-Rhin), et a décerné à chacun d'eux une médaille de bronze. 

Enfin, une médaille de bronze a été accordée à M. Wild, de 
Strasbourg, pour ses enveloppes de bouteilles, qui sont bien 
faites et réalisent les avantages annoncés par l'inventeur; ce qui 
est rare. 

MENTIONS HONORABLES. 

La commission a vu avec un profond regret Tabsence absolue 
des vins franc-comtois. 

Je sais que le cercle administratif qui nous limite ne nous 
permettait pas d'appeler sur nos gradins les excellents vins du 
Jura. Ainsi, point de Salins, point de ce pétillant Arbois qui 
réjouissait Henri IV. Le Château-Chalon lui-môme, cette perle 
que les coteaux espagnols détachèrent de leur diadème, en signe 
d'adieux, pour en enrichir le nôtre, alors que la Franche-Comté 
échappait aux mains de l'Espagne pour revenir à tout jamais 
française, le Château-Chalon lui-môme eût vainement frappé à 
notre porte. Malgré ces pertes capitales, n'avions -nous pas 
encore le charmant Vuillafans, le Mouthier plus nerveux , le 
Liesle, le Byans, le Buffard, le Châtillon-le-Duc, le Miserey, ce 
modeste rival du Château-Chalon, et bien d'autres encore? Et 
pourquoi, retenu par une fausse honte, ne citerais-je pas en outre 



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— 199 — 

notre Trois-Châtels, qui couronne les abords de cette ville? Il y 
avait là encore matière à une riche exhibition; et je ne puis 
m*empécher, vieux franc-comtois mécontent, d'adresser à l'a- 
pathie du pajs que j'aime un blâme solennel, et de prendre en 
son nom l'engagement d'une sérieuse revanche dans un prochain 
avenir. 

Les vins de la Moselle manquaient également; et la commis- 
sion n'a eu à se prononcer que sur deux lots de vins dits du 
Rhin de la rive gauche, présentés par MM. Favre et Vianello. 
Ces vins, de qualité moyenne et bien distants des qualités distin- 
guées du Haut-Rhin, ont obtenu une mention honorable. 

Vu l'altitude du lieu (près de 1,000 mètres), les céréales et les 
graines exposées par M. Prélot, de Maîche (Doubs), ont éveillé 
l'intérêt des membres du jury. Mais l'impossibilité de juger la 
valeur des difficultés vaincues a décidé le jury è se borner à 
appeler sur ces utiles travaux la sollicitude de la Société d'agri- 
culture du Doubs 

C«iicttars d^littrllcallare. 

Légumes forcés et bonne tenue des jardins. 

Prix : médaille de vermeil offerte par M. le marquis de Cone- 
gliano et décernée à M. Boisson, Francis, jardinier aux Chaprais; 
plus une prime de 50 francs. 

Légumes forcés, 

l*' prix : médaille d'argent et prime de 40 fr. à M. Déliot, 
jardinier, à Fontaine-Argent. 
9^ prix : médailles de bronze et prime de 25 francs : - 
Ex œquo : MM. Cornemillot, jardinier aux Chaprais; 

Arbey, jardinier à la préfecture. 
Mention honorable et prime de 15 fr. à M"' Vincent, jardi- 
nière, à la Viotte. 

Légumes de pleine-terre. 

Prix : médaille de bronze et prime de 30 fr. à M. Roset, 
Auguste, jardinier aux Chaprais. 



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— 200 — 

Fruits consefmés. 

Médaille d*argeDt offerte par H. le marquis de Conegliano et 
décernée à H. Goulet, jardinier-amateur, à Besançon. 

Médaille d'argent et prime de 50 fr. à M. Batiset, Joseph, 
jardinier de M. Just Détrey, aux Tilleroyes. 

Mention honorable à M"*' de Poinctes. 

Fleurs et plantes d'ornement, 

l''^ prix : médaille de vermeil «offerte par M. le marquis de 
Conegliano et décernée à M. Lavigne, François , jardinier-pépi- 
niériste, aux Gbaprais. 

â* prix : médaille d'argent offerte par M. le marquis de Cone- 
gliano et décernée à M. Sancey, jardinier-amateur, à Montjoux. 

Médailles d'argent et primes de 40 francs : 

1® A M"' veuve Verly, fleuriste aux Chaprais; 

2® A. M Roset, Charles, fleuriste, à Fontaine-Argent; 

3" A M Pommier fils, jardinier-fleuriste aux Tilleroyes; 

3' prix : médaille de bronze et prime de 30 fr., offertes par 
M. le marquis de Conegliano, décernées à M. Lhuillier, jardinier 
de M. E. Bretillot, à Saint-Ferjeux. 

Travaux intelligents et longs services. 

Médailles de bronze et primes de 20 francs : 

4* A M. Arbey, jardinier à la préfecture ; 

2* A M. Poichet, jardinier de M. Philibert, à la Grango-Sery. 

Objets d'art et d'industrie horticoles. 

Médaille de bronze à M. Plasson, fabricant de kiosques et 
paillassons, à Chalon-sur-Saône. 

Cantharidiculture avec mémoire à Vappui. 

Médaille de bronze offerte par M. le marquis do Conegliano et 
décernée à M** A. Lacroix, propriétaire, à Rioz. 



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— 20< — 

XVI. 

Distribution tolenneUo des récompsnsss. 

Le dimanche 7 mai , à une heure de raprès-midi, a 
eu lieu la cérémonie de clôture du concours régional. 
La fête a été favorisée par ce radieux soleil qui semblait 
avoir pris Tœuvre sous sa protection et a si puissam- 
ment contribué à son succès. 

La distribution des récompenses tirait un éclat excep- 
tionnel de la présence de l'illustre maréchal Forey, com- 
mandant supérieur du troisième corps d'armée. Son 
Excellence, qui avait bien voulu accepter la présidence 
de la solennité, occupait le centre d'une estrade riche- 
ment tapissée et pavoisée. A sa droite était M. le Préfet 
du Donbs, et à sa gauche M. Cazeaux, inspecteur géné- 
ral de l'agriculture, commissaire général du concours. 
La plupart des hauts fonctionnaires de la ville, en grand 
costume, siégeaient également sur l'estrade, avec MM. 
les membres du jury et les commissaires du concours. 
On y remarquait en outre nos deux députés, M. le mar- 
quis de Conegliano et H I^tour du Moulin , venus 
exprès pour témoigner à l'agriculture leurs vives sympa- 
thies. Sur le devant de l'estrade était exposée la belle 
coupe d'argent qui est remise au titulaire de la prime 
d'honneur. A droite et à gauche avaient été ménagées 
des places pour les invités et les exposants. On y voyait 
un grand nombre de dames en riches et fraîches toilettes. 

Le cortège départemental et municipal, escorté par 



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— 202 — 
la compagnie de sapeurs-pompiers , musique en télé, a 
été reçu à l'entrée du pont de Chamars par M. le Com- 
missaire général, ses adjoints et les membres du jury. 
Les autorités militaires se sont rendues isolément à la 
cérémonie. Son Excellence ayant déclaré la séance ou- 
verte, M. le Préfet a pris la parole et s'est exprimé ainsi : 

Messieurs , 

Faire l'éloge des concours régionaux , mellre en relief les 
progrès que noire agriculture doit à leur influence, serait désor- 
mais, ce me semble, un soin superflu. Les résultats obtenus 
depuis 4850, date de leur origine, frappent tous les regards 
attentifs, parlent plus haut et plus éloquemment que ne le pour- 
rait faire aucune voix. 

Comme toutes les créations dues à la féconde initiative de 
l'Empereur, les concours régionaux sont venus à leur temps; ils 
ont atteint le but proposé , ils ont pris place, une place utile et 
largo, parmi nos institutions nationales. Rien ne le prouve mieux 
que le spectacle que nous avons aujourd'hui sous les yeux. 

En effet, la ville de Besançon est située à l'extrémité de la 
circonscription régionale à laquelle elle appartient. C'est un 
voyage, un long voyage à faire pour y arriver des départements 
de la Lorraine et de l'Alsace; et cependant, parmi les animaux 
qu'abritent les magnifiques ombrages de Chamars, un très grand 
nombre nous vient de ces départements. 

Certes, cotte difficulté de l'éloignement, qui n'arrête plus nos 
agriculteurs, la quantité et la qualité des animaux exposés, 
prouvent assez que le mouvement agricole, qui s'est produit diez 
nous depuis quelques années, se continue et s'accélère chaque 
jour dans les voies du progrès. 

Messieurs, la Providence a placé notre pays dans les conditions 
les plus favorables. La variété et la richesse du sol de la France, 
son climat tempéré, l'intelligence active et ingénieuse de ses 



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— 203 — 

habitants, semblaient devoir lui assurer à toutes les époques une 
grande prospérité et un rang privilégié dans la voie des amélio- 
rations agricoles. 

En remontant, en effet, jusqu*aux origines de notre histoire, 
on voit que dans Tancienne Gaule Tagriculture était en grand 
honneur et ses pratiques relativement très avancées. Les Gaulois 
cultivaient les plantes fourragères et légumineuses ; ils en nour- 
rbsaient leurs troupeaux ; ils les enfouissaient en vert pour la 
fumure de leurs terres ; ils employaient comme amendement le 
plâtre et la chaux ; ils connaissaient Futilité de Técobuage ; ils 
alternaient les récoltes et pratiquaient la théorie des assolements. 
Pline nous apprend qu*ils s*occupaient aussi avec succès des 
machines; il attribue à nos pères Tinvention du crible, des ton- 
neaux, de la roue adaptée à la charrue, et celle d*un chariot 
remplissant avec succès Toffice de nptre moissonneuse moderne. 
Le même autour fait aux Gaulois Thonneur d*une invention par- 
ticulièrement chère à la Franche-Comté, celle de la fabrication 
des fromages. 

Dès avant la conquête romaine, la Gaule cultivait la vigne, le 
figuier, l'olivier; en céréales elle ne produisait, il est vrai, que 
le seigle, Tavoine et Torge ; mais le froment y ayant été introduit 
sous le règne d'Auguste , les progrès de cette culture nouvelle 
furent si rapides que, dès le temps de Pline, nous disputions aux 
blés de la mer Noire le marché de l'Italie et l'approvisionnement 
de Rome. 

Plus tard cependant, Messieurs, le génie agricole de nos pères 
semble s'éteindre subitement; le sol de la France est frappé do 
stérilité, et pendant des siècles la famine et l'inertie régnent 
dans nos campagnes désolées et font perdre à leurs habitants 
jusqu'au souvenir, jusqu'au regret, jusqu'au désir d'une existence 
moins misérable ! 

Quelle cause puissante et falale avait donc produit une telle 
perturbation et changé en quelque sorte l'ordre établi par la 
Providence? 

Cette cause, Messieurs, elle nous est révélée dans cette pMisée 



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— 2^4 — 

profonde de 1*uq des génies du dix-huitième siècle, de rillusire 
auteur de Y Esprit des lois : < Les terres, a écrit Montesquieu, 
les terres produisent moins en raison de la fertilité <iu sol que do 
la liberté des habitants. x> 

Oui, Messieurs, les œuvres de l'homme ne sont fécondes que 
lorsque Tintelligence qui les conçoit et les règle, lorsque les bras 
qui les accomplissent sont stimulés par le sentiment de la dignité, 
do rindépendance et de la liberté ! Or, jusqu*au dix-huitième 
siècle, il n'y a eu en France, pour le pauvre laboureur, ni indé- 
pendance, ni liberté, ni prospérité, ni sécurité garantie, ni 
justice égale. 

Après l'invasion des Barbares et pendant tout le moyen-âge, 
les habitants des campagnes avaient perdu, avec la possession de 
leurs héritages et la liberté de leurs personnes, toute initiative, 
toute émulation, tout sentiment du progrès, tonte puissance créa- 
trice. Serfs, presque esclaves, attachés à la glèbe, l'intelligence 
et le sens moral paraissent éteints en eux. 

Dans un pareil état social. Messieurs, que pouvait avoir à faire 
l'agriculture T 

Sans doute, dans les siècles qui suivirent, lorsque la féodalité, 
survivant encore comme institution civile, avait cessé d'être un 
pouvoir politique, cette servitude du paysan fut allégée peu à 
peu ; mais sa condition était telle encore au dix-septième siècle, 
que le plus grand moraliste de cette époque, La Bruyère, pou- 
vait, sans provoquer l'étonnement, écrire dans son livre des 
Caractères ce portrait lamentable du paysan français : 

« L'on voit certains animaux farouches, des mâles et des 
femelles, répandus dans la campagne, noirs, livides et tout 
brûlés du soleil , attachés à la terre qu'ils fouillent et qu'ils 
remuent avec une opiniâtreté invincible : ils ont comme une voix 
articulée, et quand ils se lèvent sur leurs pieds, ils montrent 
une face humaine, et, en effet, ils sont des hommes; ils se 
retirent la nuit dans des tannières oli ils vivent de pain noir, 
d'eau el de radnes ; ils épargnent aux autres hommes la peine 



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- 205 — 

de semer, de labonrer et de recueiHir pour vivre, et militent 
ainsi de ne pas manquer de ce pain qu*ils ont semé. » 

Etrange inconséquence, Messieurs, d'une société dans laquelle 
l'autorité, la noblesse, tous les privilèges avaient pour base la 
possession de la terre, et ob Touvrier, sans les bras duquel la 
terre reste stérile et inutile, esclave ou ilote, opprimé, méprisas 
ignoré, était à peine classé comme une variété dégénérée de la 
race humaine I 

Vers la fin du siècle dernier, les efforts du pouvoir royal , les 
mœurs publiques, la sourde et puissante fermentation des idées 
qui allaient bientôt changer la face du monde, toutes ces causes 
réunies avaient certainement modifié Tétat <fos malbeureui la- 
boureurs dépeint par La Bruyère. L'homme était affranchi, ou à 
peu près; la terre seule, suivant l'expression du temps, était 
restée en servitude. Mais si le paysan avait conquis la faculté de 
se mouvoir à son gré, les droits seigneuriaux l'enlaçaient de 
toutes parts et maintenaient sa personne souvent, ses intérêts 
toujours, dans une dépendance rigoureuse et énervante. Il ^it 
des provinces cependant ou le paysan commençait à posséder h 
titre de propriétaire; mais cotte propriété, ardemment convoitée, 
péniblement acquise , perdait dans ses mains une partie de s(»s 
attributs essentiels et devenait pour lui la source d'exactions et 
de vexations sans nombre. Ecoutons sur ce point un homme 
d'Etat, un savant académicien de notre temps. 

Dans l'un de ses ouvrages, M. Alexis de ToequeviUe écrit : 
< Imaginez-vous, je vous prie, le paysan français du dix-huitième 

siècle Voyez-le tel que les documents que j'ai cités l'ont 

dépeint, si passionnément épris do la terre qu'il consacre à 
Tacheter toutes ses épargnes et l'achète à tout prix. Pour 
l'acquérir , il lui faut d'abord payer un droit, non au gouver- 
nement, mais à d'autres propriétaires du voisinage; il la pos- 
sède enfin , il y enterre son cœur avec son grain. Ce petit coin 
du sol, qui lui appartient en propre dans ce vaste univers, le 
remplit d'orgueil et d'indépendance. Surviennent pourtant les 
mêmes voisins qui l'arrachent à son champ et l'obligent à 



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venir travailler ailleurs sans salaire. Veut-il défendre sa se- 
mence contre leur gibier? les mêmes l'on empêchent; les 
mêmes l'attendent au passage de la rivière pour lui demander 
un droit de péage. 11 Ihs retrouve au marché, où ils lui vendent 
le droit de vendre ses propres denrées; et quand, rentré à son 
logis, il veut employer à son usage le reste de son blé, de ce 
blé qui a crû sous ses yeux et par ses mains, il ne peut le faire 
qu'après l'avoir envoyé moudre dans le moulin et cuire dans 
le four de ces mêmes hommes. C'est à leur faire des rentes 
que passe une partie du revenu de son petit domaine, et ces 
rentes sont imprescriptibles et irrachetables. Quoi qu'il fasse, il 
rencontre partout sur son chemin ces voisins incommodes, 
pour troubler son plaisir , gêner son travail , manger ses pro- 
duits » 

Et maintenant, Messieurs, comment s'étonner que, dans une 
société ainsi organisée, les sueurs, comme la volonté et l'intelli- 
gence du cultivateur, aient été frappées d'impuissance et de 
stérilité? 

Hais une heure solennelle vient de sonner pour l'humanité. 
Dans la France de 4789, l'homme et la terlre sont définitivement 
affranchis; l'invasion rapide, irrésistible des principes de cette 
grande époque a porté partout dans le monde régénéré la 
lumière et la liberté, comme cette autre invasion dont nous 
avons parlé en commençant, celle des Barbares, avait plongé le 
vieux monde dans la servitude et dans les ténèbres. 

Avec une organisation fondée désormais sur la justice égale et 
sur la liberté civile, la France a bien vite retrouvé ses anciennes 
aptitudes agricoles. A peine a-t-elle traversé ces temps de crises 
et d'épreuves inséparables de toute grande transformation , que 
l'étude, les travaux, les progrès, la mise en honneur de son agn- 
culture deviennent sa préoccupation la plus générale. Paysans et 
anciens seigneurs, ouvriers et propriétaires, tous unis désormais 
dans un même intérêt, la prospérité générale, dans un même 
titre, celui de citoyens d'un pays libre et glorieux, tous s'assem- 
blent, s'associent, se concertent de toutes parts, et s'éclairent 



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— 207 — 

mutaellement dans les comices et les sociétés agricoles. Les 
efforts communs ne sont pas stériles. Chaque année vous pro- 
clamez leurs conquêtes dans nos concours régionaux. Les primes 
que vous distribuez récompensent les progrès et en provoquent 
de nouveaux, en éveillant chez tous les cultivateurs Thonneur, ce 
noble sentiment, de Tâme, ce sentiment qui chez nous, en France, 
est le mobile et la loi suprême do chacun, celui qui inspire tous 
les dévouements, tous les héroïsmes, celui qui enfante tous les 
progrès et tous les prodiges. 

Son Excellence H. le maréchal Forey a bien voulu accepter la 
présidence de celte solennité; nous Ten remercions cordialement. 
C'est avec bonheur que nous voyons assis au milieu de nous 
rillustre vainqueur de Montebello et de Puebla. Sa présence est 
pour nos cultivateurs une récompense inattendue et précieuse; 
elle ramène naturellement leurs pensées vers TEmpereur, dont 
l'illustre maréchal est dans nos contrées le représentant le plus 
élevé. Ds savent bien, au surplus, ils n'oublieront jamais que la 
prospérité de notre agriculture, que les besoins et les vœux des 
habitants de nos campagnes sont la préoccupation incessante de 
Napoléon III. Travaux publics, institutions civiles et sociales, 
réformes économiques , tous les grands actes du gouvernement 
de TEmpereur témoignent de cette sollicitude active et éclairée 
du souverain. 

Sa main auguste défriche les landes de la Gascogne, assainit 
et fertilise les marais de la Sologne, transforme les plaines 
crayeuses de la Champagne; puis, chaque année, «(u jour le plus 
cher à son cœur de père, il daigne rechercher dans nos villages 
les plus reculés, parmi les cultivateurs souvent les plus humbles, 
qnelques-uns de ces hommes de bien qui, pendant une vie 
longue et dévouée, malgré des labeurs rudes et quotidiens, ont 
assumé la charge, ingrate parfois, d'administrer leur petite 
commune, et de celte même main qui tient Tépée de la France, 
TEmpereur attache sur leur poitrine cette étoile de l'honneur, 
ambition légitime ou rêve généreux de tous les cœurs. 

Messieurs, lorsque dans un pays l'agriculture est ainsi encou- 




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— 208 — 

ragée, stimulée, protégée, honorée, elle peut avoir foi dans 
raveoir; de riches moissons lui sont réservées. Qui pourrait 
dire, en effet, oU s*arrôtera la fécondité du sillon ouvert dans 
une terre fertile et libre par des mains libres, dirigées par des 
âmes ardentes, dévouées à la famille et à la patrie, passionnées 
pour toutes les grandeurs et toutes les gloires? 

Dieu seul peut limiter dans ses conquêtes le travail intelligent 
de rhomme, et Dieu protège la France I 

De chaleureux applaudissements ayant suivi cette 
éloquente harangue, M. le marquis de Conegliano s'est 
levé et a prononcé le discours suivant : 

Messieurs , 

Vous vous demandez, sans doute, à quel titre moi aussi je 
veux vous parler de l'agriculture ; vous vous étonnez peut-être 
que je vienne, au milieu de ces agriculteurs distingués, de ces 
maîtres do la science, vous entretenir des champs et des travaux 
de la campagne. Rassurez-vous cependant : je n*ai ni le droit ni 
la prétention de vous donner des conseils. Mais Tagriculture m*a 
toujours été chère autant qu*à chacun de vous ; toujours j'ai suivi 
de mes vœux les plus ardents les efforts qu'elle a faits, les essais 
qu'elle a tentés, et si de rares insuccès m'ont quelquefois attristé, 
j'ai eu le plus souvent à me réjouir des progrès qui se sont 
réalisés. 

A la tête des hommes qui, dans les dernières années, ont 
voulu donner à l'agriculture la plus vive et la plus puissante 
impulsion, il en est un. Messieurs, illustre entre tous, dont j'ai 
plus d'une fois admiré les efforts et les succès. 

Qu'il me soit permis de venir vous retracer ici ce qu'il a fdit, 
les difficultés qu'il a vaincues, les magnifiques résultats auxquels 
il est parvenu : peut-être trouverez-vous là un enseignement qui 
ne sera pas sans utilité, un exemple profitable h suivre, et vous 
ne regretterez pas, je l'espère, de m'a voir accordé votre bien- 
veillante attention. 



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— 809 — 

Cet agriculteur disposait de ressources peu communes : il lui 
suffisait de parler, et les terrains les plus riches, les plus fertiles, 
éiaient à lui et se couvraient comme par enchantement des plus 
abondantes moissons, des fermes les plus élégantes, des vache- 
ries et des écuries les plus luxueuses; mais ce n'était là, qu'on 
me permette do le dire , qu'un caprice et comme un jeu de la 
fortune. U pouvait encore, et sans s'appauvrir, enfouir des 
millions dans les sols les plus ingrats, à l'aide de ces millions 
violenter la terre, et la terre, comme malgré elle, lui donnait 
tout ce qu'il était le moins en elle de produire ; mais c'était là 
un exemple dangereux à donner, plus dangereux encore à imiter. 
Ce qu'il a voulu , c'est montrer à tous qu'il n'y a pas en France 
de contrée tellement déshéritée qu'elle n'ait ses produits du sol, 
pas de terre tellement ingrate qu'elle ne récompense les travaux 
du cultivateur ; et pour féconder les terrains les plus pauvres, 
ne croyez pas qu'il ait emprunté à grands frais aux contrées les 
plus diverses et les plus éloignées leurs éléments de fertilisation : 
il n'a voulu d'autres ressources que celles qu'il trouvait à sa 
portée et pour ainsi dire sous sa main. 11 a fait modestement : 
simplement, dans ses champs, ce que chacun de vous peut faire 
dans les siens; il l'a fait dans les régions les plus pauvres, en 
Sologne, en Champagne, dans la Gascogne, et partout ses efforts 
ont été couronnés des plus brillants succès. 

Vous savez, ilessieurs, quelle était la Sologne il y a quelques 
années encore : on n'y voyait que des bois mal aménagés et des 
landes entrecoupées de marécages. Là, 4,000 hectares de terrain 
furent achetés; les terres fortes furent défrichées, drainées, mar-* 
nées et livrées à la culture fourragère; les portions du sol autre- 
fois épuisées par le laboureur inintelligent, furent boisées ; enfin 
une vallée d*une étendue de près de quatre kilomètres, qui pré- 
sentait le triste aspect d'un marais pestilentiel, fut convertie par 
le drainage en luxuriantes prairies. 

Cet exemple devait être imité, et il l'a été : chacun dans les 
Umites de ses ressources a défriché, ou planté, ou drainé. Chacun 
a déjà recueilli le fruit de ses travaux : les fourrages, nés d'un 

U 



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— no — 

sol meilleur, sont dereniis plus sains, les moissons plus abon- 
dantes; les marais ont disparu et avec eux leur triste cortège, 
les fièvres et la misère. Quoi de plus beau, Messieurs, que ce 
spectacle do toute une population agricole se mettant résolument 
à Tœuvre, et en quelques années rendant presque riche' un sol 
qui semblait condamné à une étemelle stérilité 1 

En Champagne, près de Châions, s'étendent des plaines arides, 
toutes de marne et de craie, que naguère encore on pouvait 
appeler un désert : c*est là que chaque année nos troupes 
viennent tour à tour se façonner à la vie des camps, et se 
préparer aux rudes épreuves de la guerre; c*est là qu'il nous 
est donné d'admirer notre brillante armée, non moins remar- 
quable par Tardeur qui décide les succès que par la discipline 
qui les prépare et les assure. 

L'agriculteur dont je tous retrace les travaux a pensé que, là 
encore, il y avait un exemple utile à donner : autour du camp 
huit fermes furent créées; les fumiers de la cavalerie, jusque-là 
délaissés, furent achetés, largement répandus sur le sol; et à la 
place (lu désert on admire aujourd'hui iOO hectares de prairies 
artificielles; et un cheptel déjà riche de 8,000 moutons, de 400 
vaches laitières et de 70 juments , a permis d'étendre sur 2,000 
hectares une culture productive. 

Là encore, comme en Sologne, les cultivateurs imitent comme 
à l'envi l'exemple qui leur a été donné ; et à mesure qu'ils 
l'imitent, ils voient augmenter autour d'eux la richesse et la 
prospérité. La récolte de 1863 avait été déjà plus abondante que 
celle de l'année précédente, et les statistiques officielles éta- 
blissent que la récolte de 1864 a dépassé de 8 p. ®/o celle de t863- 

Ce que le fumier avait fait à Châions, l'engrais liquide l'a pro- 
duit aux portes do Paris, à Vincennes : à l'aide do cet engrais, 
2,000 hectares de sables arides ont été amendés, et les résultats 
de C(3tte culture ont été tels que les seuls produits du sol ont 
suffi à ralimentation de 200 vaches laitières, de magnifiques 
troupeaux de porcs et de moutons. 

Ceux d'entre vous qui ont traversé, il y a quelques années, 



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— 844 — 

les landes de la Gascogne, entre Bordeaux el Bayonne, ont été 
certainement attristés du spectacle qni s*offrail à leurs regards : 
partout, ou des sables mouvants ou des nappes d*eau stagnante. 
Là, on ne pouvait raisonnablement demander à ce sol mal as»s 
ni fertiles prairies, ni abondantes moissons; le sapin seul pouvait 
croître : 7,000 hectares furent desséchés , plantés de pins rési- 
neux , et de ce sol qui paraissait devoir rester improductif est 
née une immense forôt toujours verdoyante. De là un double 
résultai : du travail pour des centaines de bras jusque là inactifs, 
et l'assainissement de la contrée tout entière. 

Partout donc oh notre agriculteur a porté ses efforts, il n'a 
voulu se servir et ne s*est servi d'autres ressources que de celles 
qu'il rencontrait auprès de lui; partout il n'a demandé au sol 
que ce que le sol lui pouvait donner. 11 semble, en vérité, qu'il 
se soit souvenu de ce vers du poète, que vous me permettrez de 
vous citer : Virgile qui, lui aussi, était agriculteur, et que j'aime 
surtout pour son amour des champs, donnait au laboureur un 
sage conseil; il l'engageait à observer avant de confier la semence 
à la terre , 

Et quid qusque ferat regio, et qoid qusqoe reeuset. 

Mais ce qui semble encore plus vrai , c'est que l'illustre agri- 
culteur n'a voulu faire et n'a fait partout que ce qu'il est permis 
à tous dans des proportions plus modestes de faire après lui et 
presque aussi bien que lui. 

U fallait encore montrer à quel point on peut améliorer nos 
races françaises, avec quel avantage on peut acclimater les races 
des pays voisins. 

Deux établissements fureot consacrés à ces expériences. L'un, 
Pompadour, placé au milieu des collines du Limousin, vit les 
races du pays se régénérer par d'habiles croisements, et presque 
égaler un magnifique troupeau de Durham, dout la race fouruit 
à l'alimentation des produits si recherchés; l'autre, Rambouillet, 
est spécialement consacré à l'amélioration de la race des mou- 




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— m — 

tonshmérinos : tous les pays du §^obe sont tributaires de eet 
établissament» qui leur fournit leurs meiUeurs reproducteurs. 

Ce n'était pas assez cependant d'avoir montré par les résultats 
obtenus qu'il est dans les desseins de Dieu que la terre ne refuse 
jamais à celui ^i la travaille le prix de son labeur; il fallait 
parler à l'intelligenoe en même temps qu'aux yeux du cultiva- 
teur, et lui donner en speotade, réunis pour ainsi dire sur un 
même théâtre, tous les progrès de la science agronomique : c'est 
dans ce but que fut créée la ferme de Pouilleuse , près de Paris. 
Là sont rassemblés les produits si divers et si multiple» de Tin- 
telligence de l'honmie appliquée à l'agriculture, les syst^es 
perfectionnés, les instruments nouveUement inventés : là nous 
admirons les oultures en ligne, la vapeur qui laboure, sème, 
tanche et moissonne; là tout e^t enseignement, et les observa- 
tions, fruit de l'expérienoede chaque jour, fidèlement recueillies, 
sont livrées à l'étude de tous. 

Mais l'œuvre, déjà. bien belle, n'était paa encore complète. Il 
fallait intéresser le cultivateur à tous oes essais, il fallait l'asso- 
cier à toutes ces tentatives; c'est ce qui fut fait de la manière la 
plus pratique : tous les agents de ces établissements, depuis le 
directeur de domaine jusqu'au plus humble gardien de bestiaux, 
tous vinrent participer aux bénéfices dans la mesure exacte de 
leur travail» 

On a voulu plus encore. Il fallait faire nattre entre ces tra- 
vailleurs l'émulation et la rivalité, cns nobles aiguillons de l'ac- 
tivité humaine : tous les ans, des récompenses sont publiquement 
décernées, soit aux domaines les mieux dirigés, soit aux serviteurs 
les plus intelligents, les plus laborieux, les plus honnêtes. 

Si je voulais, Messieurs, vous rappeler tout ce qu'a fait dans 
l'intérêt de l'agriculture celui dont je vous parie, j'aurais à vous 
entretenir longuement encore; mais j'ai hâte de vous le nommer, 
ou plutôt de vous dire qu'il est bien celui que chacun de vous a 
pressenti, l'Empereur, notre souveraio. Oui, Messieurs, celui 
qui a donné à l'agriculture ces exemples si utiles et en même 
temps si faciles à suivre, celui qui, par des essais tout à la fois 



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— «8 — 

hardis et sages, a si vivement tracé la rdute, est le tAême qui» 
pendant la guerre, conduisait nos armées à la victoire, le même 
dont tous les ofTorts tendent aujourd*bui à nous assurer les bien* 
hits d*une paix féconde 1 

Enfants de la Franche-Comté, non moins valeureux soldats 
que bons cultivateurs, rendez- lui donc ce double bommage, que 
s'il sait voos faire triompher sur les champs de bataille, il sait 
encore, lorsqu'il vous a rendus à vos foyers et à vos paisibles 
travaux, vous instruire par ses enseignements, vous encourager 
par ses exemples. 

J*ai bâte surtout. Messieurs, de remercier les organisateurs 
du concours régional de Besançon de la précieuse faveur qui 
m*est faite aujourd'hui : me retrouver au milieu de vous est 
toujours une bonne fortune pour moi ; mais dans cette journée 
si bien remplie, pouvoir m'entretenir avec vous pendant ces 
quelques instants, c'est la plus flatteuse distinction, le plus in- 
signe honneur. 

Je veux aussi , avant de vous laisser tout entier aux joies de 
cette srilennité, que les heureux vainqueurs de cette lutte paci- 
fique sachent bien que je me réjouis autant qu'eux-méibes de 
leur triomphe si bien mérité ; que les vaincus , si je puis les 
appeler de ce nom, ne regrettent ni leurs travaux ni leurs efforts, 
et que cette pensée qu'ils ont, eux aussi, bien mérité du pajs, 
les console et les encourage ! 

N'oubliez pas^ Messieurs, que Tagriculture est la force réelle 
et vitale de la France ; que c'est elle qui fait les hommes vigou- 
reux, les citoyens honnêtes; que c'est d'elle que naissent le 
commerce et l'industrie, que découlent comme d'une source 
intarissable la fortune et la richesse publiques. Comprenez tous 
qu'en traçant vos sillons, ce n'est pas seulement votre champ 
que vous fendez, vos enfants que vous enrichisses, c'est la pros- 
périté, c'est la grandeur de la patrie que vous assurez. Vous 
donc, qui avez le bonheur d'être nés pour les travaux des champs, 
mettos-vous à l'œuvre , osez faire mieux que n'ont fait vos de- 
Tanciers, mîauz encore que vous n'avez fiait vous-mêmes jusqu'à 



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— 241 — 
co jour. Dieu , n'en doutez pas , bénira tos efforts , et dans sa 
boDté infinie, il vous rendra le centuple de ce que vous aurez 
semé. 

Les paroles de Thonorable député ont trouvé Técho 
le plus sympathique. 

Puis M. René Petit a donné lecture de son rapport sur 
l'attribution de la prime d'honneur. 

 son appel, M. le commandant Faucompré est venu 
recevoir, avec la prime d'honneur, les chaudes fëHcita- 
tions de rassemblée, dans laquelle se trouvaient plusieu rs 
de SCS anciens frères d'armes. 

MM Barrai et Grenier ont ensuite fait entendre les 
rapports dont la rédaction leur avait été confiée. 

Après la lecture de chacun de ces rapports, M. Jac- 
quier, Tun des principaux commissaires du concours, 
nommait les lauréats, tandis que son collègue M. Marcon 
leur remettait les médailles. 

Enfin, M. Casian, secrétaire de la commission d'or- 
ganisation du concours, s'est avancé sur le bord de 
l'estrade et s'est exprimé ainsi : 

Messieurs , 

La commission d'organisation du concours régional a décidé 
qu'elle offrirait des bannières commémoratives aux communes 
du département du Doubs qui ont fourni des lauréats de la pre- 
mière catégorie au présent concours. 

La commission désire que MM. les lauréats viennent recevoir 
eux-mêmes ces insignes, et se chargent de les transmettre aux 
municipalités des communes & qui leurs travaux les ont mérités. 

Ces communes sont les suivantes : 

Besançon, Beure, Busy, La Chevillotte, Doubs, Orsans, 
Ouyans, Rigney, Saint-Juan', yiUers^sousrChalamont. 



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— 215 — 

La cérémoDie s'est terminée par le défilé des ban- 
nières, qui ont été conduites par la musique des sapeurs^ 
pompiers à THôtel de Ville de Besançon. 

Cette dernière partie de la fête, qui était une innova- 
tion dans le cérémonial des concours, a eu le plus grand 
succès (*). 

XVII. 

Banquet. 

Tout concours régional se termine par un banquet, 
auquel sont invitas les hauts fonctionnaires de la contrée, 
les commissaires officiels de la fête et les principaux 
lauréats; on y admet généralement aussi un certain 
nombre de souscripteurs. 

Tels étaient les convives de notre banquet du 7 mai, 
qui comptait près de 400 personnes. 

Le local choisi répondait à la grandeur de la solen- 
nité. C'était cet admirable carré de la halle, avec. son 
vaste rez-de-chaussée et ses trois étages de galeries créés 
à propos de notre exposition de 1860. La commission 
du concours régional avait voulu compléter l'œuvre com- 
mencée cinq ans plus tôt, et disons tout de suite qu'elle 
y avait merveilleusement réussi. Elle avait mandé, à 

P) Ces bannières ont la forme d'oriflamme ; elles sont en damas de sole 
rouge ayec franges et glands d'or : au sommet de leur hampe est une 
cravate aux couleurs nationales. Une inscription en lettres d*or indique le 
lieu et la date du coneonrs, le nom de la commune titulaire de Tinsigne et 
la nature de la récompense qui a motivé la distinction. L'idée de cette 
ionoyation est venue de M. A. Delacroix, architecte de la ville de Be^ 
lançon et membre de la commission d'organisation du concours. 



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— 816 — 
cet effet, un habile artiste de Paris, M Trouvin, et lui 
avait confié le soin d'encadrer le rez-de-chaussée du local 
de panneaux décoratifs, figurant des arcatures de style 
mauresque avec échappées de jardins. Un système d*é- 
clairage au gaz, composé de' 1,500 becs enfermés dans 
des boules de verre dépoli, projetait une douce lumière 
sur les décorations et en faisait ressortir les tons riches et 
harmonieux. Ces boules couraient en guirlandes autour 
des trois étages de galeries et étaient en outre disposées 
en faisceau dans seize grands candélabres du meilleur 
goût, sortis dos ateliers de la maison Saint-Eve aine. 
L'installation du gaz avait été faite par les soins de M. Le- 
breton, dont l'intelligente activité ne saurait être trop 
louée. Les galeries supérieures étaient ornées de ten- 
tures fournies par la maison Thaboureux et Delage, de 
Paris, qui avait également entrepris la construction des 
logis du concours. Aux fermes du comble de la halle 
étaient suspendues des masses d'oriflammes aux cou- 
leurs nationales et bisontines, disposées en formes d'é- 
toiles. A chacun des angles des étages ressortaient, sur 
un trophée de drapeaux, les belles armoiries de l'antique 
Ycsontio, tandis qu'au centre des inémes lignes figu- 
raient les blasons de l'Empire français et des principales 
villes de la région du concours: Strasbourg, Colmar, 
Yesoul, Epinal, Metz, Nancy, Mulhouse et Montbéliard. 
Le milieu du rez-de-chaussée était occupé par une 
fontaine entourée d'élégants arbustes , et dont la gra- 
cieuse gerbe d'eau pure tempérait la chaleur produite 
par l'illumination. 
Ce ravissant aménagement du local avait été conçu 



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— sn - 

par MM. Gérard et Delacroix, deux intelligenceB d'élite 
et dont rbeureuse association a valu à notre ville tant 
d'utiles embellissements. M« Saiut^Ginest, architecte 
du déparlement, dessinateur du plus haut mérite, avait 
également pris une part dans cette énorme tâche. 

Les tables du rez-de-chaussée, destinées aux autorités 
et aux lauréats, étaient parées de ravissantes corbeilles 
de fleurs, dont l'arrangement était dû à la main artis- 
tique de M. François Lépagney. Les tables du premier 
étage étaient occupées en grande partie par les sous- 
cripteurs. Les deux galeries supérieures étaient réser- 
vées au public, qui a justifié la confiance de la commis- 
sion par l'attitude la plus calme etla plus respectueuse. 
Pendant la durée du repas, servi avec distinction par la 
maison Bey, on a entendu l'excellente musique du 20* 
régiment d'artillerie à cheval, et deux airs composés par 
son habile chef, M. Bisch, ont été particulièrement 
acclamés. 

Le banquet était présida par Son Excellence le ma- 
réchal Forey, qui avait à ses côtés M. le général de 
division Decaen et M. Pastoureau, préfet du Doubs. 
M Clerc de Landresse, maire de Besançon, était entouré 
de MM. de Conegliano et Latour du Moulin, députés 
du Doubs, ainsi que de MM. Cazeaux, commissaire gé- 
néral du concours, et Faucoropré, titulaire de la prime 
d'honneur. 

Au dessert, Son Excellence le maréchal s'est levé, avec 
toute l'assistance, et a porté un toast à l'Empereur et à 
son heureux voyage , à l'Impératrice , qui dans sa ré- 
gence exeree si dignement , avec le concours des m- 



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— 2T8 — 
nistres, tmis les attributs de la souveraineté, et au Prince 
impérial, Tespoir de la Frauce. Les paroles de rilluslre 
capitaine ont vivement impressionné l'auditoire et pro- 
voqué les plus énergiques vivats. 

M. Pastoureau a pris ensuite la parole, et, avec cette 
voix sympathique et vibrante qui donne un cachet si 
relevé à son éloquence, a prononcé Tallocution sui- 
vante : 

Messieurs, 

Je porte un toast à Son Excellence le maréchal Forey! 

Au brave soldat qui , depuis 4824, a conquis ses grades sur 
tous les champs de bataille oii la Frauce a porté son drapeau ! 

Au vaillant général dont la mâle intrépidité inaugurait la cam- 
pagne d*rtalie, à Montebello, par une des journées les plus glo- 
rieuses de cette guerre mémorable ! 

A Ténergique commandant de Tarmée du Mexique, qui ven- 
geait à Puebla le sang généreux de nos soldats, qui brisait ces 
remparts et ces défenses formidables devant lesquelles le monde 
voulait se persuader que viendrait pâlir l'étoile de la France ! 

Au chef glorieux qui, hier, dans un langage d'une simplicité 
antique, nous disait que la Providence, par une faveur spéciale, 
avait placé dans sa giberne de Saint-Cyrien son bâton de com- 
mandement, et qui semblait oublier que c'était après une carrière 
suivie de mille périls, illustrée par d'héroïques exploits, qu'il 
était allé saisir ce noble trophée, au mépris de la mitraille^ dans 
les ruines fumantes d'une ville ennemie I 

A l'illustre maréchal , aujourd'hui l'une des colonnes les pins 
solides de notre dynastie nationale, le serviteur fidèle, dévoué de 
l'Empereur et de l'Empire : de l'Empereur et de l'Empire, qui 
seuls peuvent donner à toutes les aspirations légitimes de la 
France une large satisfaction; qui seuls peuvent assurer à jamais 
notre sécurité et notre prospérité; qui seuls peuvent, avec 



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— W9 — 

sagesse et résolution, diriger le pays vers ses destinées de gloire 
et de grandeur 1 
Au maréchal Forey ! 

H. Clerc de Landresse s'est levé k son tour et s*est 
exprimé ainsi : 

À Me$9iewr9 les exposants ! 
Messieurs, 

Au nom de la ville de Besançon, je vous remercie du concours 
si utile que vous venez de nous prêter. Je remercie surtout les 
exposants étrangers au département du Doubs, qui n'ont pas 
reculé devant les fatigues de longs voyoges pour venir s'unir à 
nous au milieu de nos rochers. Ils ont pensé que leur exemple 
pouvait nous être utile, et qu'il y avait aussi quelque chose à 
remarquer dans un pays oh il faut plus d'efforts pour obtenir des 
produits. 

Vous avez compris les bons effets des comparaisons, des riva- 
lités, de la concurrence. Vous nous avez apporté beaucoup de 
choses précieuses et vous remporterez de chez nous quelques 
enseignements utiles. En multipliant les relations, on propage 
les bonnes méthodes de culture; on augmente les moyens de 
production, d'échange et de placement. 

L'accroissement de la population met dans la nécessité d'aug- 
menter la production du sol. On a déjà obtenu de grands résul- 
tats à l'aide des herbes artificielles, des plantes fourragères, des 
amendements des terres, des machines agricoles, de la fabrica- 
tion du sucre et de l'alcool avec la betterave. 

L'agriculture est de tous les temps et de tous les pays : c'est 
la plus ancienne et la plus indispensable de toutes les mdustries; 
sa durée sora celle du monde. Elle doit être honorée en propor- 
tion des services qu'elle rend à l'humanité. 

Il y a trois siècles déjà qu'un excellent roi, qui avait été obligé 
de conquérir son royaume par les armes, avait résolu d'assurer 



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— SHO — 
le bdnhèur deâ coltiTBtears : il ambitionoait pour eux la poule 
au pot. Ce vœu, si modeste, il n'a pas pu le réaliser complète^ 
meut : la féodalité, la main-morte et la dîme mettaient obstacle 
à Texécution des désirs d'Henri IV. 

Aujourd'hui ces empêchements ont disparu. Il n*y a plus aux 
champs que des propriétaires et des fermiers parfaitement libres 
dans leurs relations et dans leurs spéculations. 

Aussi , combien la condition des cultivateurs s'est améliorée ! 
Us sont mieux logés, mieux vêtus, mieux nourris, plus soignés 
dans leurs maladies; ils ont plus facilement de Targent. 

Ce n'est pas seulement sous le rapport matériel que leur posi- 
tion s*ost améliorée : ils sont plus instruits, mieux appréciés^ 
plus hoborés. Ils sont comptés dans l'Etat pour ce qu'ils valent; 
et l'on n'oublie pas que, dans un temps de désordre oU les choses 
les plus sacrées et les plus indispensables avaient été remises en 
question, ils ont puissamment contribué à sauver la civilisation 
de la France, par le choix qu'ils ont fait d'un chef suprême assez 
puissant pour imposer silence aux mauvaises passions. 

C'est principalement aux champs que les hommes contractent 
l'habitude des travaux pénibles» de la marche, delà sobriété. 
C'est là qu'ils se conservent robustes, et que la patrie est toujours 
sûre de trouver des soldats capables de supporter les fatigues, de 
défendre la patrie, d'accroître sa gloire et sa prépondérance. 

C'est aux champs qu'on prend l'habitude de la patience, qui 
tempère les désira exagérés, affermit le courage, fait attendre 
sans se troubler des produits souvent menacés par les éléments. 
Les bénéfices qu'on y réalise sont lents, mais ils sont sûrs. On 
n'y fait pas fortune en un jour de bourse ou de spéculation 
aventureuse ; mafs on n'y fait pas faillite, et jamais on n'y ren- 
contre le manque de travail et la misère qui en est la suite. On 
n'y est pas entraîné, emporté par une foule turbulente et pas- 
sionnée. On s'attache à ce qu'on possède ; et si l'on désire 
acquérir, on tient surtout à conserver. 

Que manque-t-il souvent au cultivateur pour être heureux ? 
La çcmnaiasAOoe des avantages de sa position. Qu'il saèhe bien 



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— sw — 

qu'elle est digne d'eii?ie; que le cuIdTaieiir est «u luremier rang 
pour jouir des merveilles de la nature, du bonheur d*une vie 
exempte de grandes agitations, et qu'il n*est pasun des puissants 
de la terre qui ne rôve, au milieu du tourbillon d'une vie agitée, 
le ealme et la paix des champs I 

De nos jours, les gens riches ne dédaignent pas de frire 
cultiver eux-mêmes leurs terres, d'y employer leurs capitaux, et 
de faire les expériences coûteuses que ne peuvent risquer des 
cultivateurs peu aisés. Le résultat avantageux, lorsqu'il est bien 
constaté, profite à tous , et le petit cultivateur récolte ce que le 
riche a semé. Il est impossible de iaire un plus noble usage de 
sa fortune, et on ne saurait trop encourager un pareil exemple. 

Je profite de cette occasion solennelle pour adresser publique*- 
ment mes félicitations au héros de cotte fôte, à M. Fauoompré, 
qui a si bien compris son époque et qui vient d'être si justement 
récompensé de ses longs et persévérants efforts. U est beau de 
mêler les palmes de l'agriculture aux lauriers des combats. Chez 
nous, le soldat laboureur est devenu un type glorieux. Le maré- 
chal Bugeaud ne dédaignait pas d'unir sa part de gloire des 
comices agricoles à son illustration militaire. 

Dans les rares moments de loisir dont l'Empereur dispose, il 
s'occupe de vérifier par lui-même ce qu'il est possible de faire 
pour assurer les progrès et la prospMté de l'agriculture. Vous 
connaissez tous les dépenses et les expériences que Sa Majesté, a 
faites en Sologne, en Gascogne, en Champagne. L'Empereur 
veut que l'agriculture soit protégée , encouragée, honorée. Vous 
en avez la preuve dans les récompenses qu'il se platt à faire 
distribuer aux modestes travailleurs de la terre. Ds ne peuvent 
pas douter de ses intentions bienveillantes pour eux, quand ils 
voient les plus grands dignitaires de l'Etat le représenter aux 
fêtes de l'agriculture. Quelle preuve plus grande pourrait^on 
vous en donner que la présence ici de l'illustre maréchal, qui a 
porté le drapeau glorieux de la France et les progrès de la civi- 
lisation dans les contrées lointaines du Mexique, après avoir 
vengé notre honneur sur les champs de bal«iUe de Crimée» 4|i 



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— 282 — 

MoDtebello et de Solferino? Dès sa jeunesse, ce vaillant guerrier 
connaît notre Franche-Comté. Il sait quels soldats on y trouve. 
Vos enfants raccompagnaient dans les pays les plus éloignés, 
dans les jours les plus diaads et les ph» gtoneux. Il leur donnait 
les soins d'un père, et j'exprime vos sentiments quand je dis que 
vous êtes heureux de le voir au milieu de vous et de pouvoir lui 
adresser vos hommages. 

Il ne faut pas isoler Tagriculture des autres industries et du 
commerce. Si Fagriculture leur fournit la nourriture et des ma- 
tières premières, elle en recuit les vêtements, les machines, les 
moyens de transport, d'échange et de débit. Toutes les industries 
sont sœurs. Plus que jamais l'agriculture a besoin dos sciences 
et des arts. Tout en conservant ses avantages anciens, elle puise 
abondamment dans la chimie, la mécanique, l'art vétérinaire et 
le négoce. 

Remercions donc toutes les industries et buvons à tous les 
exposants. 

M. Jules de Bussierre, président de la Société d'agri- 
culture, a porté le toast suivant : 

Messieurs, 

Permettez qu'au nom de la Société d'agriculture du départe- 
ment du Doubs, je porte* un toast au succès de notre agriculture. 

Les circonstances et les motifs qui nous réunissent ici en si 
grand nombre, sont la plus véridique manifestation de l'immense 
intérêt qui s'attache à cette grande industrie dont la prospérité 
profite à l'humanité tout entière. 

Grâce soit rendue au Créateur de toutes choses, qui a donné à 
la terre son inépuisable fécondité. 

C'est à l'homme qu'il appartient, par son intelligence et son 
travail, d*en tirer le meilleur parti, et de faire produire à cette 
aource intarissable, non-seulement ce qui est nécessaire à son 
existence, mais encore ce qui lui procure le bien-être et les plus 
précieuses jouissances. 



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Honneur donc à ceux de tous, Messieurs, qui» dignement 
appliqués aux travaux agricoles, se vouent avec une judicieuse 
et opiniâtre persévérance à faire progresser Tagriculture! Nous 
pouvons en toute vérité leur dire que leurs succès sont des vic- 
toires, et qu'ils servent utilement leur pajrs. 

Que nous sommes heureux, sur un tel sujet, de nous trouver 
tous ensemble animés des mêmes sentiments ! 

Oui, Messieurs, que nos cœurs se dilatent à.cette douce pensée, 
qu'en ce moment un parfait accord nous inspire à tous les mêmes 
voeux en faveur de notre agriculture ! 

Que cette conformité de sentiments et d'intentions,, que je me 
plais à constater ici soit pour nous un puissant encouragement à 
faire tous nos efforts pour réaliser de nouveaux progrès dans 
Tavenir ! Prenons-en l'engagement dans cette solennité dont nous 
conserverons certainement un précieur souvenir; et» avant de 
nous séparer, Mes^eurs, que nos verres se rapprochent en signe 
d'adhésion, et, comme expression de cet engagement solennel, 
buvons donc a la prospérité de l'agriculture i 

Ud dernier toast a été prononcé par H. Cazeaux^ 
inspecteur général de l'agriculture et commissaire gé- 
néral du concours ; en voici les termes : 

je porte un toast à la ville, au Maire et à la municipalité de 
Besançon. 

Monsieur le Maire, 

Le nom de Besançon réveille chez tous les Français le sou- 
venir de Tun des boulevards de la patrie, de la capitale scienti- 
fique et littéraire de la Franche-Comté, d'une cité fertile en 
hommes illustres. 

Désormais, Monsieur le Maire, chez nous tous, exposants, 
commissaires, Jurés, un sentiment tout personnel et bien doux 
accompagnera ces souvenirs patriotiques et glorieux : le nom de 
Besançon nous rappellera une semaine trop rapidement écoulée. 

Il remettra sous nos yeux la merveiUeuse installation de ce 



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— 284 — 

concours, qui teroûna avec tant d!éclat la première série des 
primes d'hooneur de la région du Nord-Est. 

Il nous fera revoir cotte promenade si ravissante sous un beau 
soleil, ce Champ-nie-Hars oU tout respire la guerre et qui a 
donné asile aux productifs instruments des cultivateurs et aux 
paisibles animaux domestiques. 

Pour moi, en particulier, le nom de Besançon me rappellera 
les aimables rapports que j*ai eus avec les autorités de cette rille 
et du département, ainsi qu*avec les membres de la commission 
chargée d'organiser les fêtes et de pourvoir aux nécessités du 
concours régional. 

J'ai admiré la patience avec laquelle ils conduisaient sagement 
à fin leur Oduvre laborieuse, sans précipitation, sans embarras, 
l'esprit toujours libre, et sans laisser paraître ni lassitude du 
corps, ni contrariété morale. 

Puissent dans sept ans les mêmes organisateurs réussir avec 
autant de bonheur ; puisse le même beau temps accompagner 
des fêtes aussi belles; puisse l'illustre Maréchal qui a présidé à 
cette solennité, venir encore honorer de sa présence le concours 
régional de Besançon I 

À la ville de Besançon I.... 

Il est à regretter que les lois de rétiquette n'ajent 
permis à personne de témoigner publiquement à Témi- 
nent Commissaire général et à ses savants adjoints les 
sentiments cordiaux que leur exquise bienveillance a fait 
naître chez tous ceux qui les ont approchés. 

 la suite du banquet, les salons de la préfecture et 
les jardins de cet hôtel, brillamment illuminés, se sont 
ouverts à Télile de la société bisontine et aux nobles 
hôtes de la cité. M. le Préfet et M"* Pastoureau en ont 
foit les honneurs avec une charmante courtoisie. 



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— 285 — 



xvm. 

Rapport snr la gestion financière dn oouoonrs régional, 
par M. Ed. Gérard. 

Favorisé par une saison exceptionnellement belle et soutenu 
par la coopération sympathique des habitants, le concours régio- 
nal agricole nous paraît avoir réussi aussi bien que possible. 

Notre but, en parlant du succès de celte entreprise, n'est pas 
de motlre en lumière Tinfluence qu'elle a pu et dû avoir sur 
l'agriculture et les agriculteurs ; cette tâche n'est pas la nôtre : c'est 
à pro[)os de ses résultats financiers que nous voulons donner 
quelques détails, fixer quelques chiffres, pour que, jalons em- 
pruntés au passé, ils puissent au besoin servir dans l'avenir à 
ceux qui auraient charge d'une semblable affaire. 

Comparativement à d'autres villes, môme d'une importance 
moindre que Besançon , notre budget est resté dans des propor- 
tions modestes. 

Au point de départ, les receltes se composaient : 

D'une subvention du département de 15,000' » 

D'une allocation de la ville de 25,000 » 

la commune de Besançon restant chargée de toutes 
les chances bonnes ou mauvaises de l'entreprise. 

Invitées par l'administration préfectorale à s'asso- 
cier à une œuvre aussi éminemment utile , diverses 
communes du département ont voté des subventions 
partielles dont la totalité s'est élevée à 4,245 » 

Les abonnements donnant accès au concours et 
aux fêtes de Chamars ont produit 1,170 » 

Les entrées au concours, du 1**^ au 6 mai .... 5,264 75 

Les entrées aux soirées de Chamars, du 29 avril 
au 6 mai 4,354 » 

La vente des catalogues 538 » 

A reporter . . . 55,571*75 
45 



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— 898 -^ 

Report . . . 55,574' 75 
Les souscriptions au banquet de la Hallo .... 4,848 » 

La location de deux buvettes à Chamars 500 » 

Enfin, la revente de quelques ol^iets non consom- 
més 430 50 

Ce qui a élevé le total des recettes à . . . 58,050' 25 
Les dépenses peuvent se diviser en sept catégories principales 
comprenant : 

4 ® L'installation proprement dite du concours : 
Indemnités pour location d'herbes et 

de terrains 295' 50 

Drainage, nivellement et ensablement 

de Chamars 2,578 33 i 

Location et installation du matériel . . 44,665 401 

Transports et camionnages 5,734 08j 

Installation et fonctionnement des ma- 
chines 946 45l 

Abreuvage et nourriture partielle des Vgg «g^f g, 

animaux 4,264 * 

Estrades pour les invités à la distribu- 
tion des récompenses 4,242 03l 

Bannières pour les lauréats 4,065 20| 

Déjeûner pour les dégustateurs des 

produits 446 

Entretien de Chamars pendant le con- 
cours , 604 44 

Dépenses diverses 4,344 64 

2^ Les employés, contrôleurs et gens de service. 4,933 60 

3® Les frais d'impression et d'aflSchage 4,379 38 

4^ Les dépenses relatives aux fêtes de Chamars : 
Installation du gaz et éclairage . . . . 4,350' 09'. 

Feux d'artifice ^^^ *^i l an ql 

lUuminaUons • . 4,237 30 i ^'"*^ ^* 

Musiques 766 30 j 

A reporter . . . 34,243' 45 



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— 227 — 

Report . . . 34,24 3U5 
S^* Les dépenses relatives au banquet de la Halle : 

Tables, cloisons, treuUs, réparations à I 

la salle , 4,467'11 

Fontainerie 605 99- 

Décors sur châssis 3,254 2oi 

Drapeaux 856 25 f 

Conduites de gaz, appareils d'éclai- 
rage, lustres, girandoles, candélabres / ' 

(2,000 becs) 6,344 421 

Eclairage, gaz^ bougies 380 »| 

Menu du repas, 372 couverts 3,193 »^ 

Vins 1,073 50 

Fleurs et musique 470 50 

6^ La fête donnée à la Préfecture au nom du dé- 
partement 2,433 09 

7® Les frais accessoires : 
Subvention à la Société des Amis des 

Beaux-Arts ' 4,000' »| 

Subvention à la Société d'horticulture. 500 »> 4,950 » 
Location d'une tente pour Texposition 
horticole 450 »y 

Total des dépenses . . . 56,244^54 

En résumé : — — 
La recette totale étant de . . . 58,050^25 

Et la dépense de 56,244 54 

Il reste un boni de . . . 4 ,808' 74 
que la ville de Besançon aura à débourser en moins sur la 
subvention de 25,000 francs qu'elle avait votée pour le concours 
régional. 

Pour bien apprécier ces résultats au point de vue des 6nances 
de la ville, il convient d'ajouter au boni ci-dessus les objets d'une 
valeur réelle qui sont restés sa propriété, tels que : 



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— 228 - 

L'installation définitive du gaz dans le Petit-Cha- 
mars, qui a coûté 4,000' > 

Les décors sur châssis de la salle des Halles. . . 3,406 65 

La construction d*un matériel de drapeaux qui 
n'existait plus dans les magasins de la ville 915 » 

Les appareils d'éclairage de la Halle, girandoles, 
lustres, candélabres (2,000 becs] 6,344 42 

La fontainerie nécessaire pour élever l'eau jusque 
dans les combles de la Halle 605 99 

Chiffre total du matériel resté à la ville ... 44 ,974' 06 

Enfin, si l'on tient compte des locations que la commune a 
retirées de l'aménagement de Chamars après lo concours , et de 
l'amélioration que l'octroi a dû en éprouver, on pourra se 
convaincre que l'opération n'a pas été trop à charge au budget 
municipal. 



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— 229 ^ 



TABLE. 

I. Introduction, par M. A. Gastan. 

II. Extrait des procès-verbaux du Conseil général du Doubs. 
III. Arrêté de S. E. le Ministre de l'Agriculture. 
lY. Arrêté du Préfet nommant la Commission d'organisation. 
V. Première circulaire du Préfet aux Maires. 
VI. Deuxième circulaire du Préfet aux Maires et Receveurs mu- 
nicipaux. 
VII. Programme des opérations et fêtes. 
VIII. Composition du Jury et des Commissariats. 

IX. Liste des prix. 

X. Rapport sur la prime d'honneur, par M. René Petit. 

XI. Rapport sur les animaux de l'espèce bovine, par M. Stscklin. 

XII. Etude sur l'espèce bovine au concours de Besançon, par 

M. Barral. 

XIII. Rapport sur les animaux des espèces ovine et porcine et sur 

les animaux de basse-cour, par M. Lbquin. 

XIV. Rapport sur les instruments agricoles, par M. Barral. 

XV. Rapport sur les produits agricoles et proclamation dés prix 

d'horticulture, par M. Ch. Grenier. 
XVI. Distribution solennelle des récompenses. 
Compte-rendu, par M. A. Castan. 
Discours de M. le Préfet. 
Discours de M. le marquis ds Cohrgliano. 
Remise des bannièrea, par M. A. Castan. 
XVII. Banquet. 

Compte-rendu, par M. A. Castan. 

Toasts portés par Son Excellence le maréchal Forbt et par 
MM. Pastoureau, Glbrc de Landrbsse, de Bussibrrb et 
Cazbaux. 
XVllI. Rapport sur la gestion financière du concours régional, par 

M. Ed. GÉRARD. 



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COUP D'ŒIL 
SUR L'HISTOIRE ET LES TRAVAUX 

DE LA 

SOCIÉTÉ D'ÉMULATION DU DOUBS 

Par H. Gh. GRENIER 

Président annael. 



Séance publique d« 14 décembre f MM. 



La Société d'Emulalion du Doubs a été fondée le 4»^ juillet 
4840, dans le but de concourir au progrès des sciences, par des 
publications, par une active coopération à la formation des 
musées, et par une incessante initiative dans le développement 
de toutes les mesures utiles au pays. Les bases de la Société 
ainsi établies ont été maintenues; et, quoiqu'ayant toujours laissé 
aux Académies le champ plus brillant des travaux de Timagina- 
tion, nous pouvons dire aujourd'hui, sans être taxés d'orgueil, 
que le succès a dépassé l'espoir des fondateurs. 

Pourquoi faut-il que si peu d'entre eux aient survécu à leur 
œuvre féconde, et ne puissent en ce moment jouir des fruits 
légitimes.de leurs constants efforts? Pourquoi faut-il que cette 
poignée d'hommes laborieux et animés du désir de grouper les 
intelligences et les labeurs scientifiques de manière à en former, 
au profit du pays , un faisceau puissant digne d'avoir un jour sa 
tribune publique, ne soient plus au milieu de nous pour applaudir 
à l'acte libéral du Ministre qui nous permet d'ouvrir nos portes 
à tous ceux que la science intéresse? Permettez-moi d'adresser à 
ceux qui ne sont plus le cordial et douloureux souvenir d'une 
amitié qui n'ose plus regarder en arrière, effrayée par le vide 



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— «34 — 

immenae qui s'est creusô dans nos rangs. Renaud - Comte , 
Beauthias, Boyé, Boudsot, Bruand, Convers, Michalet, Etallon, 
Yoas tous qui avez, par vos travaux, illustré la science et notre 
Compagnie, recevez dans cette solennelle réunion Thommago 
et les regrets de tous vos collègues. 

En abandonnant le champ d'études de l'imagination pour se 
consacrer à la science, la Société d'Emulation ne s'est point 
amoindrie ; je suis môme convaincu que c'est à cette division, 
nettement formulée dès ses débuts, qu'elle a dû l'heureux et 
large développement qui en ce moment l'a mise à la tête des 
Sociétés de France. C'est là ce qui lui a permis d'accrottre sans 
cesse ses relations et son influence, en ne publiant que des 
travaux originaux et spéciaux , et de se créer, par ce fait, des 
rapports suivis avec les Sociétés scicntiûques les plus distinguées. 
Ainsi, pour ne parler que de cette année, l'Académie royale des 
sciences de Bavière, les Sociétés de Boston et de Genève ont 
sollicité de nous un échange de publications, et les sacrifices 
que ces corps savants ont fait pour obtenir la collection complète 
de nos Mémoires , prouvent la haute considération qu'ils accor- 
dent aux travaux que nous avons accomplis. Un coup d'œil 
rapide sur nos publications montrera mieux que toute autre 
argumentation la vérité de ce fait. 

En entomologie, la longue série des travaux de H. Th. Bruand 
nous a valu une place hors ligne, et la Société entomologiquo de 
France, en nommant notre regretté collègue président de sa 
session extraordinaire de 4858, a manifesté l'estime qu'elle por- 
tait à ce modeste savant qui, par sa Monographie des Paychides, 
a bien mérité le surnom de Réaumur frano-comtois. 

En botanique, H. Godron a publié la Flore du Por^Juvénal; 
Michalet, plusieurs mémoires de morphologie et de phythogra- 
phie relatifs au Jura ; H. Contejean, la Flore de l'arrondissement 
de Mantbéliard : M. Bavoux, des Recherches sur les Narcisses. 
A ces noms, permettez-moi de joindre le mien; car je ne puis 
oublier que c'est en ouvrant la série de vos Mémoires par la 



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— 232 — 

Monographie des Cerastium, que j'ai préludé à la publication 
de la Flore de France, 

En géologie, les noms des hommes érainents qui ont enrichi 
vos Mémoires sont si nombreux que j*ai peine à en faire le 
dénombrement. Renaud-Comte, Etallon, Boyt's MM. Delesse, 
Coquand, Lory, Pidancet, Résal, Contejean, de Fromentel, sont 
pour vous autant de collaborateurs dont les savants travaux ont 
largement concouru à porter au loin la renommée do nos publi- 
cations. 

Comme représentant de la physique et de la chimie, vous 
comptez MM. Person, d'Estocquois , Emile Delacroix, Loir, 
Gouillaud , Résal , et Sire, cet ingénieux inventeur d*un instru- 
ment appelé polytrope, auquel l'Institut a accordé la plus flat- 
teuse approbation. 

En mathématiques, il me suf&ra de citer les noms de Boyé et 
Boudsot, de MM. Reynaud-Ducreux, d'Eslocquois et Résal, pour 
qu'il devienne inutile d'entrer dans aucun détail sur l'importance 
des travaux que ces savants vous ont fournis. 

Je ne puis prononcer les mots d'histoire et d'archéologie sans 
éprouver un juste sentiment d'orgueil, éveillé au souvenir des 
nombreux et éminents travaux qui remplissent vos Mémoires. Je 
me borne encore à rappeler les noms de vos principaux collabo- 
rateurs : Th. Bruand, le colonel Sarrette, l'ingénieur Quiquerez, 
MM. Tissot, doyen de la Faculté de Dijon, Charles Toubin, 
Percerot, Varaigne, Bavoux, Valfrey, le capitaine d'artillerie Bial, 
Castan et Alphonse Delacroix. Mais je croirais commettre un 
déni de justice, si je ne consacrais une mention spéciale aux 
deux savants dont les noms terminent ce riche recensement : à 
M. Castan, dont les profondes explorations ont jeté de si vives 
lumières sur les points obscurs de notre histoire locale; à 
M. Delacroix, qui a eu l'insigne honneur de retrouver l'antique 
Alesia, et de rendre à la Franche-Comté ce redoutable oppidum 
qui vit expirer sous ses murs le suprême eiïort de la liberté 
gauloise. 

Dans les arts et l'industrie, était-il possible de faire plus que 



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— 233 — 

notre mémorable exposition de 1860, dont vous avez été les 
promoteurs et les ordonnateurs, et dont les résultats féconds ont 
si largement profité à notre industrie horlogère? Les rapports de 
MM. Lancrenon etBretillot, qui résument cette œuvre grandiose, 
resteront pour l'avenir de précieux documents à consulter. 

La Société a de plus pris une part si active à la formation des 
musées, que Son Exe. M. le Ministre de Tlnstruction publique a 
cru utile de régler, par un traité spécial, les rapports de TUni- 
versité avec notre Société, et qu'il n*a pas craint d'assimiler les 
droits des membres de la Société d'Emulation à ceux des profes- 
seurs de la Faculté. 

Ce n'est pas tout encore. Le musée d'horlogerie a été fondé 
par vous; et notre musée d'archéologie, l'un des plus curieux 
d'Europe, vous doit son riche développement. Car le problème 
d'Alesia, posé devant la science par M. Delacroix, n'a pris son 
invincible consistance qu'en s'appuyant sur les fouilles persis- 
tantes pratiquées par vous sur les ruines de ce mémorable oppi- 
du7n, et sur les nombreuses pièces de conviction exhumées de 
cette antique nécropole gauloise. 

Voilà, Messieurs, un passé qui répond de l'avenir, et qui lègue 
aux années qui vont suivre de brillantes espérances. Cette con- 
clusion n'a plus besoin de preuves; et si j'en avais besoin, je les 
trouverais encore dans le compte-rendu des travaux de la pré- 
sente année, que je dois vous présenter avant de remettre h mon 
honorable successeur le mandat flatteur dont vous m'aviez investi 
pour la quatrième fois. 

1^ Agriculture* 

Le concours régional d'agriculture qui a eu lieu cette année à 
Besançon, a été l'un des plus complets de France, tant pour 
l'éclat de l'organisation que pour le nombre et la variété des 
animaux exposés : sous ce double rapport, il y a eu unanimité 
de témoignages de la presse agricole. Cette organisation, favorisée 
par un local et un ciel admirables, a été l'œuvre des membres de 



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— Ml — 

la Société d'Emulation du Doubs : sur onze membres de la 
commission d'organisation , neuf appartenaient à notre Comp«- 
gaie. La Société a voulu constater cette large part prise pajr ses 
membres à la conduite de cette œuvre d'intérêt public, en insé- 
rant dans ses Mémoires la collection complète des documents 
relatifs à ce brillant concours de 4865. 

t<> Histoire. 

Ceux d'entre nous à qui revient le plus spécialement la tâche 
de représenter la Compagnie dans les réunions extraordinaires 
du Comité impérial des Sociétés savantes, à la Sorbonne, ont été 
empêchés cette année de remplir cet honorable mandat par les 
travaux du concours régional. 

Si M. Castan n'a pu lire devant cette imposante assemblée la 
notice, écrite dans ce but, sur Tévéque de Paris Hugues de 
Besançon , notre première séance publique y gagnera une inté- 
ressante communication de plus. 

Une autre grande figure ecclésiastique du pays, le cardinal de 
Granvelle, a été à l'ordre du jour de nos travaux ; car, tandis que 
le vénérable M. Weiss, l'un de nos membres honoraires, consa- 
crait généreusement une somme de trente mille francs à l'érec- 
tion d'un monument destiné à faire vivre cette illustre mémoire, 
l'un de nos confrères, M. Marlet, aujourd'hui secrétaire général 
de la préfecture de la Haute-Saône, éclaircissait l'un des points 
obscurs de la biographie de ce même personnage. On sait que 
les ennemis du cardinal lui reprochaient d'être le petit-fils d'un 
forgeron d*Ornans, et que cette puérile accusation a trouvé crédit 
chez les historiens les plus graves. M. Marlet en a démontré la 
fausseté , en prouvant par des textes positifs que c'était , non le 
grand-père , mais le quadrisaïeul du cardinal qui exerçait la 
profession d'ouvrier en fer. 

a<» jLMliéol«9le. 

Le problème du véritable emplacement de l'Alesia des Com- 
mentaires, soulevé parmi nous en 1855, a eu la rare fortune 



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— 235 — 

de passionner les archéologues des deux mondes; il n'est pas 
une feuille publique, pas un recueil de Sociétés savantes qui ne 
se soit fait Técho des nombreux travaux que notre Compagnie a 
publiés sur cette intéressante question. Ceux même qui ont com- 
battu nos déductions ont rendu hommage à Timportance des 
résultats scientifiques obtenus par nos fouilles. Le Comité des 
Sociétés savantes, en décernant aux comptes -rendus de ces 
recherches le prix d'archéologie du Ministère de l'Instruction 
publique pour Tannée 4864, a reconnu dans cette collection de 
méoioires lo point de départ d'une méthode nouvelle et sûre en 
matière d'archéologie celtique. 

Aux six rapports précédemment couronnés, M. Castan en a 
ajouté un septième, qui a pour titre : Les Préliminaires du siège 
d'Alesia. L'auteur y établit : 4® que le texte de César, précisé 
par les témoignages de Plutarque et de Dion Cassius, ne permet 
pas de placer ailleurs qu'en Séquanie la campagne qui aboutit 
au siège d'Alesia; 2® que la presqu'île de Mantoche ayant été 
pendant tout le moyen -âge la trouée naturelle des invasions 
qui descendaient du plateau de Langres en Franche -Comté, 
toutes les vraisemblances sont pour qu'elle ait joué ce même 
rôle dans la retraite de César sur la Province romaine; 4® que 
les traditions locales et les vestiges archéologiques sont d'ac- 
cord avec les textes anciens pour désigner le pays de Char- 
senne comme théâtre du combat de cavalerie qui précéda le 
blocus d*Alesia. 

En môme temps que cette démonstration, si favorable au 
système d'Alaise, nous était faite, nous recevions de l'un de nos 
membres honoraires, M. Jules Quicherat, professeur d'archéo- 
logie à l'Ecole impériale des Chartes, un mémoire destiné à 
prouver que les armes sorties du sol d'Alise-Sainte-Reine ont 
essentiellement le caractère germanique, et que dès lors le siège 
dont les traces apparaissent autour de la bourgade de l'Auxois 
se rapporterait à la période des grandes invasions : les six petits 
camps rondsy qui appartiennent à cet ensemble, viennent à l'ap- 
pui de la manière de voir du savant archéologue, car cette forme 



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— 236 — 

de campement n'apparaît dans Thistoire de la stratégie antique 
qu'environ cinq siècles après César. 

A son tour, M . le colonel Sarrelte, Tun de nos plus laborieux 
correspondants, nous apporte une solution mathématique du 
problème d'Âlesia, dont les conclusions sont entièrement en 
notre faveur. 

Un problème de môme nature, qui est devenu en quelque 
sorte un corollaire de celui d'Alesia, a été l'objet, en 1858, d'un 
savant mémoire de notre confrère M. le capitaine Bial, chargé 
en ce moment d'une mission de l'Empereur pour étudier les 
monuments celtiques du nord de l'Europe. Nous voulons parler 
de la question d'Uxellodunum. M. Bial appuyait les titres du 
Puy-d'Ussolud , oppidum celtique dont l'identité de caractère 
avec notre Alaise l'avait frappt». Grâce à la générosité de quel- 
ques personnes et à la libéralité du Conseil général du Lot, on a 
pu réunir les fonds nécessaires à l'entreprise d'une fouille que 
M. Bial annonçait devoir être décisive. La fouille vient d'avoir 
lieu ; elle a été dirigée par M. Bial et M. Cessac, également noire 
confrère et auteur de cinq remarquables mémoires sur la ques- 
tion. Les résultats ont été merveilleux : une seule tranchée a 
suffi pour mettre au jour la galerie conduite souterrainement par 
César, dans le but de faire disparaître la source qui abreuvait les 
habitants. Une travée de cette galerie, transportée à Paris par 
les soins de M. Cessac, a été mise sous les yeux de S. M. l'Em- 
pereur, qui s'est rendu immédiatement à l'évidence de celte 
vérité devenue palpable. 

La Commission de la topographie des Gaules, également hos- 
tile à Alaise et au Puy-d'Ussolud, avait préconisé celte autre 
doctrine, que les monuments réputés celtiques n'étaient point le 
fait de la race gauloise; qu'ils avaient été produits par deux 
peuples bien distincts : l'un, habitant la région de l'Ouest, qui 
aurait été essentiellement constructeur de dolmens et de menhirs; 
l'autre, parqué dans la zone de l'Est, qui aurait eu exclusivement 
la spécialité des tumulus. Celte théorie a reçu de l'observation 
un très grand nombre de démentis. M. Alphonse Delacroix vient 



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— 237 — 

d'en ajouter un nouveau, par la description pleine d'intérêt qu'il 
nous a donnée du dolmen de Saint-Maximin, à trois lieues au sud 
de Besançon. Il existe donc dos dolmens dans la région de l'Est 
des Gaules. S'ils sont plus rares en Séquanie qu'en Bretagne, 
cela tient à une différence entre la constitution géologique des 
deux pays. Les dolmens existent chez nous h l'état naturel sous 
fornae de cavernes, les menhirs, sous la forme d'aiguilles de 
rochers, t Dans des lieux, dit M. Delacroix, oii l'on trouvait à 
chaque pas des réalités grandes et magnifiques, il eût été puéril 
de façonner de chétives images. » 

L'étude et la description des monuments de l'âge celtique ne 
nous ont point fait perdre de vue les manifestations figurées des 
civilisations postérieures. Notre Société, par l'organe de mon 
prédécesseur M. Delacroix, a plaidé, auprès de LL. EË. les 
Ministres de la maison de l'Empereur et de l'Instruction publique, 
la cause de la conservation du pont romain de Besançon, l'unique 
spécimen du genre qui soit demeuré intact. Puis la Société a 
entrepris le moulage en plâtre des nombreux bas-reliefs qui 
décorent l'arc de triomphe antique connu sous le nom de Porte- 
Noire. Cette opération, qui touche à son terme, a été fort habi- 
lement dirigée par notre confrère M. Varaigne, archiviste de la 
Société. La belle collection de moulages qui en résulte va devenir 
l'une des principales richesses du musée archéologique de Be- 
sançon. Reproduite par la photographie et môme par la gravure, 
elle permettra d'appeler l'attention du monde savant sur un édi- 
fice qui n'a pas son pareil en France pour le luxe de l'ornemen- 
tation. 

4° Sciemces pltyslques, elttntiques et naturellMi. 

Les mémoires édités par vous dans ces différentes branches, 
sont par trop techniques pour qu'il me soit possible de vous en 
donner ici l'analyse. Je me borne donc à en rappeler les titres. 

En histoire naturelle, M. Grenier continue la publication de la 
deuxième partie de la Flore des monts Jura, dans laquelle il 
étudie avec un soin tout particulier l'influence de l'altitude, ainsi 



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— J38 — 

que celle de la nature physique et chimique du sol sur les végé- 
taux qu'il décrit. 

En physique et chimie, vous avez publié un mémoire de 
M. Hinary sur le dégagement de chaleur dans la formation des 
silicates ; 

Une note de H. Marchai ayant pour objet l'application des 
principes de H. Minary aux fourneaux d'essayeurs ; 

Un mémoire de H. Minary sur des phénomènes d'action 
capillaire ; 

Enfin une note de H. Marchai sur un procédé nouveau pour 
retirer l'or et l'argent des galons. 

Vous avez continué à subventionner le musée d'horlogerie, et 
vous avez voté une somme de 400 fir. pour concourir à l'œuvre 
du comité départemental de l'exposition universelle de 1867. 

Enfin, Messieurs, permettez-moi de féliciter la Société de la 
nouvelle marque de sympathie qu'elle vient de donner à cette 
œuvre nationale, en appelant au fauteuil le président même 
du comité départemental de l'exposition de 1867. 



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DE L'EMPLOI DES EAUX MINÉRALES 

CHEZ LES ANCIENS 



Par M. EmUe DELACROIX 

Inspecteur des eaux de Laxeuil. 



«é^B«e pvbUvne ém Hé «éecaibre f «•«. 



Est-il bieo important de savoir ce que les anciens ont pu faire 
des sources minérales? Cette question n'est pas» comme on 
pourrait le croire, dénuée d*à-propos, car tout se lie dans les 
intérêts comme dans Thistoire de Thumanité. 

En divers temps, la pluralité des hommes s'est assez peu 
souciée de ce qui n'est pas le présent. A ses yeux, les progres- 
sistes vont au hasard; ceux qui se retournent en arrière, soit 
pour y trouver de grandes et consolantes images, soit pour j 
chercher les lois de la civilisation , s'exposent à être considérés 
comme des voyageurs attardés ou distraits. 

Hais quand on commence à prendre une idée plus élevée des 
destinées humaines, on raisonne tout diflEéremment. L'homme 
alors, ou chaque génération, n'est plus un point qui se meut 
détaché dans l'espace ; il fait partie d'une chaîne dont les anneaux 
sont solidaires, d'une sorte de fil télégraphique transmettant la 
pensée à travers les siècles, depuis les plus antiques stations. de 
rhumanité jusqu'à nous. Dès lors, la science n'apparatt plus 
composée seulement d'hier, et comme sortie toute faite de nos 
cerveaux et de nos presses du jour. On en voit les linéaments 
primitifs jusque dans ce que le vulgaire appelle la nuit des temps. 

L'archéologie, qui recueille ces précieux souvenirs, n'est pas 
une œuvre de simple curiosité; car elle peut, en nous initiant à 
des méthodes aussi vieilles que le monde, nous permettre 
d'avancer plus sûrement dans les connaissances à venir. 



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— 240 — 

Aujourd'hui, nous vivons dans une période relativement et 
surtout matériellement heureuse. De si éclatantes manifestations 
du génie scientifique industriel sont apparues comme tout à 
coup; des instruments d*une telle puissance ont été mis aux 
mains de l'homme, qu'on pourrait croire en vérité que demain, 
nouveaux Titans, nous allons ébranler le monde. Hélas ! soyons 
plus modestes; étudions encore. N'oublions pas ce qu'il a fallu 
de peines et surtout de temps à nos devanciers pour recueillir 
et nous transmettre ces éléments des sciences dont l'heureuse 
application fait aujourd'hui tout notre orgueil; n'oublions pas 
que demain, étourdis par des succès qui nous ont été préparés de 
si longue date, quand, à notre tour, nous aurons à transmettre des 
procédés ingénieux, des doctrines qui avaient pu nous sem- 
bler parfaites et irrévocablement formulées , hésitants déjà , 
peut-être nous n'aurons à livrer que notre bien juste part dans 
cette série non interrompue des travaux de la terre. 

Et qui sait même si nous n'aurons pas quelque compte à 
rendre à la postérité , pour avoir un peu trop usé de ces choses 
de la nature que nous ne pouvons pas reconstituer, notamment 
des richesses enfouies dans le sol et qui appartiennent à toutes 
les générations; pour avoir trop subordonné l'homme à la ma- 
chine, la pensée à l'instrument, l'esprit à la matière : doux choses 
qui avaient été unies en ce monde dans les desseins de la 
création ? 

Un des travers de notre temps , qui se croit à la veille de tout 
savoir et qui cependant est si gros de problèmes, est de ne plus 
douter de rien, par cela même qu'il doute de tout; de faire fi des 
traditions qui nous disent que l'homme, et ses travaux et ses 
perplexités, ne sont pas seulement d'hier. Encore un pas dans 
la foi nouvelle à l'inconnu, et tel qui avait aboli toute idée 
religieuse comme inutile ou embarrassante, abolirait aussi l'his- 
toire. Soyons plus sages : en cultivant librement le champ de 
la science, qui en tout et partout a été ouverte l'homme, ne 
perdons pas de vue nos points de départ et de passage, ni les 
perspectives d'arrivée. 



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— 24» — 

Cela dit, et sans plus de transitioD, qu*on nous permette de 
chercher dans un sujet d'études bien modeste assurément, mais 
non digne d*intérét, une preuve de cet enchaînement qui relie la 
science de nos jours à celle de l'antiquité. Essayons de dire en 
peu de mots ce qu'ont fait les anciens des sources minérales. 

Laissant de côté tout ce qui concerne l'emploi des eaux ordi- 
naires, sous forme des bains chauds ou froids qui tenaient une 
si grande place dans les habitudes de la vie ancienne, nous ne 
parlerons ici ni des premièrei^ piscines annexées au Gymnase 
grec, ni de ces Thermes splendides par la distribution et l'archi- 
tecture, oii tout se trouvait à proximité du bain : arènes, théâtres, 
naumachies, et dont le génie romain nous a laissé de si remar- 
quables vestiges, soit à Rome, soit en Orient et ailleurs; ni des 
ruines si instructives de Pompéï, oii l'on voit encore un spécimen 
des mieux conservés de bains antiques. 

Alors, sans doute, dans ces établissements dus entièrement à 
l'art, alimentés d'eau ordinaire préalablement chauffée dans les 
bypocaustes, il ne s'agissait guère que d'hygiène. Cependant, 
nous y trouvons déjà une distinction établie dans l'ordre d'appli- 
cation des températures. Tantôt le baigneur débutait par l'étuve 
et l'eau chaude avant de se plonger dans l'eau froide ; tantôt par 
l'eau froide avant de passer dans l'étuve. C'dst aussi de ce temps 
que paraissent dater les premiers essais d'hydrothérapie propre- 
ment dite , c'est-à-dire de médication à l'eau froide seule. Un 
affranchi d'Auguste , Antonius Musa , l'avait mise à la mode en 
l'appliquant à son impérial client. 

Mais ce qui nous intéresse particulièrement ici , ce sont les 
bains entretenus par les sources minérales , c'est-à-dire par des 
eaux médicamenteuses. Examinons s'il est vrai, comme quelques 
hydrologues semblent le croire encore , que les anciens n'en 
aient guère usé qu'au point de vue de la température des eaux. 

Aujourd'hui la plupart ont bien changé d'avis. S'il nous est 
permis de nous citer, nous rappellerons qu'en 4857, à la suite 
de fouilles très intéressantes qui avaient été pratiquées pour la 
recherche des eaux ferrugineuses émergeant à Luxeuil, à côté 

46 



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— 242 — 

des'eaux salines thermales , dous avons constata le soin extrême 
qu'avaient mis les Romains , après les Gaulois, à distinguer là 
très nettement des eaux dissemblables d*origino et de nature, à les 
tenir séparées pour des usages essentiellement divers (*). Parmi 
les inscriptions trouvées sur place antérieurement, il on était une 
dont il nous avait paru difficile de contester Tauthenticité {*) , car 
la fraude ne s'expliquerait guère : son signalement à rattcntion 
des historiens date d'une époque oU l'on n'avait aucune connais- 
sance de l'antique séparation de$ eaux. Les noms de Luxovium 
et de Brixia, accouplés dans cette inscription, nous paraissaient 
et nous paraissent encore être ceux des deux divinités qui per- 
sonnifiaient, selon la coutume ancienne, les sources de la station. 

Hais remontons à des autorités plus sûres : voyons ce que 
Pline l'ancien rapporte des eaux les plus fréquentées de son 
temps. 

« £Iles sortent, dit-il, bienfaisantes, çà et là, de mille lieux de 
la terre, là froides, ici chaudes, ou chaudos et froides, comme 
à Tarbelles [Dax] d'Aquitaine et dans les Pyrénées , oU elles ne 
sont séparées que par un faible intervalle ; ou encore tièdes et 
simplement dégourdies, offrant leurs secours aux malades, et 
n'émergeant que pour l'homme entre tous los animaux. Sous 
divers noms, elles augmentent le nombre des dieux et fondent 
des villes, comme Pouzzole en Campanie, Statyelles en Ligurie, 
Aix dans la province Narbonnaise (']. » 

Ce passage nous indique déjà clairement : l'antique emploi 
des eaux minérales en médecine, quelle que soit la température 
des eaux; la vénération des malades pour les sources, et autour 
d'elles une telle fréquentation que beaucoup de villes n'ont pas 
eu d'autre motif d'origine. 

(') E.Delacroix, Eiudes sur LtuceuU, dans les Mémoires de la Soriéi 
d* Emulation du Doubs, 3« série, t. H ; — Cf. IS'oiice sur les fouilles faites en 
1857 et 1858 aux sources ferrugineuses de Luxeuil, dans le même rerueil, 
3« série, t. VIT. 

(2) Voy. F. BouKQUBLOT, Inscriptions antiques de Luxeuil, dans les Mé- 
moirei de la Société impériale des antiquaires de France, t. XXVI. 

(*) Plirii Hiiloria naturalis, lib. xxxi, ç. 3. 



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— 243 — 

Ajoutons que la croyance à l'action curative des eaux était 
grande alors , puisque môme pour celles qui n'avaient rien de 
propre à bien fixer l'attention , comme celles de la Seine, nous 
Toyons la source principale entourée d'un temple élevé à 5e- 
quana, temple des ruines duquel on a tiré une collection variée 
autant que curieuse de petites pièces d'ex toto, représentant les 
maladies dont on venait là chercher la guérison (*). 

Retournons à Pline. On va voir, de plus, qu'en parlant des 
véritables eaux minérales de diverse origine et de toute nature, 
il ne laisse aucun doute sur les indications thérapeutiques et 
toutes spéciales de leur emploi. 

€ Nulle part, ajoute-il, elles ne coulent plus abondamment et 
n'offrent des ressources plus variées qu'à Baies (aujourd'hui 
principalement Bagnoli, golfe de Baja, province de Naples) , les 
unes sulfureuses, les autres alumineuses ou salines, nitreuses, 
bitumineuses ou mêlées de sel et d'acide. Il en est qui servent 
en vapeur 

» (D'autres], selon leur nature, remédient aux maladies des 
nerfs, des pieds (*), à la sciatique, aux luxations, aux fractures. 
Elles purgent l'intestin, guérissent les plaies, portent remède 
aux maux de tête et d'oreilles ; les Cicéroniennes guérissent les 
yeux (•). 

» Dans la même région de Campanie, les eaux de Sinuesse 
guérissent les femmes de la stérilité, les hommes de la folie... 

» Celles de l'île d'iËnaria (Ischia) guérissent les calculeux... 

» Près de Rome, les eaux Albules [Tivoli), qui sont tièdes, 
guérissent les blessures.... 

» Le lac Alphéon dissipe les taches blanches de la peau ... 

n Le Cydnus, rivière de Cilicie, guérit les goutteux, comme le 
fait voir la lettre de Cassius de Parme à Marc Antoine.... 

(>) H. Baudot, Bapport surle$ objets trouvés aux sources de la Seine, dans 
les Mémoires de la Commission des antiquités de la Côte^d'Or, an. 1843. 

(*) Probablement la goutte. 

("} Les sources chaudes sortaient d'une des cours de la campagne de 
Cicéron, sur la route du lac Averne à Pouzzole. 



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- w* — 

» La ville de Tongres, en Gaule (Belgique), a une source 
célèbre, pétillante, à saveur ferrugineuse..., qui dissipe la fièvre 
tierce et la diathèse calculeuse. 

.» Varron rapporte qu*en Cilicie, près de la ville de Cescum, est 
un ruisseau, le Nus, qui rend le jugement plus net; mais que, 
dans rtle de Cée, une source Thébète; et qu'il en est une à 
Zama, en Afrique, qui fait la voix plus sonore. 

» Les eaux bitumineuses ou nitreuses, comme celles de Cutilée, 
sont bues pour la purgation... 

» La boue môme des sources est utilisée, en se séchant au 
soleil après s'en être enduit. 

» Les médecins regardent Teau de mer comme efficace pour 
la résolution des tumeurs, notamment des parolides, quand elle 

est bouillie avec de la farine d*orge Klle est utile aussi en 

douches répétées. » 

Voilà Pline. Il en dit assez, dans ce qui précède, pour nous 
convaincre, sans que nous entrions avec lui dans les détails 
plus ou moins fabuleux de la thérapeutique ancienne. 

Il est ainsi bien évident que les eaux mioijrales ont été de très 
longue date appliquées en bains, lotions, vapeurs, douches, au 
traitement de la plupart des maladies chroniques; il n'est pas 
moins évident qu'elles étaient aussi administrées en boisson, 
puisqu'il est au moins question ici d'eaux purgatives. 

Comment d'ailleurs expliquer autrement celte accumulation 
de débris de vases à boire : coupes, tasses, cruches, urnes de 
toute forme et de toute dimension, qu'on retrouve dans tant de 
stations, notamment autour des sources ferrugineuses do Luxeuil, 
et qui forment là, comme nous l'avons déjà constaté, une collec- 
tion céramique si variée, que les échantillons semblent y avoir 
été apportés de tous les points de la terre? 

Au reste, une simple revue, quelque rapide qu'elle soit, des 
sources minérales fréquentées avant ou pendant la période gallo- 
Domaine, et oii restent des monuments incontestables de cette 
fréquentation, va nous faire voir l'importance thérapeutique 
anciennement attribuée aux stations. Elles sont loin de figura 



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— Î45 - 

toutes dans le tableau qui suit. Raugeons les mieux connues 
suivant Tordre chimique aujourd'hui adopté : 

Eaux sulfurées sadiques. 

Arlks ou Amêlib-le9-6ains (Pyrénées-Orientales) : piscine et 
Toûte antiques ; lames de plomb gravées ; médailles romaines et 
celtibériennes. 

Ax (Ariége), anciennement Aquœ, 

Brôminbs (Savoie) : ruines de thermes romains. 

LucHON (Haute -Garonne) : ruines antiques; pierres votives 
avec l'inscription Lexoni Deo sacrum. 

Carbâllo (Espagne, Corogne) : piscine romaine. 

Eaux sulfurées calciques. 

Aix-les-Bains (Savoie), Aquœ Gratianœ : restes romains; 
arc votif; piscine et hypocauste; inscriptions. 

6agnères-db-Bigorre (Hautes-Pyrénées) : ruines de thermes 
gallo-romains. 

AcQui (Italie), anciennement Aqu^ Statiellœ. 

BuLLiCAHB (Viterbe) : ruines de thermes antiques. 

ToPLiKA (Croatie), anciennement célèbre sous le nom de 
Constantineœ Thermœ. 

Eaux chlorurées sadiques. 

Bains (Vosges), antique station. 

Balaruc (Hérault) : vestiges de thermes antiques. 

Bourbon-Lanct (Saône-et-Loire), Aquœ Nisineii. 

Bourbon-l'Archambault (Allier), Aquœ Borboniœ. 

BouRBONNB (Haute-Marne), Aquœ Bormonis ou Borvonis. 

LuxBuiL (Haute-Saône) : aqueducs romains; sculptures an- 
tiques; poteries; inscriptions Luxovium ou Lixovium et Brixia, 

Mackvillbr (Bas-Rhin) : ruines d'un bain romain. 

NiEDERBRONN (Bas-Rhiu) : restes de vastes thermes antiques. 

HAMMAar-MBSKOUTiN (Constantine) : piscines romaines restau- 
rées. 



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— 246 — 

Abanà (Padoue) : ruines antiques; piscines; Aponensesaqtiœ: 
Patavinœ aquœ. 

Baden-Baden (grand-duché de Bade) : piscines; sculplures^; 
Civitas Aurélia aquensis, 

Caldas de Montbuy (Espagne, Barcelone] : ruines ronaaines; 
Aquœ calidœ. 

Ile de Cos (mer Egée), trois sources célèbres dans l'antiquité. 

Ile d*£lbe (Toscane), sources fréquentées des anciens : ruines 
romaines. 

Hbrmionb (Grèce, Argolide}, source sacrée au milieu des 
ruines d'Hermione. 

Ktthnos ou Therhia (Grèce, Cyclades), bains antiques- 

PouzzoLE (Naples), grande cc^lébrité ancienne. 

TiERMAS (Espagne, Sarragosse) : ruines antiques. 

Weisbaden (Nassau) : restes d'antiquités; Mattiacœ aquœ 
calidœ ? 

Eaux chlorurées sadiques sulfureuses, 

Uriage (Isère) : hypocauste antique. 

Aix-la-Chapelle (Prusse rhénane), Aquis Granum ou Aquœ 
Grani des Romains. 
Archena (Esp., Murcie) : vestiges romains et mauresques. 
Méthane (Grèce, Argolide), station antique. 

Eaux bicarbonatées sodiques. 

Chaudes-Aigues (Cantal), Aquœ calentes. 
Vichy (Allier) : vestiges de station antique ; Vicus calidus ? 
Ems (Nassau) : restes nombreux d'antiquités; Fontes calidi 
Mattiaci ? 
RoHAGNA (Toscane), ancienne station romaine. 

Eaux bicarbonatées calciques, 

Aix (Bouches-du-Rhône) : très remarquables vestiges; Aquœ 
Sextiœ, 

Badenweiler (grand-duché de Bade) : bains antiques bien 
conservés; inscription à Diane Abnoba, 



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— 847 — 

BioussB (Anatolie], Pruse antique, au flanc du mont Olympe; 
ancienne célébrité. 

BuxTon (Angleterre, Derby) : ruines romaines; puits Sainte- 
Anne. 

Nibdbrnâu (Wurtemberg) : restes romains; statuette d*ApoUon. 

NocBRA (Romagnes), très ancienne station. 

RcBHBBBAD (Suisse, Argovie), sur les ruines d'un bain romain. 

TùPFBii ou RcBMBRBAD (Styrie) : bain romain. 

Eaux bicarbonatées mixtes. 

MoNT-DoRB (Puy-de-Dôme) : ruines antiques. 
NtRis (Allier) : ruines remarquables; Aquœ Nerœ. 
Hàhham-Bbrda (Constantine) : constructions romaines. 
Alangb (Espagne, Badajoz) : ruines antiques. 
Chavbs (Portugal, Tras-los-Montes ) : ruines antiques ; Aquœ 
Flaviœ. 

Eaux sulfatées sadiques, 

Plohbièrbs (Vosges) : travaux romains considérables; Plum- 
bariœ? 

Tbrkini (Sicile), station antique; Thermœ Himerenses. 

YiCÀRBLLO (Etats romains) : vestiges antérieurs à la fondation 
de Rome; anciennes Eaux Àpollinaires (*). 

Eaux sulfatées calciques. 

Alhaka db Murcia (Esp., Murcie), station antique. 

Babbn (Suisse, Argovie), Aquœ Heloeticœ ou Verbigenœ, 
Vicus thermarum, 

Badbn (Autriche, près Vienne), Aquœ Pannonicœ. 

Bath (Angleterre, Sommerset) : restes de réservoirs et de 
piscines antiques; Aqt^œ Solis. 

FoRDONGiANUS (CagUari), Aquœ Lesitanœ ou Hypsitanœ. 



(^) E. Desjabdins, Découverte du Aqua ApolUnares, dtos les Archives 
4ss missimu scientifiques, t. VllI, p. 24. 



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— 248 — 

Eaux sulfatées magnésiques, 

BuzoT (Espagne, Aiicante), station antique. 
GiAN (Hongrie), Àquœ Strigonienses. 

Eaux sulfatées mixtes. 

Dàx (Landes), Aquœ Augustœ ou Tarbellicœ. 
RosBLLB (Toscane) : ruines de thermes romains. 

Eaux ferrugineuses bicarbonatées. 

Etuz (Haute-Saône) : maçonnerie et poterie romaines; anciens 
conduits. 
LuxBUiL, déjà cité. 

Salàh-Bbt (Constantine) : restes de thermos antiques. 
BiRKBNFBLD (principauté de), eaux connues à Tépoque romaine. 
ToNGEBS (Belgique), fontaine dite de Pline. 

Eaux diverses non classées. 

iEoBPSB (Grèce, Eubée), antique célébrité; Mdepsi thermœ ou 
Herculis lavacra. 

Albano (campagne de Rome), antique fréquentation. 

Eaux Albulbs (environs de Rome, Tivoli), sources sulfureuses 
célèbres dans l'antiquité; Albulœ aquœ, Albunea fons.- 

Almas (Hongrie), vestiges romains. 

Antiochb ou Antakibh (Turquie d'Asie), célébrité thermale 
antique 

Bagnoli et Baja (Naples, golfe de Baja), sources sulfureuses; 
grande célébrité antique sous le nom de Baies. 

BfijAR (Espagne, Cacérès) : ruines antiques; Vicus Cecilins, 
Municipium Bariense. 

Caldas bb Malayblla ( Espagne , Girone ) : constructions an- 
tiques; étuves; Aquœ Voconiœ. 

CALLiiHOfi (près du Jourdain), source sulfureuse célèbre au 
temps de Pline. 

Eski-Chbhr, Dorylœum (Anatolie), sulfureuse thermale: 
beaux restes d'antiquités. 



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— 849 — 

El Hàsha di Cabès (Tunis), station antique; Àquœ Tacapinœ. 

LiBisiA (Esp., Salamanque], sulfureuse : ruines de thermes 
romains. 

LiDJA(Anatolie), sources appelées traditionnellement Bains 
d'Agamemnon, 

LiGOURio (Grèce, Argolide) : vestiges d'anciens thermes et 
d*un temple à Esculape. 

MiLO (Archipel grec), bains cités par Hippocrate. 

Sarbàra (cap Cagliari), anciennement Aquœ Lesitanœ. 

SMTftNB (au voisinage de}, sources citées par Strabon. 

Il suffit d'un tK)up d*œil donné au tableau qui précède pour 
voir que les eaux y sont de toute nature, empruntées à toutes 
les classes : sulfureuses, salines, alcalines, gazeuses, calcaires 
ou magnésiennes, ferrugineuses, etc. Elles représentent les 
températures les plus diverses. La Gaule ancienne seule figure 
là pour plus de vingt-cinq stations bien connues, oh Ton traitait 
à peu près les mêmes maladies qu'on y traite aujourd'hui. 

D*oh vient donc cette opinion assez vulgaire, reproduite, il est 
vrai, dans des publications qu'emporte le vent, et qui consiste à 
considérer la fréquentation des eaux comme une simple fantaisie 
de la mode du jour? On dirait qu'entraînés par une vitesse 
accélérée du temps, nous ne sachions plus que parler avant de 
savoir, écrire avant d'avoir lu ce qui nous précède; oserons-nous 
dire, imprimer souvent avant d'avoir écrit? Nous perdons jus- 
qu'à la connaissance de l'origine des choses les plus usuelles. 
On nous dit , par exemple , que Pascal est inventeur de la 
brouette, quand nous voyons la brouette aux mains des ouvriers 
mineurs gravés dans l'édition de Georges Âgricola (De re me- 
iallicaj imprimée à Bàle en 4556. 

Hais n'oublions pas qu'il s'agit d'eaux minérales, et rassurons- 
nous. Si leur mode dure autant qu*elle a déjà duré, ce n'est pas 
nous qui la verrons finir. 



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L'ÉVÊQUE DE PARIS 

HUGUES DE BESANCON 

Par M. Auguste CASTAN. 



0éMee pvbll«v« do 14 décembre IMft. 



Dans son admirable Discours sur Vélat des lettres en France 
au XIV* siècle, M. Victor Le Clerc n'a mentionné Tévéque 
Hugues de Besançon qu'à propos d'une violente querelle quVut 
ce prélat avec TUniversité de Paris {*). L'éminent écrivain ne 
pouvait soupçonner qu'il restât le moindre vestige du style de ce 
personnage, assez érudit cependant pour avoir conquis dans sa 
jeunesse le grade de docteur en droit canon. Le hasard nous 
ayant mis sous les yeux une longue épttre émanée de lui, nous 
avons pris texte de notre trouvaille pour dévoiler (ce que per- 
sonne n'a fait encore) les véritables causes de celte grande 
fortune plébéienne. 

I. 

A l'époque oîi naquit Hugues de Besançon, le principe des 
nationalités commençait à poindre dans le droit public de l'Eu- 
rope. Philippe le Bel, qui, pour la France du moyen âge, en 
était la première incarnation, possédait au plus haut degré les 
qualités qui faisaient autrefois les grands politiques : la patience, 
la ruse et le mépris des hommes. Ce fut avec ces armes qu'il 
entreprit la conquête de la Franche-Comté, pays qui relevait de 

f>) Discours sur mit des lettres en France au xiv* siècle, dans le XXIVt 
Tolume de V Histoire littéraire de la France, p. 259. 



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- 25* -. 

la couronne germanique, et qui, par le fait, créait une porte 
ouverte à l'étranger dans la frontière orientale de la France. Le 
caractère- du prince qui régissait alors le comté de Bourgogne 
devait favoriser singulièrement cette tentative. 

Othon IV avait reçu de sa mère Alix une province désorga- 
nisée et couverte de ruines (*]. Le peuple des campagnes, décimé 
par les pestes, épuisé par les guerres, aimait mieux abandonner 
ses champs que d'en payer les impôts ; les bourgeois, organisés 
partout en communes, composaient hardiment avec le fisc; les 
seigneurs, barricadés dans leurs innombrables châteaux forts, 
n^apportaient au comte qu*un stérile hommage ; enfin, les res- 
sources du domaine privé avaient été presque totalement taries 
par les fondations pieuses des prédécesseurs d'Othon Celui-ci 
n*était pas homme à dominer un tel état de choses. 

Tête faible, mais âme loyale ; esprit frivole, mais cœur géné- 
reux ; imagination vagabonde, mais tempérament vigoureux et 
fait pour braver les hasards de la guerre, Othon IV portait en lui 
toutes les passions, bonnes et mauvaises, de la vieille chevalerie 
française. Un siècle plus tôt, il eût été le héros d'une croisade, 
et les trouvères auraient à l'envi célébré ses prouesses : au temps 
oii il vivait, il ne pouvait laisser de lui d'autre image que celle 
de Toisoau qui tombe fasciné dans la gueule du serpent. Ayant 
à opter entre les cajoleries des deux plus puissants monarques 
du monde, l'empereur d'Allemagne et le roi de France, Othon 
inclina du côté oh son goût pour le faste et son humeur belli- 
queuse trouvaient la plus grande somme de satisfaction. Dès 
1283, sans autre but que de chercher les aventures, on l'avait 
vu dépenser des sommes folles pour concourir, sous les bannières 
fleurdelisées, à la vengeance des vôpres siciliennes ('). Philippe 



(>) a Item T0I0D8 que, por la poureté de nostre terre du comté de 
Bonrgoigne, que la première année après nostre décès, nostres gens dudit 
comté soyenl quittes de tailles et de missions. > {Testament d*AUx, comtesse 
de Bourgogne, du 6 mars 1277, ap. Chbtalibr, Uist, de Poligng, 1. 1, p. 861.) 

(*) GoLLUT, Mémoires historiques de la répuhliqut siquanoise, liv. Vil, 
chap. xxin. 



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— 252 — 

le Bel, qui n'était encore que prince héréditaire, avait pu l'étudier 
de près, gagner son amitié, corrompre sa parenté et glisser bon 
nombre d'afSdés dans son entourage. Devenu roi , il Tattira le 
plus que possible à sa cour, stimulant à tout propos sa vanité et 
lui fournissant de la sorte mille occasions de s'endetter : un 
second mariage qu'il lui avait fait contracter, en 4285, avec la 
fille unique du comte d'Artois, le rendait d'ailleurs l'allié de tous 
les grands vassaux de la couronne de France. Pour précipiter le 
dénouement, il fallait une crise : Philippe le Bel sut la faire 
arriver à point, en poussant Othon IV à entrer dans une ligue 
formée par les comtes de Montbéliard et de Ferrette contre 
l'évoque de Bâle et sou protecteur Rodolphe de Habsbourg. 
L'aristocratie comtoise , et à sa tête Jean de Chalon , beau-frère 
de l'empereur d'Allemagne, fut presque unanime à refuser de 
suivre son chef immédiat ; elle considérait à bon droit cette lutte 
comme une atteinte au plus sacré des devoirs féodaux. Othon, 
réduit à enrôler des mercenaires, ne put empêcher les troupes 
allemandes d'envahir et de ravager sa principauté. Battu sous 
les murs de Besançon [août 4289), le comte de Bourgogne se 
hâta d'accepter le pardon que lui offrait Rodolphe, et reprit le 
chemin de la cour de France pour y cacher sa honte et s'étourdir 
sur ses chagrins (*). 

Cette dernière équipée avait donné le coup de grâce à son 
crédit. Tout son domaine était passé, pièce après pièce, entre les 
mains des usuriers juifs et lombards. Mais ces gages ne suffi- 
saient plus : il lui fallait à tout prix, pour sa tranquillité, la cau- 
tion du roi de France. Philippe le Bel allait exploiter enfin cette 
situation, l'un des chefs-d'œuvre de son astucieuse diplomatie. 
Par un premier traité, passé à Evrennes le 2 juin 4291, Othon et 
Mahaut d'Artois, sa femme, s'eugagèrent à marier Jeanne, leur 
fille aînée, à celui des fils de France qu'il conviendrait au roi de 
désigner; la seigneurie de Salins devait former la dot de la jeune 



(Mi.. Castan, Ori^iitef de la atmmtme de Besançon, ch. t, dans les Mé- 
moires de la SoeiiU d^EmukUUm du Doubs, 8* série, t. III^Jpp. 314-816. 



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— 263 — 

princesse, et l'expectative du comté de Bourgogne lui était assu- 
rée dan^ le cas ob l'héritier de la couronne deviendrait son 
époux (*}. Les quelques sommes que lâcha le roi de France, 
pour obtenir cet arrangement, ne servirent guère qu*à aiguiser 
Fappétit des créanciers du comte de Bourgogne. Pourchassé de 
plus en plus par cette bande d'escrocs, accablé par le mépris de 
l'aristocratie franc-comtoise, la conscience bourrelée de remords, 
le cœur gros de dépit, Olhon finit par abandonner le gouvernail 
de sa propre existence, et par se mettre à la discrétion de Philippe 
le Bel. Un nouveau traité, qui lui fut dicté à Vincennes le 2 mars 
1295 ('], confirmait la clause initiale du premier, et stipulait, en 
outre, l'abandon immédiat du comté de Bourgogne à Philippe le 
Bel , père et administrateur des biens du fiancé de la princesse 
Jeanne. Celle-ci venant à mourir avant la célébration de son 
mariage, le comté devenait province française : il en devait être 
de même si les conjoints mouraient sans postérité, ou si cette 
postérité venait à s'éteindre ; mais, dans le cas oh Jeanne et son 
époux laisseraient des enfants, ceux-ci hériteraient du comté de 
Bourgogne. En retour de ces concessions, Othon recevait une 
pension viagère de dix mille livres de petits tournois, la somme 
de trente mille livres une fois payée , celle de vingt-cinq mille 
li\Tes à répartir entre ses créanciers du royaume de France, 
enfin la rente de huit mille livres à toucher pendant cinq années. 
Chacune des filles que l'ex-comte pourrait avoir postérieurement 
au traité devait être dotée par la France de cinq mille livres ; et 
s'il lui survenait un fils, Philippe le Bel devait en avoir la garde 
jusqu'à la dix-septième année du jeune prince, et lui constituer 
une rente perpétuelle de trois mille livres et un revenu viager de 
deux mille (*). Un article spécial du traité remettait Jeanne entre 



(Vi Chbtalibr, nui, de Polignif, 1. 1, pp. 376-376. 

(*) D. Plancher, Hist. de Bourgogne, t. IT, preiiTes, pp. lxxxvii-xci. 

(') A l'époque du traité de Vincennes. le comte de Bourgogne n'aTait 
que deux fiUea, Jeanne et Blanche ; cette dernière épousa le troisième fils 
de Philijipe le Bel, Charles, qui remplaça son second frère «ht le trûne 
de France, et répudia sa femme sous prétexte de parenté ipiri&iiçlle, miûs 



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— asi- 
les mains du roi de France, qui devait lui faire partager l'édu- 
cation de ses propres enfants, en attendant qu'elle parvînt à Tâge 
nubile. 

A la nouvelle de ces machinations, la noblesse du comté frémit 
de rage et courut aux armes. Elle foula aux pieds les lettres 
d'Othon qui la sommaient de reconnaître pour chef le roi de 
France (*], et sa réponse fut une adhésion à la ligue récemment 
formée contre Philippe le Bel, entre l'empereur, le roi d'Angle- 
terre et le comte de Flandres ('). Il ne fallut pas moins de cinq 
années d'une lutte, à la fois ouverte et souterraine, pour dominer 
cette formidable insurrection. Philippe le Bel la combattit surtout 
avec son or, et, en 4304, il avait l'hommage et les cautions de 
tous les seigneurs du pays ('). 

U. 

Au cœur du comté de Bourgogne, et sur le premier gradin de 
la chaîne des Juras, était assise une vieille cité que César avait 
proclamée merveilleuse pour la conduite d'une guerre dans l'est 



en réalité à cause de ses débordements. Othon eut depuis un fils, nommé 
Robert, qui fut élewé avec ses sœurs daos le palais de la cité. Le jour 
même où ce jeune prince atteignait sa quatorzième année, on le fit com- 
paraître devant le conseil de Philippe le Bel ; et là, les mains posées sur 
rE?angile, il déclara dans sa langue maternelle qu'il approuvait la dona- 
tion faite à sa sœur aînée et renonçait a tous ses droits sur le comté de 
Bourgogne {Arch. de l'Emp., Trésor des Charles, J. 250, n<* 3). A partir de 
ce moment, le pauvre enfant ne pouvait plus être qu'un embarras pour le 
roi de France : aussi ne tarda-t-il pas è clore sa courte et malheureuse 
carrière, c L'on fit courir le bruit qu'il s'était laissé tomber des degrés du 
château de Griment, et que dès lors il n'avait fait que languir. > (Chbva- 
LiBR, Hist. de Poligny, 1. 1, p. 166.) 

0) ^oy. Lettres du comte Othon à Thiébaud, comte de Ferrette, aux Areh. 
du Douhs, Cti, des Comptes, B. 608. 

(*) Chbvalibr, Uist, de Poligny, t. i, pp. 384-385. 

(*) Arch. de V Empire, Trésor des Chartes : J. 349, no 18; J. 354, no« 48, 
49, 50; Documents inéd. pour servir à Vhist. de la Franche-Comié, t. îli, 
pp. 357*258. 



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— 255 — 

de la Gaule (^]. Ancienne capitale des Sôquanes, pnis métropole 
d'une grande province romaine , Besançon ayaii été ensuite 
accaparée par ses archevêques, qui, à la faveur des calamités 
publiques, étaient parvenus à isoler son territoire de la contrée 
environnante (*}. Là, comme dans tous les centres importants de 
population y les idées d'association communale avaient germé 
dès la seconde moitié du xii* siècle , et elles s'étaient traduites 
par des orages. Issues des classes inférieures, elles avaient fini 
par rallier, dans un intérêt de défense mutuelle, tout ce qui 
devait s'intituler plus tard le tiers-état (•). 

Durant le xiii* siècle» la commune de Besançon n*eut point de 
programme politique; elle fut uniquement occupée de son orga- 
nisation intérieure et de la conquête de ses franchises. Rebutée, 
anéantie même officiellement par les empereurs d'Allemagne, 
elle écouta complaisamment la voix de la France qui lui pro- 
mettait aide et appui. PhiUppe le Bel ne négligea rien pour 
entretenir ces dispositions. Par l'intermédiaire de l'un des frères 
d'Othon, Hugues de Bourgogne, il réussit à créer, au sein de la 
république bisontine, un véritable parti français. Sans cette pré- 
caution, la féodalité franc-comtoise eût disposé d'un boulevard 
militaire de premier ordre, et la perspective d'un long siège 
aurait considérablement dérangé les plans de Philippe le Bel (*). 
Le chef de ce parti français, celui que le roi de France chargeait, 
en 1297, d'acheter pour son compte et de gérer en son nom les 
fiefs du vicomte et de la mairie de Besançon ('), était en même 
temps l'un des oracles du conseil de la commune. Il s'appelait 



(^) < Namque omnium rerum qu» ad bellum usui erant, summa erat in 
eo oppido facoltas : idque natura loci sic muniebatur« ut magnam ad du- 
cendum bellum daret facultatem. » (De belL galL, lib. I, c. xzxTUi.) 

(*} A. Gastan , Origines de la commune de Besançon, ch* 3 et 8, dans les 
Mém. de la Soc. d'Em. du Douhs, 3* série, t. III, pp. 199-S63. 

(») ld.,ldld.. pp. 263-291. 

(*) /d., ihid., p. 314. 

(») Arch. du Doubs, Ch. des eompUs, B. 148. 



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-r«S — 

Odin Michel (*) , et l'un de ses fils, noftoe Hugues de Besançon, 
était alors sur les bancs de l'Université de Paris. 

Telles furent les circonstances qui aplanirent les débuts de 
Hugues de Besançon dans la voie des études et de la cléricature. 
Son cours d'instruction secondaire terminé, il opta pour la faculté 
de décret ou de droit canonique , celle dont les grades, coûtant 
peu de travail et beaucoup de finance, menaient le plus rapide- 
ment aux bénéfices ecclésiastiques. « La plupart des étudiants, 
dit M. Ch. Thurot, n'aspiraient qu'au grade de bachelier, tout 
au plus à celui de licencié.. . Les docteurs formaient, sous le 
nom de co^^^ium^une corporation dont l'accès n'était pas 
moins difficile qu^Wiui de la faculté de Bologne. Pour être ad- 
mis au doctorat, il fallait justifier de 80 livres parisis de revenu.. . 
Le récipiendaire donnait au président de ses actes de belles 
robes et de bonnes fourrures. Chaque docteur régent recevait 

deux bonnets, les non-régents, un seul Le nouveau docteur 

donnait un banquet au$ docteurs, aux licenciés, aux bacheliers, 
à tous les bedeaux. Il devait inviter les prélats et les nobles qui 
se trouvaient à Paris, la cour du parlement, le3 autres juges et 
conseillers du roi ('). » Le poste de docteur régent était passa- 
blement lucratif dans la faculté de droit canon ; et quand on y 
ajoutait quelques-uns de ces canonicats qui s'obtenaient par 
l'entremise de la cour de Rome et n'obligeaient pas à résidence, 
la position devenait alors magnifique. Reçu docteur en droit 
canon dans le courant de l'année 1302 ('), Hugues de Besançon 



0) Ed 1976, OdiD Michel, avec neuf autres citoyens, garantit le paiement 
d'une somme de 1,000 livres due par la commune aux seigneurs d'Àrguel. 
— En 1979, il arance 500 liTres è la commune, afin que celle-ci pût s'ac- 
quitter d'une amende envers l'archevêque Eudes de Rougemont* — En 
1989, il est une des cautions de la commune envers Richard d'Àcelle, Ton 
des deux seigneurs qui l'avaient protégée contre Rodolphe de Habsbourg. 
{Archivtt de la vUle de Besançon,) 

(*) Ch. Thubot, De Vorganisatlon de VenseignemefU dam tVnipertilé de 
Paris au moyen âge, p. 179. 

(*) DuLiBUS, Uist. UniversitaHs Parts., t. JV, p. 87. 



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— 267 — 

professait au Clos-Bruneau au moins depuis 1307 (*]. Il avait 
été pourvu 9 quatre années auparavant , d'un canonicat dans la 
cathédrale de Laon ('), grâce, sans doute, au bon souvenir laissé 
par Tmbert de Besançon, son parent, mort officiai de Tévôque 
de ce diocèse en 1274 (*). Bientôt après, il était entré successi- 
vement au chapitre de Sainte-Madeleine de Besançon (^), au 
chapitre métropolitain de la même ville ('] et à celui de Notre- 
Dame de Paris ('). Cette dernière dignité avait été, plus parti- 
cuUèrement que les autres , la récompense des services rendus 
par son père à la cause de la France. 

Hugues de Besançon n'avait pas attendu ces honneurs pour 
être admis è la cour de PhiUppe le Bel. L'habile monarque avait 



(>) Une charte du 4 mars 1308, mais relative à une succesaion ouverte 
depuis 1305, qualifie ainsi le personnage qui nous occupe : « Discretus 
Tir dominus Hugo de Bisuntio, canonicus Laudunensis, utriusque juris 
Tcuerabilis professor. » {Arch. de Vhôpilal du Saint-Esprit de Besançon.) 

(*) Charte du 12 janvier 1304, par laquelle Hugues de Bourgogne s'en- 
gage à déposer dans l'abbaye de Sainte-Geneviève de Paris l'acto, en diite 
du 9 janvier 1294, par lequel le comte palatin, son frère, lui avait cédé 
Chàtillon-lez-Besançon , en échange de la mairie et du vicomte de cette 
ville, et de plus h ne retirer ce même acte que par l'entremise de « mon- 
signour Hugues de Besençon, chenoine de Laon.> {Archives du Doubs, 
Chambre des comptes, C. 167.) 

(') Par son testament, Ymbert de Besançon avait légué 200 livres tour- 
nois, au chapitre de Sainte-Madeleine de notre ville, pour la fondation 
d'une chapelle dans cette église. {Arch, du chap, de Ste-HadeL, cart. 3, aux 
Arch. du Doubs.) 

(*) Les relations 'de la famille Michel avec le chapitre de Sainte-Made- 
leine dataient déjà de fort loin. On voit, en effet, an mois d'avril 1350, 
Hugues, clerc, fils de ^ean Michel, citoyen de Besançon, probablement la 
grand-oncle et le parrain de notre prélat, recevoir d'un sien parent, Huon, 
chanoine de Sainte-Madeleine, l'usufruit de quatre vignes du territoire de 
Besançon, sous la condition de payer annuellement 50 sous à cette église, 
laquelle demeurerait propriétaire du fonds. {Arch. de Ste^MadeL, cart. 3, 
aux Arch. du Doubs.) 

(*) DuNOD, Hist, de l'église, ville et diocèse de Besançon, 1. 1, pp. 319 et 330. 

{*) Charte du 21 avril 1308, par laquelle l'évêque de Paris et le chapitre 
de Notre-Dame élisent pour arbitres de leârs différends trois chanoines, 
parmi lesquels figure Hugues de Besançon. {Cartulaire de Nolre^Davu de 
Peurii, édit. GoiRAao, t. lil, p. 113.) 

47 



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— 868 — 

compris de suite le parti qu'il pouvait tirer du jeune clerc pour 
inspirer aux enfants d'Othon le dévouement envers leur nouvolle 
patrie. Chargé spécialement de Tinstruction de Jeanne, il sut 
tout à la fois gagner la confiance de Théritière du comté de 
Bourgogne et devenir Tami de son fiancé, Philippe, comte de 
Poitiers, le plus beau, le plus éclairé et le meilleur des fils du 
roi de France. 

Philippe le Bel mourut en 4 31 4,. et deux ans après, le 5 juin 
4316, son successeur, Louis X, le rejoignit dans la tombe, ne 
laissant qu'une fille et sa femme enceinte de quatre mois. En 
attendant les couches de la reine Clémence, les barons de France 
déférèrent la régence du royaume au comte de Poitiers. L'ad- 
ministration de la haute justice n'était point alors sortie de la 
main des rois de France, et le parlement de Paris siégeait encore 
dans le palais même du souverain. Au mois de juillet 1316, le 
régent voulant introduire daus ce corps des hommes instruits et 
dévoués à sa personne, disposa de l'un des sièges de la grande 
chambre en faveur de Hugues de Besançon ('). L'enfant de Clé* 
mence, le petit roi Jean , mourut à l'âge de six jours, le SI no- 
vembre suivant, et le comte de Poitiers ceignit la couronne de 
France. Hugues de Besançon devint, dès lors, l'un des plus 
intimes conseillers de la nouvelle cour. 

Hugues n*était pas le seul franc-comtois en crédit dans la 
maison de Philippe V. Ce prince, en qui l'habileté n'excluait, pas 
l'esprit de conciliation, s'appliquait à guérir les plaies ouvertes 
par la politique impitoyable de son père (*) ; il essaya de rappro- 

(>) < L'ordenance du conseil, du parlement et de la chambre des 
comptes, faite à Saint - Germain -en- Laye, on mois de jungnet, l'an 
M.CCC.XVI, que le Roy estoit lors régent : .... Parlement.... Premièremeot 
la grant chambre.... Mestre Hugues de Bezançon. » {Archivii de VEmpire, 
Trésor des Chartes, JJ. 57, fol. 43.) 

(*) « Ce Philippe fu homme moult actrempé, et combien qu'il trourast 
moult de discordes en diverses parties du royaume, néantmoins, par son 
sens et discrécion, tout fut ramené à paix et à concorde ; et cessèrent 
guerres et batailles par tout le royaume, si que il sembloit que le temps 
OctOYien, l'empereur de Rome, sous lequel Jesu Christ ntaquit, feust 



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— 259 — 

cher le comté de Bourgogne de la France, en ouvrant aux habi- 
tants de notre province la carrière des fonctions publiques de son 
royaume. Ce fut ainsi qu*il autorisa la reine Jeanne à recruter 
presque tout son entourage parmi ses sujets d'outre-Saôno (*). 
Adam de Granges, Jean de Poligny, Guillaume de Maisières et 
Ferry de Hontboson furent créés ses écuyers; le bisontin Jean 
Agace, son échanson; Jean de Mantoche, son aumônier; les 
cordeliers Jean Vieil et Guillaume de Vadans (•) , ses confesseurs ; 
Simon de Gray, chapelain de ses filles. Dans un rang plus élevé, 
et à titre de familiers et d*amis, on trouvait auprès de Jeanne 
l'éloquent dominicain Pierre de la Palu, qui devint plus lard 
patriarche de Jérusalem ('); les savants légistes Hugues de 
Besançon et Guy Baudet, de Poligny, le futur évéque de Langres 
et chancelier de France sous Philippe de Valois (*) ; Simon de 



retournez. » {Ckroniqtte anonpiu, dans le BecueU âe$ historiens de France, 
t. XXI, pp. 151 et 152.) 

(^) € C'est rordenance de Tostel madame Jehanne, royne de France et 
de Nararre, faite au bois de Vinciennes. ou mois de dëccmbre, Tan 
M.CCC.XVI. » {Archives de VEmpire, Trésor des ChaHes, JJ. 57.) 

{*) Guillaume de Vadans avait été l'un des premiers religieux du couvent 
de cordeliers fondé à Gray, en 1283, par le comte Othon IV. Son mérite le 
fit appeler au monastère de Besançon dès 1307 ; il en était gardien en 1318. 
Deux ans après, il venait à Paris, pour suppléer son confrère Jean Vieil 
dans la direction de la conscience de Jeanne de Bourgogne ; cette princesse 
reconnut ses bons offices en le désignant pour l'un de ses exécuteurs tes- 
tamentaires. Il mourut vers 1335, léguant au couvent de Besançon un ma- 
gnifique reliquaire de vermeil, en forme de bras, sur le piédestal duquel 
on lisait une inscription votive. (Dunahd, Prieurés et maisons religieuses du 
diocèse de Besançon, p. 249 ; ms. de la Bibliothèque de cette ville.) 

(•) Pierre de la Palu , que Gerson a appelé »ir in divinis humnnisque et 
ranonicis disciplinis profundissimus , appartenait à une illustre famille 
bressanne, mais avait vu le jour en Franche-Comté. Célèbre par son en- 
seignement et ses sermons, il fut nommé, en 1329, patriarche de Jérusalem, 
et fît de vains efforts pour susciter une nouvelle croisade. Il mourut à Paris 
le 31 Janvier 1342, laissant des conimentatres réputés sur la Bible et les 
Pères. (TouEOif, Hommes illustres de l'ordre de Saint-Dominique, t. II, 
pp. 223-237.) 

[*) Guy Baudet, de l'une des premières familles bourgeoises de Poligny, 
et non point originaire de Normandie , comme l'ont pensé les auteurs de 



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— J60 — 

Gonsans , d'abord abbé de Baume-les-Moines et ensuite évoque 
d'Amiens (^); Thomas de Savoie, chanoine de Paria et cousin- 
germain de la reine (*). 

Les productions littéraires étaient en grande faveur dans cette 
illustre compagnie. On y encourageait la calligraphie artistique (•) 
et les translations d'œuvres latines en langue vulgaire. Plusieurs 



la Gaule chrétienne (t. IV, ool. 630), araii débuté, de même que Hugues de 
Besançon, par le professorat en droit; entré ensuite au chapitre de Notre- 
Dame, il en fut élu doyen en 1331 et cumula cette fonction avec celle de 
chancelier de France, qu'il possédait depuis ldt4. Sacré érêque de Langres 
en 1336, il mourut dans les premiers mois de 1338. 

(^) Simon de Gonsans, et non de Goucans, comme l'appellent h tort les 
auteurs de la Gaule chrétienne (t. X, col. 1191) et leur continuateur M. Hau- 
réau (t. XV, col. 179), naquit à Besançon et entra dans l'ordre de Saint- 
Benoit, qui lui confia, dès 1300, la gestion de l'importante abbaye de 
Baume-les-Moines. Il fut, en cette qualité, l'un des agents de la pacifîca- 
tion du comté de Bourgogne après la conquête de ce pays par Philippe le 
Bel. L'époux de Jeanne de Bourgogne le récompensa en lui donnant un 
siège au parlement de Paris. 11 fut élu évéque d'Amiens, grâce à la recom- 
mandation du pape Jean XXII, en juillet 1331, et mourut sur ce siège le 
3 décembre 1325. 

{•) Issu de Thomas IH, comte de Maurienne, et de Guye de Bourgogne, 
sœur du comte Othon IV, Thomas éuit le quatrième enfant d'une branche 
cadette, et conséquemment peu fortunée, de la maison de Savoie. Il béné- 
ficia des relations de Philippe le Bel avec son oncle, en obtenant, dès 1289, 
une place de maître des requêtes du Palais, puis un canonicat à Notre- 
Dame de Paris. En 1316, sa parenté d'alliance avec le régent lui ouvrit les 
portes du parlement. Il suivit, dès lors la fortune de la reine Jeanne, dont 
il fut l'un des exécuteurs testamentaires. Après quoi il se retira dans la 
ville d'Amiens, où il possédait un canonicat, et y mourut le % décembre 
1334. (Voy. Blanchard , Catalogue des conteiUers au parlement, p. 4, et 
Généalogies des maitres des requestes âe l'hostêl du roy, p. 6.) 

(») On conserve à la bibliothèque impériale de Saint-Pétersbourg le livre 
d'heures de Jeanne de Bourgogne, qui est sorti de France à l'époque de 
la grande Révolution. C'est un manuscrit petit in-fol., à la dernière page 
duquel on lit: « Ces heures furent escriples et d'images aournéespour très 
grant et très douce dame, dame Jehanne, contesse de Bourgoigne, famé du 
roy Philippe, nostresire, par frère Gilles Mauléon, moine de St Denys, 
l'an nostre Seigneur Jhus-Crist M.CCC.XVII. » — Je dois ce renseignement 
à l'obligeante érudition de M. le comte H. db la FB»aiÈa«, auteur de 
remarquables études sur les documents français qui existent dans les 
dépôts de l'étranger. 



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— 264 — 

trayaux de cette dernière catégorie parurent sons les auspices de 
la reine Jeanne : telle est rorigine de la première version fran- 
çaise du roman de Gérard de Roussillon (^) ; des paraphrases du 
fameux livre de la Consolation de Boêce et du traité analogue 
d'Albertan de Brescia» par un dominicain du couvent de Poligny, 
frère Renaud de Louens (•) ; des Métamorphoses d'Ovide mora- 
lisées par Philippe de Vitry, qui mourut évoque de Meaux ('). 

C*esi de là que sortit également la généreuse pensée d'ouvrir, 
dans rUniversité do Paris, un collège oii vingt jeunes gens 
pauvres du comté de Bourgogne auraient Texistence assurée 
pendant leur cours d'études. Cette fondation , inscrite dans le 



0) Dans cette version, savamment éditée par M. Mignaed, de Dijon, en 
1858, on lit l'invocation suirante è l'adresse de Jeanne de Bourgogne 
(T. 257-260) : 

Reigne très excellons, la plus noble du munde , 
Jehanne de Bourgoigne, en cui tous biens habunde, 
Femme le roi des Frans, prenés en vostre garde 
Le lieu où Girars gist ou quel son corps l'on garde ! 

(*) La paraphrase en vers de Boëce est intitulée Roman de fortune et de 
fèlieité: M. Ch. Wbiss en a publié le prologue d'après un manuscrit de la 
bibliothèque de Besançon (Afèm. de VAcad, de cette ville, 1843, pp. 106- 
113), et l'a fait précéder de quelques détails sur la famille de Renaud de 
Louens. La version d'Albertan de Brescia , intitulée le Livre de Mèlibée et 
de Prudence, est dédiée, comme celle de Boëce, à la duchesse de Bour- 
gogne , fille atnée de Philippe le Long et de la reine Jeanne ; ce dernier 
ouvrage a été inséré dans le Mènagier de Paris, publié en 1846 par M. le 
baron J. Picuon, pour la Société des bibliophiles français (t. I, pp. 186- 
236.) 

(*) Cet ouvrage, dont le but est de faire voir dans Ovide la confirmation 
des récits bibliques, fut écrit ad requestam domina Johanna quondam regïna 
Francia, dit un manuscrit de la bibliothèque de Saint-Victor. M. Paulin 
PiRis (Manuscrits français, t. III, pp. 182-183) démontre que cette reine 
Jeanne ne peut avoir été que celle qui nous occupe. Philippe de Vitrjr, 
l'un des amis de Pétrarque, qui l'appelle, dans une de ses épîtres, poeta 
nunc uninis Galliarum, devint évéque do Meaux en 1350 et mourut le 
9 juin 1361. Ses œuvres poétiques ont été publiées, en 1850, i$ar M. Tarb^, 
aujourd'hui correspondant de l'Institut de France. 



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— «62- — 
testament de la reine Jeanne, s'accomplit en 1331 sous le nom 
de Collège de Bourgogne (*). 

< La nécessité oîi étaient les évêques et les chapitres de dé- 
fendre leurs intérêts temporels ouvrait, dit M. Thurot, beaucoup 
d'emplois aux canonistes. Ils étaient beaucoup plus recherchés 
que les théologiens, parce qu'ils étaient plus utiles (*). 3> Double- 
ment utile au chapitre de Notre-Dame, et par ses connaissances 
spéciales et par son immense crédit, Hugues de Besançon ne 
pouvait manquer de tenir une place considérable dans cette 
assemblée. Investi d'abord du titre d'archidiacre de Brie, ce fut 
dans sa maison canoniale qu'on 4318 Hugues de Bourgogne, 
non moins dissipateur que le défunt comte son frère, ut abandon 
à la reine Jeanne des châteaux de Port-sur-Saône, de Montboson 
el de Sainte-Marie ('). L'année suivante, Hugues de Besançon 
était promu à la dignité de chantre, la seconde du chapitre (^), 
et le 19 janvier 1326, ses confrères le portaient au trône épis- 
copal. Son élection, dît l'un des cartulaires de Notre-Dame, fut 
faite par le canal du Saint-Esprit ('), c'est-à-dire qu'elle eut lieu 



0) Le collège de Bourgogne fonctionoa librement, avec des alternatives 
de prospérité et de décadence, jusqu'en 1764, époque où la plupart des 
établissi^mcnts de ce genre furent annexés au collège Louis-le-Grand , 
mais avec réserve des droits de chacune des provinces intéressées. Sous 
ce dernier régime, les bourses comtoises atteignirent le nombre de qua- 
rante-six ; elles furent brusquement supprimées par un décret du 7 octobre 
1804, et les revenus qui les alimentaient servirent à doter le Frytanée 
militaire. L'auteur de cette notice a rédigé, en 18ôé, une Histoire du collège 
de Bourgogne, qu'il a l'espoir de publier prochainement. 

(*) Ch. Thdrot, De Vorganisation de renseignement dans VVniversité de 
Paris au moyen âge, p. 169. 

(*) « Actum et datum in claustro ecclesie béate Marie Parisiensis. 

in domo viri venerabilis et discret! domini Hugonis de Bysuncio , Bryo 
in eadem ecclesia Parisiense archidiacono, anno incarnationis dominice 

M°.C(X°.XV1I1**, indictione secunda, die nona menais decembris • 

(Arch. du Doubs, ch. des C, M. 312.) 

(«) Carlulaire de N. D. de Paris, édit. Gdïrard, 1. 1, p. en, t. III, p. 79. 

(*} « Hugo de Bisuntio incœpit anno M.CCC.IXVI , in crastino octava- 
rum Epiphaniœ Domini; fuit eleetus per riam Spiritus sancti. » (Parvus 
Pastoralis iV. D. Paris, ap. Gall. Christ., t. VU, col. 127.) 



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— 888 — 

par aedamation uDanime et-sans la formalité ordinaire du scrutin 
secret (*). 

€ L'évéque de Paris, dit le savant Guérard, semble avoir sur- 
passé en dignité les plus hauts barons de France ; car ceux-ci 
étaient soumis envers lui à une obligation qui nous paraît aujour- 
d'hui fort humiliante : celle de le porter jusqu'à sa cathédrale le 
jour de son inauguration. C'étaient non-seulement les sires do 
Montmorenci, les comtes de Saint-Pol, les comtes de Bretagne, 
mais même le roi de France, qui recevaient ou devaient recevoir 
humblement sur leurs épaules la litière du prélat. Dans la suite 
des temps, à mesure que la splendeur épiscopale s'affaibUt, le 
roi et les hauts barons négligèrent de plus en plus ce devoir 
féodal, et se contentèrent d'envoyer des porteurs à leur place.... 
L'évéque avait le tiers de la ville de Paris ; il en percevait tous 
les revenus une semaine sur trois, et avait ses bottes et ses gens 
à tous les lieux de perception. Il avait à Paris toute justice : 
haute, moyenne et basse, et toutes épaves dans les forfaitures et 
les mainmortes ; les cas de rapt et de meurtre étaient seuls 
réservés au roi (•). » 

Armé d'une telle somme de prérogatives, l'évoque de Paris 
pouvait devenir redoutable au roi de France lui-même : aussi le 
gouvernement pesait-il de tout son pouvoir sur chaque élection 
épiscopale. Philippe V avait fait, sous ce rapport, la leçon à ses 
successeurs. N'étant encore que comte de Poitiers, il était par- 
venu à emprisonner le sacré collège dans le couvent des domini- 
cains de Lyon, et à lui imposer comme condition de sa délivrance 
l'élévation du candidat français sur la chaire de saint Pierre (*). 

Procédant d'une même influence, le pape Jean XXII et l'évéque 
de Paris se trouvèrent intéressés à leur mutuelle défense. Cette 
association fut rendue évidente par la lutte que soutint, on 4330, 



(M Pi^UBiB!!, Hist. de Pari$, 1. 1, p. 579; Gu^kard. Cartul, de 19. D, de 
Porb, 1. 1, p. LXXIT. 

(*) Gci^mimD, Carinl, de iV. D. de Paris, t. I, p. lyi. 

(') BxnTmAHDY» Recherches MsUniqnet sur Vorigtne, VilecHon et le eùu» 
nmnemeut eu pape Jean XXII, pp. 92 et 70. 



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- J64 — 

Hugues de Besançon contre TUniversité de Paris. Le tribunal de 
l'évéque avait incarcéré un jeune étudiant accusé du rapt d'une 
femme et l'avait condamné à une amende de 400 livres. L'Uni- 
versité, blessée dans ses privUéges, fit cause commune avec son 
suppôt, et sur le refus qu'opposa l'évoque de restituer l'amende, 
le prit personnellement h partie et l'expulsa do son sein comme 
parjure. Hugues de Besançon en appela au pape. Par deux bulles 
successives, Jean XXII releva l'évéque du serment qu'il avait 
autrefois prêté comme étudiant, mita néant les poursuites de 
l'Université contre lui, et adjugea l'amende en litige aux pauvres 
écoliers de la Sorbonne et de la porte Saint- Victor (*). 

L'administration de Hugues paraît avoir été intelligente et 
ferme ; elle dura six ans et demi et se termina par sa mort, 
arrivée le S9 juillet 1333 (*). 

IV. 

C'est le propre des esprits élevés de ne pas oublier leur origine, 
si modeste qu'elle soit, et d'éprouver de tendres sentiments à 
l'endroit de leur berceau. Ainsi fît Hugues de Besançon. Il fut 
une providence pour ses compatriotes et ne ménagea , pour les 
servir, ni ses peines ni son crédit ('). Voulant laisser à sa famille 



(») BuLAus, UUt. Univ, PaHs, t. IV, pp. 226-228; C. Jourdain, Index 
chron. ehartar, pntim. ad kist. Univ. Tari*., pp. 109-111. 

(*) Sar 800 tombeau, qui existait dans le chœur de Notre-Dame de Paris, 
OD lisait répitapbe suivante : Hugo db Besançon, utriusque juris doctor, 

IPISCOPUS PaRISIBNSIS, qui in HAC ECCLBSIA GBSSIT PONTIFICALE 8BX ANNIS 
CUM DimOlO, PROMPTUS BT DBV0TU8 IMPLBVIT. {Gall. CkHst., tom. VII, 

col. 128.) 

(') Délégation donnée par l'archevêque et le chapitre métropolitain de 
Besançon, le 4 juin 1319, au chanoine Pierre de Thoraise, dans le but d'a- 
gir, arec Hugues de Besançon, chantre de l'église de Paris, auprès de la 
reine Jeanne, à i'effet d'obtenir que le clergé du comté de Bourgogne fût 
exempt des décimes accordés par le pape au roi de France (Jntentalre des 
titres de Varcherirhé de Besançon.) — Ajoutons qu'en devenant évéque, 
Hugues de Besançon paraît avoir cédé son canonicat de Laon au bisontin 
Etienne Cbevri, et son canonicat de Paris à un autre de ses compatriotes, 



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— 865 — 
le patrimoine qui lui venait de ses auteurs, il réalisa, ?ers la fin 
de sa vie, diverses acquisitions d*inimeubles et de rentes sur le 
territoire de sa ville natale, afin d'asseoir solidement les fonda- 
tions qu'il destinait à nos églises (^). Trois d'entre elles lui étaient 
particulièrement chères : celle de Sainte-Madeleine, où il avait 
reçu le baptême et dont il était devenu l'un des dignitaires; celle 
de rhôpitai du Saint-Esprit, voisine de la maison de ses pères (*) 
et dans laquelle son cœur s'était épris de la morale évangéliquc ; 
celle de Saint-Jean, métropole du diocèse, qui l'avait admis 
comme chanoine au début de sa carrière. 

Il fonda plusieurs chapelles dans l'église de Sainte-Madeleine, 
ainsi qu'une messe mensuelle pour le repos de son âme ('}. 

n enrichit le trésor de l'hôpital du Saint-Esprit d'une grande 
croix d'argent doré du poids de vingt marcs. En reconnaissance 
de cette libéralité, les religieux avaient décidé qu'à chaque 
retour des orocessions solennelles ils réciteraient le psaume De 
profundis avec la Collecte pour les défunts à l'intention du bien- 
faisant évéque (^). 



Jean de Gray; ces deux personnages assistaient le prélat dans un jugement 
rendu par lui au cloître de Notre-Dame» le 10 avril 1332. (C. Jouedain, 
Index chronologicus, p. 114.) 

(^) Acquisition faite par Hugues» é^êque de Paris» le 18 mai 1332, d'un 
cens annuel de douze sous» assis sur une vigne du territoire de Besançon, 
au canton de Fucigney, lieu dit en Saixely et ce moyennant la somme de 
dix livres payée par trèxe Pierre, recteur de l'hôpital du Saint-Esprit, 
mandataire du prélat. {Areh. de l'hôpital du Saint-Esprit,) 

(■) La maison des Michel était située non loin des grandes boucheries de 
Besançon» c'est-à-dire dans le quartier du Bourg» qui ftit le berceau de la 
commune. Ce quartier fit partie , jusqu'à la Révolution française» de la 
paroisse de Sainte-Madeleine» laquelle avait pour limites» sur la rive 
gauche du Doubs» les rues de Glères, de la Bouteille» la ruelle Baud» celle 
du Loup, et enfin la rue des Bains-du-Pontot. 

(*) DuifOD, Uist, de l'église, ville et diocèse de Besançon, 1. 1, p. 219. 

(*) • Dbcembbr : XVI kal. (januarii). — Notum sit omnibus magistris et 
fratribus hujus sacre domus, tam presentibus quam futuris» ipsos teneri 
dicere in presenti ecclesia, quandocunque de processionibus solemnibus 
reverterentur, psalmum qui incipit De profundis, cum collecta pro defunc- 
tis» pro remedio anime quondam révérend! patrie magistri Hugonis de 



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— 866 — 

n ne se contenta pas d'assurer la célébration de son anniver- 
saire dans notre église métropolitaine (*) ; mais désirant perpé- 
tuer, en outre, le souvenir do son égale affection pour les cathé- 
drales de Besançon et de Paris, il avait voulu que leurs liturgies 
respectives se fissent de mutuels emprunts. L'église de Paris 
possédait, depuis les temps mérovingiens, des reliques de nos 
apôlres Ferréol et Ferjeux (") ; mais elles n'y étaient l'objet 
d'aucun culte spécial : Hugues de Besançon obtint, au mois do 
juillet 4320, moyennant le versement d'une somme de 600 livres, 
qu'on leur consacrerait l'une des trois chapelles qui se construi- 
saient alors dans l'abside de Notre-Dame (*). A la même époque, 
il envoyait au chapitre métropolitain de Besançon l'office de la 
Couronne d'épines, tel qu'il existait dans le bréviaire de Paris, 
et lui offrait, tant pour en prescrire la célébration que pour 



BisuDlio, episcopi Parisiensis, qui pro dictls magistrjs et fratribus dédit 
quandam magnam crucem argenti deauratam, ponderis xx marcharum, 
anno Domioi millesimo CCC''XXXII^ » {Kécrologe du Saint-Esprit de 
Beiançon, copie de 1666, aux Archives de VMpHaL) 

(^) « JuLius : lY kal. (augusti). — Anno Domint M'^CCC'* tricesimo secuDdo, 
obiit Tenerabilis pater Hugo de fiisuncio, episcopus Pariaiensis, qui dédit 
nobis, pro anniveraario auo annuatim faciendo, lx solides stephaniensium, 
assignâtes super vineam suam sitam in canali de Vileta ; et dédit nobis 
ccntumlibras positas in refectione molendinorum de Riveta. pro quibus 
capitulum assignavit supra dicta molendina centum solides annuatim, nett 
ad alios usus possunt nec debent verti : et hoe juraverunt et statuerunt 
domini canonici in capitule. » (Nécrologe de Véglise mitropolUaine , h la 
Bibliothèque de Besançmi,) 

{*) Apportées sans doute par l'évêque de Besançon Tétrade, l'un des 
pères du second concile de Paris, en ^51, elles sont mentionnées dans le 
diplôme de Childebert !«% relatif à la fondation de Saint-Germain-des-Prés 
(558). Cet acte est évidemment apocryphe ; mais il parait avoir été composé, 
au commencement du onzième siècle, d'après les traditions du monastère 
qu'il concerne. (J. Quichbrat, Critiqtu des deux ptus anciennes chartes de 
Vabbaye de St-Germain^des-Près, dans la Bibliothèque de V Ecole des Chartes, 
6«série, 1. 1, pp. 518-555.^ 

(*) Cartvlaire de Notre-Dame de ParU, édit. GuiRAED. t. IV. pp. 79-83.— 
/:f. FMlibien. Plan de fégUse Notre-Dame, o« 19, dans V Histoire de Paris 
du même auteur, t. t. 



^ 



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— 267 - 
élever au rang des solennités de première classe la fête de sainte 
Madeleine et ajouter Tantienne Virgo virginum à celles de 
Tavent de Noël, deux rentes, Tune de douze et l'autre de six livres, 
dont les titres étaient entre les mains de son cousin germaio, 
Jean Michel. 

Les propositions de Hugues furent acceptées, et l'office de la 
Couronne d'épines introduit dans le bréviaire de l'église de 
Besançon ; mais ce monument liturgique , composé sous les 
auspices de saint Louis, n'était qu'une longue série de louanges 
à l'adresse de la France : aussi la rivalité de François I**" et de 
Charles-Quint rendit-elle, chez nous, sa récitation impossible, et 
devint-il, dès lors, indispensable de lui substituer une nouvelle 
rédaction. 

Les autres fondations de Hugues s'accomplirent exactement 
jusqu'à la Révolution française. Elles disparurent alors dans le 
grand naufrage des institutions religieuses, et la croix procession- 
nelle du Saint-Esprit suivit de près, à la monnaie, la châsse des 
martyrs Epipbane et Isidore (^) , offerte à notre cathédrale do 
Saint-Jean par la reine Jeanne de Bourgogne ('), dans le même 

{*) En vertu do la loi du 10 septembre 1792, qui ordonnait la conversion 
en monnaie des ustensiles d'or et d'argent des églises, autres que les vases 
sacrés proprement dits, le conseil général de la commune de Besançon 
délégua des commissaires pour inventorier et envoyer au procureur du 
district les objets de cette nature qui eiistaient dans les diverses sacristies 
de la ville. 

Le procès-verbal concernant l'église métropolitaine, dressé le 2 octobre 
1792, décrit ainsi la châsse qui nous occupe : 

• Art. 4. — Une châsse en argent travaillée, reposant à Saint- Bpiphane, 
du poids de 35 livres 10 onces, garnie de bois, fer et autres corps étrangers. > 

Le procès-verbal relatif au Saint-Esprit, daté du II octobre 1793, fait la 
mention suivante de la croix processionnelle de l'établissement : 

« Une croix double de l'ordre du Saint-Esprit, pesant brute 20 marcs. » 

{*) Ces deux corps saints passaient pour avoir été donnés à l'église de 
Besançon par l'impératrice Galla Placidia, mère de Valentinien 111, vers 
416, en même temps que le bras do saint Etienne, un peigne et des cheveux 
de la Vierge, plus une ceinture du Christ. Ces corps, longtemps enfermés 
dans la Confession de notre église de Saint4ean, furent retirés solennelle- 
ment en I3I9» pour être exposés à la vénération des fidèles : ce qu'apprenant. 



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— «68 — 

temps oii Hugues de Besançon avait fait à cette église ses prin- 
cipales libéralités. 



Nous donnons enfin le texte de la lettre adressée par notre 
prélat, en juillet 1320, à ses confrères les chanoines de Besan- 
çon (*). On y trouvera des détails curieux sur les distributions do 
vin et de nourriture qui étaient le complément indispensable de 
tout office capitulaire : 

« Viris venerabilibus et discretis dtcano et capitule ecclesie 
Bisuntine, Hugo de Bisuntio, cantor Parisiensis, eorum conco- 
nanicus, salutem et felicibus ad vota successibus prosperari. 

» Dudum ex intimis gerens precordiis devotionis aiïectum ut, 
ad omnipotentîs Dei glorioseque Marie Virginis ac béate Magda- 
lenes necnon et ecclesie noslre Bisuntine decus pariler et doco- 
rem cultus divini et devotionis fîdelium incrementum, juxta 
plurimarum laudabilem ecclosiarum morem, numerus illarum 
sollempnium antiphonarum que dicuntur et incipiunt per 0, et 
per octo dies ante Natale Domini cotidie sollempniter cum 
Magnificat in jam dicta ecclesia decantantur, augmentaretur, 
una cum coUatione in capitule fieri consueta, de una antiphona 
que dicitur Virgo virginum sollempniter decantanda çnno 
quolibet in futurum, item et illius preclari spinei diadematis 
Jesu Christi insignis sollempnitas, necnon et béate Marie Magda- 
lenes gloriosa festivitas, suis temporibus annis singulis iraper- 
petuum, quo ad iutegrum offlcium ecclesiasticum, tam in pulsa- 



la reine Jeanoe de Bourgogne Gt fdire, dans ce but, une chftsse d'argent 
massive et fort élégante, où Ton plaça également quelques os dos saints In- 
nocents. Cette translation eut lieu le 3 octobre 133(», par les soins de l'arche- 
vêque Vital. (J.J. Chifflet, Vesonlio. ^* pars. pp. 104 et 388: Breviarium 
bisuniinnm, edit. an. 161\ pars œstivalis, p. 874; Vie des saints de Franche- 
Comie, t. IV. pp. 551-553.) 

('; Cette lettre est transcrite, en regard de l'ofGce de la Couronne d'é- 
pines, dans un bréviaire manuscrit du diocèse de Besançon. 



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— J69 — 

tione campanarum quam luminari » indumentis caparum , pro- 
cessione et collatione potationis in capitulo omoibus de choro 
facienda, quam totum residuum divinum offlcium honorifice 
decantandum ita sollempoiter imperpetuum, in utraque ecclesia 
Sancii Johannis videlicet et Sancti Stephani ita sollempniter fiant 
împerpetuum ac otiam celebreatur, sicut in majoribus festis 
duplicibus in eadcin utraque ecclesia sccundum temporùm exi- 
gentiam bactenus fieri consuevit; verum quia preces meas yobis 
aliâs super hoc porrectas bonignitor admissas perpendi, Yosque 
sollempnitates easdem jam laudabiliter incepisse, quia qui altario 
servit de altario débet vivere, ut sollempnitates hujusmodi, modis 
quibus supra, celebreotur attentius et ad easdem tam canonici 
quam familiares libentiori animo conveniant in futurum, pro 
omnibus et singulis distributionibus et expensis in qualibet sol- 
lempnitate predicta necessariis, tam pro pulsationibus campana- 
rum ad horas singulas quam pro luminaribus, collationibus et 
distributionibus et aliis consuetis si que sunt alia, decem et octo 
libratas terre stephaniensium annui et perpetui redditus compe- 
tenter assignatas de bonis michi a Deo coUatis duxi propter hoc, 
si de vestra processerit voluntate, vobis et ecclesie Bisuntine 
împerpetuum concedendas : videlicet duodecim libras supra do- 
mum Jacobi de Fustes, sitam inmacellis Bisuntinisjuxta domum 
Guidonis Brulefoin, et alias sex libratas supra fructus patronatus 
ecclesie Sancti Pétri Bisuntini, de quibus dilectus meus consan- 
guineus Johannes Michaelis litteras acquisitionis habet, quas 
Yobis una cum litteris mois super dicta concessione faciendis 
vobis tradere promittet, si bonas litteras sub vestris sibi tradere 
Yolueritis sigillis, in quibus confiteamini talem concessionem ex 
hac causa vobis et ecclesie a me factam, necnon et litteras acqui- 
sitionis dicte summe pecunie babuisse, promittatisque in eisdem, 
bona Ode, nomine vestro et ecclesie Bisuntine, pro vobis et vestris 
successoribus, singulis annis imperpetuum, in utraque jam dicta 
ecclesia Sancti Johannis et Sancti Stephani , dictam antiphonam 
Virgo virginum illa die qua jam incepistis, cum ea sollemp- 
nitate et collatione de nectare seu clareto et vino, ad sumptus 



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— 270 — 

capituli per manum sexcalli vestri, qua aliis diebus quibus alio 
antiphone de Deo qui dicitur vulgariter fieri apud vos consue- 
verunt, cantare facere et implere, pro sex libratis terre super 
dictes fructus dicti patronatus assignatas ; item et promittatis ut 
supra, pro aliis duodecim libratis terre super dictam domum 
assignatis, dictas soUempnitates, videlicet béate Marie Hagda- 
tenes etfesti Corone Domini, singulis annis imperpetuum, facere 
et celebrare in utraque ecclesia predicta soUempoiter et in dup- 
^dici festo de predicta pulsatione campanarum , luminari, colla- 
tionibus, distributionibus, processionibus, cum capis et aliis 
divinis ofQciis, sicut in aliis majoribus festis dupplicibus consu'e- 
vistis, secundum ecclesie morem, de premissis sollempnius cele- 
brare. Ceterum, quia dictarum terminus solutionis duodecim 
librarum festa sequitur antedicta, Johannes ipse, una cum eisdem 
duodecim libris stephaniensium, pro eisdem proximis béate Marie 
Magdalenes et Corone Domini festivitatibus celebrandis, in sicca 
pecunia vobis tradet. Unde vestrum omnium et singuloruni 
discretionem , fraternitatem et amicitiam michi caram attentius 
rogito, quatinus de summis predictorum reddituum, pro quibus 
supra et pro mea possibilitatis et affectus devotionis module vobis 
exhibitis, dignemini contentari et acceptare easdem, litterasque 
vestras, sub compétente forma, prout melius, salva rerum sub- 
stantia, conficiantur, micbi, super premissis que rogito, conce^ 
datis; et michi quid inde facluri eritis rescribatis. — Valete, sicut 
opto, in grata animarum et corporum sospitate. » 



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SUR L'APICULTURE 

Par M. P. FAIVRS 

llembro correspoidaiil à Seorre (Cdto-d*Or). 



•éaBce pabll^a» «n 14 «é«CBibre !••». 



Messieurs , 

La Société d'Emulation du Doubs, en m'admettant parmi ses 
membres correspondants, sous le bienveillant patronage de l'un 
de ses fondateurs, me permet de prendre part aujourd'hui à une 
fête de famille. Elle a voulu par cette adoption, non-seulement 
reconnaître mes modestes travaux en apiculture, mais aussi 
témoigner de l'intérêt qu'elle porte aux industries qui se ratta- 
chent à l'agriculture tout entière. 

L'éducation des abeilles, quoique n'étant pas une des branches 
les plus importantes de cette science, a du moins le rare mérite 
de pouvoir s'introduire presque partout, de ne gôner aucune 
exploitation, et d'être à la portée de toutes les fortunes et de 
toutes les intelligences : en un mot, elle donne un produit qui 
vient s'ajouter à d'autres sans grand labeur ; et c'est dans ce cas 
particulier qu'on peut dire avec vérité que l'on récolte sans 
avoir semé. 

Depuis un temps immémorial, Tabeille est au pouvoir de 
toutes los classes de la société. Les cultivateurs y ont trouvé un 
supplément de ressources; les spéculateurs intelligents, une 
honnête aisance; les amateurs riches, une agréable distraction ; 
enfin les naturalistes, ces hommes toujours zélés pour la science, 



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— 27J — 
exercés dans l'art si difficile d'observer, D*ont pas craint de 
consacrer leur temps, quelques-uns leur modeste fortune, pour 
pénétrer dans ces villes saints inconnues du vulgaire, en obser- 
ver les merveilles et en devenir les historiens. 

Deux choses préoccupent tout d'abord les personnes qui dé- 
sirent s'adonner à l'apiculture : un emplacement favorable pour 
le rucher et le choix d'une bonne ruche. C'est qu'en effet, 
Messieurs, ces deux objets ont une influence considérable, non- 
seulement sur le produit qu'on peut en retirer, mais encore sur 
la prospérité des abeilles. 

L'emplacement qui me paraît, le plus avantageux pour un 
rucher à demeure fixe, est un lieu paisible, loin des villes et 
même des villages, ainsi que des grandes pièces d'eau et de la 
plupart des établissements industriels , surtout de ceux oh l'on 
manipule des matières sucrées, abrité contre les vents, les pluies, 
les rayons trop ardents du soleil, de même que contre les grands 
froids. Si de l'eau est à sa proximité et que dans le voisinage les 
plantes mellifères soient abondantes et variées, de manière h 
donner une riche et longue succession de fleurs produisant un 
miel blanc et d'une saveur agréable , un tel emplacement serait 
le meilleur possible ; mais comme ces emplacements sont rares, 
on doit s'en rapprocher autant qu'on le peut, même en y sup- 
pléant par le transport des ruches au pâturage, puisque par ce 
moyen on peut, dans la plus grande partie de la belle saison, 
mettre ses abeilles dans l'abondance : c'est cette circonstance 
favorable qui fait la supériorité de l'apiculture pastorale. 

L'idée de faire voyager les abeilles n'est pas nouvelle; elle 
était connue et pratiquée par les anciens Egyptiens qui les prome- 
naient sur le Nil et les conduisaient même jusque sur les côtes 
de Syrie. Les peuples de l'Archipel grec et les Espagnols sui- 
vaient la même méthode. Les habitants de quelques cantons de 
l'Italie la suivent également; ils embarquant leurs ruches qui 
sont ordinairement en bois et les font voguer sur les rivières, 
entre autres sur le P6. Quand les fleurs manquent dans les 
plaines, ils rapprochent leurs ruches des montagnes; ces voyages 



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— 47a — 

leur procurent double récolte. Dans le sai^i de la France, dès la 
fin de Thiver, on transporte les ruches à dos de mulets. Arrivées 
dans les lieux oîi les abeilles peuvent butiner, elles sont posées 
à terre, sous les arbres, sur des rochers; les mulets et les abeilles 
paissent dans le même lieu. Au mois de juillet, on transporte 
aussi les abeilles dans le Gatinais, la Sologne, la Normandie, la 
Champagne, et autres pays de bruyères oîi Ton cultive le sarra- 
zin. On peut aussi les transporter des plaines sur les montagnes 
oU la végétation est plus tardjve et la flore difl'érente. 

Des auteurs prétendent qu*on repiarque généralement plus 
d'activité parmi les abeilles que Ton fait voyager que chez celles 
qu*on laisse à l'état sédentaire ; c'est également mon opinion : il 
semble que le changement de pays les excite au travail. 

Quand on n'a que quelques ruches à transporter dans un lieu 
peu éloigné, on peut le faire spità dos d'hommes, soit à dos de 
cheval; mais lorsqu'il s'agit de transporter un rucher nombreux 
à une assez grande distance, il faut employer d'autres moyens. 
Le transport par eau est bien le plus facile et celui qui offre le 
moins d'inconvénients : aussi fait-on bien d'y recourir toutes 
les fois qu'il est possible. 

Cependant, comprenant la pécessité d'un bon véhicule propre 
à transporter les ruches par terre, j'ai fait construire une voiture 
qui depuis i854 fonctionnera mon entière satisfaction, puisqu'elle 
me permet de transporter à 30 ou 40 kilomètres, non-soulement 
les mères ruches, mais aussi les essaims de ^^nnée. Les ruche» 
sont placées dans leur position naturpUe , et il ne m'est jamais 
arrivé qu'un seul rayon s'en soit détaché. Cette voiture est à 
deux roues, de 80 centimètres de haut; les échantignoles sont un 
peu élevées et portent des ressorts en bois très flexibles, sur 
lesquels est placé un châssis de 4" de longueur sur S*" de large» 
destiné à recevoir les plateaux ou tabliers avec les ruches. Le 
tout est agencé de maniè;re à avoir beaucoup de souplesse et toute 
la solidité désirable. 

L*apiculture pastorale a encore un avantage qui lui est partie 
culier : c'est de permettre d'orienter les ruches selon la saison, 

48 



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— 274 — 

En été, le nord me paraît favorable; en hiver, le sud; auj;)rin- 
temps et en automne, l'est. 

La ruche étant reconnue d*une importance capitale dans Tédu- 
cation des abeilles, un grand nombre d'apiculteurs, convaincus 
de rinsuflSsance des ruches qu'ils avaient expérimentées, ont 
cru mieux faire en les modifiant; d'autres, enfin, en ont inventé 
de nouvelles. T en a-t-il qui aient atteint le but qu'ils s'étaient 
proposé? Il est permis d'en douter, car le plus souvent, en vou- 
lant éviter certains inconvénients, ils sont tombés dans d'autres : 
de telle sorte qu'on peut dire que la ruche par excellence est 
encore à trouver. 

A mon début dans l'éducation des abeilles et après des essais 
infructueux, bien convaincu de l'insuffisance non-seulement des 
ruches, mais encore des différents systèmes apicoles, j'ai cru 
devoir à mon tour entrer franchement dans la voie des expé- 
riences. 

Le premier problème que je me suis proposé a été celui-ci : 
établir une ruche de telle façon qu'elle permette et rende faciles 
toutes les opérations apicoles désirables, et qu'elle évite les 
inconvénients reprochés à celles de mes devanciers. 

Les principaux avantages que doit présenter une bonne ruche 
sont : 

Qu'elle soit d'une forme et d*une capacité convenables; qu'elle 
abrite suffisamment les abeilles contre leurs ennemis et les in- 
tempéries des saisons; que les distributions intérieures oe gênent 
pas les travaux et la multiplication des ouvrières ; que les calottes, 
cases ou compartiments supplémentaires soient assez indépen- 
dants du corps principal pour pouvoir être enlevés facilement, 
ne contenir que du miel beau emmagasiné dans de la cire fraîche, 
ne renfermant ni pollen ni couvain ; qu'on puisse en temps con- 
venable faire des essaims artificiels; qu'on puisse donner aux 
populations orphelines des éléments pour remplacer leur mère ; 
qu'on puisse marier les populations faibles; qu'on puisse promp- 
tement et sans danger du pillage donner des provisions à celles 
qui en manquent; qu'on puisse facilement arrêter le pillage 



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Soc d'ETn.duDou'bs.t865. 



Apiculture. 



Coufuen travtng. 



Fctct 




Cbufuenlonff 



rr.iiyrrniV'Ti> 




i5 






Echelle de 0.10 



i 



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— 875 — 

lorsqu'on s'en aperçoit à temps ; qu'on puisse à volonté faire 
des visites en vue de tous les besoins et surtout pour détruire la 
fausse teigne; que le renouvellement de la cire soit rendu facile; 
enûn que cette ruche soit légère et commode pour les transports. 
£t si à ces avantages elle joignait la simplicité et le bon marché, 
une telle ruche serait véritablement excellente; mais, comme je 
Tai dit, la réunion de toutes ces cooditions est sinon impossible, 
du moins très difficile. 

Sans avoir la prétention d'être arrivé complètement au but que 
je me suis proposé, vous jugerez. Messieurs, par l'examen d'un de 
mes modèles de ruche, jusqu'à quel point je m'en suis approché. 

Celte ruche (voir la planche ci-jointe) se compose : 4** d'une 
caisse principale ou enveloppe extérieure A s'ouvrent par le haut, 
carré long de 51 H /2, large au bas de Sr 8/10, haut de 40% le 
tout dans œuvre; 2^ de segments ou châssis cintrés B, chaque 
segment destiné à contenir un rayon de cire, et la réunion de 
ces segments formant le compartiment principal, ces segments 
maintenus par deux liteaux triangulaires mobiles; 3^ d'un seg- 
ment ou case supplémentaire, botte carrée divisée par le milieu 
et destinée à recevoir le plus beau miel ; 4® d'une planchette ou 
cloison servant à séparer les deux compartiments. Le tout est 
réuni au moyen de quatre coins en bois placés à une des extré- 
mités de la ruche et jouant deux à deux en sens inverse. 

Il suffit de voir cette ruche dans ses détails pour comprendre 
qu'avec sa fermeture et ses divisions on peut l'ouvrir et la fermer 
très facilement, la visiter dans toutes ses parties, en renouveler 
la cire, faire avec facilité et sûreté les divisions, les réunions, la 
récolte du beau miel, etc 

Mais un des avantages les plus grands de cette ruche, et qui 
lui est particulier, c'est de permettre de prendre en toutes saisons 
aux ruches riches un ou plusieurs couteaux de miel pour les 
donner aux populations pauvres, et à l'aide des mômes moyens 
composer les ruches dans lesquelles on veut loger les essaims 
tardifs, de manière à les rendre viables, quelle que soit d'ailleurs 
l'époque de leur sortie. La direction des rayons dans le plan des 



/^ 



— 276 — 
segments étant indispensable, j'obtiens ce résultat au moyen de 
greffe ou saillie en cire fondue. La forme cintrée dirige le long 
des parois les vapeurs condensées; le vide qui existe entre les 
deux enveloppes peut être rempli de mousse sèche ou autres 
matières, et, dans cet état, les populations même médiocres ne 
craignent pas les froids les plus rigoureux. On voit que cette 
ruche offre les mômes avantages que celle do Hubert et ne pré- 
sente aucun de ses inconvénients : elle est en même temps ruche 
d'observation et ruche de production. 

Je me suis également posé des problèmes analogues pour 
toutes les parties de mon système d*apiculture, et pendant plus 
de dix ans j'ai constamment interrogé les auteurs et la nature, et 
marché de progrès en progrès en perfectionnant les appareils et 
les opérations, et en inventant dans chaque cas ce qui m'était 
nécessaire. 

Toutes les personnes qui s'occupent de la taille des ruches 
d'abeilles ont pu remarquer que le miel d'un môme rucher varie 
en couleur et en saveur d'une année à l'autre, mais encore que 
dans une môme ruche on trouve des miels différents dont la 
qualité varie beaucoup. C'est ainsi, par exemple, que dans les 
montagnes calcaires de la Côte-d'Or, on trouve dans un môme 
rayon le miel blanc, agréablement parfumé de sainfoin, mélangé 
au miel foncé du sarrazin ou à la miellée des bois; et comme la 
séparation en est souvent impossible, on n'obtient, par ce mé- 
lange de couleur et de saveur diverses , que des produits infé- 
rieurs dont l'écoulement ne se fait que difficilement et à bas prix. 

La récolte du miel et de la cire de belle qualité et en abon- 
dance étant le but de l'apiculture, c'est sur ce point que j'ai aussi 
fixé toute mon attention. Convaincu qu'il est aussi important 
pour un apiculteur de connaître les miels et les cires produits 
par les principales plantes mellifères de sa localité, qu'il Test 
pour un viticulteur de connaître les vins produits par les diffé- 
rents cépages jdes vignes qu'il cultive, j'ai, dans ce but, fait des 
recherches pour distinguer les différents produits mellifères des 
loealités oii je place, ordinairomant mes ruchers. 



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— vn — 

C*est ainsi qu'avec mes ruches perfectionuées j*fii pu, dans le 
bassin de la Saône, récolter séparément les miels et les cires de 
plusieurs variétés do colza, de navette d'hiver, de centaurée 
jacée, do tilleul, de lotier, de jacobée, de trèfle blanc des prés, 
de trèfle incarnat, de bluet, de silaus officinalis, de sarrazin, 
de fève et de miellée des bois; sur les montagnes de la Côie- 
d*Or, les miels de sainfoin, de luzerne, de mélilot, de navette 
d'été et de minette; dans les terrains granitiques, le miel de 
bruyère. 

La vente du miel en rayons, quoique plus avantageuse, n'est 
pas toujours possible, surtout lorsqu'on cultive les abeilles en 
grand et qu'on est éloigné des grands centres de population : 
c'est pourquoi il faut avoir recours aux moyens ordinaires, c'est- 
à-dire qu'il faut le passer. 

Les moyens employés dans les campagnes laissent beaucoup 
à désirer. Généralement le mieren rayons est chauffé et trituré 
dans un vase quelconque servant aux usages domestiques, qui 
fort souvent lui communique un mauvais goût; ensuite il est 
versé dans un sac de toile forte, de forme conique, et à l'aide de 
deux bâtons on en retire tout ce que l'on peut. Les mieux outillés 
ont une presse quelconque, moyen presque aussi vicieux. 

Les miels ainsi obtenus sont ternes et nébuleux, parce qu'ils 
sont mélangés de pollen et autres matières étrangères qui les 
rendent fermentescibles; la saveur en est fade et peu agréable, et 
si on les emploie dans les ménages, .e!est faute de mieux, car 
très souvent ils ne conviennent que pour les animaux. Il est 
malheureusement vrai de dire que cette manière d'opérer, ainsi 
que d'autres analogues et en quelques lieux plus vicieuses encore, 
est en usage dans la plus grande partie de la France; le Gatinais 
et autres localités font exception : d'ailleurs, ce n'est que chez les 
apiculteurs intelligents qu'on trouve des miels et des cires con- 
venablement préparés. 

Bien convaincu que si une bonne préparation des miels en 
augmente de beaucoup la valeur, c'est aussi un des meilleurs 




— 278 — 

moyens d'assurer leur conservation ; et mon attention s*eflt éga- 
lement portée sur ce point (']. 

J'ai, dans ce but, modifié le mellificateur solaire de H. Debau- 
Yoye, qui donne d'ailleurs de très bons résultats ; mais, comme 
il ne peut être employé que par les beaux jours d'été , j*ai dû en 
inventer un autre qui fonctionne très bien en toutes saisons » et 
je dois dire que le résultat de mes deux appareils, qui sont très 
simples et peu dispendieux, a atteint, sinon dépassé mes espé- 
rances, puisqu'à la première fonte j'obtiens tout, miel et cire, 
et cela dans le plus grand état de pureté possible. 

Mon dernier appareil, qui a besoin d'une chaleur artificielle, 
je l'ai nommé mellificateur d'étuve. 

Les anciens moyens de préparer le miel et la cire étant re- 
connus vicieux , ne donnant qu'un rendement incomplet et des 
produits impurs, je n'hésite pas à poser ce principe : Pour ob- 
tenir avec économie le rendement maximum de qualité et de 
quantité, il faut, quelle que soit d'ailleurs la méthode employée, 
faire passer le miel et la cire par le seul expédient d'une cha- 
leur convenable et sans aucun moyen de pression. 

Je termine par la comparaison des deux systèmes d'éducation 
des abeilles dont j'ai parlé. 

L'apiculture sédentaire est, comme chacun sait, peu dispen- 
dieuse; on lui donne généralement peu de soins. Toutes les 
formes de ruches peuvent servir, pourvu qu'on les sache con- 
duire, et toutes les matières peuvent être employées à leur cons- 
truction; mais pour réussir il faut y donner des soins, et encore 
n'obtient-on un beau rendement que dans les années heureuses: 



(>) Tous les miels fermentent, même les mieux préparés. Pour les con- 
server, on doit les rafraîchir la seconde année avant les grandes chaleurs; 
on obtient ce résultat en les refondant, soit au bain-marie ou autrement. 
Dans cette opération, on doit éviter les vases de terre ordinaire, parce 
qu'ils communiquent au miel un mauvais goût. Le mellificateur solaire 
est ce qu'il y a de plus convenable. La seconde fonte, détruisant les prin- 
cipes fermentescibles du miel, on peut ensuite le conserver plusieurs an- 
nées en bon état, à condition de le placer dans un lieu sain et frais. 



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— 279 — 

et si ]es bonnes années augmentent les ruchers, les mauvaises les 
déciment et quelquefois les dépeuplent entièrement. 

L*apiculture pastorale, elle, ne demande guère plus de soins ; 
mais elle exige une rucbe bien faite, solide et légère : une bonne 
ruche en bois est préférable à toutes les autres» Il faut aussi 
disposer d'un bon moyen de transport, surtout quand on n*habite 
pas les bords d'une rivière navigable. Placées près d'une plan- 
tureuse pâture , les populations deviennent fortes et le travail 
considérable (*). Dans les plus mauvaises années, elles peuvent 
toujours s'approvisionner pour passer la mauvaise saison ; dans 
les bonnes, elles deviennent très riches. Avec le pouvoir de les 
transporter oh l'on veut, on augmente encore l'importance des 
produits , en plaçant ses ruches près des fleurs qui ne donnent 
quo des miels de qualité supérieure, ce qui rend l'écoulement 
plus facile et procure un prix rémunérateur. 



(^) C'est à Tannée 1853 que remonte mon premier transport de ruches an 
pâturage : les ruches, médiocres à la fin de juin, pesaient k l'arrière-saison 
de 30 à 40 kilogrammes ; quelques-unes dépassaient ce poids. 

En 1854, je possédais, à'ia fin de juin, 112 ruches : une moitié, composée 
des ruches de choix, fut laissée au rucher; l'autre moitié, qui comprenait 
les plus pauvres, fut conduite au sarrazin. Ramenées du pftturage à la fin 
d'octobre, ces dernières étaient toutes bien mouchées, avec d'abondantes 
provisions : de telle sorte qu'à la fin de l'hiver mon rucher s'est trouvé 
dans un état inverse ; les premières étaient pauvres et les autres riches. 

En 1865, la parUe de mes ruches qui a profité des sarrazins est en très 
bon état ; une bonne partie contient, toute déduction faite, de SO à 35 kilo- 
grammes de miel par ruche. 



â 



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EPPONINE ET U BAUME-NOIRE 



Par M. A. DELâCRODL 



0é«iiee publique dn «4 décembre «•••. 



La majeure partie des livres anciens qu*i] importerait de con- 
naître, relativement à l'histoire nationale, a naufragé durant 
les siècles dits du moyen-^ge; et non-seulement les survivants 
sont restés on petit nombre, mais encore on les a retrouvés rare- 
ment eux-mêmes exempts d'avaries. De là une si grande diffi- 
culté dans le contrôle des faits qui nous demeurent signalés, et 
le champ ouvert à tant d'erreurs résultant de lectures prime- 
sautières I C'est à l'archéologue cantonné dans un coin de pro- 
vince bien connu de lui, qu'incombe le devoir d'élucider ce qui 
touche à sa contrée, de poursuivre le fait chez tous les auteurs 
sans exception, et de le reconstituer autant que cela est possible, 
à l'aide de l'examen du terrain étalé sous ses yeux. 

En marchant dans cette voie, la Société d'Emulation du Doubs 
a soulevé déjà les plus graves questions d'histoire nationale. Les 
mémoires qu'elle a publiés ont eu souvent la bonne fortune 
d'infiltrer sans bruit quelque vérité utile dans le domaine de la 
science: ils ont, dans une circonstance (*], en raison de l'inter- 
vention prématurée de personnages éminents à titres divers , 
excité une grande tempête. En vrais Franc-Comtois que nous 
sommes, ne pouvant ni dissiper les nuages, ni conjurer la foudre, 
nous demeurerons fidèles à notre poste et nous attendrons que 
le ciel s'éclaircisse. 

0) Question d'Àlesia. 



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— 284 — 

Les faits auxquels se trouve mélé-le nom de la Séquanie, n'ont 
pas eti tous la mémo importance. Il en est cependant qui , sans 
avoir exercé une influence capitale sur la marche des événements 
contemporains, ont mérité de n*étrc pas oubliés. De ce nombre 
était rhistoire du dévouement conjugal d'Ëpponine. A ce nom 
se réveillent dans tous les esprits de trop émouvants souvenirs, 
pour qu'il n'y ait pa9^à rechercher enûn le lieu où s'accomplit la 
plus longue partie d'un drame plein de vertu, d'intelligence et 
de grandeur. 

La Gaule, devenue romaine , ji'avait pas abjuré son instinct 
d'agitation, cette fièvre de politique, qui est le caractère parti- 
culier de notre race. Vaincue, elle était non moins redoutable 
pour les conquérants par ses tentatives continuelles de révolutions 
dans l'empire, qu'elle avait pu l'être au temps le plus glorieux 
de son indépendance. 

Lorsque Néron, qui semblait avoir pris à tâche de résumer en 
lui tous les vices de la superbe et dramatique famille des Césars, 
en vint à épouvanter le monde par ses forfaits, l'Aquitain Julius 
Vindex fit lever l'étendard de la révolte aux troupes gauloises. 
On sait la fin du conflit jsurvenu entre ses soldats et ceux de 
Yerginius Rufus durant l'entrevue des chefs. Ce fut la bataille 
de Vesontio (*), oh le parti latin obtint la victoire, mais dont 
Néron n'eut pas longtemps à s'enorgueillir, sa mort ayant suivi 
de près le triomphe. Dans cette circonstance, Besançon que, 
depuis Jules César, on considérait comme la clef de la guerre 
dans les Gaules ("), s'était prononcé pour Vindex, tandis que les 
provinces belges s'étaient rendues complices des légions ("j , et 
que les Bataves, leurs amis, se vantaient d'avoir, dans la charge 



(>) Yoy. A. Delacroix, Alaise et Séqunnie. pp. 180-lSl; A. Castan, la 
bataille de Vesontio et ses vestiges, dans les Afèm. de la Soc, d'Em.du Doubs, 
3« série, t. VII (1868), pp. 477-490. 

(*) « Idque nature loci sic muDiebatnr ut magnam ad dnceodmn belliim 
daret facnltatem. » {De Bell, galL» lib. I, c. xxxriii.) 

{*) « fuisse ioter Verginii auxilia Behas. > (Taciti UUt., lib. IV, 

c. XYtI.) 



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— 282 — 

de cavalerie qui tennina la bataille, écrasé les Arremes et les 
Ëdues. Les peuples de la Gaule se trouvaient donc encore divisés 
de sentiments lorsque, dans la confusion qui suivit la fin de la 
dynastie des premiers Césars, apparurent les éphémères empe- 
•reurs Galba, Othon, Vilellius, auxquels succéda Vespasien. 

Au nord , le balave Civilis voulait se tailler un royaume sur 
les deux rives du Rhin (*) ; d'autres désiraient le rétablissement 
de Tindépendance nationale : la masse penchait à conserver Tin- 
tégrité de l'empire romain, sous le nom duquel la Gaule jouissait 
en réalité d'une influence prépondérante. Sur ces entrefaites, le 
Lingon Sabinus, homme d'une grande noblesse, dont la richesse 
dépassait toutes les autres , et qui prétendait descendre par sa 
bisaïeule de Jules César ("), se mit à renverser les insignes de 
l'alliance romaine et réussit à se faire proclamer César par ses 
concitoyens. 

« Il jette, dit Tacite, une foule immense et mal disciplinée 
chez les Séquanes dont la cité était limitrophe. Ceux-ci nous 
restèrent fidèles et ne refusèrent point la bataille. La fortune 
vint en aide aux meilleurs. Les Lingons furent mis en déroute. 
Sabinus ne fut pas moins prompt à déserter le combat qu'il 
s'était montré téméraire à l'entreprendre. Et afin que le bruit de 
sa mort s'établît, il courut à une villa, y mit le feu et l'on crut à 
son suicide. Mais par quels artifices et dans quel refuge il put 
traverser encore près do neuf ans de vie, quels furent et la cons- 
tance de ses amis , et le magnifique dévouement de son épouse 
Ëpponine, je l'écrirai en son lieu. La victoire des Séquanes mit 
subitement fin à la guerre (*). » 

(^) «Sic in Gallias Gerroaninsque intentus, si destinata provenissent, 
validissimarum ditissimarumque nationum regno imminebat. » (TACirr 
Hist., lib. IV, c. XVII.) 

(*) <c Sabinus... proariam suam divo Julio, per Gallias bellanti, corpore 
atque adulterio placuisse. » (Tacit., Hisl., lib. IV, c. Lv.) 

(*) < Interea Julius Sabinus, projectis fœderis romani monumentis, Cas- 
8ar«m se salutari jubet; magnainque et inconditam popularium turbam 
in Sbquanos rapit, conterroinam civitatem et nobis fidam. Nec Sequaoi 
detrectavere certamen. Fortuna melioribus adfuit : fusi Lingones. Sabinus 



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— 283 — 

Cette suite du récit qu'aBUonçait Tacite nous manque aujour- 
d'hui. Une lacune existe précisément au point où devait être 
raconté le dénouement. 

Le seul fait évident qui résulte jusqu'ici de Taflirmation du 
grand historien, c'est que les Séquanes battirent Sabinus chez 
eux. Il est probable que TafTaire eut lieu entre la Saône, qui 
était alors la frontière commune aux deux pays limitrophes (^), 
et Besançon, dont tous les précédents démontraient Timpor tance 
en pareil cas. Mais sur quelle route se fit la rencontre des 
armées? Là commence la difficulté des recherches pour Tarchéo- 
logue, et la nécessité des hypothèses qu'un dernier fait viendra 
confirmer ou anéantir. 

Nous avons été conduit à supposer le champ de bataille devant 
Oiselay, et nous allons donner les motifs de ce choix. Mais qu'à 
cet égard on veuille bien nous permettre une digression néces- 
saire. 

Il existe une carte routière de l'empire romain appelée Table 
de PeuHnger, du nom d'un savant qui la fit connaître. Elle a en 
longueur un développement exagéré, mais elle se trouve réduite 
systématiquement dans l'autre sens à une dimension telle qu'on 
peut la rouler et l'enfermer dans un étui comme celui de nos 
soldats en marche. Son dessin consiste dans un réseau de lignes 
droites formant parfois des crochets et aboutissant successive- 
ment à des points marqués d'un nom de lieu. Entre chacun de 
ces noms et le suivant, un chiffre indique la distance en milles. 
Il en est de ce procédé géographique comme de celui qui a donné 
chez les modernes les cartes planes, ou comme de celui qui a 

fastinatum temere prslium pari formidine desemit; utque famam exitii 
sui facer^t, yiilam in quitm perfogerat cremavit, illic voluntaria morte inte- 
riisse creditus. Sed, qnibus artibus latebriaque yitam per novem mox annos 
traduxerit, simul amicorom ejus conatantiam et inaigDO Epponioa uxoris 
exempium, suo loco reddemus. SequaDorum prospéra acie belli impetus 
stetit. » (/Md., c. lxvii.) 

(^) La Saône séparait encore au siècle dernier le diocèse de Besançon de 
celui de Langres, et l'on sait que les divisions ecclésiastiques avaient été 
calquées sur les circonscriptions des provinces romaines. 



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— «84 — 

conduit nos ingénieurs à dessiner ce que Ton appelle les profils, 
en traçant à des échelles différentes les hauteurs et les longueurs. 
Cette table de Peutinger, qui était restée longtemps une sorte 
d'énigme, considérée souvent comme plus propre à créer des 
erreurs qu'à fournir des documents certains sur la géographie 
antique, commence à être mieux comprise. Ainsi que indique- 
rait à elle seule sa forme matérielle, c*est une carte spécialement 
militaire pour les étapes des légions et n'indiquant d'autres che- 
mins que cenx du soldat. Les forteresses de l'empire, grandes ou 
petites, se trouvaient sur ces lignes et ne devaient pas être cher- 
chées ailleurs. 

Or, du centre lingon, qui était Andematumnum, h Vesontio, 
centre séquane, il existait, d'après l'indication certaine de la 
carte, une de ces routes. On la voit, sur la province lingone, de 
Varcia (Vars) à Segobodium (Seveux). De ce dernier point à 
Vesontio, sa trace est encore marquée sur nombre de terrains en 
friche. Elle passe sous le château d'Oiselay, auquel son fossé 
d'enceinte assigne une origine romaine , le moyen âge n'ayant 
nulle part produit rien d'aussi vaste; puis elle continue par 
Cussey et par Châtillon-le-Duc, d'oii elle descend à Vesontio. 

Comme Sabinus amenait en Séquanie une armée, moins pour 
combattre que pour déterminer une acclamation en sa faveur, 
nous ne pourrions croire qu'il n'eût pas choisi, entre toutes, la 
grande route des soldats. En effet, le succès de son entreprise 
dépendait beaucoup de l'influence qu'il exercerait par le nombre 
de ses adhérents sur les premiers postes. En tout cas, la solution 
devait se produire soit le long, soit au terme de cette route mili- 
taire dont il avait déjà renversé les insignes chez les Lingons. 
Enûn il fallait préférer, pour la marche de l'armée, la route oii 
tout se trouvait disposé d'avance dans ce but, et par un choix 
savamment fait des passages naturellement les plus sûrs, et par 
les travaux de l'homme sur les obstacles à franchir, tels que les 
cours d'eau. 

Si les choses se sont passées de la sorte, les Séquanes, qu'un 
ressentiment du désastre de Vindex paraît avoir poussés en sens 



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— 285 — 

contraire du mouvement lingon, ont dû livrer bataille soit depuis 
les montagnes de Besançon , soit de Cussey-sur-FOgnon, soit 
d'Oiselay. Dans l'un ou l'autre des cas, cette dernière localité 
aurait été le théâtre forcé du désastre des fuyards, parce qu'elle 
se trouvait sur le chemin de la déroute. Cussey conserve de 
vagues et insignifiantes traditions de guerre, complètement ren- 
dues frustres, au moyen-âge, par la dénomination menteuse de 
Roncevaius alors en vogue ; mais il n*a pas les champs de tumulus 
qui rappelleraient une lutte gallo-romaine. Ceux-ci, au contraire, 
se montrent en abondance sur les côtes de Malbuisson et de 
Grachaux qui forment, en travers de la route militaire antique, 
la première chaîne dos monts Jura par rapport à la Saône. Ils 
régnent sur une lieue d'étendue, sous les regards de cette haute 
et inexpugnable plate-forme d'Oiselay, qui semble affecter encore 
de montrer à un immense horizon les ruines d'un château des 
comtes de Bourgogne, mais qui fut une forteresse naturelle pour 
les hommes de guerre de tous les temps. Nous avons donc des 
motifs suffisants de croire que la défaite de Sabinus fut achevée 
dans ces lieux, que de là le vaincu a gagné le refuge vers lequel 
le suivront nos recherches. 

Tacite n'est pas le seul historien qui ait rapporté les faits dont 
il est ici question. Nous avons encore le récit de Plutarque et 
celui dé Dion Cassius. Les deux auteurs grecs ne seront d'aucune 
utilité pour déterminer l'emplacement du champ de bataille; 
mais , par la diversité des images sous lesquelles ils ont repré- 
senté plusieurs détails locaux, ils fourniront des repères assurés 
relativement au refuge de Sabinus. 

€ De ses compagnons, dit Plutarque, les uns se donnèrent la 
mort pour échapper aux supplices dont ils étaient menacés, les 
autres furent pris dans la fuite. Quant à lui, qui aurait pu facile- 
ment pourvoir à son salut en se retirant chez les barbares , il 
avait l'épouse la meilleure. On l'appelait familièrement Empona, 
nom qui, chez les Grecs, correspondrait à celui d'héroïne. Il ne 
pouvait ni l'emmener avec lui, ni se séparer d'elle. Comme il 
possédait par les champs des salles souterraines propres, à r^e- 



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voir toutes choses utiles , et qui n'étaient connues que de deux 
affranchis, il renvoya ses autres serviteurs, feignant de vouloir 
s*erapoisonner. Mais, gardant les deux hommes dont il connaissait 
la fidéUtô, il descendit avec eux dans les cavernes. Il avait chargé 
un autre affranchi , Martialis , d*aller dire à la malheureuse 
épouse que le patron s'était détruit par le poison et brûlé avec 
la case de la villa. Son intention était, en effet, que le deuil vrai 
de son épouse confirmât la nouvelle, quoique fausse, de sa mort. 
Il avait bien prévu. Car, à ce message , Ëmpona tombe à terre. 
Ses larmes et ses cris durent trois jours et trois nuits, pendant 
lesquels aucune nourriture n'approcha de sa bouche. Sabinus, 
de son côté , finit par craindre qu'elle ne succombât. Il lui ren- 
voya Martialis en secret, pour lui faire connaître qu'il vivait 
encore et qu'il était caché, mais qu'elle eût à persévérer quelque 
temps de plus dans son deuil et à faire habilement croire à la 
mort de son époux. Ce rôle de tragédie fut rempli de la manière 
la plus ingénieuse par la fausse veuve. Enfin, pour visiter 
Sabinus, elle entreprit de nombreux voyages de nuit, évitant 
tous les regards et allant vivre avec lui dans ses enfers. Sept 
mois s'étaient écoulés. Un espoir d'obtenir grâce vint à briller. 
Elle déguise son mari sous certains vêtements, lui fait raser la 
tête, l'affuble d'une coiffe et l'emmène méconnaissable à Rome. 
Mais n'ayant pas réussi , elle revient. Demeurant sous terre la 
majeure partie de son temps auprès de Sabinus, elle le quittait 
parfois .pour aller jusqu'à Rome se montrer à ses amis et 
à des parentes. £t, ce qui est à peine croyable, prenant avec 
celles-ci le bain, elle parvint à leur dissimuler son état do gros- 
sesse. Cette drogue que les femmes emploient pour enduire les 
cheveux, afin de leur donner la couleur brillante et rousse de 
l'or, renferme une graisse dont la propriété est d'enfler les chairs 
ou de les rendre lâches et d'étendre insensiblement leur volume. 
L'épouse de Sabinus, après avoir usé largement de cette matière 
sur les diverses parties de son corps , se montrait ensuite impu- 
nément, sans que l'on pût soupçonner sa prochaine maternité. 
Enfin, les douleurs de Tenfantement étant venues, elle les 



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— «87 — 
accomplit seule » au fond de l'antre , à la manière de la lioDoe 
qui se tient cachée avec son mâle, et elle mit au mondé deux ûls 
jumeaux nés comme les petits d'une bête sauvage (*). » 

Interrompons ici le récit de Plutarque, pour ajouter à sa ver- 
sion celle de Dion Cassius, telle qu'elle nous est parvenue dans 
les extraits de Xiphilin. 

« Julius Sabinus occupait le premier rang parmi les Lingons. 
Il lova une armée et se fit proclamer César, disant qu'il était du 
sang même de Jules César. Vaincu à plusieurs reprises, il se 



icpoaSoxûvTcc , o( (lèv aOTOÛ; àvi^pouv, ot 6à çeuyovTtc /jXCvxovTO. T^ 8è 
£a^v<f> Ta {ièv diXXa ii^ày\iaxaL ^ad(u>c icapcTx^v éxico$cî>v yisiaboLi %a\ xaTa- 
fjytXs tlç Toù; pap6àpou;* i)v 8à Yuvaîxa icaffâv àpCrcTjv fiY^i^vo;, i\v ixeî 
|uv £{iLicovT)v ixàXouv, 'EXXyjvkttI Ô*dtv ti; 'Hptot^a tcpooaYOpeuffeicv* [i\vj 
oÛTc àicoXmeîv Suvaxàc tjv, oûtc (uO' e&uT«û xo{jl(2^civ. 'Exwv ouv xax'àYpôv 
&iioOftXac xP^I^^'^<*>v àpuxîà; OicoycCou;, &ç duo |&6voi Tê&v àTCtXfuOépoiv ouvVj- 
2<tffav , Toùc (lèv dXXovc àic^XXaUv olxira; , <bç (liXXcov ^aptiàxoïc àvaipetv 
iauràv, 8uo 8è icittoù; icapaXa6ci>v eU xà OnoYCia xaT^6T) * Tcpà; 8à ti^v Yvvatxa 
MaprdXiov l'Kt[i^t^ àneXeuOepov àitoLX^tXovyxoL xtOvàvai (iiv Oirà çap^iàxcov, 
cutiircfXéxOai 5à {uxà toO <7(o(i.aTOc n^v iicauXiv * i6ouXeTo y^P tcj^ Ti}c y^^^^~ 
xà; &Xt}Oivw; irpàç iciortv Tfjc XeYO(AivT)c TsXtUTiJc. 'P xal owé^v) * ^(4^890 
Yàp, 6ii(i>; Itu^s, ta aê&iiia pitTà [oIxtoiv] xal èXoçupjiôSv ifj(iépac Tpeîc xal 
vuxToiç dcaiTo; 5icxapTépT)9<. TaOra $è à £a6ivo; -rcuvOavofjLcvoc xal çoSyiO^Iç, 
|i9) 8(aç0e(piQ icavTàna<Tiv éaux^jv, éxéXeuffe fpàvai xpuf a xàv MapT^Xiov tcpà; 
aùn^v, ÔTi Ç^ xal xpuirretai, ôcï-cai 8è aOxfic ôXCyov è(i{&e7vai -rcj) irévOei, xal 
(itjÔà i«6avT?|v èv t^ npoGTCOiifjaet y^^^<^^*^* '^^ 1*^^ ^^^ *^^* wapà Tfjç Y^vaixàç 
ivaYu>vC(i>C <iuv6TpaYCf)5etTO t^ ô65t3 tov itàÔou; • èxcïvov 8'lôcîv tco6oOaa 
vTixTàc t^X'^'^^1 ^^^ icdXiv èicavY^XOcv. *Ex $s toutou XavOdvouaa to()C dXXouç, 
ôXCyov àniiti (tv^î^v èv f Sou tc^ àvSpl icXéov i^c iicrà piTivâv ' év olc xaTav- 
xeuàffaoa Tàv £a6ivov ioOi^Ti xal xoup^ xal xaTadéast Tfjc xcçaXf); ^yvcootov, 
tU 'P<o(iTiv èx6(ii<TC fuO* iauTTic iXn{$(i>v tivg&v èvSeSofiiéxov. MpàÇava Si ouSèv 
aû6ic itcavYiXOf, xal Ta {xàv iroXXà lxtCv(|> ouvfiv Oicà Y>iC) ^^à xpôvou 6è tl; 
néXtv içoCTa Taîc çCXaiç 6p(i>{Uvy| xal olxtCaïc Y^vaiÇC. Tô 6è TcàvTcov àtcioTo- 
TOTOv, IXaôe xuouoa XouojiivT) |UTà tôv Yv>vaixûv • tô y*P çdppiaxov, i^ tt^v 
x6|jLTiv at YwvaTxt; évaXciçopievai TcoioOdi xpwffoeiôfj xal iw'pfav, l^^i XC7ca«T(ia 
<japxoïtoi6v ^ x*^^**>'f'*^^ ffapxà;, ô(rrs olov fiiàx^ffCv Ttva ^ 6(6yx(i>oiv 
é(ii70icîv * àç06v(|> Se xp(>>H'C'vT) to^tc)» icpà; Ta Xoi^cà {lipT) toû (TcùfiaTo;, alpô- 
lievov xal avamjiTcXdjuvov àicéxputtTt Tèv Tfjc Y«<"pô; 6yxov. Ta; Ôè cibSîva; 
oùr;^ xaÔ* éa-jT^jv Sn^vcYxev, (&<ncep iv ^(oXgq) Xéaiva xaTaSùaa irpè; Tèv àvÔpa, 
xal Toùç Y»vo|iLévouç 0Tcc6pé4*aTO axu(ivouc di^pfevaç* Ôuo Y«p Itcxc. » (PLU- 
tâacbi Amatorius, c. xxv.) 



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-m- 

sauva dans un bien rural oîi il avait une i^vt)|icTov (en latin sepuh 
chrum ou monumentum, littéralement un monument comme- 
moratifj, lequel s*étendail sous terre. Il l'incendia et s'y ren- 
ferma. Or, tandis que le bruit de sa mort restait accrédité, il 
vécut neuf ans dans ce lieu avec son épouse (^). » 

Puisons dans les trois citations qui viennent d*étre faites, les 
conditions auxquelles op doit reconnaître te refuge : 

i^ Pour que, dans la déroute qui obligea ses compagnons à se 
tuer ou à rester prisonniers, Sabinus ait eu, selon Plutarque, la 
possibilité de se sauver chez les Germains, il faut que celle 
direction n'ait pas été coupée aux fuyards, qu'elle ne soit pas 
celle du pays lingon. 

2« Il faut encore que le refuge se soit trouvé du côté resté 
libre, et à une proche distance , pour que l'incendie de la villa 
fût vu et produisît l'effet désiré. 

3*' n faut qu'en même temps le refuge ait été à une distance 
du séjour d'Ëpponine, telle que celle-ci ait appris seulement par 
un message l'incendie allumé par son époux. 

4® Néanmoins, la distance n'était pas considérable, puisqu'in- 
formée par Martialis, Epponine put venir de nuit dans la cachette : 
la plus longue marche devait être de 20 ou 25 kilomètres. 

5^ Relativement au lieu inconnu du séjour d'Ëpponine, la 
cachette se trouvait en un site isolé , dans un endroit agreste, 
ainsi que le disent ensemble Plutarque et Dion Cassius. 

6® La localité devait se trouver à la suite du champ de bataille, 
conséquemment proche de terrains qui, s'ils sont de nature à 
rester (riches, conserveront les tumulus indices du carnage. 

7® Le lieu du refuge devait être une villa, selon l'expression 



(*) « louXioc yàp TK £a6ivo;, àvi^p TcpÛTo; twv Atxyovoiv, 5uvd(itv xat oùt^ 
I8(av ^Opoiac, xal Kaîaap incovopidOyi, Xiyta^ ixyovoc tov KaCvapoc toO IouXCou 
etvai • :?|TTn6eU Sa (iidxoiic xtalv, Jçuycv il; àypov Tiva, x^vTaOOa el; (&vT](ictov 
{»tc6yciov icpoxaTaicpiQoa; aùxà, xaréSu * xal ol (tàv ((>ovto xàxcivov àicoXwXivat, 
6 Sa ixpuçOT) TC iv aOTCf) ivvea Itt) (jiCTà xfj; fuyaixàç, xal icaîSo; il aÙTij; 
Suo â*p^evac ixuT)(Tt. » (DiON. Cassu Hht, rom. excerpt^ lib. lxti, «p. 
Scripior, rer. gallic, 1. 1, p. 527.) 




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— 289 - 
de Tacite, une simple case, suivant Plutarque dont le mot ëicauXiv 
a été traduit jusqu'ici par casam villœ ; enfin , d'après Dion 
(^ssius, c'était un t&vT)iatov, terme que nous avons cru devoir 
traduire littéralement par celui de monument commimoratif, et 
qui Ta été avant nous par celui de sepulehrum, sépulcre, 

%^ Il faut que ce dernier caractère, celui de monument fu- 
nèbre, soit motivé par quelque circonstance en rapport avec le 
nom. 

9^ Ce {i.vY)|Letov se composait de deux parties. Tune extérieure 
et qui fut brûlée — c'était la villa ou lnauXiç, — Taulre souter- 
raine dans laquelle Sabinus descendit, tandis que la, première 
brûlait : or, Tincendie doit avoir laissé sur l'entrée môme du 
souterrain ses traces de tuiles romaines brisées, et néanmoins 
s'être trouvé sans action contre la possibilité d'habiter immédia- 
tement ce refuge. 

40^ L'emplacement du souterrain n'était pas un secret pour 
l'affranchi Martialis, puisque celui-ci fut pris pour négociateur 
entre Sabious et sou épouse; et cependant la véritable cachette 
n'était connue que de deux autres personnes : il faut donc que 
l'entrée de cette cachette présente une disposition extraordinaire, 
qui la dissimule à tous les yeux et même à ceux d'un confident. 

44* Deux enfants sont nés dans le souterrain : il fallait que 
leurs cris ne pussent pas être entendus depuis l'extérieur; il 
fallait même que le feu , chose si précieuse dans une caverne 
pour des habitants de ce genre, pût être impunément allumé 
«ans donner l'éveil au dehors. 

42* On conçoit qu'Epponine ait pu d'abord accomplir de nuit 
un voyage d'une certaine longueur; mais dès que les historiens 
la présentent comme passant enfin la plus grande partie du 
temps à côté de Sabinus, il faut admettre qu'elle eut à faire 
réédifier le bâtiment incendié : or, il faut ainsi que la cachette 
ait pu échapper alors aux yeux exerc(^s des ouvriers, et que la 
disposition exceptionnelle de celle-ci explique même cette der- 
nière invraisemblance. 

Eh bien, toutes ces conditions, qui paraissent impossibles ou 

49 



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— 290 — 

inconciliables, sont remplies à la fois par la localité que nous 
allons examiner. Elle est sur le territoire de Fretigney, où on la 
connaît sous le nom de là Bàumb-Noiri. 

Au-devant d*Oiselay passe une haute vallée sans eau, courant, 
parallèlement à la Saône, dans la direction de la Germanie. Son 
flanc gauche se marie doucemenl à une colline élevée et aride, 
011 sont les longues pelouses marquées des taches blanches do 
nombreux tumulus. Ceux-ci , étalés par centaines dans le sens 
de la vallée, ne disparaissent que vers rentrée d*un bois Sou>. 
le maigre ombrage de ses arbres , on franchit un grand murger 
qui nous a fourni quelques débris de tuiles romaines, et Ton so 
trouve, parmi les clairières, dans un quadrilatère de trois cents 
mètres environ de côté, dessiné par les pierrailles d*un antique 
mur d'enceinte entièrement détruit. Le clos régnait uniquement 
sur la pente de la colline. Sec, uniformément rocheux, toute 
fait impropre à la culture, il n'a jamais joui d'aucune condition 
qui, sous d'autres rapports, motiverait le choix du site pour une 
habitation d'agrément. 

Mais, vers le haut de cette friche mal boisée, apparaît un cime- 
tière celtique de vingt-cinq à trente ares de surface, accu.sé par 
autant de tumulus. Le funèbre bosquet est précédé d'une dé~ 
pression subite, d'une trentaine de mètres de longueur, et qui 
montre, sur cette étendue, une roche compacte percée d'uno 
large gueule de caverne. En cherchant sous les buissons et les 
touffes d'arbres, on ne tarde pas à reconnaître des restes dt^ 
murailles qui couvrirent l'espèce d'esplanade formée par la dé- 
pression du sol, et qui, s'appuyant à droite et à gauche contro 
l'abrupt, fermèrent complètement l'approche du souterrain. Dos 
tuiles à rebords sont mêlées à ces ruines. 

Voilà donc que déjà s'expliquent et l'expression d'àypd; indi- 
quant la nature du pays, celles de villa, d'ittauXic et de {ivr,acxov 
représentant le bâtiment, enfin l'épithète vicoysiôv (sous terro; 
établissant que le bâtiment était en outre le porche de salles 
souterraines. 

Conformément à la description de Plutarque, on entre dans 



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Gc. 



— 294 — 

rbjpogée en descendant; car l'ouyerture est près du sommet 
des voussures souterraines, où elle jouit cependant encore d'une 
hauteur générale suffisante et au delà pour le passage des 
hommes de la plus haute stature. La pente que Ton suit est 
couverte de pierres, avec des tuiles romaines, des cendres et 
des charbons. 

Eclairée de haut par le soleil dont les rayons la pénètrent 
librement durant toute la matinée, la caverne dans laquelle on 
est descendu présente l'aspect d'une nef colossale d'église quant 
à sa largeur. Ses voussures sont garnies de ces nervures et do 
ces images fantastiques que développent les concrétions calcaires 
dans les grottes jurassiques. L'œil , à cause de la clarté du lieu, 
peut en embrasser d'un seul coup toute la vaste étendue; mais 
il ne soupçonne pas, et il ne peut môme pas saisir, quoiqu'averti, 
l'entrée d'une nef latérale cachée vers la droite. 

Les gens qui la connaissent placent contre une paroi de la 
grotte, en apparence aussi pleine dans sa masse que les autres, 
une échelle de cinq à six mètres de hauteur. On monte jusqu'au* 
dessus, et l'on voit alors, non sans surprise, un trou aplati qui 
plonge presque verticalement, à la manière de nos modernes 
bottes de la poste aux lettres. C'est par là qu'au moyen d'une 
nouvelle échelle on descend dans la grotte secrète. L'espace y 
est considérable, beaucoup moins large cependant que celui de 
la première caverne. Les hauteurs sont les mômes. Mais ici le 
jour a complètement disparu. Le feu qu'on y allume, les cris 
que l'on y pousse, à moins que l'on ne soit à l'entrée môme de 
la salle, ne se trahissent en rien au dehors. 

Comme la caverne principale, celle-ci est très sèche habituelle^ 
ment. Sur un seul point se maintient toujours l'écoulement d'une 
goutte d'eau, qui se renouvelle sans relâche le long d'une paroi 
d'albâtre. Ce mince produit pouvait ôtre utile. II est recueilli par 
un bassin rustiquement construit de main d*homme au bas de la 
chute, et revêtu lui-môme aujourd'hui d'une concrétion déposée 
par l'eau qui déborde. Deux mètres de longueur, quarante 



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oenlimètres de largeur et quatre-vingts de profondeur constituent 
k capacité de ce r^sermr unique de la caverne. 

Nous connaissions l'existence de la Baume-Noire, maïs non 
les circonstances qui en faisaient le prix» lorsque noos nous 
sommes prononcé d-abord au sujet du lieu du désastre de 
Sabinus (^). Les visites que nous avons entreprises* ensuite dans 
la contrée ontsitagulièpement fortifié notre conviction. Nous 
avons été heureux de FassenlimeDl et du concours qui nous ont 
été donnés à cette ocoasien : une première fois par M. Ferdinand 
Yillequez, professeur à la Faculté de droit de Dijon, ensuite par 
nos-colIègues'M'M. Gastanet Racine. M. Branche, d'Oiselay, qui 
connaît admirablement le pays et qui fut notre héte, ne put nous 
accompagner, mais il nous aida de ses avis et de ses soins pré- 
voyants. Nous apprtmes que, sans même avoir fait des fouilles, 
MM. Racine avaient recueilli jadis à l'entrée de la Baume-Noire 
deux monnaies antiques, dont une à Tefflgie de Néron. 

L'impression commune qui a été remportée par les explora- 
teurs (V mérite de ne pas être négligée : c'est que le- choix dn 
l'emplacement du cimetière celtique semble avoir été une con- 
séquence de Texistence de la grotte; ensuite que la nature de ce 
lieu funèbre aura été un> prétexte, sinon la cause première de la 
construction du bâtiment commémoratif qui fermait l'entrée des 
souterrains, ainsi que de l'érection d'un mur d'enceinte générale 
qui (Moignût encore davantage les indiscrets. Nous avons pensé 
que la sécurité offerte par la grotte secrète dans un pareil milieu, 
et près de la route militaire de Vesontio, fut probablement la 
cause déterminante qui porta le pusillanime Sabinus à oser se 
faire acclamer César, à essayer la lutte en Séquanie, et à dispa- 
raître si singulièrement pendant la défaite. Les lieux auraient 
été préparés d'avance sur la terre séquane, à vingt kilomètres 
de la frontière lingone, de Segobodium et de la plage voisine oîi 



(*) A. Delacroix, Alaise et Sèquanir, p. 182. 

(*) Notamment par M. J. Quicberat. professeur (i*archéologie « TEcole 
impériale des Chartes. 



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— «93 — 

les ruines de Membrej rappellent la somptueuse opOlevce attri- 
buée par les historiens à Sabinus, un faste digne dn prétendant 
à rbérilage de Jules Ccsar. 

La Baume-Noire, située dans une contrée dont on redoutait 
l'approche au commencement même de ce siècle, a été depuis lors 
fréquemment visitée ; mais elle manquait totalement de tradi- 
tions. Sa grotte secrète a été, dit-on, retrouvée par un enfant 
étonné de voir qu*une pierre lancée contre la paroi de la grande 
caverne avait passé outre. 

Reprenons, pour les futurs explorateurs, le récit que nous ont 
laissé les historiens sur Epponine et son époux. 

Sabinus fut onfm découvert et conduite Rome, avec sa famille 
arrachée au souterrain. Vespasien se les fit présenter. Epponine, 
voulant exciter la compassion de Tempereur afin de sauver 
encore son mari, montra ses deux fils et dit : € Je les ai engen- 
drés et élevés au fond d'un sépulcre, 6 César, pour que nous 
fussions un plus grand nombre de suppliants à tes pieds. » Mais 
comme sa prière restait sans effet, et que Vespasien, habituelle- 
ment plus humain, ordonnait la mort de Sabinus, la magnanime 
épouse lui adressa ces paroles : € Eh bien I fais-moi mourir aussi ; 
j'ai vécu dans les ténèbres des cavernes , mais leur séjour a été 
pour moi moins horrible que la vue d'un empereur comme toi. » 
Cette 6ère provocation d'une femme o^caspéra Vespasien, qui fit 
conduire au supplice les deux époux, nonobstant les larmes de 
toutes les personnes présentes [*). 

€ Mais, ajoute Plutarque, il subit la punition de ce meurtre; 



lï orjT^ xat ii yvvi^ fleicoviXa, i^icep tcou %a\ Siefféffoxrro avxov * xaitot xal 
tz icaifiia xt^ OOcimaaiav^ 7cpo6aXoOaa, xal iXecivôtaTov éic'a'jToî; Xéyov 
ciicoû<ra ÔTi a taOta, Kaîdap, xal iyyiyt^iy\<sa èv tw (iVTi(u(((>, xal iSpc^a, tva 
*> 9C icXc(ovt; lxtTeu<T(i>(Aev * » jaxpûffai (liv yàp auTàv , xal xoO; iXXou; 
izo(iï<rr», oi ïièvToi xal f|XeindtiTorv. » ( Dio?r. Câè$. UhL rom. exrerpt., 
lib. LXVI.) — « Kaixoi tàv oIxtov èÇiJpei twv Oca>(iév(i>v tô 6a*p^aXiov aÙTiJç 
xsl liCYaX^yopov, ^ xal {làXiTra tcapa>(uvc tèv O0e97ca<7(avèv, a>; àniysu tfic 
putTipCac icp6; aÙTàv àXXay^v xeXcuou^ra* |ic6iuxévxi vàp Ofc6 9x6tc|> xal xaxà 
^,; ^8tov, ^ poaiXtOwv ixcTvo;. » (PLUTiRCHi Amatorïus, c, XXT.) 




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.^c 



— 294 — 

car, dans un très court espace de temps, il perdit lui-même jus- 
qu'au dernier do sa race. Son gouvernement n'avait jamais été 
souillé d'une action plus aiïreuse et qui fût de nature à soulever 
davantage l'animad version des dieux et des génies (^J. » 

Par la suite, Tun des jumeaux, qui portait le nom de Sabinns, 
fut connu de Plutarque à Delphes; l'autre mourut en Egypte ('). 



(^) « *AiroxTe(vei {tàv o^v «Ot^v 6 Kataap * àicoxTeCvac 8à $($(t>(ri 6(xtiv, èv 
6XÎVC)) xp6v(|> ToO yévouç iravTÔ; dpÎYjv àvaipeOévro;. OuSèv y«P i'iveyxev ^j x6xt 
^YeiJLovCa oxuOpoiicoTepov, o08à (tâXXov èTÉpav elxà; vjv xal Oeov; xai 6a((A0va; 
6^i^f àTcocrrpa^Tjvai. » (PLUTARCUI Amalorius, c. xxv.) 

{*) « Tûv Se ulûv à |jLàv iv AIyuwtcj) ire^jwv èteXeOTYiaev, ô Se Cxepoç dtpti 
xal 7cp(^y)v yéyovev iv AeXfoT; icap' i?)(ilv, 5vo(i,a £a6Tvo;. » llù., ibid.) 



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RECHERCHES 

SUR LA MORTALITÉ 

DANS LE DÉPARTEBŒNT DU DOUBS 
Par le D' PERRON» do Besançon, 

Médecin de TéUt civil daot U 7* Metion (baalieve). 



•éAseM «•• 14 «é«eHikre t9«ft et !• féTrier ti 



INTRODUCTION. 



Constater d*UDe manière authentique le jour et Theure des 
décès, chose qu'il était très difficile de préciser plus tard avec 
le témoignage incertain des survivants, voilà tout ce qu*on vou- 
lait en instituant la tenue des livres mortuaires. C'est en effet 
leur utilité la plus immédiate et la moins contestable. 

Mais un autre résultat plus important a découlé ensuite tout 
naturellement de cette sorte do comptabilité : c'est la connaissance 
des lois de la mortalité pour chaque pays. 

La statistique mortuaire est devenue ainsi une base sûre pour 
asseoir l'édifice d'une hygiène publique, car elle fournit le plus 
puissant moyen de contrôle auquel on puisse recourir pour 
reconnaître la solidité des hypothèses qu'émet si facilement la 
théorie. 

C'est elle qui nous apprendra pourquoi la mort moissonne 
inégalemont sur certains points à tel âge, à telle saison ; pourquoi 
telles professions abrègent la vie moyenne ; etc. Chacune de ses 
variantes devient un point à élucider. 



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— 296 — 

II ne faut pas lui domander trop. Les faits statistiques sout des 
données positives que Tespril ne doit ni devancer ni dépasser. 
Isolément, ils ne constituent qu'une présomption ; en masse cl 
collectivement, s'ils se confirment les uns par les autres, ils él.i- 
blissent la certitude. Par exemple, si nous constatons par dos 
chiffres que, dans certaines conditions professionnelles ou autres, 
la population est décimée davantage à Besançon, cela ne prouve 
point que l'accroissement de la morlalilo doive être attribué à ces 
conditions-là : le fait n'est qu'une conjecture plus ou moins 
raiy^onnable. Mais si celte augmentation des décès se reproduit 
ailleurs et toujours dans les mêmes conditions, il est évident 
que la constance du phénomène tient à la constance de la cause : 
le fait de conjectural devient certain. 

Une bonne statistique mortuaire n'est donc pas l'énoncé 
simple des décès qui ont lieu dans des conditions connues ; elle 
peut et doit en outre indiquer le rapport plus ou moins intime des 
uns aux autres. A ce point de vue, elle est susceptible d'éclairer 
l'hygiène et d'en activer les progrès. 

£lle est surtout du domaine de la médecine. 



Depuis <8o4, le ministre du commerce a fait dresser par toute 
la France des tables uniformes pour les décès, où les défunts 
sont rangés chaque année par catégories d'âge et de sexe, par 
mois, par profession et par état civil. 

Il ne manque qu'une chose à ce travail d'ensemble, c'est la 
connaissance aussi exacte que possible des causes qui ont pro- 
duit les décès ; et, ce point manquant, les états récapitulatifs ne 
peuvent fournir qu'une partie de la vérité. 

On a voulu combler cette lacune. 

En conséquence d'un vœu exprimé par le congrès interna- 
tional de statistique, dans ses deux sessions de 4853 et 4855, à 
savoir qu'il fût procédé dans tous les pays à l'enregistrement 
régulier et officiel des causes des décès, le mém9 ministre 4 



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— 297 — 
réclamé l'avis des cooseils d*hygiène, en môme temps qu'il 
demaDdait à l'Académie de médecine de rédiger un projet de 
classiûcalion des maladies, si la chose était faisable. 

Les conseils d'hygiène ont opiné en sens divers ; l'enquête 
ministérielle n'a pas abouti, et la chose en est, je crois, restée là. 

Cependant des médecins d'état civil sont institués déjà dans la 
plupart des grandes villes oti la vérification des décès se fait 
sérieusement, comme le veut la loi. Des statistiques conscien- 
cieuses, que l'hygiéniste no peut plus se dispenser d'interroger, 
y sont établies sur un plan uniforme. Avec le temps, cette insti- 
tution se généralisera et s'étendra aux campagnes (*) ; et, par une 
série de comparaisons sensées, on finira par découvrir les sour- 
ces d'une foule de maladies et d'infirmités dont jusqu'ici l'on 
n'entrevoit pas bien clairement l'origine. 

C. 

La médecine, qu'on définit à tort l'art de guérir, n'a pas seule- 
ment pour but de rétablir, mais aussi de conserver et d'améliorer 
la santé. C'est une science qui embrasse l'homme tout enti(T, 
âme et matière ; qui s'occupe des affections mentales comme 
des affections de l'organisme. 

La médecine n'a pas à refaire essentiellement le principe do 
vie départi à chaque individu ; mais elle doit étudier et connaître 
los conditions d'intégrité de ce principe, les conditions qui le 
gênent et qui tendraient à le détruire, les conditions enfin qui 
lo mettent dans sa plénitude d'activité ou de xepos 

Le rôle du médecin est plutôt de préserver que de guérir; de 
prescrire aux malades le régime et les soins qui leur conviennent, 
plutôt que d'instituer des médications incertaines : car les 
maladies ne sont, le plus souvent, qu'un résultat d'habitudes 



(^} En 1861. le sénateur préfet de U SeiQeiIoférieiire autorisait, dans 
toutes les comiDunes de son département qui n*en étaient point pourvues, 
l'établissement d'un service de vérification das décès. 




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— 298 — 

vicieuses et d'écarts hygiéniques ; elles sont la sanction des lois 
do l'hygiène. Les excès troublent et détruisent la santé; la 
temp(^rance suffit souvent pour la rétablir. C'est pourquoi on 
a remarqué que Socrate et Jésus-Christ, qui furent si tempérants 
et si réglés en toute chose, n'avaient jamais été malades. 

Puis, la santé n*est pas seulement un fait organique. En 
conséquence, Thygiène doit avoir pour but tout à la fois d'aoïé- 
liorer le physique de Thomme et son caractère ; car, comme 
Tobserve Descartes, « Tesprit dépend si fort du tempérament et 
» de la disposition des organes du corps, que, s'il est possible de 
» trouver quelque moyen qui rende communément les hommets 
» plus sages et plus habiles qu'il n'ont été jusqu'ici, je crois que 
» c'est dans la médecine qu'on doit le chercher. » 

Au moral comme au physique, les bonnes conditions hygié- 
niques rendent l'homme meilleur ; les mauvaises tendent à le 
corrompre : malesuada famés I De sorte que la foi cédant et le 
sentiment inné du bien venant à manquer, les démonstrations 
scientifiques pourraient servir de base à la morale (*]. 



Je n'ai pas cherché à recounattre, dans un but d'intérêt 
tontinier, quelle était en moyenne la durée de la vie dans lo 
département du Doubs. J'ai opéré à un autre point de vue. J'ai 
voulu savoir quelle est, dans les différents arrondissements, la 
mortalité suivant les Âges, les sexes, les saisons, etc : 4^^ afin de 
découvrir, si je le pouvais, entre les décès et les conditions 
ordinaires de l'hygiène que nous suivons, certains rapports 
sujets à disparaître au milieu des transformations si remarquables 
de notre temps ; 2^* afin de consigner l'état présent de la mortalité 



'<V t Les principes de la société se sont établis à priori par la révélation 
ou le sentiment, dit de Blainville ; on les obtient à posteriori par la raison 
ou par la démonstration scientiGque. » 

ft C'est dans le sein de la bonne médecine, dit Roussel, qu'on trouvera 
les fondements de la bonne morale. » 



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— 299 — 

dans nos pays et de fournir ainsi plus tard à la statistique des 
éléments de comparaison sûre et facile. 

Autrefois chaque écrivain donnait des appréciations plus ou 
moins sentimentales sur la salubrité de son pays, sur le nombre 
des vieillards qu'on y rencontrait, sur la rareté des épidémies, etc. 
Suivant Gollut, par exemple, Tair gaillard et vif du pays do 
Comté rend les corps allègres et dispos ; les hommes y sont forts 
et robustes € à mervoille; ils se passeroient facilement des 
aides des médicins, si la sobriété estait plus grande qu'elle 
n'est. . . .; tout coustumièrement Von y treuve des vieillards de six 
. à sept vingts ans qui travaillent encore et monstrent une vieil- 
lesse verde, forte et robuste, sans vices et incommoditez, etc.. » 
Il ne faut pas prendre tout cela à la lettre. 

J. J. Chiflet, de son côté, disait de Besançon : € itacingitur 

(Vesontio) montibus, ut ventorum salubrium flatus non impe^ 
diant, imo ab insalubribus protegant^ nam Dianœ collis civi- 
tatem à pestiferis austri flatibus défendit. » Ainsi, Besançon 
est si bien entouré de montagnes, qu'il demeure ouvert aux 
bons vents, tout en étant inaccessible aux mauvais à cause de 
Chaudanne, qui le protège au midi. Que prouvent ces allégations 
sophistiques, quand nous avons vu la (teste et la fièvre typhoïde 
sévir à plusieurs reprises dans nos remparts T 

A l'heure qu'il est, on n'aime plus, dans des questions de cette 
nature, des assertions vagues : il faut des faits. 
Rien n'est si concluant que des faits. 

S 1. ee la ■iortAllié i^ar rai^i^ort mm ellMat. 

A. Topographie sommaire du département du Doubs. 

€ Le département du Doubs est borné, au nord, par partie de 
» la Haute-Saône et du Haut-Rhin; à l'est, par la Suisse; au 
» sud, par partie du Jura et de la Suisse, et, à l'ouost, par là 
» Haute-Saône (*). » 



(') Annuaire du Doubs, 1829, p. IT7. 



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— 300 — 

La contenance en superficie du département est de 525 mille 
hectares, dont près dn la moitié en bois, près ou prés-bois, pâlis, 
landes et friches. La population totale est de 284, 591 habitants, 
et la population spécifique relativement peu considérable, puis- 
qu'on n'y compte que 54 habitants par kilomètre carré, le nombre 
moyen étant 67 (•). 

Ce qui vaut mieux, au point de vue de Thygiène, c'est que les 
habitants du Doubs sont répartis dans sept ou huit cents 
communes rurales et hameaux, dont la population moyenne 
n'excède pas quatre cents âmes et ob les habitations sont éparses, 
écartées les unes des autres, souvent même isolées au milieu des 
champs. 

Autrefois la nécessité contraignait les paysans de masser leurs 
maisons sous les mâchicoulis d'un château ; aujourd'hui, au 
contraire, les villages se désagrègent pour l'aisance de la culture, 
et, sous le rapport de l'aération et de la salubrité, ils tendent de 
Jour en jour à s'améliorer. C'est là un progrès" amené par la 
force des choses ; l'hygiéniste doit s'en réjouir, mais il n'a pas à 
s'en glorifier. 

Lo pays est sillonné de nombreux cours d'eau, rapides, acci- 
dentés, pittoresques, dont le plus considérable embrasse les 
trois quarts du département dans le circuit qu'il parcourt. Le 
Doubs, en effet, de Mouthe, oh il prend naissance, remonte an 
nord vers le val de Sainte-Suzanne, dont il contourne les rôtes, 
pour redescendre ensuite sur Besançon. Dans ce trajet d'environ 
340 kilomètres, il suit une pente moyenne de 0,002"" par 
mètre. 

Âdministrativement, le département est divisé en quatre 
arrondissements, de Baume, de Besançon, de Monlbéliard et de 
Ponlarlier. 

(^} Anmtak^ du bureau des lançHudes, 1861, p. 213. 



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— 804 — 

Baume. 487 communes, 7 caDlons, savoir : 

Baume, Clerval, L'hle, Pierrefontaine, Rouge- 
morU, Roulans et Vercel. 
BesaoçM. Î02 communes, 8 cantons, savoir : 

Besançon (nord), Besançon (sud), Amancey, 
Àudeux, BouseièreSf Marchaux, Omans et 
Quingey. 
HontbôUard* 461 communes, 7 cantons, savoir : 

Àudincourt, Blamont, St-Hippolyle, Matche, 
Montbéliard, Pont-de-Roide et le Russey 
Pontarlier. 89 communes, 5 cantons, savoir : 

Levier, liontbenoU, Morteau, Mouthe et Pon- 
tarlier. 

Nous le diviserons physiquement en deux régions, la haute et 
la basse montagne. 

4* La première, formée par la totalité de l'arrondissement de 
Pontarlier et par cinq cantons de Târrondissement de Montbéliard, 
comprend cette partie qui est riveraine du Doubs supérieur, et 
qui conGne la Suisse dans sa plus grande étendue. Elle est 
remarquable par la quantité et la qualité de ses pâturages, par 
la profondeur et la beauté de ses forêts, dont les essences princi- 
pales sont le hêtre et le sapin. Le climat en est âpre; les 
hivers y sont précoces, longs et froids ; les étés, courts. 
» Les montagnes sont couvertes de neige pendant six mois 

> de Tannée ; la température y est généralement si basse, 
» qu*il n'y a que très peu de cantons où Ton puisse semer du 
» blé ; on n'y recueille généralement que des graines de prin- 
» temps, et souvent encore les moissons sont couvertes de neiges 

> précoces (*). » 

L'habitant de ces montagnes subit dans quelques heures les 
changements de température les plus remarquables : de la 
journée la plus chaude il passe brusquement à la soirée la plus 

(1) ^mitiaire du Doubs, 1818, p. 76. 



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— 30« — 

glaciale. On cite des années, notamment 4860, ob l'on a vu 
dans ces régions la neige tomber à tons les mois, sans exception. 

L*âpreté du climat tient à l'élévation du pays, à l'abondance 
des forôts et des cours d'eau, au voisinage enfin des sommets 
glacés dos Alpes et du haut Jura. 

^ La basse région, formée par la totalité des arrondissements 
de Besançon et de Baume-les-Dames et par quelques cantons de 
l'arrondissement de Montbéliard, est remarquable aussi par la 
riche production de son sol et par la variété de ses cultures, vignes, 
céréales, etc. Les principales essences de ses bois sont le hêtre, 
le chêne et la charmille. 

Ici encore, en raison de la proximité des montagnes, les va- 
riations atmosphériques sont remarquables et instantanées. L'air 
y est le plus souvent sursaturé de vapeurs que le froid condense 
quand le soleil cesse d*échauiïer l'atmosphère ; pays pluvieux et 
froid. 

Comme cette partie est sillonnée du nord-est au sud -ouest 
par le Doubs inférieur, par le canal du Rhône au Rhin, par la 
route de Strasbourg et Bâle à Lyon, et par le chemin de fer, un 
des plus pittoresques de France, ces diverses voies do communi- 
cation y ont appelé naturellement le commerce et la grande in- 
dustrie. Cependant, si nous exceptons Besançon et quelques lo- 
calités du pays de Montbéliard, l'immense majorité de la popu- 
lation se Uvre au travail des champs. 

B. Caractères physiques et occupations professionnelles. 

Le Franc-Comtois est en général robuste et d'une bonne char- 
pente ; sa taille est au dessus do la moyenne, si ce n'est tout à 
fait dans le pays bas; sa face est large et carrée. L'amplitude 
remarquable de la mâchoire inférieure, dont les angles sont 
écartés et un peu saillants; un profil droit, presque vertical et 
comme évidé, contrairement à ce qu'on voit chez les Normands, 
qui boiraient f comme on dit, dans le pa^ d'un bœuf; tout cela 
donne à la physionomie des Comtois un caractère étrange d'é- 
nergie et de solidité. 



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- 303 — 

Il me semble qu*ils sont eDclins au sensualisme et à la bonne 
chère ; leur raison forte tempère heureusement ces dispositions 
oatureiles. En 4560, Bruyerin-Champier, médecin de Fran- 
çois V'y écrivait ceci des Bourguignons de Charles-Quint : c Estant 

> les aultres nations de la Gaule enclinées à soy tenir propre- 

> ment et bragardement et user de beaux et riches habits, les 

> Bourguignons seuls usent de fort modeste estât et de peu de 
» pompe. Au reste, Ton les dit avoir ventre de veloux, pour rai- 
» son de bonnes chères » C*est encore cela aujourd'hui. Au reste 
Tâpreté de notre climat nous oblige à rechercher plus les plai- 
sirs roborants de la table que les futilités de la toilette. 

Quoi qu*il en soit de ce penchant des Franc-Comtois à la gour- 
mandise, le paysan à la montagne ne vil le plus ordinairement 
que de laitage et de mauvais pain, buvant de Teau à ses repas. 
Il cultive peu, Forge et l'avoine. 11 se livre surtout à la produc- 
tion du bétail (*); il vend son miel, son beurre, ses fromages, 
qui constituent le revenu le plus certain de ses fermes ; et pour 
utiliser les hivers, qui sont longs à cette hauteur, il fabrique 
avec les bois de sapin divers objets de boissellerie destinés à 
l'exportation, des cuves, des fourches, des râteaux, etc. Depuis 
plusieurs années, dans quelques localités voisines de la Suisse, 
on fabrique des mouvements de montres et des outils d'hor- 
logerie. 

Le paysan de la région basse, agriculteur ou vigneron, a une 
aUmentation plus variée. Il boit généralement du vin À tous ses 
repas ; il se nourrit de soupes, de légumes, de fruits, de salai- 
sons, et d'un pain de froment d'assez bonne qualité. Il consomme 
ioGniment moins de maïs et de gaudes qu'autrefois. 

Disons de suite que les occupations principales des habitants 

(*) a L'élève des cherauz, l'entretien et l'amélioration de l'espèce bovine, 
l'eDgrais des bestiaux» les marnes exploitées en grand, la fabrication des 
fromages, sont des branches importantes de l'industrie agricole des mon- 
tagnes (Âlm. Mrt). » — Je mentionne, sans y attacher autrement d'im- 
portance au point de vue qui m'occupe, les nombreuses usines, scieries 
et moulins établis sur tous les cours d'eau uo peu considérables. 



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— 8»4 — 

du Doubs Mot : 4"* la culture des céréales ', 2* la' production cl le 
commerce des vins ; 3* rextraction des minerais de fer et la con~ 
fcction des produits métallurgiques ; 4^ la fabrication des objets 
d'horlogerie, gro^e et pelHè, h Besançon et dans quelques 
villages de la frondère. 

Ces différentes professions ont aussi une hygiène bien diffé- 
rente. 

Montagnons. — Comme nous l'avons dit, les montagnards 
vivent pauvremeot d'un pain noir d*orge et d*avoine, rebelle à la 
cuisson, de serrât (^) , quelquefois île salaison et de brési ('); 
comme boisson, ils' font rarement usage du vin, mais en re- 
vanche ils apprécient fort le petit lait douceâtre de leurs frui- 
tières. Leur travail est en général peu fatigant et régulier ; 
l'hiver, ils s'occupent du soin des étables ; l'été, ils rentrent les 
fourrages, cultivent quelques champs, etc. Avec ce régime ils 
vivent longtemps. 

Vignerons. — Soiis certains rapports, le vigneron est dans 
des conditions en apparence plus avantageuses. Il dtne et soupe 
à ses heures, et il mange un bon pain de blé ; il bott du vin à ses 
repas, et, comme pitance, il a du fromage ou quelques légumes 
assaisonnés d'un peu de lard. Son travail l'appelle le plus souvent 
hors de chez lui, mais il possède à la vigne une cahutte qui lui 
sert d*abri dans les mauvais temps. Il s'habitue à l'excitation des 
boissons alcooliques et tombe, en vieillissant, dans utie espèce 
d'ivresse chronique. Il mrturt souvent d'apoplexie. 

Labùtprèurs, — Le laboureur a certainement la vie la plus ir- 
régulière et la plus dure. Obligé de porter de lourds fardeaux, il 
a besoin souvent de déployer beaucoup de force. Il travaille au 
loin et sans abri, supportant pendant des journées elilièrcs Tin- 
tempérie des saisons, l'ardeur du soleil, des averses, des gibou- 
lées. II ne boit guère ou point de vin, et sa pitance, aussi maigre 
que celle du vigneron, ne lui est pas servie aussi exactement : il 

(>) C'est la partie caséeuse da lait obtenue après une deuxième expression. 
(*j Viande de vache on do chèvre satée» fbméo et desséchée. 



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- 308 - 

mangd quand il peut et comme H peut. Oo trouve parmi les ou*^ 
Triers de cette catégorie des mangeurs d'une capacité étonnante; 
leur estomac semble s*accoutu rier aux longs jeûnes et les sup- 
porte, sauf à se gorger d*aliments pendant {)lusieurs heures. Les 
maladies d'estomac spùt d'une fréquence remarquable chez les 
Tîenx cultivateurs. On meurt à la campagne des maladies or- 
ganiques de Testomac, comme on meurt à la ville des affections 
«booiqaes de la poitrine. 

Horlogers. — Los ouvriers des fabriques d'horlogerie vivent 
d'une (but autre manière. Leur travail se fait à couvert, dans des 
appartements chauffés en hiver et rafraîchis en été. Ils n'ont à 
craindre des accidents d'aucune sorte. Quant à Tonlinaire de 
leurs repas, ils font usage habituellement des aliments les plus 
sains, car ils habitent des centres riches et peuplés oii les viandes 
de boucherie sont de facile débit. Par malheur, ils manipulent 
des métaux et ils ne prennent pas assez d'exercice. J'en ai parlé 
déjà longuement ailleurs (*). Ils continuent, nonobstant des pré- 
tentions contraires, à mourir de phthisie pulmonaire, comme 
nous le dirons en son lieu. 

Forgerons. — Les forgerons se livrent à des occupations plus 
actives et plus fatigantes ; la sueur ruisselle sans cesse sur leurs 
torses nus et pâlis au feu. Le fer, dont leur économie se sature, 
les dispose aux maladies inflammatoires, aux pneumonies, aux 
méningites, etc. 

Il est très sûr que les habitudes professionnelles, si malsaines 
qu'on voudra, no tuent pas de la môme façon tous les hommes 
dans un temps donné. En doit-on conclure qu'elles ne sont point 
malsaines, ou qu'elles ne prédisposent pas à certaines maladies? 
Evidemment non. Car, à ce compte là, on pourrait de même sou- 
tenir qu'il est assez indiiïérent de se nourrir bien ou mal, peu 
ou beaucoup, puisque nous voyons l'hnmme vivre, en dehors des 
accidents, environ cent ans, c soit qu'il vive de pain et de mets 

(') BuUeiin Soc. médfr. Besancon, 1860 ; Annales d'hyg., et Gax. med, de 
Paris, 1861. 

80 



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— 306 — 

> préparés, de chair crue du de po»soa sec, do sagou ou de ris, 
» de cassa ve ou de racines (*). » On pourrait soutenir encore 
qu*il est assez indifférent de respirer Tair parfumé des mon- 
tagnes ou la malaria des marais, puisque nous voyons ici et là 
quelques exemples d'une longévité remarquable; ou prétendre 
que les excès alcooliques ne sont poitit nuisibles, parce qu'on voit 
des ivrognes devenir très vieux ; etc. Ce serait, méconnaissanl 
les démonstrations de la statistique, oublier qu*il est des consti- 
tutions privilégiées dont la vitalité lutte et résiste exceptionnelle- 
ment. 

C, Delà mortalité dans les différents arrondissements. 

La mortalité, dans chaque arrondissement, subit la double in- 
fluence, et du climat qui lui est particulier, et de la profession 
qu'on y exerce le plus communément. Nos recherches statisti- 
ques auront pour but de faire la part de Tun et de l'autre (*). Elles 
comprennent une période de dix années consécutives, de 1854 
à 4863 mclusivement, pendant lesquelles ont eu lieu, sauf erreur, 
63,406 décès. Les naissances ont présenté, dans le môme laps 
do temps, un excédant d'environ 10,585. La population totale 
du département ayant ira peu diminué au dernier recensement, 
c'est donc une perte annuelle de plus de mille individus qui vont 
grossir la mortalité en d'autres lieux. 

Ces 63,406 décès se répartissent delà manière suivante : 

N» 1. 



I 

AMONDISSBIIBNTS. 


DÉCÈS. 


NAISSANCES. 


■APPORTS. 1 


. Besançon 

Baume 

Ponlarlier 

Hontbéliard 

Total . . . 


25,375 
44.558 
40,056 
43,547 


35,688 
47,076 
43,862 
48,365 


0,96 
0,85 
0,78 
0,73 


63,406 


73,994 


0,86 



(M BuPFOif, Œuvres compL, éd. Duménil, lom. IV, p. 109. 
(■) C'est ici que nous sentons combien il est regrettable que les relevés 
ofQciels des décès n'en indiquent pas les causes. 



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-307- 

Ainsi les décès, com^iarés au^ naissances, sont plus nombreux 
dans la région basse que dans la rc^gion haute. 

A un autre point de vue, on trouve encore que ta mortalité est 
moindre dans les arrondissements de Montbéliard et de Pon^ 
tarlier qpe dans les autres. 

N«2. 



ARROKDISSBII finis. 


DfiCÈS. 


POPULATION 

totale. 


EiFPOUTS. 


Besançon 

Baume 

Ponlarlior 

Montbéliard 

Total . . . 


25,275 
U,o58 
< 0,056 
^3,5I7 


10^774 
62.:^57 

50,808 
6S.6">2 


0,0245 
0,02â3 
0.0197 
0,01% 


63,406 


i84,59l 


0,0^2^ 



Mais il faut en cela tenir compte d*un mouvement d*émigra- 
tion bien manifeste qui a lieu de la montagne au pays bas , 
comme l'ont fort justement noté les auteurs du Guide de /V- 
Iranger à Besançon. « Un attrait involontaire, disent-ils, porto 
» le montagnard à descendre ; on ne voit guère Thabitant des 
» plaines aller s'établir à la montagne (^}. » 

n reste toutefois avéré, d'après les deux tableaux qui précèdent, 
que la mortalité générale est moindre dans la haute que dans la 
basse région. 

n n'en est pas de môme pour la mortalité des enfants avant 
leur naissance, comme on peut en juger par mon tableau n^ 3. 

N» 3. 



ARRONDISSBMBIfTS. 


M0RT8«If^8. 


NAISSANCES. 


RAPPORTS. 


' Besançon ...... 

( Pontarlier 

1 Montbéliard 

1 Baume 

Total . . . 


1,519 

647 
855 
680 


25,688 
43,861 
48,365 
47.076 


0,056 
0,050 
0,046 
0.039 


3,701 


73,991 


0,050 



(^) Guide ai Vilranger à Besançon, par MM. Dilacroix et Casta!«, p. 7. 



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•^308 — 

Ce tableau met en opposition les arrondissements de Baume 
et de Pontarlier, c*est-à-diro la basse et la haute région ; tandis 
que Tarrondissement de Montbéliard, qui s'étend dans Tune et 
dans Tautre, présente en quelque sorte un moyen terme. 

Je tiens à m'étendre un peu sur cette question si curieuse des 
morts-nés. 

Des morts-nés. Il est difficile à la vérité d'établir avec exacti- 
tude des comparaisons statistiques entre les morts-nés des diffé- 
rents pays. A Besançon^ par exemple, oii des médecins sont 
chargés de vérifier tous les décès, aucune inhumation ne peut 
avoir lieu dans les cimetières de la ville sans le certificat d'un 
médecin de l'état civil ; et il résulte de cette obligation qu'on y 
enregistre, comme morts-nés, à peu près tous les fœtus expulsés 
avant terme, de six, de cinq, de quatre mois. En est-il ainsi dans 
les villages! Y a-t on les mômes scrupules et les mômes soins? 
C'est du reste la question qu'ont posée, sans la résoudre, les au- 
teurs de la statistique de la France, t En examinant, disent-ils, 

> la série des départements qui ont le moins de morts- nés, on 

> voit qu'elle est presque exclusivement formée par les départe- 
» ments montagneux du centre et du midi, et que pas un dépar- 

> ment du nord n'y figure. Faut-il attribuer ce résultat aux con- 
Y> ditions climatériques de ces régions, ou bien ne pourrait-on 
y* pas soupçonner des omissions dans les décès de cette catégorie, 
» surtout dans les départements où la grande étendue des com- 

> munes et le mauvais état des voies de communication rendent 
» très difficiles, surtout en hiver, les déclarations à l'état civil? 
» C'est une question que la science et l'administration ont en- 
w cdre à résoudre "(*). » 

Le chiffre si élevé des enfants morts-nés dans l'arrondissement 
de Pontarlior, oU les fermes sont éparses souvent dans des con- 
trées impraticables et d'un accès difficile en hiver, me prouve 
péremptoirement que la rareté signalée des décès de cette caté- 

0) SialUtiqw de la francs, S« série, t. X. 



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— 309 — 

gorie ne saurait être attribuée ni à l'altitude des lieux ni à la dif- 
ficulté des communications. 

Quoi qu*il en soit, le département du Doubs, dans une période 
de dix années, a perdu 3,701 enfants morts-nés sur 73,991 nais- 
sances; c'est un pou moins de 5 0/0 (0,0497), tandis que la 
France n'en compte guère plus de 4 0/0 (0,0415). Donc, nous 
comptons plus de morts-nés qu'on n'en compte moyennement en 
France. 

Les quatre arrondissements de Baume, Hontbéliard, Pontar- 
lieret Besançon, comme on l'a ru par le tableau n* 3, ne parti- 
cipent pas également à ces décès. L'arrondissement de Besançon 
en renferme la> proportion la plus élevée ; viennent ensuite les 
arrondissements de Pontarlier et de Hontbéliard , puis celui de 
Baume-les-Damos qui en renferme le moins. 

Nous allons chercher les raisons de ces dissemblances. 

Dans cette recherche, nous devons tout d'abord mettre hors 
de compte les enfants illégitimes et les décès qu'ils fournissent. 
En effet, l'illégitimité, comme il est aisé de le comprendre, ag- 
grave notablement pour le produit les difficultés d'une bonne 
évolution (*); puis, comme tous les pays à beaucoup près ne 
comptent pas une égale quantité de conceptions naturelles, il serait 
injuste de rapporter à des influences locales une différence qui 
tient évidemment à d'autres causes. Ainsi, Ton peut voir, par le ta- 
bleau n° 4, combien les enfants naturels sont plus nombreux à Be- 
sançon que dans les communes rurales du département, ce qu*on 
devait supposer. On n'en doit rien oonclure toutefois toucham 
la moralité des arrondissements qui figurent dans ce tableau, at- 
tendu que la proximité d'une ville populeuse explique comment 
l'arrondissement de Baume-les-Dames donne moins de nais- 

(}) Pour Besançon, par exemple, sur 9,880 naissances d*enfants légitimes, 
on compte 531 morts-nés, c'est-à-dire nn peu plus de 5 V»; tandis que sur 
t,510 naissances d'enfants naturels, on compte S54 morts-nés, e'est-k-dire 
plus de 10 o/o. A Berlin, suivant le professeur Casper, de 1819 k 183), on 
comptait un mort-né sur vingt-cinq naissances légitimes, et un sur douzD 
naissances illégitimes : la proportion est à peu près la même, 1 ; 3, 



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— 340 — 
• sances illégitimes que Tarrondissement de Pontarlier; la partie 
rurale de l'arrondissement de Besançon, moins que les arron- 
dissements de Baume et de Montbéliard. 



N° 4. 



AKBONDISSEKBnTS. 


naturels. 


TOTAL 

des 
nai^toces. 


RAPPOKTS. j 


Besançon (ville) 

Ponlarlier 

Baoïno-les-Dames . . . 

Montbéliard 

Besançon (partie rurale). 


2,510 
1,017 
1,327 
1,359 
931 


12,390 
12,862 
17,076 
18,.'Î65 
13,298 


i 

0,202 • 

0,079 

0,077 

0,073 

0,070 


7,144 


73,991 


0,096 



Si donc, pour les raisons qui précèdent, nous n'avons égard 
qu'aux enfants légitimes, nous obtenons en morts-nés des pro- 
portions différentes, et les arrondissements qui nous en donnent 
le plus sont 4* celui de Besançon, 2*^ celui de Pontarlier, 3** celui 
dç Montbéliard (voir le tableau n° 5), c'est-à-dire, en premier 
lieu, l'arrondissement où l'inûuence d'une agglomération con- 
sidérable se fait sentir; puis, en second lieu, ceux qui sont les 
plus élevés, les plus montagneux et les plus froids. L!arrondisse- 
ment do Baume-les Dames nous fournit' la proportion la plus 
faibje. 

^ N« 5. 



ARRONDISSEMENTS. 


MORT8-N68 

légitime*. 


NAISSAKCB8 
li'gi limes. 


RAPPORTS. 


Besançon (partie rurale). 
Besançon (ville) .... 

Ponlarlior 

MonlbtMiard 

Baume-lusDames. . . . 


679 
521 
.584 
768 
594 


12,-367 
9,880 
11,845 
17.006 
15,749 

66,847 


0,0.54 
0,052 
0,049 ! 
0,045 
0,037 


3,146 


0,047 



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— 3H — 

Nous n'insisterons pas ici sur les fâcheux effets de l'agglomé- 
ration au point do vue sanitaire ; ces effets, étudiés et connus, 
ressorlirottt assez clairement par eux-mêmes dans le cours de ce 
travail. Constatons que jusqu'ici cette condition d'insalubrité 
l'emporte sur toutes les autres. 

Quant aux causes qui font ranger, dans les tableaux n<^'3 et 5, 
l'arrondissement de Pontarlier immédiatement après celui de 
Besan^a, nous croyons les voir tout à la fois, et dans l'âpreté 
irrégulière du climat des montagnes, qui engendre les affections 
catarrhales, et dans Tair moins dense qu'on y respire et qui pré- 
dispose aux pertes sanguines et à l'avortement. YoilÀ pourquoi 
l'arrondissement de Monlbéliard, qui se rapproche de celui de 
Pontarlier par quatre cantons, et, par les autres, de celui de 
Baume-lesDames , nous donne en morts-nés nne proportion 
mqyenne, conforme à ce qu'on en devait attendre. 

Il est curieux de noter qu'à Besançon ces sortes de décès sont 
plus nombreux qu'à Dijon et presque aussi nombreux qu'à 
Paris. 

De 4858 à 1864, Dijon donne un rapport de 0,060. 

De 1855 à 1860, Paris en donne un de 0,064. 

De 1854 à 1864, Besançon (la ville seulement) de 0,062. 

On doit, sans nul doute, invoquer pour l'explication de ce fait 
remarquable les deux causes que nous venons de dter tout à 
l'heure à l'occasion de Pontarlier. 

Les auteurs de la stalisliquo de la France, œuvre splendide, 
s'étonnent que les morts-nés soient plus nombreux dans cer- 
taines villes qu'à Paris. Ce résultat statistique, en effet, est 
surprenant; je désire que les considérations rapportées plus 
haut puissent l'expliquer. Â la vérité, dans les villes de province, 
à l'égard des filles mères, V opinion est plus sévixe qu'à Paris, 
on peut y cacher moins aisément une faute ; mais comme, d'un 
antre côté, on voit aussi mieux ce qui s'y passe, les avortements 
provoquas y sont moins faciles. J'inetine donc à penser que le 
fait en question dépend d'habitudes climalériques ou profession- 
nelles. 



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— 312 — 

Décès ordinaires. — Le climat des montagnes, considéré à 
priori comme Ionique et salutaire, 'paraît donc agir d'une ma- 
nière fâcheuse sur les mères ou sur les fœtus. A d^autres points 
de vue, on peut juger par l'inspection minutieuse des graphiques 
de la mortalité, dressés proportionnellement à la population de 
chaque âge, si, comme on le croit, la haute région l'emporte en 
salubrité sur la région basse. 

Il ne faut pas oublier que les arrondissements de Baume, de 
Hontbc'liard et de Besançon ont subi, depuis 1854, la longue in- 
fluente d'une épidémie de choléra, dont celui de Pontarlier n'a 
pas eu à souffrir. 

Le graphique n*" 1 (*] démontre que la mortalité est à peu près 
constamment plus forte dans la ville de Besançon que dans les 
communes rurales du département, ce qui tient à autre chose 
qu'aux conditions climatériques. Cette supériorité fâcheuse est 
surtout sensible dans les quinze premières années de la vie; la 
malaria des villes est une atteinte permanente et directe contre 
la viabilité, et, comme la malaria des marais, elle est plus parti- 
culièrement pernicieuse à l'enfance. 

Nous nous étendrons davantage sur ce sujet, quand il sera 
question de la mortalité aux différents âges. 

S 3. »• la aiortallié par rmpp^rî aaz sAlsoBa, 

D. De la mue et des courbes saisonnières. 

Le principe de la vie n'opère pas toujours avec une égale 
énergie. Il présente, au contraire, des intermittences très mar- 
quées dans les végétaux , oh il paraît sommeiller pendant des 
mois entiers; il en présente encore, quoique de plus obscures, 

(^) Ce graphique donne le rapport des décès k la population de chaque 
âge. J'obtiens ce rapport en divisant la moyenne annuelle des décès de 
chaque âge par le chiffre connu de la population du même âge : s'il y a, 
par exemple, 20.000 adutcs de 30 à 35 ans, et qu'il en meure k cet âge 
3.000, année moyenne, je dis que la mor^lH^ moyenne annuelle» entre 
30 et 35 ans, est de 0,100 mllliômes, 



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— 313 — 

chez certains animaux hiveroants oii la vie se borne, pour ainsi 
dire, à empêcher l'organisme de se décomposer; il en présente 
même dans Tespèce humaine, qui représente harmoniquemcnt 
toutes les grandes lois des êtres vivants. 

En effet, non-seulement Thomme natt, grandit et meurt, on 
suivant avec plus ou moins de régularité la grande courbe de la 
vie ; mais il parcourt en outre une série évidente de montées et 
de descentes secondaires, qui correspondent à l'alternance réglée 
des saisons, et qu'on pourrait appeler des courbes saisonnières. 

Le principe de la vie , que l'hiver avait comme engourdi , 
rentre ^eu à peu, sous l'influence bienfaisante du soleil, dans la 
plénitude de son activité. Avec le printemps, ses manifestations 
qui languissaient reprennent de la vigueur et de l'éclat; toutes 
les fonctions s'exécutent avec plus d'énergie, et la croissance de 
certains organes , temporairement affaiblie , redevient forte et 
vraiment exubérante. C'est ainsi que les cheveux, les poils, les 
ongles, dans un mois d'été, croissent d'environ deux millimètres 
de plus qu'en hiver, comme il est facile de s'en assurer par des 
expériences (M. 

Il se produit donc physiologiquement deux fois par année, 
chez tous les êtres vivants , une sorte d'excitation organique qui 
les prépare à passer de la vie forte de l'été à la vie moins active 
de l'hiver, et réciproquement. Cette excitation est surtout mani- 
feste dans les plantes , qui n'ont pour âme que le principe des 
opérations organiques ou végétatives : x*est le phénomène qui 
constitue la double sève. 

Dans l'espèce humaine , ce réveil de la vie n'est pas moins 

(1) On ne lira pas sans iotérêt les eonsidératioDS savantes auxquelles se 
livre à ce sujet le professeur firicheteau ( Enc^fclopédïe midie., tome If 1, 
Hygiène, page. 171). 

Le vulgaire a très bien observé que les plaies se cicatrisent plus rite en 
été qu'en hiver. Et. dans un autre ordre de faits, on observe que la pro- 
gression des conceptions suit h peu près constamment, dans nos climats, 
cette reprise de la ritalitë, quoique Celse prétende que le commerce des 
femmes est nuisible dans la belle saison : ses conseils, paraU«il, ne sont 
pas suivi». 



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— 3U — 

positif et réel ; ea maladie comme en santé , chaque homme 
réprouve, surtout au printemps. On sait que les exanthèmes 
augmentent de fréquence à cette saison ; que certoines maladies, 
comme la goutte, la pellagre, etc., présentent alors leurs exa- 
cerbations périodiques. 

Cette poussée vitale est, jusqu'à un certiin point, sous la 
dépendance de Faction solaire ; elle peut donc être troublée et 
paraître on d*autres temps (*j. Mais elle est assez constante ce- 
pendant aux mômes époques, pour qu'on doive en signaler Tin- 
fluence dans les tables mortuaires. 

En effet, en examinant avec un peu d'attention les graphiques 
de la mortalité mensuejle dans nos pays, on verra qu'à presque 
tous les âges la mort opère davantage à l'approche du change- 
ment des saisons. (Voir les graphiques n®* 2, 3, 4, 5, 6.) 

Il serait difficile de ne voir dans tous ces faits, d'une régularité 
remarquable, qu'un résultat de la température. La température, 
il est vrai, agit en provoquant plus ou moins tard l'excitement ou 
le réveil du principe de vie dont nous avons parlé ; mais par 
elle-même elle est incapable d'expliquer le phénonaène que nous 
signalons. 

L'ascension des graphiques ne dépend pas du chaud, car en 
juillet la mortalité est moins forte qu'en avril. 

Elle ne dépend pas non plus du froid, car en décembre la mor* 
talité est moindre qu*en août. 

Elle ne dépend pas davantage de l'action longtemps continuée 
des chaleurs ou des frimas, puisque^ dans l'arrondissement de 
Pontarlier (voyez le graphique n^ 2), c'est en mai et en août 
que la mortalité atteint son double maximum : or, l'hivery com- 
mençant plus tôt et s'y faisant sentir plus vivement, le maximum 
de printen^s devrait arriva en décembre, et les chaleurs y étant 
plus tardives, le maximum d'automne tomberait plus tard, en 
octobre ; ce qui n'est pas. 

(^) Ëa 1860, j'ai vu des poules muer trois fois dam k belle saison, ce 
qui n'est pas ordinaire. 



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— 315 — 

 la montagoe, ou les étés sont ooorts, la mortalité printa- 
nière est plus tardive qu*à la plaine, tandis que la mortalité d'au- 
tomne y commence de meilleure heure. C*est que la mort est un 
fait physiologique, un fait de vie ; c'est en nous et non hors de 
nous quMl enfant rechercher l'explication. 

Le passage d'une saison à une autre constitue pour tons les 
êtres vivants une véritable épreuve; il imprime nne seconsse or- 
ganique à laquelle succombent beaucoup de constitutions épui- 
sées, et il ûxe, pour ainsi dire, la limite oîi viennent se briser 
toutes les existences épuisées auxquelles le vulgaire assigne sen- 
sément pour terme la poussée ou la chute des feuilles. 

Nous avons rapproché les graphiques mensuels de plusieurs 
pays pour la facilité des comparaisons. Ce rapprochement nous 
permet de saisir les difTéreoces du premier coup d'œil et de voir 
que l'ascension de la mortalité ne correspond pas aux mômes 
époques pour Paris et pour Besançon. C'est ce qu'd priari l'on 
pouvait induire du changement dos saisons qui n'a pas lieu si- 
multanément dans les deux pays. Sur nos montagnes, la mue du 
printemps, mutatio vemaliSf se fait plus tard qu'au plat pays, 
tandis que la mue d'automne y est au contraire plus précoce (*). 
C'est pourquoi nous voyons l'accroissement de la mortalité s'y 
faire sentir plus tard eu printemps, et, en automne, s'y faire sen- 
tir au contraire plus tôt : ce qui n'aurait pas lieu, je le répète, si 
cet accroissement dépendait do la continuité des chaleurs dans 
cette dernière saison, comme l'ont pensé quelques savants hygié- 
nistes. 

Plus on s'élève vers la haute montagne, plus le fait saute aux 
yeux. Dans l'arrondissement de Pontarlier, pays élevé, âpre et 
froid, la première ascension de la mortalité correspond au mois 
de mai ; à Besançon, au mois d'avril ; à Strasbourg, au mois do 

(1) Les horticulteurs, qui sont obligés do oonsulter U sève et de suivre 
les mouvements de la vie des plantes pour pratiquer avec succès leurs 
opérations, commencent les greffes plus tard et les finissent plus tôt à la 
mootagoe qu'à Besançon, à Ueaaaçon ^u'à Padt. 



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— 316 — 
mars ; à Paris et pour la France, au mois de février. La seconde 
ascension reprend dès août dans nos contrées, et seulement en 
septembre dans Tintérieur de la France. 

E. Influence de la mue habituelle dans l'acclimatement. 

Si donc nos prévisions sont justes, la double élévation an- 
nuelle des graphiques do la mortalité doit avoir lieu, dans les 
pays isothermes, à des époques plus rapprochées à mesure qu'on 
s'éloigne de Téquateur ; et, au contraire, avoir lieu précisément 
aux équinoxes sous la ligne. 

Les. crises automnale et printanière ont lieu, au Spitzberg, en 
juin et en août. La Providence a créé des êtres annuels dont ré- 
volution correspond précisément à ces époques. « Jusqu'au mi- 

> lieu de mai, dit le capitaine Bragg, toute la contrée est ense- 

> velie sous glace ; au milieu de juillet, les plantes sont en fleur, 

> et vers la fin du môme mois ou le commencement J*août elles 

> ont mûri leur semence. Par quel instinct ces plantes parcou- 
» rent elles le cercle de leur existence dans un espace de temps 

> qui n*est que la troisième partie de celui nécessaire à celles de 
» la même espèce dans les contrées plus chaudes, comme si 

> elles prévoyaient la courte durée de la chaleur? Il n*est cer- 
» tainement que la main du Créateur qui ait pu imprimer une 

> telle loi à des végétaux privés de sentiment (*}. > 

Cette prévoyance, que le capitaine Bragg considère avec rai- 
son comme providentielle, n'a pas été donnée seulement à la 
végétation du Spitzberg. Tout être vivant possède nécessaire- 
ment une force en vertu de laquelle les actes les plus intimes de 
sa machine s'effectuent do telle façon plutôt que de telle autre; 
il possède, c'est nécessaire, un instinct particulier qui dirige ses 
fonctions en les appropriant avec convenance au milieu dans le- 
quel elles doivent s'exercer. C'est pour cela qu'il vit, en un mot 
qu'il a Vêtre proprement dit. 

0) Voyage au pôle nord, traduit par Pajol. 



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— 317 — 
Cette prévoyance instinctive pousse, par exemple, une même 
espèce animale, le chevreuil, à concevoir à des époques diffé- 
rentes là et ailleurs, mais toujours avec opportunité, pour que 
les produits qui naîtront puissent se développer. € La nature est 

> la plus prévoyante des mères, elle n'a pas voulu que le faon 

> qui va nattre grelotât sur un linceul de neige ; et dans les con- 

> trées oh l'hiver se prolonge au delà du temps qu'elle assigne 

> à la gestation, elle a reculé l'époque de la fécondation, et cela 

> bien que la précocité de ce môme hiver semblât devoir en 

> hâter l'heure ('). » 

J'incline à penser que les habitudes vitales que nous apportons 
en naissant ne sont pas étrangères aux difficultés de l'acclimate- 
ment dans certains pays. Supposons que les végétaux du Spitz- 
berg soient transplantés dans nos climats plus doux, il est pro- 
bable qu'ils se hâteront beaucoup trop de fleurir et de porter 
graine. Supposons encore que les chevreuils du midi soient tout 
à coup transférés dans nos forêts du Nord, je serai bien étonné 
s'ils n'entrent en rut en temps inopportun. ChevTeuils et végé- 
taux, s'ils veulent s'acclimater, devront modifier leurs habitudes 
héréditaires ou acquises, et j'ose dire que ce n'est pas une petite 
affaire. 

L'acclimatement n'est pas une simple question de température 
et d'alimentation ; car, à Saint-Domingue, où il est à peu près im- 
possible, le climat n'est pas à beaucoup près aussi ardent que 
Test notre midi pendant l'été ('), et les vivres convenables n'y 
manquent point. L'acclimatement tient à autre chose. Ne tien- 
drait-il pas à des crises saisonnières inopportunes? 

Quoi qu'il en soit, on peut, sur un fait aussi étrange que l'ac- 
climatement, hasarder des explications au sujet desquelles la 
statistique est appelée certainement à se prononcer. 



(^) Le rut du chevreuil, qui commeuce en octobre dans les pays de 
plaine, ne commence qu'en novembre et même en décembre dans les mon- 
tagnes. {Us trois règnes de la nature, 1865, n"* 54.) 

{*) La température moyenne y est de 30 à Sd" R. 



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- 380 r- 
dei^ décès ait eu lieu au commeDcement de Tautomne ; il est au 
contraire excessivement probable que ce maximum avait lieu, 
comme aujourd'hui» au printemps (*). 

Il résulte de nos recherches statistiques que la mortalité géné- 
rale dans le département du Doubs atteint son maximum ea 
mars, avril et mai ; elle descend jusqu'en juillet, reprend en 
aoiit et septembre, puis décroît jusqu'en novembre. Ce maxi- 
mum a lieu le plus souvent en février pour Paris et pour la 
France en masse ; il correspond au mois de mars à Strasbourg 
ainsi qu'à Besançon ; il correspond aux mois d'avril et de mai 
dans l'arrondissement de Pontariier. 

Notons que la mortalité, qui descend très bas au solstice d'été, 
descend beaucoup moins bas au solstice d'hiver. 

Au point de vue de la mortalité on pourrait diviser les mois 
de la manière suivante. 



N« 6. 



MOIS 

à mortalité forte 



pour la 
France. 



Janvier 
Février 
Mars 
Avril 



pour le 
wparteni^ 
du Doubs 



Février 
Mars 
Avril 
Mai 



MOIS 

à mortalité faible 



pour la 
France. 



Juin 
Juillet 
Août 
Octobre 



pour le 
départem^ 
du Doubs. 



Juillet 
Octobre 
Novembre 
Décembre 



MOIS 
à mortalité indifférente 



pour la 
France. 



Mai 
Septembre 
Novembre 
Décembre 



pour le 
départem^ 
du Doubs. 



Janvier 
Juin 
Août 
Septembre 



En résumas plus on s'élève dans notre hémisphère , plus la 
double ascension du graphique représentant la mortalité men- 
suelle me semble se rapprocher et se confondre aux dépens de 
la saison chaude. Dans l'arrondissement de Pontariier , par 
exemple, oîi l'abaissement du graphique est moins prononcé et 

*} BoFFOif , 0Eu9. complu t. iV. — Mém, de VAraà, méd., 1. 1, p. 39a. 



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N*1. 

1^ ixgne ..indique 

ia norUiilé de chaque ftge 
à Beean/çoa; 

Celle la morUlité 

de chaque ige dans rarron- 
disififDeot de ^aoine et les 
commoiiet rurales de i'ar- 
rondÎBtemeni de Itosançoa ; 

Celle la morUi iié 

de chaque ige dans let ar- 
rondissements de Montbé- 
liard et de pontarlier. 




\ 



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moins durable que dans les autres arrondissements, le minimuni 
des décès a constamment lieu Thiver. Dans la partie basse du 
département, le minimum des décès s*observe indifféremment 
l'hiver ou Tété; à Paris, il s'observe toujours dans celle dernière 
saison. (Voy. graphiques n*'" 2 et 3.) 

Il est permis de supposer que les natifs de chaque pajs ont 
]eurs habitudes saisonnières, habitudes qui les suivent partout. 
On ne modifie pas à son gré, par le simple fait de sa volonté, les 
instincts et les susceptibilités de l'organisme vivant ; et il ne me 
répugne pas de croire aux mystérieuses similitudes de réaction 
qu'on dit avoir remarquées quelquefois entre compatriotes d'un 
bout du monde à l'autre. 

G. Endémies et épidémies. 

La mortalité ne subit pas la seule influence des saisons. Il 
existe dans chaque pays des influences spéciales, des endémies 
plus ou moins meurtrières qui ont des retours périodiques. C'est 
ainsi « que l'époque du dessèchement des marais est l'époque de 

> leur plus grande insalubrité, et celle aussi ordinairement de la 

> plus forte mortalité dans les pays marécageux (*) > 

Dans le département du Doubs, oU les marais sont relative- 
ment rares, l'intoxication paludéenne est trop peu répandue 
pour affecter d'une manière appréciable la régularité de nos 
courbes. 

Je ne sache pas d'ailleurs que d'autres maladies périodiques 
sévissent d'une manière exceptionnelle en Franche-Comté. 

Quant aux épidémies, nous avons ressenti les atteintes de celle 
de 4854. C'est à cela que nous devons l'accroissement exagéré 
de la mortalité aux mois d'août et de septembre. En effet, tandis 
que, année moyenne, nous perdons environ 550 personnes au 
mois d'août et 585 au mois de septembre (soit 1 ,085 décès), dans 
l'année 4854, nous en avons perdu 4,399 en août et 836 en sep- 
tembre (soit 2,225 décès). 

(1) Ann, d*hijg , tom. lî. 

SI 



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-382- 

N* 7. 



Â110NDI8SBMBNT8. 



Besançon. . 
Baume. . . 
Montbôliard 
Poalarlier . 



AOUT 



année 
moyenne. 



236 

as 

99 



545 



4854. 



720 

366 

SU 

99 



4,399 




année 
moyenne. 



245 

408 
96 
87 



536 



345 
466 
234 
444 



826 



Cette augmentation des décès aux mois d*aoûtet do septembre, 
tout en affectant la régularité des graphiques mensuels, ne la dé- 
truit point. Il n'^en demeure pas moins avéré que le mois d*août, 
pour notre pays, pour la montagne du moins, est lu mois de la 
plus forte mortalité d'automne. 

S 3. De la HiorUillIé i^ar rai^i^erl ans à^em. 

U. Chez les enfants. 

V Par rapport aux naissances. — Pour 73,994 naissances, 
OD compte dans le département du Doubs, de 4854 à 4864, 
40,932 décès d'enfants ayant moins d'une année. C'est un peu 
moins du septième, 0,447, rapport inférieur à celui que donne 
M. le docteur Bouchut. « En France, dit-il, actuellement Je 
» sixième des enfants meurt dans le courant de la première 
» année ('). > 

En Suède, en Finlande, la mortalité serait, suivant le même 
auteur, d'un cinquième environ. 

D'après les tables de Duvillard, la mortalité des petits enfants 
ayant moins d'une année, au commencement du siècle, était 
en France de près du quart. 

^) Gaz. des hôp., 39 décembre 1861. 



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« La vie de Teafant est fort chancelante jusqu'à Tâge de trois 

> ans ; mais dans les deux ou trois années suivantes elle s'assure, 

> et Tenfant de six ou sept ans est plus cssuré de vivre qu'on ne 
» Test à tout autre âge. En consultant les nouvelles tables qu'on 
» a faites à Londres sur les degn's de la mortalité du gnnre 

> humain dans les diiïi^rents âges, il paraît que, d'un certain 

> nombre d'enfants nés en même temps, il en meurt plus d'un 

> quart dans la première année ; etc. (*). » 

Comme on voil, du quart au seplièmn il y a loin. Passons sans 
nous arrêter plus sur ce progrès ^i*hy^iène publique. 

Lo rapport des Hf^cès d(»> pplihrnfanlsaux udi^sauces, comme 
on doit s'y attendre, est plus considérable dans l'arrondissement 
de Besançon que dans les arroudissoments de Baume, de Pon- 
tarlier, de Montbéliard surtout. 

On peut s'en convaincre à vue du tableau suivant. 

N« 8. 



! AIROaDlSSBIBUTS. 


DÉCÈS D'bnPANTS 

d'un an ou moina. 


NAI88ANCB8. 


KIPPORTS. i 


Besançon 

Baume 

Pontariier 

Montbéliard . . . . 


4,320 
2,503 
1,744 
2,365 


25,688 
17,076 
12,86.2 
18,365 


0,167 
0.146 
0,135 
0,128 


10,932 


73,991 


0,147 



Cette proportion de 167 décès d'enfants pour mille naissances, 
dans l'arrondissement de Besançon, se décompose de la manière 
suivante. 

Il meurt dans la ville de Besançon 2,018 jeunes enfants pour 
12,390 naissances, soit 0,162 ; pendant que, dans la partie rurale 
de l'arrondissement, il en meurt 2,302 pour 13,298 naissances, 
soit 0,172. 

f*} BoFFOif , CÊiuvres compL^ Paris, 1836, tome lY, page 07« 



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— 324 - 

n résulte donc de ces recherches que la mortaltié sur les en- 
fants est moins forte dans la ville môme que dans les campagnes 
environnantes. C'est ce qui a fait proclamer jadis cette incroyable 
assertion» que, dans les premières années de la vie, oft mourait 
plus dans les campagnes que dans les grandes villes. 

Dans les campagnes qui entourent ces villes, à la bonne heure i 
et cela se conçoit Une grande partie des enfants nés à Besançon 
sont mis en pension dans les villages voisins oh ils vont grossir 
la mortalité du jeune âge. 

La constatation des décès dans la banlieue met le fait en évi- 
dence. 

La septième section de la commune de Besançon, dite les 
CkapraiSf est formée par la partie nord de la banlieue. Elle com- 
prend environ 4,000 âmes. Les maisons y sont épsrses et dissé- 
minées sur un territoire fort étendu on groupées en hameau, 
mais toutes sont séparées entre elles par des clôtures ; c'est-à- 
dire qu'elles conservent l'aspect villageois. Les artisans s'y ren- 
dent volontiers de Besançon, le dimanche, comme à la cam- 
pagne ; et beaucoup de parents, mus par une sollicitude bien na- 
turelle, y font élever leurs petits enfants, afin de les avoir au 
besoin sous la main. Or, nous allons voir quelle modification 
profonde la proximité de la ville imprime à la mortalité des 
Chaprais. 

Dans les arrondissements de Baume, de Monlbéliard et de 
Pontarlieri la mortalité des petits enfants comparée à la morta- 
lité totale est du sixième environ ; elle ne s'élève môme pas à 
plus de 18 1/2 pour cent, moins du cinquième, dans la ville de 
Besançon (sections réunies) ; tandis que, dans la septième sec- 
tion, plus de 31 pour cent des individus décédés n'ont pas un an 
révolu, près du tiers ('). 

Cette mortalité exceptionnelle tient sans nul doute au voisinage 



(0 De 1857 à 1865, il a été constaté 826 décès , morts-nés dod compris, 
dont 360 d^enfants n'ayant pas un an révolu. 
La vérification des décès dans la banlieue ne se fait que depuis 1867. 



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— 3« — 

de Besançon dont les nouTeaux-nés sont plaoés chez des nour- 
Tisseurs de profession autour de la ville. 

Le môme rayonnement a lieu sur les villages qui nous avoî- 
sinent. On y expédie de Besançon tous les jours des ôtres cbé- 
U£s qui sont destinés à mourir prématurément. 

Les cantons d*Ornans , de Quingey , d'Audeux , de Mar^ 
chaux, etc., ne sont pas en effet dans des conditions pires que 
ceux de Tarrondissement de Baume-les-Dames qui les touchent ; 
et il serait par conséquent bien surprenant que la mortalité des 
enfants en bas âge y fût pliXs élevée qu*à Besançon môme. 

La démonstration de cette vérité ressortira bien mieux encore 
du rapport (X)mparé des décès à la population. 

2* Par rapport à la population, — Si Besançon, par rapport 
aux naissances, perd moins d*enfants que les communes rurales 
qui Tavoisinent, ce résultat doit ôtre interprété autrement qu'on 
ne Ta fait; il s'explique, disions-nous, par Tévacuation inces- 
sante des enfants de la ville sur le dehors. 

Le tableau suivant, qui met en regard de la population totale 
de chaque arrondissement les décès d*enfants qui y ont lieu, dé- 
montre par des chiffres qu*en effet la mortalité, dans les pre- 
mières anoées de la vie, est plus forte à la ville qu'à la cam- 
pagne. 

N« ». 



' AIRONDISSBIIRTS. 


DtClS ARIfOBU 

d'ftnranU 

de i 5 ans. 


POPDUTIOII 
toUlè, 1861. 


lAPFORTS. 


Besancon (vil'e) . . 
1 Besançon (rural) . . 
Baume-lPS-Dames . 
Monlbéliard . . . . 
Pontarlier 


330,5 

413 

382.1 

373,3 

863 


38.745 
64.029 
62.357 
68.653 
50.808 


. 0.0085 
0.0064 
0.0061 
0,0054 
0.0051 









Voilà qui est clair; tandis que les arrondissements perdent an- 
nuellement cinq ou six millièmes de leur population on eofantSt 
Besançon en perd plus de huit et demi. 



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— 326 — 

Deux ou trois de plus, dira-t-on, dans une année et sur mQle 
Ames, ne voilàt-il pas une belle affaire ! — Sur mille âmes, à la 
vérité, mais non sur mille enfants. 

Puis il est curieux de constater que les arrondissements ru- 
raux ont, en enfants de à 5 ans, une population moyenne de 
plus de dix pour cent, tandis que Besançon n*en a pas neuf. 

N« 10. 



ÂRRONDISSEHEIITS. 


ENFANTS 
de & 5 ans. 


POPULATION 

totale. 


RAPPORTS. 


Monlbéliard . . . . 

Pontarlier 

Baume 

Besançon (rural) . . 
Besançon (ville) . . 


7,523 
5,358 
6.393 
6,117 
3,472 


68,652 
50,808 
62.357 
64,029 
38.745 


0.109 
0,105 
0.102 
0,095 
0.089 









De sorte que si nos campagnes perdent dans une année cinq 
pour cent des enfants qu'on y élève, la ville en perd plus de dix. 
On peut au reste s*cn convaincre en jetant les yeux sur le gra- 
phique de mortalité (n* 4J établi proportionnellement à la po* 
pulation de chaque âge. 

Ce n*est donc^pas deux ou trois enfants de plus sur mille qui 
périssent à la ville dans une année, mais cinq sur cent, ce qui 
est considérable. 

Et que sera-ce encore si Ton attribue très légitimement au 
passif ou h l'avoir de Besançon l'excédant des décès d'enfants 
qui ont lieudans les cantons du voisinage? Car, si l'arrondisse- 
ment de Baume et la partie rurale de celui do Besançon perdent 
plus de sept pour cent en individus de à 5 ans, au lieu de cinq, 
comme Monlbéliard et Ponlarlier (Voir le graphique n" 4). il 
n'e.st pas admissible que colle difT(TPncc» doive élre rapportée 
aux conditions clifn^ïlojopriquos dos dilTéronts pays, surtout 
quand on voit la mortaliié grandir ^ mesure qu'on se rapproche 
do Besançon. (Voy. tpbje^u n* 9.) 



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— 327 — 

Les enfaDts sont donc plus sujets h mourir à Besançon qu'à la 
campagne ; ils sont aussi plus sujets à mourir dans les pays qui 
avoisinent celte ville que dans ceux qui en sont éloignés. 

4^ L'explication du premier Tait se tire des maladies épidé- 
miques qui régnent, chaque année, spécialement sur les enfants, 
la coqueluche, les fièvres éruptives, etc. Toutes ces afToctions 
ont généralement dans les villages une bénignité qu'elles n*ont 
plus en ville. 

En 486f-1862, pour me servir d*un exemple récent, une épi- 
démie de rougeole ût périr beaucoup d*enfants à Besançon. De 
la ville, la maladie no tarda pas à se communiquer, par de petits 
écoliers, au hameau de Rregilte, puis aux Chaprais, puis à Saint- 
Claude. Elle y atteignit, à ma connaissance, plus décent enfants 
très jeunes sans en fdire mourir un seul ; on n*a pas constaté un 
seul décès d*enfant par la rougeole. 

Et cependant la semence morbifique était bien de même pro- 
venance, de môme nature et de même saison ; elle devait par 
conséquent opérer avec la môme activité; mais les constitutions 
qu'elle imprégnait n'étaient pas les mômes, elles avaient ici plus 
de résistance et de vitalité. 

L'énergie des forces vitales s'affaiblit peu à peu dans l'atmo- 
sphère des villes ; l'homme y devient souffreteux comme les 
arbres qu'envahit la, mousse et qui n'ont plus le pouvoir de s'en 
défendre. 

La médecine ne peut que signaler les causes morbides ; elle 
est impuissante à les empocher. On ne peut pas faire que ce qui 
est ne soit pas. 

2^ Il n'en est pas ainsi des causes qui rendent la mort plus 
commune à l'enfance dans les pays avoisinant Besançon. Ces 
causes, jusqu'à un certain point, sont susceptibles d'être modiQées 
et neutralisées. Elles consistent le plus souvent dans les procé- 
dés défectueux mis en usage pour élever les petits enfants. 

Beaucoup de- nouveaux-nés de la ville sont , comme nous 
l'avons vu, envoyés à la campagne. Les uns sont conGés à des 
m^^es nourrices qui donnent leur lait ; je n'ai rien à en dire. Les 



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— 328 -~ 

autres sont remis à des gens qui font, dans nos environs, le 
triste métier d'élever les enfants à la bouteille. Triste métier, en 
effet, oii tous sont à plaindre, nourrisseurs et nourrissons. 

Je connais, dans la banlieue, un certain nombre de pauvres 
femmes que la misère oblige à devenir nourrices sur leurs vieux 
jours (*). Mais dans quelles conditions déplorables! On leur ap- 
porte des enfants petits, malingres, ratatinés, sans préjudice de 
ceux qui sont malades. Or, ni Tintolligence, ni le cœur, qui y 
supplée quelquefois, ne président à Tadministration des soins 
qu'ils reçoivent ; affamés et malades, tous sont soumis au même 
régime. 

Voici le procédé d'alimentation ordinairement employé dans 
la banlieue. On tient constamment sur la cendre chaude un vase 
rempli de lait, bouilli par précaution, car le lait bouilli se con- 
serve mieux. Ce lait, coupé ad libitum et suivant les goûts dVao 
de gruau, d'eau émolliente, d'eau de riz, etc., est donné à l'enfant 
soit avec une cuillère, soit le plus souvent au moyen d'un 
biberon crasseux et sentant l'aigre. On joint à cela de temps en 
temps un peu de panade ou de la bouillie. Comme passe-temps, 
on donne à l'enfant, pour l'empôcher de crier, une croûte de 
pain ou quelque objet doux à sucer. 

Il arrive que le plus souvent, remarquez-le bien, la vitalité 
des nourrissons résiste à ce mode de traitement et qu'ils viennent 
à bonaj9 (in, parce que, en définitive, la méthode la plus mau* 
vaise n'en saurait faire périr la moitié. Mais il arrive aussi bien 
des fois qu'ils succombent. Cependant les pauvres nourrices, peu 
au fait des comparaisons statistiques, s'illusionnent et s'attri- 
buent les réussiles; les revers sont mis sur le compte d'une 
constitution vicieuse, d'une maladie courante ou d'autre chose. 

Le plus grand nombre de ces infortunés périt, à l'époque des 
chaleurs, de dyspepsie cholériforme. 



(M On lit sur une tombe, dans uo des cimetières de la ville, cette singu- 
lière épitaphe : « Cy git qui fui nourriçf de 96 enfants! » Qu'elle repose 

en pai^, ç^r elle dçit en avo^r )>C80in ( 



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— 3M — 

I. Chez les adultes et les vieillards. 

Je me propose d*éludier plus tard la mortalité par rapport aux 
professions. Je ne dirai donc rien ici de ce qui concerne les 
adultes, auxquels j*ai Tintention de consacrer par la suite un 
chapitre particulier. 

Quant aux vieillards, comme nous l'avons dit précédemment, 
ils sont à peu près insensibles à l'influence de la mue saisonnière. 
Ils meurent du froid ou des intempérances qu'ils commettcMit, 
hélas ! bien souvent pour y résister. 

On pourrait croire qu'à la ville, ob ils sont en général mieux 
abrités, mieux nourris, plus doucement traités qu'à la campagne, 
les vieillards vivent plus longtemps. C'est encore une illusion. 
(Voy. le graphique n«» 1.) A moins que les opérations des recen- 
sours ne soient systématiquement mal faites, elles condamnent 
avec ensemble et sous tous les rapports les agglomérations ur- 
baines. 

Enfants, adultes et vieillards ont la santé plus vaillante au 
grand air; ni soins ni régime ne peuvent balancer cet inappré- 
ciable élément ! 

S 4 De la HiorUillCé i^ar ra#per« avs ••«•«. 

J. Différence de vitalité dans les deux sexes. 

€ Le sexe féminin, disent les auteurs de la Statistique de la 
> France, paraît avoir une mortalité inférieure à celle du sexe 
» masculin (*). » M. le docteur Bouchut s'exprime d'une manière 
plus précise : c On sait, dit-il, depuis longtemps que la mor- 
» talité est plus grande chez les garçons que chez les filles, 
etc (•). » D'après M. le docteur Bertillon enfin, c'est une loi 
générale qui se vérifie en Angleterre, en Suède, en Prusse» 
en Hollande, comme en France. 



(<) Stalutique de la France, 2* série, t. X, p. 31. 
(•) Galette des hôp.., 1801, a» 1J7, 



j 



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— 330 — 

Disons mieux, cette loi n*appartieDt pas seulement à notre es- 
pèce, pour me servir d'une expression consacrée, elle appartient 
encore à toutes les espèces vivantes ; c'est une conséquence da 
rôle important qui est dévolu à la femelle chez tous les animaux. 

La fomelle, en effet, est plus spécialement chargée de la per- 
pétuation des espèces ; le mâle paraît n'en conserver que la 
beauté (*). Sous ce rapport, il a donc une importance relative 
moindre. C'est pourquoi la première a été pourvue d'instincts 
éminemment conservateurs ; elle a été faite craintive, insinuante 
et douce; tandis que le second, glorieux de sa force et de son 
courage, est ordinairement doté de penchants belliqueux et aven- 
turiers. 

Ces observations, appliquées aux brutes, sont incontestables. 
Elles ne sont pas moins vraies quand on les applique à un point 
de vue exclusivement organique ou vital Qu'on soumette un 
couple aux épreuves de la famine; qu'on le prive d'air, d'ali- 
ments ; qu'on l'épuisé par des opérations sanglantes , et l'on 
verra, toutes choses égales d'ailleurs, la femoUe résister plus 
longtemps que le mâle. La vitalité chez elle est donc plus forte. 
Et cela est vrai aussi pour l'humaine espèce. Si l'homme et la 
femme sont dans des conditions identiques, si les agents de des- 



(^) Au concours d'automne de la Société départementale d'agriculture du 
Doubs» en 1862, qUand il s'est agi de distribuer les récompenses aux éle- 
veurs de l'espèce chevaline dans les arrondissements de Besançon et de 
Montbéiiard, on a constaté dans les produits de ces deux arrondissements 
de notables différences. 

« A Besançon, beaux poulains, bien que leurs mères manquent géné- 
ralement des qualités exigées pour être bonnes poulinières. 

» A Montbéiiard, mauvais extraits mâles et femelles, malgré la beauté 
des mères. 

» La commission a pensé que ce résultot tenait è ce que, dans le premier 
arrondissement, l'administration dos haras met à la disposition de<< parti- 
culiers de bons étalons, tandis que di^puis quelques années déjà, elle en 
prive le pays de Montbéiiard, qui dès lors serait forcé de recourir aux éta- 
lons rouleurs pour faire couvrir ses juments. > Je le pense aussi. {Société 
d'ggricuUure du Ooubs, 2' buUeliD, 1865, p. 25.) 



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— 331 — 

tructioQ pour Tun et pour Fautre sont les mêmes, nul doute que 
celle-ci ne résisfe mieux et plus longtemps. 

Tous les auteurs n'admettent pas, comme moi, que cette supé- 
riorité vitale de la femme, démontri^e parla statistique, soit 
naturelle : n'avons-nous pas la prétention d*êtrele sexe fort? 

€ Sur dix ans de vie courante, dit Buiïon, les femmes ont 

> UQ an de plus que les hommes à Paris; et comme Ton peut 

> croire que la nature seule ne leur a pas fait ce don, c*est aux 

> peines, aux travaux et aux risques subis ou courus par les 

> hommes qu'on doit rapporter en partie cette abréviation de 

> leur vie (*) » D'autres auteurs attribuent cette mortalité 

plus grande du sexe masculin au débordement plus violent des 
passions, qui est encore un fait naturel {*). 

On a pu voir, par ce qui précède, s'il est exact de dire que la 
nature n'a pas plus richement doté la femme sous le rapport de 
la vitalité qu'elle n'a doté l'homme. Il est certain que la femme 
à vie sédentaire rencontre beaucoup plus souvent la maladie 
devant ses pas, qu'elle est plus souvent que l'homme affectée par 
les endémies et les épidt^mies, par les louêsons courantes, pour 
me servir d'une expression locale (•), et qu'elle meurt moins. 
Et cependant, elle mène une vie sédentaire ; et de toutes les con- 
ditions anti-hygièniques, mauvaises, insalubres, la plus meur- 
trière est celle-là (*). 



(ï) Œurr. rompt., lom. IV, p 346. 

(») La France, journal politique. 23 janvier 1864. 

(') Le mëdei-in est appelé à soigner beaucoup moins d'hommes qae de 
femmes, un peu plus du tiers. 

(*) • J'ai souvent, dit Alph. Karr. constaté la force et la vigueur phy- 
sique et morale du sexe fuible; j'ai défié un portefaix de suivre, pendant 
tout un hiver, une femme qui s'amuse; j'ai établi que les femmes exagèrent 
leurs p.'urs romnie nous exagérons notre courage, et que, grâce à leur 
puissante infirmité de ne voir qu'un côté des choses, elles sont en général 
plus résolues et plus braves quf nous. Il est à remarquer aussi que c'est è 
ce sexe faible que I.i société impose de résister à ses peiichant< et de les 
vainere. d«> -triompher de la nature même et de maltris r les instincts les 
plus impérieux et les plus invincibles. » {Ln femme, p. 171.) 

Les recherches statibtiques, comme oa voiti viennent confirmer Tobscr- 
Tatioa du spirituel écrivain. 



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— 332 — 

Puis, la statistique des enfants morts-nés nous montre bien 
qu'en effet cette loi est surtout vitale et qu'elle ne dépend pas 
seulement des passions plus vives, plus impétueuses, plus fu- 
nestes des niâles ; qu'elle ne dépend guère des risques qu'ils 
courent dans leurs travaux, puisque déjà, au sein delà mère, les 
causes de mort agissent beaucoup plus sur le sexe masculin que 
sur l'autre sexe. 

Il est né dans le déparlement du Doubs, pendant la période 
de dix années, 73,991 enfants dont 37,S68 du sexe masculin» soit 
1,048 millièmes. 



ARRONDISSEMENTS. 


RAISSi 

, Il 

Sexe masculin 


lNCBS. 

Sexe réminin. 


RAPPOHTS. 


Besançon (ville) . 
Besançon (rural) 
Montbéliard . . . 




6,298 
6,789 
9,469 
8.757 
6,555 


6,098 
6,509 
8,896 
8,319 
6,307 


1,033 

1,043 
1,053 
1,052 
1,039 


Raunie-les-Dames 
Pontarlier. . . . 








37,868 


36,123 


4,048 



D'autre part on y compte, pour la même période, 3,701 en- 
fants morts-nés, dont 2,204 mâles, soit 1,467 mill. 

NO 12. 



ARRONDISSEMENTS. 


MORTS 

'■la 

Suxe masculin 


-HtS. 
Sexe rémioin 


■APPORTS. 


Besançon [ville) . . . 
Besançon (rural) . . 

Monlbéliard 

Baume 

Pontarlier 


439 
445 
531 
432 
364 


336 

299 
334 
248 
283 


1,306 
1,488 
1,559 
. 1.741 
1,286 


8,201 


1,500 


1,467 



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- a33 - 

Comme on le voit, la diiïérence pour les naissances est de 
48 millièmes , pendant qu'elle est de 467 millièmes pour les 
décès au sein de la mère. Le professeur BernouUi, de Bâie, avait 
dc^jà indiqué cette proportion, et il ajoutait : c Tout portée croire 

> que déjà (*) dans le sein de la mère les enfants du sexe masculin 

> sont bien plus sujets à périr que ceux de Fautre sexe (*]. > 
En négligeant, dans ces sortes de décès, les enfants naturels 

dont la mort est trop souvent le résultat de violences ou de mau- 
vais soins, la supériorité vitale du sexe féminin sur Tantre sexe 
ressort davantage encore. 

N« <3. 



AtHONDISSBIlBNTS. 


MORTS-NÉS 

Sexe mHsciilin 


LÉGITIMES. 

Sexe fëffliniD. 


HâPPOHTS. 


Besançon fvillej . . . 
Besançon (rural). . . 

Montbéliard 

Baume-les-Dames . . 
Pontarlier 


303 
i09 
474 
378 
336 


818 
270 
S94 
S16 
S48 


1,389 
1,514 
1,612 
1,750 
1,354 


1,900 


1,246 


1.524 



J'ouvre ici une parenthèse. 

La supériorité numérique des garçons sur les filles qui 
viennent de naître est de 4,048 dans le département du Doubs. 
V Annuaire du bureau dea longitudes, dans un résumé curieux, 
qui embrasse la période do 1817 à 1856, indique que cette supé- 
riorité a été de 4,060 pour toute la France ; il ajoute que cette 
supériorité semble décroître de plus en plus chaque année. 

€ L'excédant des garçons sur les filles semble dépendre du 

> degré d'agglomération des populations. Ainsi cet excédant est 

> plus marqué dans les campagnes que dans les villes, et il est 



(^) Je souligne le mot déjài c'est surtout qu'il aurait dû dire. 
(•} /limâtes d'hyg., t. Xil, p. 60. 



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- 334 - 

^ 1res faible dans le département de la Seine oh la population 
> atteint son plus haut degré de densité (*). » 

BufTon pense (*) que les pays pauvres et montagneui tendent 
aussi, sous ce rapport, à s*écarter de la loi commune. 

Les résultats statistiques exposés dans notre tableau (n* 14) 
conGrment Tassertion des auteurs de la Statistique de la France, 
puisque la ville de Besançon présente moins d'excédant en nais- 
sances masculines que tes communes rurales de Tarrondissement. 
Mais ils conGrment mieux encore le sentiment de notre grand 
naturaliste : 1^ le déparlement du Doubs, pays montagneux, 
pr(''sente un excédant, dans les naissances masculines, inférieur 
à celui que présentent les autres déparlements; 2** l'arrondisse- 
ment de Ponlarlier, le plus élevé do tous, présente aussi cet excé- 
dant inférieur à celui que présentent nos trois autres arrondisse- 
ments. (Voy. tabl. n* 11.) 

Je ferme ici la parenthèse pour continuer mes éludes sur la 
mortalité. 

Au point de vue de la vitalité , la femme est donc supérieure à 
l'homme, dans le sein de la mère surtout. On vient de voir que 
le sexe masculin ne comptait que 1,048 enfants contre mille 
naissances féminines, pendant qu'il fournissait 1 ,524 décès pour 
mille morts-nés du sexe féminin. 

Dans la première année qui suit la naissance, cette infériorité 
vitale, quoique remarquable encore, diminue déjà. On en peut 
juger par le tableau suivant. 



(1) statistique de la France, 2* série, 1. 1, p. 23. 

(*) Œuvr. compL, t. IV, p. 351. Laplace a cependant prétendu que Tin- 
fluence du climat était nulle ou insensible. 



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— 335 — 
N» 44. 



AKKOHDISSBXENTS. 


DtCbS DE 

Sexe masculin 


A 4 AN. 

Sexe réniinin. 


BAPPORTS. 


Besançon (ville) . 
Besançon (rural). 
Monlbéliard . . . 


. 


4,419 
4,309 
4,458 
4,406 
969 


899 
993 

907 

4,097 

775 


4,244 
4,308 
4,607 
4,281 
1,250 


Baume-lps-Dames 
Pontarlier. . . . 


■ 




6,261 


4,674 


4,340 



K. Du passage de Vadolescence h la puberté et de Vâge firil 
h la vieillesse. 

Hais peu à peu cette supériorité organique de la femme semble 
décroître et s*efTacer. Ainsi, do 5 à 20 ans, la proportion des dé- 
cès ne diffère pas beaucoup chez les garçons et chez les filles ; on 
dirait même que Tavanlage passe aux premiers. Toutefois, il ne 
faudrait pas en conclure que chez ceux-ci la vitalité est plus forte 
à cet âge, ce résultat statistique pouvant tenir évidemment à des 
conditions hygiéniques et sociales différentes pour les deux sexes. 
£n effet, les crises d^une formation plus précoce, le manque 
d'exercices corporels, une vie plus sédentaire, moins do distrac- 
tions et plus de travail, voilà des conditions qui doivent certaine- 
ment peser sur Tun des plateaux do la balance. 

On peut juger au reste par le graphique n® 9, dressé propor- 
tionnellement à leur population respective , quelle est la diffé- 
rence normale des décès à chaque âge dans les deux sexes. 

La ligne des décès masculins, qui était descendue à cinq 
par mille do 40 à 15 ans, monte et s*éiève jusqu'à dix-huit pour 
mille entre ^0 et 25 ans. L'ascension de la ligne des décès 
féminins est plus uniforme et surtout moins tourmentée. 

On peut aflirmer que le passage de l'adolescence à la puberté 
est beaucoup plus funeste aux garçons qu'aux Glles, au moins 
dans les campagnes. Je fais cette dernière réserve, parce que 



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-336- 

Taugmealation de la morlalité, aussi bien chez les garçons que 
chez les filles, n*est presque pas sensible à cette époque de la vie 
dans la ville de Besançon ; on dirait que la crise de la formation 
nV a lieu ni pour Tun ni pour Tautre sexe, tandis que Tascension 
de la ligne des décès masculins est énorme dans les arrondisse- 
ments de Montbéliard, de Baume, de Pontylier, et dans la par- 
tie rurale de Tarrondissement de Besançon. 

De SO à 25 ans, la mortalité du sexe masculin paraît donc être 
plus grande à la campagne que dans la ville (*j. Comment expli- 
quer cette diiïérence? Voilà certes une question au moins singu- 
lière à soulever. Plusieurs circonstances pourront aider à la ré- 
soudre. 

1* Les recenseurs de la ville comprennent dans leurs opéra- 
tions un nombre toujours assez considérable d*adultes des deux 
sexos. De tous ces jeunes gens, qui sont portés à l'avoir de la 
population urbaine, il est possible que plus d'un s'en aille mou- 
rir, chaque année, au pays natal. Mais cette raison ne saurait à 
elle seule rendre compte du fait signalé, puisque dans ce cas 
l'augmentation des décès se remarquerait aussi bien dans les 
décès féminins. 

2* En ville la jeunesse, moins vigoureuse et plus précoce, s'ha- 
bituerait-elle, pour ainsi dire, par degrés à des excès dont la 
réaction est aussi plus lente et presque insensible ; tandis que, 
chez le campagnard, la crise de formation serait plus vive et 
plus accusée? 

Quoi qu*il en soit de ces hypothèses, le fait en lui-môme est 
assez curieux. S'il n'a pas été signalé encore, cela tient sans 
doute à l'élément militaire qui grossit à cet âge le chiffre de la 
mortalité du sexe masculin dans les villos. Car « les décès trans- . 
» crits e.n vertu des articles 80 et 84 du Code Napoléon sont 
> portés réellement sur le recensement de la localité oU ils ont 



(*) Dans la campagne, elle ftltêint plus des 18 millièmes de la population 
de 30 à 35 ans, tandis qu'à la ville elle n'en atteint guère que 9. (Voir les 
graphiques n^ 9, 9», 9", 9»", 9'fif et W"".) 



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^ eu lieUf et non point dans la commune oli seraient nés leà 
» individus décédés (*). » 

On comprend dès lors combien, dans les villes de garnison, 
la mortalité en hommes do 20 à 30 ans doit être accrue par suite 
de l'exécution de cette prescription administrative ; on comprend 
qu'à Besançon, par exemple, avec le supplément des décès mili- 
taires, le chififire des décès masculins de cet âge se trouve aug- 
menté et aussi élevé que dans les communes rurales qui n'oul 
pas un pareil supplément. 

Il va sans dire que j'ai fait disparaître dans mes calculs l'élé- 
ment militaire, qui aurait rendu toutes les comparaisons impos- 
sibles ou fausses. 

Cependant l'heure arrive oU l'individu a cessé de grandir. Une 
révolution presque insensible s'opère en lui : il perd peu à peu 
la vivacité de sa mémoire et de ses sensations; ses dents s'al* 
tèrent, ses cheveux tombent ; tous ses organes se flétrissent ; il 
dépouille l'un après l'autre tous les attributs de la virilité. Il 
semble que la providence l'accoutume à mourir. Cette période 
de la vie est une nouvelle épreuve : on l'appelle assez communé*- 
ment l'âge critique. 

L'âge critique présente moins de dangers que l'âge de forma- 
tion^ que le passage de l'adolescence à la puberté. Cela est au 
moins incontestable pour le sexe masculin. Mais on ne saurait le 
dire aussi positivement de l'autre sexe ('). Nous voyons qu'eo 
effet, de 40 à 45 ans, la courbe des décès féminins s'élève de 
0,01 01 à 0,04 4 4, pendant que la courbe correspondante des décès 
masculins ne varie que de 0,0100 à 0,0106. 

L'homme ne vieillit que dix ans plus tard. Sa période critique 
se prononce sur nos graphiques entre 50 et 55 ans. 

(>} StaMique de la France, t. X, p. 35. 3* série. CeUe prescription reiDd 
bien difficile le travail auquel se sont livrés les auteurs de la Stathlique de 
la France. Il o*est pat possible de défalquer des états les décès militaires , 
comineot alors comparer la mortalité da soxo maseulio dans les villes avec 
celte du même sexe dans les campagnes ? 

(*) Comme l'a écrit M. io D' Dbbat (Hyg. ftphysiol. du mariû§e, Paris; 
1861, p. 441). 

23 



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-â38 - 

tl Dfi^est impossible de terminer, pour le moment, tout ce qui 
est relatif aux professions. Je rattacherai ce nouveau travail aux 
'recherches particulières que j*ai entreprises sur la mortalité spé- 
ciale de Besançon. 

Je me borne donc, pour aujourd'hui, à cette élude dont je ré- 
sume les conclusions principales. 

4* Envisagée à un point de vue général , la mortalité est 
moindre dans la haute région que dans la basse, moindre dans 
celle-ci qu'à Besançon. 

S® Envisagée chez les enfants qui viennent de naître, la mor- 
talité est moindre, au contraire, dans la basse région que dans 
la haute, et moindre encore dans celle-ci qu'à Besançon. 

3^ L'allitude et Tagglomération , par des causes différentes, 
l'une en disposant la mère à l'hémorrhagie, l'autre en affaiblis- 
sant la vitahté de l'enfont, arrivent à ce mémo résultat, qu'elles 
prédisposent le fruit humain à tomber avant la maturité. 

4* La plus grande mortalité d'un pays coïncide normalement 
avec l'époque ordinaire du changement des saisons dans ce 
pays. 

5^ Cette règle générale ne tient ni aux variations atmosphé- 
riques, ni à l'action prolongée des chaleurs ou des frimas ; 

6** Elle tient vraisemblablement à un travail organique, à 
l'excitation vitale qui prépare , au commencement de chaque 
saison , tout être vivant à subir les conditions d'un nouveau 
milieu. 

7*" La vitalité de la femme est, presque à tous les âges, sup('^ 
rieure à celle de l'homme. * 

8* S'il se présente des exceptions à cette loi, vers 15 et 45 ans, 
elles proviennent uniquement de ce que les époques critiques de 
la vie n'ont pas lieu au môme âge dans les deux sexes. 

9* Cette infériorité des mules ne tient pas, comme on le croit, 
à des passions plus vives et plus meurtrières, non plus qu'à des 
dangers professionnels plus grands, puisque nous la voyons 
d'autant plus marquée qu'on se rapproche du moment de la con- 
ception. 



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— 339 — 

40* Le passage de Tadolescence à la puberté, plus funeste aux 
garçons qu'aux filles, paraît avoir moins dUnfluence sur la mor- 
talité à la ville qu'à la campagne. 



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ÉTUDE DES TRAVAUX DE SIÈGE 

D'ALESIA 

Par M. IiÉOM «JJLIiOTTI 

Capitaine d' Etat-Major, 
Profettear adjoint à TEcoIe impériale d'Etat-lfajor. 



rll 1! 



Nous n^avoDS pas Tintention de discuter dans ces quelques 
pages remplacement probable d'Alesia. Notre seul but est d'a- 
jouter un document nouveau, très important et presque entière- 
ment négligé jusqu'à ce jour, au dossier, déjà si volumineux, de 
cette question. 

Les travaux exécutés par les Romains devant Alesia consti- 
tuent un fait d'une importance considérable : la possibilité de 
leur exécution étant dépendante de leur développement, l'étude 
du travail manuel pouvait amener à la connaissance approxima- 
tive de l'étendue des lignes de blocus. Celte détermination n'a 
cependant été tentée jusqu'à ce jour qu'au moyen d'interpréta- 
tions diverses du texte des Commentaires. 

Discuté de cette manière, le problème pouvait offrir un nombre 
de solutions différentes égal à celui des hypothèses qu'est sus- 
ceptible d'enfanter un esprit ingénieux, et aussi peu solides que 
la base sur laquelle elles s'appuyaient : aussi chaque auteur a-t-il 
proposé la sienne. 

Les discussions récentes n'ont apporté aucune nouvelle lumière, 
et l'incertitude la plus grande règne encore aujourd'hui aussi 
bien sur la forme exacte des retranchements que sur leur étendue. 



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- 34« — 

n est donc permis d*ôtudier, en dehors do toute préoccupation 
d'emplacement, la nature et Timportance dos travaux de blocus. 
Nous allons essayer de le faire, et peut-être serons-nous assez 
heureux pour approcher de la vérité et fournir ainsi aux recher- 
ches un élément nouveau et important. 

Le but que nous essayons d'atteindre est double : il comprend 
d*abord la détermination de la forme exacte des divers ouvrages, 
puis celle de leur étendue respective. Nous partagerons consô- 
quemmnnt cette étude en deux parties : 

i^ Nature des ouvrages divers ; 

8^ Etendue des ouvrages. 

I. 
uratiire des •UTnige*. 

Les travaux ordonnés par César devant Alesia sont de deux 
sortes : ouvrages de terrassement, c'est-à-dire fossés et rem- 
parts; ouvrages accessoires, c*e$t-à-dire défenses en bois ou en 
fer ajoutées aux précédents. 

L'indication des travaux nous est donnée par lo$ chapitres 
Lxxii, Lxxiii, Lxxiv du Uvro VIL 

Ch. Lxxii : € César fit exécuter un fossé de 20 pieds 

(romains] de largeur, sur une profondeur ég^le et à parois ver- 
ticales. A quatre cents pieds en arrière de ce fossé, il établit le 
reste de ses retranchements. Il laissait cette distance, aQi^ que la 
multitude des ennemis ne pût point, pendant la nuit, «jaillir i 
l'improviste les ouvrages, ni lancer des traits, pendant le jour, 
sur les travailleurs (on avait été obligé d'embrasser une si grande 
circonférence qu*on n'eût pu facilement garnir toute l'enceinte 
de défenseurs). Dans cet espace (hoc intermisso spatio), on 
ouvrit deux fossés de 45 pieds de largeur sur une profondeur 
égale. Celui qui était intérieur, situé dans un terrain.... encaissé 
(demissus locus), fut rempli d'eau au moyen d'une dérivation de 
la rivière. En arrière de ces fossés (post eui), on éle^ft un rem* 
part terrassé de M pieds de hauteur, t 



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— 342 — 

On y ajouta un parapet et des créneaufx et, à la jonction du 
parapet et du rempart, des fraises pour empêcher l'escalade. 

L'ouvrage entier était flanqué de tours à 80 pieds Tune de 
l'autre. 

Ch. Lxxiii : « César jugea nécessaire d'ajouter quelque 

chose aux fortifications, afin de pouvoir les défendre avec un 
moindre nombre d'hommes. On creusa une longue tranchée de 
5 pieds de profondeur, dans laquelle on enfonça et fixa solide- 
ment des abattis (*) dont on mit cinq rangées entrelacées et lié^ 
ensemble... Au devant étaient des trous de loup de 3 pieds de 
profondeur (*), disposés en quinconce et recouverts de ronces et 
de broussailles, afin de cacher le piège. Il y avait huit rangs de 
celte espèce à trois pieds de distance l'un de l'autre... En avant 
encore étaient fichés en terre des piquets d'un pied de long, armés 
de pointes de fer : on en mit partout et à de faibles distances les 
uns des autres. 

Ch. Lxxiv : € Ce travail fini , César fit établir dans le terrain 

le plus uni qu'il put trouver des fortifications de même 

nature, mais du côté opposé et tournées contre les attaques du 
dehors » 

Ces indications sont très précises, très nettes, très détaillées, 
en ce qui concerne la contrevallation. 

Il y avait ainsi : 

1*> Un fossé de 20 pieds; 

2^ Le rempart, à 400 pieds (446 mètres) en arrière de ce 
grand fossé , 

3* Entre ces deux ouvrages (hoc intermisso spatio), deux 
fossés de 45 pieds, dont l'un était rempli d'eau ; 

4^ Devant le rempart, un fossé pour les abattis, puis les trous 
de loup, puis les piquets. 

(^) « On prit des troncs d'arbres ou de très fortes branches; on les dé- 
pouilla de leur écorce et on les aiguisa par le sommet. » 

(*) « des puits de 3 pieds de profondeur et qui se rétrécissaient peu 

à peu jusqu'au bas ; on y faisait entrer des pieux ronds de la grosseur de 
la cuisse, durcie ai) feif et aiguisés. » 



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— 343 — 

Une discussion s*est élevée sur le fossé plein d*eau. Les uns 
ont voulu appliquer cette désignation au fossé le plus rapproché 
du rempart; les autres au second fossé do 15 pieds, c'est-à-dire 
à celui qui était entre les deux autres. Nous croyons que la qua- 
liûcation d'intérieur, qui lui est donnée par César, doit se com- 
prendre, soit de sa position intermédiaire entre les deux autres, 
soit de son rapprochement de la place. 

Nous pouvons remarquer, en outre, que les terres destinées 
à former le parapet devaient éite naturellement fournies par l'un 
des deux fossés do 15 pieds creusé à sa base. 

Les deux fossés de 15 pieds devaient donc être ainsi disposés : 
Tun au pied du rempart, l'autre en avant et du côté de la place. 
Celui qui était rempli d'eau était, dit l'auteur, creusé dans une 
dépression du sol; il était donc dominé par le terrain avoisinant, 
et ce n'était pas là que le rempart devait être élevé, mais au delà. 
Donc, le fossé noyé était le plus rapproché de l'ennemi; il était 
enveloppé par celui du rempart : c'était le fossé intérieur. 

Quant aux défenses accessoires, il nous semble logique de les 
placer devant le fossé du rempart, en arrière du fossé noyé. 

D'ailleurs, si nous nous reportons au ch. lxxxiii, nous lisons : 

< Tant que les Gaulois ne se battirent que de loin, ils nous in- 
commodèrent par la grande quantité de leurs traits; mais quand 
ils s'approchèrent davantage, les uns s'embarrassèrent dans les 
piquets, les autres se transpercèrent en tombant dans les trous 
de loup fscrobes), ou furent écrasés par les traits lancés des 
remparts » 

Les ouvrages accessoires étaient donc près des remparts. Ces 
considérations nous permettent d'énumérer les travaux dans 
l'ordre suivant : 

Un rempart de 12 pieds de haut, avec parapet, créneaux et 
tours ; 

Un fossé de 15 pieds de largeur et de profondeur ; 

Des abattis sur cinq rangs ; 

Des trous de loup sur huit rangs ; 

Des piquets ; 



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— 344 — 

Un fossé de 15 pieds de largeur et de profondeur, plein 
d'eau ; 
Un fossé de 20 pieds de profondeur et de largeur ; 
Ces ouvrages occupant une zone de 116 mètres de largeur. 
Examinons maintenant la forme précise de chacun d*eux. 

REMPART. 

Végèce dit que ces sortes d'ouvrages étaient soutenus par un 
clayonnage composé de troncs d'arbres et de fortes branches. 
Folard, dans son Etude sur les travaux d'à lesta , pense qu'on 
dut employer des fascines, parce que le travail, dit-il, eût été 
plus prompt. Guischardt admet la description de Végèce. 

Quel que soit l'avis qu'on adopte, il est incontestable que les 
terres étaient soutenues à peu près verticalement par des ou- 
vrages en bois. Nous admettrons donc un rempart terrassé de 
12 pieds (3'",48) de haut, soutenu à peu près verticalement du 
côté do l'ennemi et surmonté d'un parapet crénelé. 

FOSSfi DU REMPART. 

Il avait 15 pieds de largeur et de profondeur. L'indication de 
rinclinaison des flancs nous manque : ils n'étaient point verti- 
caux^ car l'auteur l'eût indiqué comme il l.'a fait pour le grand 
fossé; ils n'étaient point à terres coulantes, car les talus se 
fussent réunis au fond du fossé qui eût affecté une forme trian- 
gulaire, et dans ce cas le fossé n'eût présenté à la moitié de sa 
hauteur qu'une largeur do 7 pieds et demi (2 m. 17] ; des plan- 
ches, des troncs d'arbres jetés par l'assaillant eussent permis de 
le franchir, en rendant inutile l'excavation inférieure, c'est-à-dire 
près de la moitié du travail. Nous adopterons donc un terme 
moyen entre ces deux inclinaisons, c'est -à dire des talus au 
tiers, ce qui nous donnera un plafond do 5 pieds (1 m. 45). 

ABATTIS. 

Ils étaient placés sur cinq rangs et entrelacés dans une tran- 
chée de 5 pieds de profondeur. La largeur de cette tranchée est 
difllcilo à estimer. Un arbre enfoncé on terre et présentant en 



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^ 345 — 

Tair rexirémité apointie de ses branches, forme un obslacle ayant 
au moins 8 mètres de largeur. Si nous supposons cinq arbres 
rangés en ligne et pénétrant les uns dans les autres de la moitié 
de Tépanouissement de leur ramure, nous trouverons une ligne 
de 6 mètres. Afin de rester plutôt au-dessous qu'au-dessus de la 
vérité 9 nous donnerons à la tranchée 5 mètres seulement de 
largeur. 

TROUS DE LOUP. 

C'étaient des fosses de 3 pieds de profondeur, se rétrécissant 
peu à peu jusqu'au bas ; nous pouvons admettre, sans erreur 
sensible, qu'elles avaient 3 pieds de diamètre. 

PIQUITS. 

Ils avaient un pied de long et étalent garnis de pointes de fer 
présentant des crochets. 

FOSSÉ ROTfi. 

n était semblable à celui du rempart; nous admettrons les di- 
mensions que nous avons déduites pour ce dernier. 

GKAIfl) rOSSA AVAHCÉ. 

César définit ainsi cet ouvrage : t Un fossé large de 20 pieds 
et d'égale profondeur, dont les flancs étaient à pic. » 

Deux opinions différentes se sont produites sur la forme de cet 
obstacle. Les uns, prenant la description à la lettre, ont pensé 
que l'excavation avait ^0 pieds de profondeur et- que les parois 
en étaient verticales. D'autres, se fondant sur l'emploi, habituel 
dans les armées romaines, des gazonnements ou des clayon- 
neges pour soutenir les remblais, ont opiné que César avait pu 
creuser un fossé d'une dizaine de pieds de profondeur, et faire 
jeter les terres à droite et à gauche, en les soutenant verticale* 
ment : cette construction eût ainsi présenté une double terrasse 
et un fossé intermédiaire, et la hauteur mesurée du sommet des 
torre-pleins au fond du fossé eût été de 20 pieds, remblai et fouille 
compris. 

De ces deux opinions, la première seule nous semble juste. 



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— 346 - 

César n'eût pas, à notre avis, désigné par le seul nom de fossé 
(fossa) son ouvrage avancé, s*ii eût adopté la dernière disposi- 
tion : il nous eût parlé de clayonnage et de terrasse ; les mots 
vallufn et agger eussent été employés de manière ou d'autre 
dans sa description, comme ils le sont toutes les fois que l'his- 
torien veut parler d'une lovée de terre. Il nous semble en outre 
qu'avec celle construction le but qu'on voulait atteindre eût été 
manqué : ce fossé était établi pour arrêter l'élan des sorties, 
pour éviter que la multitude des assiégés pûl, pendant la nuit, 
tomber sur les travaux à l'improviste (ne de improvisa autnoctu 
ad munitiones hostium muUitudo advolaret). 

Si l'ouvrage eût présenté un double terrassement vertical, qui 
se fût élevé à une dizaine de pieds de hauteur, il eût fourni aux 
Gaulois un abri sûr, derrière lequel ils eussent pu se cacher à la 
faveur de l'obscurité. Protégés des vues des Romains par le se- 
cond terre-plein, ils eussent promptement comblé une partie du 
fossé et se fussent élancés sur les retranchements placés à 
116 mètres en arrière, avec l'impétuosité et l'imprévu que l'ou- 
vrage avait précisément pour but d'éviter. Ces sorties, organi- 
sées à 600 pas seulement des lignes, eussent été bien plus dan- 
g«^reuses que celles qui parlaient de la place à une distance beau- 
coup plus grande. Au lieu de nuire à l'ennemi, C^sar lui eût 
donné un avantage. 

Nous croyons donc qu'il faut lire simplement le texte comme 
il est écrit : « On creusa un fossé de 20 pieds de largeur et d'une 
profondeur égale, à parois verticales (fossam pedum xx directis 
lateribus duxit), » 

Cet ouvrage, quoique momentanément fort important, n'était 
cependant que provisoire, et on dut en hâter la construction. 
Les terres durent être simplement rejeléos à droite et à gauche 
de la tranchée; peut-être même furent-elles autant que possible 
répandues au loin sur le soi. 



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— 347 — 

IL 
Etendue de« ouvrages. 

La question du développement de chacun des ouvrages dont 
nous venons de déterminer la forme, était la plus importante à 
résoudre : aussi a-t-elle donné lieu aux estimations les plus con- 
tradictoires. César donne deux chiffres relatifs à l'étendue de 
SOS travaux : le premier, de 41,000 pas (16,600 m. environ), est 
relatif à la contrevallation ; l'autre, de 44,000 pas (21 kilom.), 
se rapporte à la circonvallation. 

Certains auteurs ont attribué ces dimensions au rempart de 
Tune et Tautre enceinte ; d'autres, à l'un des fossés qui les con- 
stituaient. Les uns ont pensé que chaque ligne avait trois fossés ; 
les autres ont dit que la circonvallation n'en avait que deux ou 
m(^me un seul. Tous, à peu près, ont considéré chaque enceinte 
comme constituée invariablement de la môme manière, sur toute 
son étendue. 

Pour trouver la vérité au milieu de ce chaos, il nous paraît 
juste de prendre une base solide et invariable : c'est la force 
physique do l'homme. 

Quelque exercés que fussent les Romains, leurs forces muscu- 
laires et leur habileté dans le travail des terres n'étaient pas plus 
grandes que celles do nos soldats du génie ou de nos terrassiers 
de chemins de fer : leurs instruments n'étaient ni plus maniables, 
ni plus commodes que les nôtres; peut-être moins. 

Voppidum d'Alesia devait exister soit sur la rive droite, soit 
sur la rive gauche do la Saône, c'est-à-dire dans les terrains ju- 
rassiques; des tranchées de 15 et de 20 pieds devaient rencon- 
trer, au-dessous de la couche de terre végétale, des bancs de 
calcaire, d'argile ou de marne, terrains difficiles à fouiller. 

Nous basant sur ces faits, nous avons calculé le temps qu'il 
faudrait employer de nos jours pour exécuter un mètre courant 
de chacun des ouvrages divers entrepris par les légions. 



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— 348 — 

Non content d'avoir fait ce calcul, nous avons demandé à Tun 
de nos amis, habile constructeur qui, depuis plus de vingt ans, 
exécute des terrassements de chemins de fer » le nombra 
d'hommes exercés qu'il lui faudrait pour exécuter des tranchée 
analogues à celles d'Alesia. Sa réponse a été à peu près conforme 
aux résultats que nous avions trouvés et qu'il ne connaissait pas : 
son estimation a été d'environ un dixième plus forte que la nôtre. 

Nous rappelant que dans la détermination des formes des ou- 
vrages, nous nous sommes efforcé de rester plutôt au-dessous 
de la vérité que de la surfaire, et adoptant notre propre estima- 
tion, nous devrons considérer le résultat final que nous attein- 
drons comme un minimum, aussi bien pour les Romains que 
pour nos terrassiers modernes. 

Faisant grâce au lecteur des détails de calcul, voici les chiffres 
que nous avons trouvés ; ils expriment le nombre de journées 
de travail nécessaire pour l'établissement de chaque ouvraga 
sur une longueur de 4 mètre : 

Grand fossé atancé 20.2 journées. 

Fossé noyé 6,8 » 

Fossé et rempart 7,9 > 

Trous de loup 0,46 i 

Fossé des abattis 3,25 » 

Appliquons ces chiffres aux principales hypothèses qui ont été 
faites sur les travaux du blocus, et voyons les résultats auxquels 
nous parviendrons. 

PRBMlfeRB HTPOTHfeSB. 

Rempart de contretallation 16,500 mètres. 

Id, decirconvallation 21,000 > 

(chacune des lignes présentant le triple fossé et les défenses ac- 
cessoires). 

Dans cette hypothèse, et si l'on admet des lignes à peu près 
Pircqlaires, les fossés auraient eu les dimensions suivantes : 



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-340- 

/Grand fossé. . . . 45,572 mètres. 

r, . ... \ Fossé noyé .... 46,400 > 

I Trous de loup. . . 46,500 > (environ), 

'^Fossé des abattis . 46,500 » 

I^FoM^ de« a6a<<t« . 24,000 mètres. 

Trous d$ loup. . . 24,000 » 

Fossé noyé.... 24,364 > 

^Grand fossé. . . • 24,728 » 

Multiplions par la yaleur du mètre exprimée en journées de 
travail, et nous trouvons : 

^ Grand fossé 344,554 journées. 

iFossé noyé. 409,480 > 

Contrevallationl Trous de loup 7,590 » 

^ Fossé des abattis 53,625 > 

i Retranchement 430,350 » 

f Retranchement 465,900 journées. 

i Fossé des abattis 68,250 » 

Circonvallation{ Trous de loup 9,660 » 

'Fossé noyé 445,275 » 

Grand fossé 438,905 > 

Total. . « . 4,443,589 journées. 

Lorsque Yercingétorix renvoie sa cavalerie, au commence- 
ment du blocus, il annonce qu'il n*a plus que pour 30 jours de 
vivres (ch. lxxi). Les travaux des Romains étaient commencés, 
il est vrai ; mais ils furçnt terminés avant l'arrivée de l'armée de 
secours, c'est-à-dire au plus lard trente jours après le départ de 
la cavalerie. Nous pouvons admettre qu'ils nécessitèrent trente* 
cinq jours entiers de travail, et si nous réfléchissons aux inter- 
ruptions causées par les fréquentes sorties de l'ennemi, nous ne 
trouverons pas ce chiffre trop faible. 

Divisons le résultat précédent par 35, nous trouvons 44,245 
travailleurs. 



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Ainsi, 'dans rhypolhèàe qui nous occupe, il eût fallu employer, 
tous les jours, pendant trente-cinq jours , plus de 40,000 
hommes aux terrassements seulement. 

Or César avait 40 mille hommes, suivant Icg uns, 60 mille 
hommes au plus, suivant les autres. 

Il lui eût donc été complètement et absolument impossible 
d'exécuter les travaux que nous venons d'examiner, et l'hypo- 
thèse de la coexistence de trois fossés sur chaque ligne est inad- 
missible. 

On a dit cependant que César avait peut-être des travailleurs 
auxiliaires dans son armée ; ce n'est qu'une hypothèse et nous la 
croyons peu fondée L'armée romaine était entourée par l'in- 
surrection, perdue au milieu de la Gaule révoltée; et, dans de 
pareilles circonstances, elle ne pouvait guère trouver un appui 
autour d'elle. César, d'ailleurs, ne dit pas un mot dans tout son 
récit qui puisse nous faire soupçonner la présence d'auxiliaires 
sous ses ordres ; ce que nous y lisons est au contraire complète- 
ment défavorable à cette supposition. Ainsi, les gens du pays 
fournissent des renseignements aux Gaulois (ch. lxxxiii^; et 
nous lisons au ch. lxxiii : « Il fallait à la fois aller chercher du 
bois, pourvoir aux vivres, travailler aux fortifications, ce qui 
diminuait la force de nos troupes, en les éloignant du camp. 

César jugea nécessaire d'ajouter quelque chose aux forliû- 

cations, pour qu'un moindre nombre de soldats suffît à les dé- 
fendre (quo minore numéro militum munitiones defendi pos- 
sent). > 

Ainsi c'étaient les troupes romaines seules qui exécutaient les 
travaux, qui allaient chercher du bois, ^u\ s'approvisionnaient 
de vivres ; on peut donc nier la présence dans leurs rangs d'auxi- 
liaires indigènes. 

L'hypothèse que nous examinons est donc inadmissible. 

Cette conclusion, tirée des résultats du calcul, aurait pu être 
prévue d'avance. 

Le grand fossé avancé avait pour but unique de garantir les 
légionnaires contre les sorties de la place pendant la construction 



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— 3o< - 

des vérilables retranchements : ce n'était pas une fortiûcation 
(munitio) ; c'était un accessoire, un moyen d'exécution, unique- 
ment provisoire. Or, la circonvallation ayant f'té achevée avant 
l'arrivée de l'armée de secours, semblable mesure de précaution 
était tout à fait inutile, et le grand fossé ne put être établi à 
Textérieur pour se prémunir contre les attaques d'un ennemi 
absent encore. 

Le fossé noyé était creusé dans une dépression du sol ; c'est 
certainement cette disposition naturelle du terrain qui donna à 
César l'idée d'en profiter pour établir une ligne d'eau. Il nous 
semble très douteux qu'un accident semblable existât également 
auprès des lignes ext«^rieures. Remarquons encore que quoique 
César nous parle de deux rivières baignant le pied de la mon- 
tagne d'Alesia, il n'indique en aucun endroit de son récit qu'elles 
aient pu être employées directement comme obstacle, soit par 
l'attaque, soit par la défense, et nous devons en conclure qu'elles 
contenaient peu d'eau. La dérivation de l'une d'elles dans le fossé 
de 15 pieds de profondeur devait donc être complète, et il eût été 
impossible d'en tirer la moindre goutte d'eau pour noyer un 
fossé extérieur. Si la seconde rivière eût pu inonder un des fossés 
de circonvallation, il serait étrange que César eût omis de faire 
mention d'un fait aussi caractéristique de .la constitution topo- 
graphique du sol. 

Enfin le récit de l'attaque de la circonvallation par l'armée 
extérieure nous prouve la non-existence du grand fossé avancé 
et du fossé noyé de ce côté (cb. lxxxi et lxxxiii). 

Nous voyons, en eftet, les Gaulois attaquer directement le 
rempart à coups de fronde, de flèches et de pierres : le fossé 
avancé n'existait donc pas, puisque le but de sa construction était 
d'éviter cette atteinte ; puis, quand ils s'approchent davantage, 
les uns s'embarrassent dans les piquets, les autres se trans- 
percent en tombant dans les trous de loup, ou sont écrasés par 
les traits lancés du rempart et du haut de tours. Les seuls obs- 
tacles placés devant le rempart étaient donc les défenses acces- 
soires. 



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- 3S« - 

Noud (Mouvons donc dire qu^ la circonvaliation ne présentait 
qu'un rempart avec fossé, précédé des pièges disposés par les 
Romains. 

L*errour des critiques a pris son origine dans une fausse inter- 
prétation du texte : telle est du moins notre appréciation. 

César, après avoir décrit les travaux de contrevallation, ajoute 
(ch. Lxxiv) : € Ce travail terminé, César fit élever des fortifica- 
tions du môme genre (pares ejasdem generis munitiones) contre 
les attaques extérieures... > Nous croyons que Texpression du 
même genre peut fort bien ne pas sigoiûer Tidentité absolue, et 
que la circonvaliation présentant un rempart de 12 pieds, un 
fossé de 15 pieds, des abattis, des trous de loup, des piquets 
ferrés, constituait bien une fortification du même genre que la 
contrevallation. 

Remarquons enfin que le chiffre de 11,000 pas est attribué 
par César à ses travaux de contrevallation, et celui de 11 mille 
pas à la circonvaliation : c Cé.sar fit exécuter, dans un cir- 
cuit de 14 mille pas, des travaux du môme genre, mais du côté 
opposé, contre les attaques du dehors (ch. lxxiv). » 

Il nous semble naturel d'appliquer ces chiffres au rempart de 
chaque ligne, et c'est ainsi que nous l'avons fait. Toute autre 
application donnerait des résultats encore plus énormes que ceux 
auxquels nous sommes parvenus. 

Pour toutes ces raisons nous croyons pouvoir dire : 

La circonvaliation ne présentait pas trois fossés. 

DBUXIÈMB HYPOTHÈSE. 

JExaminons maintenant la seconde hypothèse, celle qui a été 
faite pour la première fois par Guischardt. 

La contrevallation eût offert trois fossés sur toute son étendue^ 
et la circonvaliation un seul. 

Si nous appliquons les chiffres à cette description, nous trou* 
vons les résultats suivants : 



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— 353 - 



Grand fossé. . . 
Fossé noyé . . . 
Contrevallation { Trous de loup . 
Fossé des abattis 
\ Retranchement. 

I Retranchement . 
Fossé des abattis 
Trous de loup . 

Total . 



31 4, 55i journées. 

409,480 > 

7,590 > 

53,6^5 » 

430,350 > 

465,900 journées. 

68,250 > 

9,660 » 



859,409 journées. 



Ce qui nous donne 24,554 travailleurs, c'est-à-dire la moitié 
de l'armée. 

Ce chiffre pourrait être adopté peut-être, quoique très consi- 
dérable, si les travaux que nous avons étudiés eussent été les 
seuls; mais il n'en fut pas ainsi. Il fallut abattre, transporter et 
débiter les bois, pour façonner plus de 200 mille abattis, un 
nombre au moins égal de pieux de la grosseur de la cuisse 
apointis et durcis au feu, une innombrable quantité de petits pi- 
quets de 4 pied de long armés de fer, dont César dit : « On en 
mit partout. » On dut construire sur les remparts plus de 4,500 
tours, et établir des parapets crénelés sur une longueur totale 
de 37 kilomètres; il fallut établir les camps et les redoutes 
(ch. Lxix) ; on eut à pourvoir aux vivres; il fut nécessaire de 
garder un front de plus de 16 kilomètres, en présence de 80,000 
ennemis (ch. lxxi, lxxviij ; enfîn il y a lieu de tenir compte des 
indisponibles de toute nature. 

En présence de ces immenses besoins, il nous paraît impos- 
sible de placer la moitié de l'armée aux terrassements seule- 
ment; et nous rejetterons cette hypothèse, comme nous avons 
fait de la précédente. 

TROISifeMB HYPOTHÈSE. 

Ainsi, les chiffres semblent donner tort à l'histoire et amener 
fatalement une conclusion déjà maintes fois admise : c'est que 
César a exagéré les faits à son avantage; c'est que les travaux 

23 



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-384- 

décrits par lui étaient iiùpossibles à exécuter. Ce fait, même ai]- 
thentiquement constaté, devrait-il cependant empêcher de re* 
chercher la véritable étendue des travaux? Nous ne le croyons 
pas, et nous allons entreprendre cette nouvelle tâche. 

Tout travail de fortification, quel qu'il soit, n*est point œuvre 
de bon plaisir; il dépend, et comme disposition et comme di- 
mension, de la forme du terrain sur lequel il s*élève ; il est im- 
posé par les accidents du sol. Les travaux d'Âlesia avaient avec 
le terrain avoisinant un rapport de dépendance intime, et Tétude 
du sol pourra nous mener peut-être à la connaissance de Té- 
tendue dos lignes romaines. Tentons Favonture. 

Alesia était située sur une colline, dans une position très 
élevée, et ne pouvait être prise que par un siège en règle. £tt 
avant de la place s'étendait une plaine d'environ 3,000 pas de 
longueur ; sur tous les autres points, des collines entouraient, à 
une faible distance, Yoppidum, qu'elles égalaient en hauteur 
(ch. LXIX). 

Cette courte description parle aux yeux, presque aussi com- 
plètement qu'une carte topographique ; et si nous remarquons 
que le site qu'elle nous dépeint ne peut être cherché que non 
loin de la Saône, dans un pays oii les variations brusques d'al- 
titude sont très rares; si nous nous rappelons que le sol s'y élève 
généralement par terrasses étagéos, divisées par des vallons 
étroits au fond desquels coulent des rivières peu importantes, 
nous comprendrons que les collines voisines de celle qui sup- 
portait Voppidum et qui l'égalaient on hauteur, faisaient partie^ 
avec elle, d'un môme plateau découpé par des ravins étroits. 
Ces collines devaient présenter des flancs de même inclinaison 
que ceux qui rendaient Voppidum imprenable d'assaut, et con- 
séquemment elles entouraient la colline centrale d'un cercle 
aussi infranchissable pour les Gaulois que celle-ci l'était pour les 
Romains. 

Ce cercle présentait cependant une solution de continuité de 
ce côté oii régnait la plaine de 3,000 pas (4,500 mètres), et la 
première pensée qui se présente à l'esprit est de considérer cette 



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-- âîS^- 
longueur comme étant précisément celle qui manquait à iW-^ 
ceinte pour qu'elle fût fermée. Cette opinion n'est cependant pas 
unanimement adoptée » et nous sommes forcé de recourir au 
récit du siège pour prouver sa justesse. 

César, contrairement à sa constante habitude, répète le chiiïre 
de 3,000 pas, et il le fait jusqu'à trois fois (ch. lxîx, lxx, lxxix). 
L'intention de l'historien n'est-elle pas de nous faire connaître, 
par là, l'étendue de ses retranchements dans la plaine, de faire 
apprf^cier comment la multitude des ennemis pouvait entrer en 
ligne tout entière, de faire comprendre la grandeur du péril que 
coururent les légions chargées de défendre 4,500 mètres de 
tranchées contre un agresseur incomparablement plus nom- 
breux? S'il on est ainsi, les 3,000 pas doivent être comptés dans 
la direction suivie par les lignes de blocus. 

Si nous lisons, en outre, le ch. lxxix, nous voyons que l'ar- 
mée de secours vient s'établir sur une colhne extérieure qui 
bordait la plaine, à 1,000 pas des retranchements romains, et 
que le lendemain elle fait sortir sa cavalerie et en < couvre cette 
plaine de 3,000 pas de longueur. » La plaine avait donc 3,000 
pas dans la direction des lignes et 1,000 pas entre celles-ci elle 
sommet de la colline extérieure. Les 3,000 pas existaient encore 
après la construction des lignes, comme auparavant. Donc les 
lignes avaient 3,000 pas de longueur en plaine ; la plaine me- 
surait 3,000 pas parallèlement aux murs de la place. Ce fait 
constaté, revenons à notre sujet. 

Les Romains, entourant la ville de leurs troupes, seront à peu 
près inattaquables sur tous les points de leur contrevallation, 
sauf sur une longueur de 3,000 pas oU ils s'établiront en plaine, 
dominés par la ville assiégée. Là sera leur point faible, et le réoit 
en fait foi> car tous les combats que l'assiégé vient livrer ont lieu 
en plaine. En outre, Critognat, un de leurs chefs, s'adressant à 
eux pour les exhorter à la constance, leur dit ces paroles inté- 
ressantes pour nous (ch. lxxvii) : « Lorsque 80 mille 

hommes auront péri daii^ cette plaine^ quel sera, pensez-vous, le 



' <s 



è: 



vV f ^K ' 



- 356 - 

courage de nos parents et de nos proches, s'ils sont forcés de 
combattre presque sur nos cadavres? » 

La plaine seule est donc le champ de bataille des deux armées. 

Ce fait lopographique est d'une importance considérable : il 
nous montre que, sur les hauteurs, les Romains n'avaient besoin 
que des retranchements habituels, mais qu'en plaine il leur fallait 
des obstacles puissants pour résister aux attaques d'une masse 
énorme de Gaulois poussés au désespoir. 

Nous croyons donc qu'un simple retranchement, solidement 
constitué d'ailleurs, existait sur les collines, et que dans la plaine 
seule se trouvaient les puissants ouvrages dont César nous fait 
rénumération. 

Celte hypothèse peut acquérir, par la lecture des Commen- 
taireSf la valeur d'un fait authentique. 

César décrit ses travaux en trois chapitres distincts, qui se 
suivent évidemment dans Tordre de la construction* 

Ch. Lxix : « Les travaux des Romains formaient un 

circuit de onze mille pas; des camps étaient placés dans des 
positions avantageuses oh vingt -trois redoutes avaient été 
établies .... » 

Quelles sont les positions avantageuses pour établir des camps? 
Les hauteurs. 

Quant aux redoutes, César nous dit lui-même qu'elles étaient 
occupées par des postes, chargés de surveiller les mouvements 
des assiégés. 

Voici donc, dès le commencement du siège, une ligne d'in- 
vestissement bien établie : des camps placés sur les hauteurs 
dans de fortes positions; des postes fortifiés, échelonnés de ma- 
nière à enfermer l'ennemi dans un cercle de surveillance bien 
établi. 

Cette ligne avait onze mille pas. 

La contre vallation avait cependant été commencée, et nous 
comprenons que ces ouvrages isolés pouvaient être reliés l'un à 
l'autre par un retranchement continu. 

Pendant les travaux (ch. lxx), l'assiégé tente de conserver ses 



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— 357 - 

commuoications avec Tinlérieur, et vient livrer un combat in- 
fructueux dans la plaine. 

Vercingélorix se décide alors à renvoyer sa cavalerie pour 
informer la Gaule de sa détresse, et, avant que les travaux des 
Romains soient achevés (ch. l^xi) , il la fait s*échapper pendant 
la nuit. 

C*est à ce moment qu'apparaît dans le récit la seconde période 
dos travaux. 

Ch Lxxii : € César, instruit des dispositions de Tennemi, 
règle la nature de ses travaux de la manière suivante » 

L'énumération, que nous avons déjà faite, du triple fossé suit 
ces paroles; mais pas un mot n'indique la longueur de ces nou- 
veaux ouvrages, et il nous paraît impossible de retourner à trois 
chapitres en arrière pour en trouver l'étendue et leur appliquer 
le chifTre de onze mille pas. Ces travaux nouveaux sont évidem- 
ment faits pour empêcher toute nouvelle fuite d'une partie de 
l'armée assiégée, pour se garantir contre les sorties de la place 
qui ne sont à redouter qu'en plaine. 

C'est donc en plaine seulement et dans la plaine de 3,000 pas 
qu'ils seront élevés. 

Notre hjrpothèse nous paraît être encore justiGée par un fait. 
Le dernier jour du blocus, Vercingétorix descend attaquer les 
retranchements de la plaine : après un long et sanglant combat, 
il désespère de les forcer à cause de leur importance , de leur 
puissance (propter magnitudtnêm munitionum); il se retire, 
rentre dans la place, et, ne consultant que son désespoir, il tente 
d'escalader les hauteurs escarpées (loca prœrupta, c. lxxxvi). 

Eût-il été tenté d'escalader, avec des troupes fatiguées et re- 
butées, des hauteurs escarpées, si celles-ci eussent été couronnées 
des mômes ouvrages qui défendaient la plaine et qu'il n'avait pu 
forcer? D'ailleurs, lisons les dernières lignes du même chapitre, 
et nous verrons qu'il trouve sur les hauteurs ; une terrasse 
(agger), un mur de soutien et un parapet en clayonnage (vallum 
et lorica), mais ni fossé avancé, ni fossé noyé. 

Avons-nous besoin d'ajouter que le grand fossé de 80 pieds 



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- 358 — 

fut établi dans le but d'éviter Timpétuosité de sorties imprévues» 
et qbe ce n'est pas sur les hauteurs qu*on avait à redouter sem- 
blable événement? 

Faut-il dire que le fossé intérieur rempli d'eau par la rivière 
dérivée ne pouvait exister sur les hauteurs? 

Affirmons donc que la conlrevallation de César avait 44,000 
pas; qu'elle présentait, peut-être sur les hauteurs, un retranche- 
ment continu, composé d'un fossé et d'un parapet reliant entre 
eux les camps ; que, sur une longueur de 3,000 pas, elle offrait, 
en plaine, trois fossés. 

Nous pourrons admettre cependant que les défenses acces- 
soires (abattis, trous de loup et piquets] étaient établies sur toute 
la ligne, quoique l'étude du véritable emplacement fK)urrait 
amener une forte réduction sur ce chapitre. 

Quant à la circonvailation dont César parle au ch lxxîv, elle 
avait 14,000 pas d'étendue; nous nous en tiendrons, pour sa 
constitution, à l'étude que nous en avons faite précédemment, 
c'est-à-dire qu'elle devait être semblable à la partie de la contre- 
vallation qui régnait sur les hauteurs. 

L'hypothèse que nous avons faite s'appuie donc sur le texte 
qui la conGrme pleinement, et elle doit nous donner un chiffre 
raisonnable de travailleurs. 

Nous remarquerons, avant de faire le calcul, que heu ne 
prouve que le fossé qui coupait les collines avait 45 pieds; il 
pouvait être plus faible. En l'absence de toute indication, nous 
lui donnerons cependant cette dimension : 

f Fossé et rempart [\ 6,500") . 430,350 journées 

^Abattis (id) . 53,625 » 

ContrevallationlTrousde loup. , (id.) . 7,590 » 

Fossé noyé . . . (4,500") . 30,600 > 

< Grand fossé . . (id ) . 90,900 » 

i Retranchement 465,900 journées 
Abattis 68,250 » 
Trous de loup 9,660 » 

Total , . . 556,875 journées 



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— 359 - 

Ce qui nous donne, pendant 35 jours, 15,910 travailleurs, 
c'est-à-dire le tiers environ de l'armée assiégeante. 

Ce chiffre justifie notre appréciation; il témoigne de la possi- 
bilité de la construction des travaux du blocus d'Alesia. Consi- 
dt'^rable encore, il est vrai, surtout si Ton songe à la quantité 
d'hommes qu*il fallut employer aux nombreux ouvrages dont 
nous n*avons pu tenir compte et que nous avons énumérés plus 
haut, il est susceptible peut-être de quelques réductions. Quoi 
qu'il en soit, il lave César du reproche d'exagération; et s'il 
témoigne hautement des immenses difficultés que les Romains 
eurent à vaincre devant Alesia, il prouve également que le siège 
de cotte ville n'était point au-dessus du courage, de la force et 
de l'opiniâtreté de ces immortels soldats. 

Personne ne se trompera sur le degré de confiance que nous 
accordons à nos résultats. 

Il serait ridicule de notre part de prétendre avoir donné l'esti- 
mation exacte du nombre des travailleurs employés par César; 
mais, quelles que soient les différences qui puissent exister entre 
les nombres trouvés et la réalité, nous pouvons cependant poser 
ces conclusions : 

En admettant que les trois fossés eussent existé dans les deux 
lignes, l'armée entière eût à peine été suffisante pour exécuter 
les terrassements seulement; 

En supposant que la contrevallation ait présenté sur toute son 
étendue les trois fossés, et que la circonvallation n'en ait eu 
qu'un seul, il eût fallu faire travailler la moitié de l'armée aux 
tranchées seulement pendant4oute la durée du blocus ; 

En faisant construire dans la plaine seulement les trois fossô$« 
et en ne donnant au reste des lignes qu'un fossé et le remiKirl» i) 
eût suffi d'employer comme terrassiers le tiers seul de rofte^Mif 
des légions. 

Cette dernière solution est la seule admissible; elle est con- 
forme à toutes les indications du texte : c'est celle que nous 
adoptons, en faisant observer que la partie des lignes qui régnait 



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• - 360 — 

sur los hauteurs put présenter bien des interruptions imposées 
par des accidents particuliers du sol. 

Notre conclusion nous semble de nature à ôtre prise en sé- 
rieuse considération dans la recherdie de remplacement d'Alesia. 



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LE MONT AUXOIS 

LETTRE A M. LE COLONEL SARRETTE 

Par M. liÉOM «AliliOTTI 

Capitaine d'Etal-Major, 
Proressear adjoint à l'Ecole impériale d'EUt-Major. 



0é«Bce do 14 ATrtl li 



Mon Colonel, 

Vous avez exprime le désir de connaître mon opinion sur rem- 
placement d*Alesia. C'est un devoir pour moi de vous donner 
satisfaction et de sortir de la réserve q^e m'imposaient Tautoritô 
et la haute position scientiûques des auteurs qui ont déjà tant 
combattu sur ce sujet. 

Je n*aborderai aujourd'hui que Texamen du mont Auxois, ré- 
servant l'étude des autres emplacements proposés. 

Si vous le permettez, je ne traiterai que des choses exclusive- 
ment de ma compétence, et, laissant de côté toutes les observa- 
tions archéologiques ou philologiques que l'érudition des adver- 
saires a entassées depuis plusieurs années et que vous connaissez 
mieux que moi, je ne vous parlerai qu'au point de vue topo- 
graphique et militaire. 

Le mont Auxois présente évidemment des rapprochements 
nombreux avec la position décrite dans les Commentaires^ et il 
serait téméraire de le nier. 



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— 362 — 

En admetiaDt Tune des hypothèses faites sur le point de départ 
des Romains, la position géographique d*Alise satisfait aux con- 
ditions imposées à la marche rétrograde de César, et sa consti- 
tution topographique oiïre une grande analogie avec la descrip- 
tion d'Alesia ; en outre, une double ligne de retranchements, 
mis ô jour par de laborieuses et intelligentes recherches, l'en- 
tourent d'une double ceinture. 

Ces analogies sont-elles cependant suffisantes pour affirmer 
ridentité des deux positions î Cela pourrait être si la critique ne 
trouvait à formuler aucune objection sérieuse, mais Tétude des 
lieux m*en a suggéré quelques-unes que je crois capitales. 

Ce sont ces objections que je vais vous présenter. 

Veuillez prendre le livre VII des Commentaires , si toutefois 
vous ne le savez déjà par cœur depuis longtemps, ainsi qu*une 
carte topographique du pays. 

César, vainqueur de la cavalerie gauloise, arrive sur les talons 
de Tenuemi devant l'oppidum oU Vercingétorix s'était réfugié. 
Jusqu'à ce moment il avait eu pour but de se porter sur la pro- 
vince romaine, pour la secourir contre les attaques dont elle était 
l'objet et pour se relier à sa base d'opérations ; mais le succès 
qu'il venait de remporter et la concentration de l'armée insur- 
rectionnelle dans Alesia lui font concevoir la pensée hardie d'as- 
siéger celle-ci et d'en finir à jamais avec les Gaulois, quel que 
soit le danger que les Romains puissent courir. Il examine la 
place, il reconnatt qu'elle est imprenable de vive force et qu'il 
est nécessaire de faire un siège en règle (ch. lxix). Il entreprend 
ce siège. 

Quel devait être le premier soin du général romain ? C'était, 
si je ne me trompe, d'investir la place, c'est-à-dire de couper ses 
communications avec l'extérieur, de l'empêcher de recevoir ni 
secours ni nouvelles de la Gaule, et, pour atteindre ce but, d'é- 
chelonner des troupes tout autour de Voppidum, Mais les forces 
de César sont relativement peu considérables, et chaque fraction 
du cordon d'investissement pouvant recevoir le choc de la masse 
entière de l'ennemi, il sera nécessaire de placer chacune d'elles 



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— 363 - 

dans une position forte par elle-même et garnie en outre d*ou- 
vrages fortiOés, suffisants pour permettre aux Romains de défier 
toute agression. 

César, devant le mont Auxois, devra donc placer son infanterie 
sur les crêtes des collines qui regardent la ville à une faible dis- 
tance : sa cavalerie battra la plaine ; puis, lorsque ses troupes 
s<Tont à l'abri d'une surprise, il fera relier entre eux les divers 
postes par une ligne continue qui deviendra sa contrevallation. 

Mesurons le développement que présenterait la ligne ainsi dé- 
terminée devant Alise. Nous trouvons environ 16 kilomètres. 
Reportons-nous au ch. lxix et nous lirons : 

€ Les travaux des Romains s'étendaient sur un circuit de 

onze mille pas (16 kilomètres environ) » La position satis- 

fuit donc jusqu'ici aux conditions imposées par le texte. 

Ces travaux termines, César, craignant une attaque des Gaulois 
soulevés pour venir aux secours de leurs compatriotes, fait exé- 
cuter une circonvallation de 21 kilomètres de développement 

(ch. LXXIV). 

Il nous sera facile de placer sur le terrain cette ligne de 21 ki- 
lomètres. 

Les deux lignes de César peuvent donc se concevoir facile- 
ment autour du mont Auxois. 

Les fouilles opérées depuis plusieurs années ont-elles révélé 
l'existence de ces lignes? Non. On a retrouvé deux fossés con- 
tinus et concentriques ; mais si l'un d'eux se maintient sur les 
hauteurs dans une partie de son parcours et mesure environ 
16 kilomètres, l'autre est intérieur et n'atteint qu'un développe- 
ment de onze kilomètres environ. De telle sorte que si ces ou- 
vrages étaient ceux de César, il faudrait admettre qu'après avoir 
construit sa première ligne, il resserra la place par un nouveau 
retranchement plus rapproché que le premier et tourné contre 
l'assiégé, tandis qu'il dit qu'après la construction de sa première 
enceinte, il en fit établir une contre les attaques du dehors 
(ch. Lxxiv). Enfin, les chiffres de 16 et 21 kilomètres, qu'il nous 
donne comme dimensions de ses deux tranchées, seraient sin- 



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— 364 - 

gulièrement exagérés, et nous devrions les remplacer par onze 
et seize kilomèjres. 

n 7 a ainsi, entre los faits et le texte, un désaccord qui ne me 
paraît pas admissible. 

Examinons maintenant la topographie du sol et l'importance 
militaire de ses diverses parties. 

Le sol environnant le mont Auxois se compose de deux parties 
parfaitement distinctes et d*un développement à peu près égal. 
Au sud et à Test existent, à une faible distance, des collines aux 
flancs rapides dont les crêtes égalent la hauteur de la place ; sé- 
parées seulement par les vallons étroits et escarpés de TOze et de 
rOserain, elles forment une excellente position de laquelle les 
Romains pouvaient surveiller tout ce qui se passait chez les as- 
siégés, en déûant leurs efforts et en interdisant toute tentative 
do fuite : au nord et à Touest, au contraire, régnent les plaines 
du Rabutin et des Laumos, dominées par le mont Auxois, dont 
les pentes sont de ce côté relativement douces et faciles ; la posi- 
tion de Tassiégeant sera donc faible et dangereuse de ce côté. 

Les attaques se composeront ainsi de deux parties d*un déve- 
loppement à peu près égal : Tune dominante et forte, Tautre 
dominée et faible. 

C'est donc sur cette seconde partie que se concentreront tous 
les soins et toute la vigilance do Tassiégeant ; c'est là qu'il pro- 
fitera du moindre avantage que la nature aura pu lui donner. Or, 
entre la plaine du Rabutin et celle des Laumes, et à peu de dis- 
tance du mont Auxois, se dresse un mamelon presque entière- 
ment isolé, c'est Réa : colline d'une altitude égale à celle de la 
ville ; poste d'observation d'où les regards peuvent plonger dans 
les vallées, observer à de grandes distances le terrain extérieur; 
citadelle naturelle placée entre les deux plaines qu'elle com- 
mande. 

Ne vous semble-t-il pas que César s'empressera de s'en em- 
|*arer, de la fortifier; qu'il profilera de la situation de Réa pour 
donner à la partie faible de ses lignes un point d'appui solide? 

Remarquez encore que si les autres collines sont couronnées 



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— 368 - 

par des plateaux très allongés et facilemeot accessibles du de- 
hors, Rûa est isolé et ne se rattache au plateau de Menétreux, 
qui lui fait face au nord, que par un col étroit. Tandis que la cir- 
convallation devra, pour interdire l'accès des camps romains, 
présenter sur la colline de Flavigny un développement de 
4,800 mètres environ, de 500 mètres sur Plevenel, de 2,500 mè- 
tres sur le plateau de Savoigny, il suffira de 100 mètres de tran- 
chée sur le col de Réa pour être garanti contre toute attaque 
extérieure de plain-pied. 

Réa n*est-il pas, au point de vue de la défense, comme il Test 
au point de vue de Tattaque, une position forte par excellence, 
difficilement abordable? Ne sera-ce point le réduit. Tara; de Tas- 
siégeant, surveillant et commandant, sur la moitié de son éten- 
due totale, rintervalle des deux ligues entre lesquelles il sera 
placé ? r4ésar négligera-t-il cette position? 

Cependant Réa n'est pas compris dans Tenceinte des lignes 
exhumées : toutes deux passent à son pied, le laissant en dehors; 
c'est à peine si la circonvallation en a gravi la pente à quelque 
dix mètres de hauteur, se plaçant ainsi dans une position d'infé- 
riorité excessivement dangereuse. N'est-ce pas une faute, et César 
l'eût-il commise? Il m'est difficile de le croire. 

Le ch. Lxxxiii nous apprend à la vérité que « au nord était une 
colline qu'on n'avait pu comprendre dans les lignes à cause de 
son étendue ; on avait été obligé d'établir le camp sur un terrain 
en pente et dans une position désavantageuse. » 

Peut-on appliquer ce passage à Réa? 

Pour renfermer ce mamelon dans la circonvallation, il eût suffi 
d'augmenter à peine do S kilomètres l'étendue de la ligne re- 
trouvée; et ce n'eût pas été un travail assez considérable pour 
faire reculer les soldats qui exécutèrent, d'après César, iOkilo- 
mètres au moins de retranchements, surtout quand il se fût agi 
d'une position si importante. En outre, le même chapitre nous 
apprend que l'armée de secours connut la position défectueuse 
des lignes au nord, par les gens du pays. Mais, des hauteurs 
de Venarey et de Mussy-la-Fosse, oU l'on est forcé de faire cam- 



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per Tàrmée de secours, cette position eût été visible à Toeil nu ; 
il n'y aurait eu besoin ni des gens du pays, ni des éclaireurs 
qu*on envoya en reconnaissance, pour.juger de la faiblesse d'une 
portion de lignes qui se fût développée sous les yeux de toute 
Tarmée. Enfin, les 60 mille hommes désignés pour Tattaque 
n'eussent point employé 10 heures au moins (ch. lxxxiii) pour 
parcourir les quatre kilomètres qui séparent Venarey de Réa. 

Malgré ces observations, supposons pour un moment que Réa 
soit la colline du nord dont parlent les Commentaires, et lisons 
le récit du dernier combat. 

Les ch. Lxxxiii h lxxxviii nous apprennent les faits suivants : 
Vergasillaune, avec 60 mille hommes de l'armée de secours, vient 
attaquer les retranchements du nord, tandis que la cavalerie de 
cette armée se développe dans la plaine et s'approche des lignes 
romaines ; l'armée elle-même se déploie à la tête de son camp. 
Vercingétorix aperçoit ces mouvements ; il descend attaquer la 
contrevallation dans la plaine. Devant cette double attaque, César 
prend un poste d'où sa vue embrasse toute l'action, pour envoyer 
des secours oh ils étaient nécessaires. Après une lutte acharnée, 
Vercingétorix, repoussé, rentre dans la place, puis en sort pour 
attaquer les ouvrages escarpés. César envoie Labienus aux re- 
tranchements du nord près de succomber, en lui ordonnant de 
faire une sortie contre l'ennemi s'il ne peut se défendre derrière 
le rempart; il lui enjoint cependant de n'user de ce moyen qu'à 
la dernière extrémité. César envoie Brutus, puis Fabius contre 
Vercingétorix et s'y porte enfm lui-môme ; il repousse son ad- 
versaire, et, informé que Labienus ne peut plus se soutenir, il va 
le rejoindre, en détachant hors des lignes une partie de sa ca- 
valerie pour faire une diversion sur les derrières de l'ennemi. 
Ce dernier mouvement, accompli sans que les Gaulois aient pu le 
soupçonner, amène la fin du combat et la reddition de la place. 

Appliquons ce récit aux lignes d'Alise. 

Vergasillaune, avec 60 mille hommes, occupe Réa et tombe sur 
les retranchements qui s'étendent au pied do cette colline. L'ar- 
mée de secours se déploie sur les hauteurs de Venarey et de 



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Mussy-la-Fosse , sa cavalerie descend dans la plaine des Laumes 
et vient se relier, par son aile gauche, au corps de Vergasillaune, 
en s'approchant des lignes romaines. Vercingétorix c du haut de 
la citadelle d*Alesia les aperçoit » (ch. lxxxiv] ; il descend en 
plaine et attaque les retranchements. 

Quelle partie des lignes supportera TelTort des assiégés? Toute 
cette partie qui règne au pied du mont Auxois, aux bords de 
rOze. Veroingétorix secondera Tassant extérieur. Les Romains 
seront donc pris entre deux attaques. 

Où se placera César? oU est ce poste d'oîi il embrassera toute 
Taction, d'où il pourra envoyer des secours avec discernement? 
Cène peut être qu'entre les deux lignes, entre les deux points 
menacés, sur les bords de TOze môme. César sera donc présent 
à la fois aux deux combats. Comment peut-il se faire qu'il envoie 
Labicnus à la colline du nord, avec des ordres qui témoignent de 
ses craintes, quand il est présent de sa personne au combat? 
Comment laisse-t-il son lieutenant juge de l'opportunité d'une 
sortie, puisque lui-môme est sur les lieux? 

Remarquez encore que Vercingétorix, repoussé, rentre dans 
la place et en sort de nouveau pour attaquer les retranchements 
escarpés, c'est-à-dire Plevenel. Croyez-vous que César va rester 
sur les bords de l'Oze, à quelques centaines de mètres de l'at- 
taque extérieure si dangereuse pour lui , et qu'il va attendre 
sans bouger que Vercingétorix ait parcouru les 4 kilomètres qui 
séparent la plaine des hauteurs de Plevenel? Pensez-vous que, 
sans s'inquiéter de Labienus, il enverra Brutus d'abord, Fabius 
ensuite combattre sur Plevenel, en leur faisant parcourir le long 
corridor formé par les lignes; qu'il s'y rendra lui-môme, en pas- 
sant devant Labienus sans le secourir, et qu'après avoir repoussé 
la seconde attaque de Vercingétorix, il reviendra sur ses pas, à 
son point de départ, soutenir enfin son lieutenant abandonné par 
lui pendant de longues heures si précieuses? 

Je no puis croire que telle eût été la conduite de César. Et 
comment concevoir ce passage du ch. lxxxviii : « les enne- 
mis qui, de la hauteur, voient César sur la pente avec ses co-* 



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— 368 — 

hortes.....t » Sur quelle ponte les Gaulois eussent-ils pu voir 
César parcourant Tintervalle des deux lignes, toutes deux tracées 
en plaine, à gauche comme à droite de Réa? 

Remarquez encore que lorsque César parle des retranche- 
ments attaqués par Vergasillaune, il le fait en ces termes : « nos 
forts supérieurs » (ch. lxxxiu), « les retranchements supérieurs » 
(ch. Lxxxv]. Cette épithète de supérieurs, donnée deux fois aux 
ouvrages menacés, peut-elle s*appliquer à cette partie de la 
ligne qui court en plaiîiê au pied de Réa ? 

Prenez également le ch. lxxxvii ; vous y verrez que Labienus, 
décidé à tenter une sortie, t rallie trente-neuf cohortes sorties 
des forts voisins et que le hasard lui présente. » 

Peut-on imaginer trente-neuf de nos bataillons errant et se 
trouvant par hasard dans la plaine et dans l'intérieur des lignes, 
à quelques portées de trait do Tattaque, sans que Labienus, ni 
César, qui vient de parcourir cette plaine, aient songé à leur don- 
ner des ordres? 

J'aurais encore d'autres objections à vous présenter, si je ne 
craignais d'être trop prolixe. La dimension des fossés retrouvés 
ne paraît pas s'accorder avec les indications du texte : le fossé 
extérieur aiïecte un profil triangulaire et ne paratt pas conforme 
au type d'Alesia. Quatre des fossés dont parle César existent, dit- 
on, dans la plaine des Laumes ; mais ne devaient-ils pas se re- 
trouver également dans celle du Rabutin, et d'ailleurs n'en 
a-t-on pas signalé d'analogues à Novalaise en Savoie? Les 
camps retrouvés sont ronds; ceux de César n'étaient-ils pas 
carrés? etc. 

Pour toutes ces raisons, je ne puis croire à l'identité des lignes 
d'Alise et de celles d'Alesia. 

Ces conclusions posées, et attribuant à un fait d'armes posté- 
rieur à César la construction des lignes d'Alise, je reviens à la 
première partie de cette lettre, dans laquelle je vous ai signalé 
non-seulement l'analogie topographique du sol avec la courte 
description des Commentaires, mais encore la possibilité de 
tracer autour du mont Auxois, et dans de bonnes conditions. 



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deux lignes de dimensions égales h celles qui nous sont indn 
quées par le texte. Il 7 a donc lieu de se demander si la position 
n*a pas subi deux sièges : celui auquel se Rapporteraient les fos- 
sés retrouvés, et celui conduit par César, et dont les tracés au- 
raient pu disparaître, sans qu*on pât arguer de cette disparition 
pour nier la possibilité du fait. 

Examinons la question. 

Une contrevallation établie près des crêtes des collines et à 
travers les plaines, en passant au pied de Kéa, eût été dans de 
bonnes conditions : elle pourrait être représentée par le fossé 
extérieur retrouvé do nos jours, et son développement eût atteint 
la longueur de onze mille pas exigée par l'histoire. 

Cherchons si cette ligne satisfera aux autres conditions égale- 
ment imposées. 

César nous dit que les fossés de la contrevallation étaient au 
nombre de trois : 

Un fossé ô parois verticales de 20 pieds de hauteur et de lar- 
geur ; deux fossés de 15 pieds de largeur et de profondeur. 

Le fossé intérieur, creusé dans une dépression du sol, était 
rempli d*eau tirée de la rivière au moyen d'une dérivation 

(Ch. LXXIl}. 

D'après les calculs que j'ai faits et dont je vous forai part à 
l'occasiocf, je crois que ces trois fossés ne pouvaient exister qu'en 
plaine; les nécessités de la défense et le texte même viennent 
corrobore^ celte opinion. Quoi qu'il en soit, les trois tranchées 
existaient au moins dans la plaine. On les a retrouvées, dit-on, 
dans la plaine des Laumes. 

Les fossés présenCaienl-ils un déblai de 20 et de 15 pieds de 
profondeur, ou bien les terres retirées de Texcavalion et retrous- 
sées sur les bords, étaiôni-elles soutenues verticalement par des 
claies ou des gazonnements, de manière a former une excavation 
totale de 20 et de 15 pieds, remblai et fouille compris? Ce point 
est en discussion. 

Admettons le dernier cas, le plus favorable à la cause d'Alise. 

Lé sol eût été creusé à 10 pieds de profondeur au moins 

24 



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- 370 - 

pour le grand fossé, à 8 pieds pour les autres. La plaine des 
Laumes, sauf un léger renflement peu allongé qui forme Tarn- 
patement do la pointe occidentale du mont Âuxois, présenté une 
surface plane. Le fond des fossés aurait donc atteint un niveau 
bien inférieur aux lits de TOze et de TOserain, qu'ils eussent 
coupés au pied de Réa et au pied de la colline de Flavigny. Les 
eaux de ces rivières se seraient écoulées naturellement dans les 
tranchées de circonvallation comme dans celles de contrevalla- 
tion. Comment ce fait aurait-il été signalé par C6sar comme 
applicable au fossé intérieur seulement? Cette désignation spé- 
ciale n*implique-t-olle pas Timpossibilité d*on faire autant pour 
les autres? Dans la plaine des Laumes, il eût fallu prendre des 
précautions pour empêcher l'irruption des eaux dans les tran- 
chées, tandis que César nous dit qu'on fit des travaux pour noyer 
l'un d'eux. 

Quelles que soient les lignes de contrevallation qu'on trace 
devant Alise, on ne peut éviter de passer à travers la plaine et 
par conséquent d'avoir tous les fossés noyés. N'y a-t il pas dans 
ce fait une impossibilité complète de reconnattre dans l'une 
d'elles la contrevallation romaine, qui n'avait qu'un seul fossé 
rempli d'eau ? 

Passons maintenant à la circonvallation. 

Une ligne de 21 kilomètres peut être tracée facilement, et dans 
de bonnes conditions, autour du mont Auxois. Quelles que soient 
les divergences d'opinion qui puissent se manifester sur les points 
précis de passage, cette ligne coupera en travers les plateaux 
de Flavigny, de Plevenel et de Savoigny ; dans l'autre moitié de 
son parcours, elle devra franchir le vallon du Rabutin et la plaine 
des Laumes. Si vous vous rappelez ce que j'ai dit plus haut sur 
les avantages de Réa, vous reconnattrez que la ligne doit ren- 
fermer ce mamelon dans son enceinte; cest d'ailleurs le seul 
moyen d'atteindre le développement de 21 kilomètres indiqué 
par César. La circonvallation devra môme couper le col qui sé- 
pare Réa du plateau de Menétreux, car l'étendre sur ce dernier 
serait l'allonger en diminuant sa force défensive. Beaucoup d'é- 



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- é^r - 

crivaios ont admis ce tracé et ont pensé que c'était précisément 
cette colline de Menétreux que César avait désignée comme trop 
étendue pour qu*on pût la comprendre dans les lignes; on a 
ajouté que la circonvallation passait alors sur le revers méridio- 
nal du plateau, au nord-est du village de Grésigny, et qu'elle se 
trouvait par suite dans les conditions défectueuses indiquées au 
récit du combat ûnal. 

On a cherché cette ligne, mais on ne Ta pas trouvée. Ceci 
n*est pas une preuve contre son existence passée ; cen'«st qu pn 
fait, mais il a néanmoins son importance. 

Admettons ce tracé, et voyons si le récit s'appliquera au ter- 
rain. L'attaque de Vergasillaune aurait donc eu lieu du haut du 
plateau de Menétreux sur les flancs du vallon du Rabutin ; celle 
de Vercingétorix dans la plaine des Laumes; César se serait 
placé sur Rca, admirablement posté, il est vrai, pour surveiller 
Tune et l'autre action. Mais l'objection faite précédemment se 
reproduit : aussitôt que Vercingétorix aurait été repoussé. César, 
voyant au-dessous de lui et à un kilomètre de distancée peine les 
efforts infructueux de Labienus, se fût porté au secours de son 
lieutenant, sans attendre l'attaque sur Plevenel; il n'eût pas' 
perdu de longues heures à envoyer des secours sur ce dernier 
point, à s'y porter lui-môme pour combattre Vercingétorix et 
enfin à revenir sur ses pas pour repousser Vergasillaune ; peut- 
être même, dès son premier succès, et sans rejoindre directe- 
ment Labienus, fût-il tombé directement sur le flanc de l'attaque 
qu'il redoutait à si juste titre. 

Le vallon du Rabutin a été désigné, en outre, comme ayant 
servi de passage au détachement de cavalerie chargé de la diver- 
sion, et c'est effectivement le seul qu'on puisse lui faire prendre. 
Mais si les Gaulois attaquaient des retranchements situés sur les 
flancs de Menétreux, ils dominaient le vallon : ils étaient 60 mille 
hommes, et c'est à peine si, depuis Réa jusqu'au Rabutin, la 
partie de ligne attaquable eût eu un kilomètre d'étendue ; 
les assaillants auraient donc occupé le fond du vallon môme. 
' Comment là cavalerie eût-elle passé inaperçue? 



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tl me paratt en conséquence difficile d'admettre que la circon^ 
vallation ait pu s*étendre sur le revers du plateau de Menétreux. 

Je ne puis croire d'ailleurs que la tranchée eût été ainsi tracée. 
Si Ton eût occupé le plateau de Savoigny ainsi que Réa, en aban- 
donnant le plateau de Menétreux, pourquoi rester sur les flancs 
de ce dernier, en se plaçant bénévolement dans une position dan- 
gereuse? N'était-il pas plus facile, plus prompt, plus logique de 
se diriger en droite ligne, depuis la pointe occidentale du plateau 
de Savoigny jusqu'à Béa, en passant au sud de Grésigny? César 
n'eût-il pas ainsi réduit l'étendue de sa ligne de défense, con- 
centré ses forces, diminué la fatigue de ses travailleurs, et sur- 
tout occupé une position solide au lieu d'une position faible et 
dangereuse? 

Je crois que la circonvallation eût passé au sud de Grésigny, 
parallèlement à l'Oze; mais alors ellen*eût offert aucun point 
faible de nature à justifier l'attaque : le- récit est inapplicable. 

Il me paraît donc impossible de tracer autour d'Alise des 
lignes qui puissent répondre aux exigences des Commentaires. 
Le mont Auxois ne pourrait donc avoir servi d'assiette à V oppi- 
dum d'Alesia. 

Je ne veux pas allonger outre mesure cette lettre, malgré les 
observations que je pourrais encore vous soumettre. Permettez- 
m'en une dernière. 

César dit que devant Alesia s'étendait une plaine de 4,500 mè- 
tres environ de longueur. On a pensé que la plaine des Laumes 
satisfaisait à cette description. Remarquons que César est un 
des écrivains les plus précis et les plus concis, que pas un mot 
de sa^iarration n'est inutile, que chacun d'eux a sa valeur 
propre. Ce mot longueur n'indique-t-il pas que la plaine était 
plus étendue dans un sens que dans l'autre, et sa plus grande 
dimension n*était-elle pas de 4,500 mètres? Si cela est, il sera 
difficile de trouver cette mesure dans la plaine des Lamnes, assez 
irrégulièrement dessinée. Cependant, si on prend la distance 
qui sépare le pied du n^ont Auiois du village des Granges, à peu 
près de l'est à l'ouest de la plaine, où trouva 4^500 mètres. Cela 



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— 373 — 

est certain; mais n'y a-t-il pas liou, avant de conclure àTidentité, 
de se demander pourquoi César a donné ce chiffre ? 

Ce n'est guère l'habitude de cet historien d'écrire des mots inu- 
tiles, et remarquez bien qu'il ne se contente pas de donner cette 
longueur une fois, il la répète jusqu'à trois fois (ch. lxix, lxx, 
et Lxxix). 

Quelle est donc Tintention de l'auteur en faisant cette répé- 
tition? 

Alesia était entourée de collines aussi élevées que la place 
môme, sauf d'un seul côté oU régnait une plaine. L'assiégé no 
pouvait guère effectuer ses sorties du côté des hauteurs que l'as- 
siégeant couronnait , protégé par la rapidité et l'élévation des 
pentes : la plaine seule, dominée par la place, présentait un 
accès facile aux défenseurs ; c'est du côté de la plaine que les 
sorties pouvaient avoir chance de succès ; c'est dans la plaine 
qu'ont dû se livrer tous, les combats, et le récit du siège en fait 
foi ; c'est dans cotte plaine que les Romains seront faibles et 
qu'ils devront se mettre à l'abri derrière les fortifications les plus 
redoutables. 

N'est-il pas intéressant, je dirai môme indispensable, de con- 
nattre l'étendue de cette plaine sur le front des ouvrages des as- 
siégeants ? 

Les lecteurs pourront alors se rendre compte de l'importance 
des travaux de siège, de l'étendue considérable de la ligne de 
défense, de la facilité donnée aux assiégés de développer la masse 
entière de leurs forces; ils comprendront l'étendue du péril 
couru par les assiégeants, et apprécieront la grandeur des efforts 
qu'il leur fallut faire. 

Si telle fut l'intention de César, il faut mesurer la plaine dans 
le sens des lignes romaines; c'est dans cette direction que se 
trouve sa longueur, parallèlement à peu près aux murs de la 
place. Cette hypothèse peut être justifiée. 

Prenez le ch. lxxix : vous verrez que l'armée de secours arri- 
vant devant Alesia se porte sur une colline extérieure qui borde 
la plaine à 1 ,500 mètres des retranchements romains. Le lende» 



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— 37* — 

main, elle fait sortir sa cavalerie et en couvre t cette plaine 
de 3,000 pas de longueur. » 

Ne voit-on pas, dans ces quelques mots, la plaine s*allongeant 
entre les deux armées : champ de bataille de 3,000 pas (4,500 m.) 
do longueur, et dont la largeur (en comprenant les pentes de la 
colline) est de 1,500 mètres. La longueur de la plaine est dono 
mesurée dans le sens de la direction des lignes romaines ; ces 
lignes ont coupé la plaine dans sa largeur, puisque la longueur 
est la même avant comme après leur exécution. L'historien pa- 
raît même tenir à le constater, puisqu'il répète son chiffre pour 
la troisième fois. 

Nous ne devons donc pas mesurer la plaine des Laumes du 
mont Auxois aux Granges, mais perpendiculairement à cette di- 
rection, du nord au sud, du pied de Réa au pied de la colline de 
Flavigny; et au lieu de 4,500 mètres nous trouvons 2,000 mètres! 

La plaine des Laumes n'est donc pas la plaine d'Âlesia. 

Une autre opinion pourrait se produire. Les deux plaines du 
Rabulin et des Laumes pourraient être considérées comme n'en 
faisant qu'une seule, dont la longueur, mesurée circulairement 
autour d'Alise, serait à peu près égale à celle indiquée par le 
texte. 

On pourrait penser que c'est là cette plaine dont parle César, 
et que les fossés retrouvés appartenaient à la contrevallation, 
tandis que la circonvallation eût disparu. 

Je m'étonnerais alors que César n'ait pas dit un mot de la ri- 
vière do rOze qui eût couvert ses lignes du Rabutin, et qu'il eût 
dit au contraire qu'il dériva la rivière pour en amener l'eau 
dans un de ses fossés. 

Remarquez encore que s'il eût omis de nous parler de cette 
rivière, il l'eût cependant considérée comme un obstacle assez 
fort pour remplacer en face du Rabutin le grand fossé de 20 pieds 
qu'il établit pour protéger ses travailleurs, et dont on ne trouve 
nulle trace de ce côté. 

Comment ne dit-il pas un mot de la Brenne, qui eût coulé 
devant sa circpnvallation, entre l'armée de secours et ses ou- 



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— 375 — 

vrages, et dont Timportance est inGniment plus grande que 
celle de TOze? 

Enfln , lisons le ch. lxxix et reraarquons-y ces mots : 

« l'armée de secours fait sortir sa cavalerie et en couvre 

cette plaine de 3,000 pas de longueur... » 

Comment cette armée, placée à Venarey, eût elle pu couvrir 
de sa cavalerie la plaine du Rabutin coupée par les lignes ro- 
maines, et dont elle était séparée par la position de Réa que César 
aurait occupée? 

Il est donc impossible, en considérant les deux plaines comme 
n'en formant qu'une seule, de retrouver la plaine d'Alesia. 

Je termine en disant que, sans tenir compte des arguments 
invoqués déjà contre Alise à d'autres points de vue, les objec* 
tious que je viens de vous exposer me semblent de nature à en- 
lever au mont Auxois l'héritage d'Alesia. 

Veuillez agréer, mon Colonel, l'expression de mes sentiments 
les plus respectueux. 

LfioN Gallotti. 
Paris^ le l**" mars 1866. 



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— 376 ~ 



OBJETS DIVERS. 



DONS 

tmîUt à U ••elélé ei^ i9W. 



Fer Soif Exe. M. le Ministre de l'Instruction publique, 

400 francs; 
Par le Conseil général du département bu Doubs, 200 francs; 
Par le Conseil municipal de Besançon, 600 francs; 
Par M. H. Lyautet, général de division d'artillerie, sénateur, 

200 fl-ancs. 

Par Son Exc. M. le Ministre de l'Instruction publique, 
Mémoires lus à la Sorbonne dans les séances extraordinaires 
du Comité impérial des travaux historiques et des Sociétés 
savantes, tenues les 30, 31 mars et 1*' avril 1864, histoire et 
archéologie, 2 vol. in-8®; 

Discours prononcé par Son Excellence à la réunion des So- 
ciétés savantes, le 22 avril 1865, in-4* ; 

Revue des Sociétés savantes des départements, 4* série, t 1, 
mai-juin 1865; t. II, juillet-août 4865 ; 

Rapport fait à l'Académie des Inscriptions et belles-lettres 
au nom de la Commission des antiquités de la France, par 
M. B. Hauréau, le 7 juillet 1865, in-4o; 

Par M. le Préfet du Doubs, au nom du département. Carte 
géologique du Doubs, de MM. Boyé et Résal, avec texte expli- 
catif de M. Résal. 



Par MM. 

Laurens (Paul), membre résidant, son Annuaire du Doubs et 
de la Franche-Comté pour 1865, in-8' ; 



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— 377 — 

RiNAUD (François), membre résidant, sa brochure intitulée : 
I^cin et x>iande, son Supplément à la note sur les banques, 
deux broch. in-8® ; 

Castàn (Auguste), membre résidant, sa Notice sur Hugolin 
F'olain, sa Notice swr l'hôpital du Saint-Esprit de Besançon, 
son Etude sur le Proissart de Saint-Vincent de Besançon, trois 
broch. in-8**; 

Lk Société des bibliothèqubs commuiVjlles du Hadt-Rhih, le 
Compte-rendu de sa première séance annuelle (3 novemb. 1864], 
br. in-8<>; 

Pécoul (Auguste], membre correspondant, Positions des thèses 
soutenues par les élèves de l'Ecole des Chartes de la promotion 
1861-4864 powr obtenir le diplôme d' archiviste-paléographe, 
br. in-8o; 

Sire (Georges) , membre résidant, son Mémoire sur la ques- 
tion du titre et du contrôle, couronné par le gouvernement de 
Neuchâtel, 1 vol. in-8» ; 

Meillit, membre correspondant, Congrès scientifique de 
France, 28* session, tenue à Bordeaux en septembre 1861, 
5 vol. in-8^; Questiones Pétri de Aylllaco super libros senten- 
tiarum, in-8**, golh., xv* siècle; 

Màrcou (Jules), membre correspondant, ses Lettres sur les 
roches du Jura, ses Réponses aux critiques de M, James D. Dana 
sur la géologie de l'Amérique du Nord, ses Annotations sur la 
faune primitive et le système laconique de M. Joachim Bar- 
raude, sa Lettre à M. J Barraude sur les roches laconiques du 
Vermont et du Canada , sa Reconnaissance géologique au Ne- 
braska, sa Notice sur les gisements des lentilles laconiques de 
la Pointe-Lévis (Canada), 1 vol. et 5 br. in-8**; 

Ordinaire de la Colongb, membre correspondant, sa bro- 
chure intitulée : Etat ancien et présent des eaux de Bordeaux, 
in-8»; 

Vivien de Saint-Martin, membre correspondant, son Année 
géographique, t. III, ^865, in-(2; 

Jacgard (Auguste), membre correspondant, Etude géologique 



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— 380 — 

Cartulaire de (^église d'Autun, publié par M. A. de Charmasse, 
sous les auspices de la Société Ëduenne; 

Mémoires de la Commission d'archéologie de la Haute-Saône, 
t. 4; 

A nnales de la Société d'Emulation du département des Vosges, 
t. Il, 1863, 3'' cahier; 

Bulletin de la Société d'horticulture pratique du Rhône, 
1865, n*»« 3-5; 

Mémoires de l'Académie de Besançon, 1864, 2* partie; 

Mémoires et documents publiés par la Société d'histoire et 
d'archéologie de Genève, t. 1 5 ; 

Bulletin de la Société industrielle d'Angers et du département 
de Maine-et-Loire, année 1864; 

Société agricole, scientifique et littéraire des Pyrénées-Orien- 
tales, t. 13; 

Mémoires de la Société d'Emulation de Montbéliard, 2* série, 
t. 1,pp. 127-402; 

Société académique des sciences, arts, belles- lettres, agricul- 
ture et industrie de Saint-Quentin, 3« série, t. 5. 1863-1864; 

Société d'encouragement pour l'industrie nationale, séaace 
du 14 juin 1865; 

Bulletin de la Société archéologique de l'Orléanais, n' 47, 
1865, l*»- trimestre ; 

Annales de la Société historique et archéologique de Châtéat^ 
Thierry, année 1864; 

Société de secou/rs des Amis des sciences, compte-rendu de la 
8" séance publique annuelle, 4 mai 1865; 

Bulletin de la Société des sciences naturelles de Colmar, 
5* année, 1864; 

Mémoires de la Société d'Emulation du Jura, année 1865. 



EnToi de TAcadémie royale das sciences de BaTièra. 

Observationes astronomicœ in spécula regia Monacensi insti- 
tutœ, èdit. J. Soldner et J. Lamont, 1. 1-14, Monachii, 1880-1844, 
ïn-4^ 



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Ânnaten der kœniglichen Stemwarte bey Mûnchen, heraus" 
gegeben von J. Lamont (Annales de V Observatoire royal de 
Munich, publiées par J. Lamont), 1-14, Munclien, 1848-65, in 8*; 

Supplementbandes zu den Annalen der Mûnchener Stemwarte, 
von J. Soldner et J. Lamont (Suppléments aux Annales de l'Ob- 
servatoire royal de Munich, par J. Soldner et J. Lamont), Mûn- 
chen, 185M863, in-8*; 

Magnetische Orbestimmungen an verschiedenen Puncten des 
KœnigreisChs Bayem und an einigen auswœrtigen Stationen, 
von J. Lamont (Courants magnétiques sur divers points du 
royaume de Bavière et sur quelques stations de l'étranger, par 
J. Lamont), 4-2, Mûnchen, 4854-4856, in-S'*; 

Vntersuchungen iiber die Richtung und Stœrke des Erdma- 
gnetismv^ an verschiedenen Puncten des Siidwestliohen Europa, 
von J. Lamont (Recherches sur la direction et la force du ma- 
gnétisme terrestre en divers points du sud-ouest de l'Europe, 
par J. Lamont), Mûnchen, 4858, in^*"; 

Vntersuchungen iiber die Richtung und Stœrke des Erdma- 
gnîtismus in Nord-Deutschland, Belgien, Holland, Dœnmark, 
von J. Lamont (Recherches sur la direction et la force du ma- 
gnétisme terrestre dans l'Allemagne du nord, la Belgique, la 
Hollande et le Danemark, par J. Lamont), Mûnchen, 4859, in4*; 

Magnetische Karten von Deutschland und Bayern, von J. La- 
mont (Cartes magnétiques de l'Allemagne et de la Bavière, par 
J. Lamont), Mûnchen, 4854, in fol. 

Sitzungsberiehte der kœnigl. bayer, Akademie der Wisser^s- 
chafften zu Mûnohen (Comptes-rendus des séances de l'Académie 
royale des sciences de Bavière, à Ètunich), 4-42, Mûnchen, 
4860-4865, in-8^ 

Entstehung und Begriff der naturhistorischen Art, von Cari 
N®geh (Principe et marche de la science de l'histoire naturelle, 
par Cari Nœgeli), Mûnchen, 4865, in- 4*; 

Induction und Déduction, von Jnstus von Liebig (Induction 
et déduction, par Just de Liebig), Mûnchen, 4865, rn-8^. 



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- 384 — 

MM. 

Arbbt, négociant, Grande-Rue, 55. — 1861. 

Arnal, économe du lycée. — 1858. 

Arthaud, peintre, Grande-Rue, 140. — 1851. 

D*AoBONNB, Alfred, rentier, aux Chaprais (banlieue). — 1858. 

Baillt (fabbé), maître des cérémonies do la cathédrale. — 1865. 

Baigub, entrepreneur, rue des Boucheries, 33. — 1859. 

Barbadd, Auguste, adjoint au maire, rue Saint-Vincent, 43. — 

1857. 
Barbaud, Charles, négociant, rue Neuve-St-Pierre, 15. -* 186î. 
Bataille, horloger, rue des Chambrettes, 15. — 1841 . 
Baulibr, négociant, rue des Chambrettes, 11. — 1863. 

* Bavoux, Vital, second commis à la direction des douanes. — 

1853. 
Bbllair, médecin-vétérinaire, rue de la Bouteille, 7. — 1865. 
Bblot, essayeur du commerce, rue de TArsenal, 9. — 1855. 
Berthelin , Charles, ingénieur en chef des ponts et chaussées, 

rue de Glères, 23. — 1858. 
Bbrtin, négociant, aux Chaprais (banlieue). — 1863. 

* Bertrand, docteur en médecine, rue de TËcole, 10. — 1855. 
Besson, avoué, place Saint-Pierre, 17. — 1855. 

BiAL, Paul, capitaine, professeur à Técole d'artillerie , rue Mo^ 
rand, 1. — 1858. 

Blondeau, Charles, entrepreneur de menuiserie, rue Saint-Paul, 
57. — 1845. 

Blondeau, Léon, entrepreneur de charpenterie, rue de la Cas- 
sette (banlieue). — 1845. 

Blondon, docteur en médecine, place Saint-Pierre, 4. — 1851. 

BouLLET, proviseur du lycée. — 1863. 

BouRCHERiETTE dit PouRCBERESSE, peintre en bâtiments, rue des 
Chambrettes, 8. — 1859. 

BouRDT, Pierre, essayeur du commerce, rue de l'Arsenal, 9. — 
1862. 

BovROoif , président honoraire à la Coût furpéritile, rue du Cha^ 
pitre, 4. — 1865. 



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-388- 

MM. 

BouTTBTt Paul, fabricant d*horIogerie, ruo MonCoy, 12. — 48Ôd. 

BoTSsoN d'Bcolb, receveur gôoéral des finances, rue de la Pré- 
fecture, M. — 4852. 

Brbtbgnibr, notaire, rue Saint-Vincent, 22. «- 1857. 

Brbtillot, Eugène, propriétaire, rue des Granges, 46. — 4840. 

BiBTiLLOT, Léon, banquier, ancien maire de la ville, rue de la 
Préfecture, 24.-4853. 

Brbtillot, Maurice, propriétaire, rue de la Préfecture, 24. -« 
4857. 

Brbtillot, Paul, propriétaire, rue de la Préfecture, 24. —> 4857. 

Bruchon, professeur à TEcole de médecine, rue des Granges, 46. 
— 4860. 

Brugnoh, ancien notaire, rue de la Préfecture, 42. — 4865. 

Brdnswick, Léon, fabric. d*horlog., Grande-Rue, 28. — 4859. 

DB Bdssibrrb, Jules, conseiller à la Cour impériale, président 
honoraire de la Société d'agriculture, rue du Clos, 33. — 4857. 

Cahbl, chef de bureau à la préfecture, rue de Glères, 23. — 
4862. 

Carlbt, Joseph, ingénieur, rue Neuve, 43. — 4858. 

Càstan, Auguste, archiviste et bibliothécaire adjoint de la ville, 
rue Saint-Paul, 3. — 4856 

Chaix-Bourbon, Auguste, peintre, rue de l'Arsenal, 7. — 4862. 

Chanoit, François, ingénieur civil, rue de la Préfecture, 11.— 
1856. 

Chapot, dessinateur, rue des Granges, 75. — 1853. 

DB Charbonubt, Hilaire, ancien élève de l'Ecole polytechnique, 
rue du Perron, 20. — 1856. 

Chaovblot, professeur d'arboriculture, rue de la Cassette (ban- 
lieue).— 4858. 

Chbyillibt, professeur de mathém. spéciales au lycée. — 1857* 

Clbrc, Edouard, banquier, Grande-Rue, 49* — » 1840. 

Clbrg DB Landrbssb, avocat et maire de la ville, rue de la Pré* 
fecture, 14. — 1855. 

S5 



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- 386 — 

MM. 
Bi CoNiGLUNO (le marquis] , chambellaQ de l'Empereur, député 

du Doubs. — 4867. 
Constantin, préparateur d'histoire naturelle à la Faculté des 

sciences, rue Ronchaux, 22. — 4854. 
CoRNUTT, conducteur des ponts et chaussées, Grande-Rue, 429. 

— 4856. 
CouLON, avocat, rue des Granges, 68 — 4856. 
CouiLBT, proviseur de lycée en retraite, rue Ronchaux, 44 . — 

4863. 
CouRLBT BB Vrbgillb, chof d'oscadrou d'artillerie en retraite, 

rue Neuve, 42.-4844. 
CouTENOT, professeur à l'Ecole de médecine, médecin en chef de 

l'hospice, Grande-Rue, 44. — 4854. 
CuBNiN, Edm., pharmacien, rue des Grnnges, 40. — 4863. 
Daclin (le baron], juge au tribunal de première instance, membre 

du Conseil général, rue de la Préfecture, 23. — 4861^. 
Darçot, employé d'imprimerie, Grande-Rue, 49. — 4864. 
Daval, Aug., avoué, rue des Granges, 47. — 4859. 
David, notaire, Grande-Rue, 407. — 4858. 
DiGouHOis, Ch., directeur d'usine; la Butte (banlieue). — 4862. 
Delacroix, Alphonse, architecte de la ville. — 4840. 
Delacroix, Emile, professeur à l'Ecole de médecine, inspecteur 

des eaux de Luxeuil, rue de Chartres, 6. — 4840. 
DiLAVBLLB, notaire, Grande-Rue, 39. — 4856. 
Détrbt, lust, banquier, Grande-Rue, 96. — 4857. 
Di<TRiCH, Bernard, négociant, Grande-Rue, 73. — 4859. 
DoDivBRS, Félix, imprimeur, Grande-Rue, 42. — 4854. 
DoNZBLOT, colonel en retraite, rue de la Préfecture, 48. — 4857. 
Ducat, Alfred, architecte, rue Saint-Pierre, 49. — 4853. 
DuNOD DE Chaenagb, avocat, rue de la Bouteille, 4. — 4863. 
DuRET, géomètre, rue Neuve, 28. — 4858. 
n'BsTOGQuois , Théodore, professeur à la Faculté des sciences, 

rue du Chapitre, 9. — 4854 . 
Ethis, Edmond, propriétaire, Grande-Rue, 94. — 4860. 



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Ethis, Ernest, propriétaire, Grande-Rue, 94. ^- 4855. 
Ethis, Léon, sous-inspecteur des forêts, Grande-Rue, 94. — * 

1862. 
Faivie, Adolphe, docteur en médecine, rue du Lycée, 44. -^ 

4862. 
Faucohpré, chef d'escadron d'artillerie en retraite et agriculteur, 

rue du Lycée, 6. — 4855. 
Psaniim, Louis, fabricant d'horlogerie, président du conseil des 

prud'hommes, rqe Ronchaux, 3. — 4859. 
FsoYRm (l'abbé), professeur à Saint-François-Xavier, rue des 

Bains-du^Pontot, 4. — 4856. 
FiTSCH, Léon, entrepreneur de maçonnerie, rue des Hartelots, 8. 

— 4865. 

Flâgbt, Camille, ingénieur civil, Grande-Rue, 63. — 4865. 

FoiK, agent principal d'assurances, place St-Pierre, 6. — 4865. 

Foum, Auguste, mécanicien, rue de l'Arsenal, 9. — 4862. 

DB FaiGUiBR (le baron Armand), président de la Société des 
Amis des Beaux-Arts, Grande-Rue, 409. — 4864. 

Frakcb, Désiré, membre du Conseil d'arrondissement de Besan- 
çon, Grande-Rue, 53. — 4865. 

Gaodot, médecin; Saint-Ferjeux (banlieue). — 4864. 

Gacffbb, recev, principal des postes, Grande-Rue, 400. — 4862. 

Gaothbbot, Edouard, entrepreneur de menuiserie, rue Horand. 

— 4865. 

Gêbab», banquier, ancien adjoint au maire, Grande-Rue, 68. — 
4854. 

GtRàBD, professeur de philosophie au lycée, rue de la Préfec- 
ture, 40. — 4865. 

GiBÂBDOT, Régis, banquier, ruo Saint-Vincent, 45. — 4857. 

OimoD, Achille, propriétaire; Saint-Claude (banlieue). — 4856. 

GiBOD, avoué, rue des Granges, 62. — 4856. 

GiBOD, Victor, président de la Société de secours mutuels, 
Grande-Rue, 70. — 4859. 

Glorgst, Pierre, huissier, Gran4e-Rue, 58.<** 4859, 



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-386 — 

MM. 

GouiLLàUD, professeur à la Faculté des sciences, rue Saint- 
Vincent, 3.— 4851. 
Grand, Charles, directeur de Tenregistrement et des domaines; 

BeauYdis (Oise). — 4852. 
Grakgé, pharmacien, rue des Granges, 20. — 4859. 
Grucibr, Charles, professeur à la Faculté des sciences et à 

l'Ecole de médecine, Grande-Rue, 406. — 4840. 
Grosjban, bijoutier, rue des Granges, 24. — 4859. 
GuBNARD, bibliothécaire honoraire, rue du Perron, 3. — 4856. 
GuiRRiif, avocat, Grande-Rue, 74. — 4855. 
Guichârd, Albert, pharmacien, rue d'Anvers, 4. — 4853. 
GniLLBHiN, ingénieur-constr.; Casamène (banlieue). — 4840. 
Haldy, fabricant d'horlogerie, rue du Clos-Saint-Paul, 4 &w. — 

4859. 
HoRT, propriétaire, rue de Glôres, 47. — 4854. 
UuART, recteur d'Académie en retraite, rue de la Préfecture, 43. 

— 4840. 
Jacquard, Albert, banquier, rue des Granges, 21 . — 4852. 
J ACQUIS, docteur en médecine, rue du Clos, 32. — 4857. 
Jeanningros, pharmacien, place Saint-Pierre, 6. —4864. 
DB JouFPROY (le comte Joseph), propriétaire, au château d*Ab- 

bans-Dessus et à Besançon, rue Neuve, 9. — 4853. 
Lambbrt, ingénieur civil; Yujllafans (Doubs). — * 4857. 
Lahy, avocat, rue des Granges, 44. — 4855. 
Lancrbnon, conservateur du Musée et directeur de l'Ecole de 

dessin, correspondant de l'Institut, rue de la Bouteille, 9. — 

4859. 
Laudbt, conducteur des ponts et chaussées, rue Saint-Jean, 9.— 

4854. 
Laurbns, Paul, président de la Société d'agriculture du Doubs, 

rue Saint-Vincent, 22. — 4854. 
Lbbon, Eugène, professeur à l'Ecole de médecine, Grande-Roe, 

88.-4855. 
LfiPAGNBY, François, horticulteur; la Butte (banlieue). ^^ 4857. 



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— 389 — 
MM. 

Lhohmb, anciea notaire, rue du Clos» 9. — 1864. 

LiBFFROT, Aimé, propriétaire, rue Neuve, 5. — 4861. 

DB LiifiBRs, général de division, rue Saint-Vincent, 27. ^4861. 

LoiGHOT, Eugène, négociant, Grande-Rue, 50. — 4864. 

DB LoNGBviLu, propriétaire, rue Neuve, 7. — 4855. 

LouvoT, Arlh., ancien avoué, rue du Lycée, 6. — 4858. 

LouvoT, Hub.-Nic, notaire, Grande-Rue, 435. — 1860. 

LoMiÈRiy Antoine, photographe, rue du Chateur, 5. — 1865. 

Ltautbt, général de division d'artillerie, sénateur; Paris, rue 

delaChaise, 24. — 1855. 
Hachard, viticulteur. Grande- Rue, 44. — 1858. 
Haibb, ingénieur des ponts et chauss., rue Neuve, 15. — 4851. 
Mairot, Félix, président du tribunal de commerce, rue de la 

Préfecture, 47. — 4857. 
Mairot, entrepreneur de charpenterie, rue Morand, 4. — 1865. 
Haldinet, entrepreneur de charpenterie, abbaye Saint-Paul. — • 

4865. 
Harchal, Georges, essayeur du commerce, rue des Chambrettes, 

5. — 1860. 
Marion, mécanicien; Casamène (banlieue). — 1857. 
Marlet, Adolphe, secrétaire général de la préfecture de la 

Haute-Saône. —1852. 
Marqub, Hector, propriétaire, ancien élève de TEcole poly- 
technique; Poligny (Jura). — 1851. 
Mathieu (M^^, Césaire, cardinal-archevêque. — 1862. 
Mathiot, Joseph, avocat, rue du Chateur, 20. — 1851. 
Mazoyhie, ancien notaire, rue des Chambrettes, 12. — 1840. 
Messblbt, Séb., vétérinaire, rue Battant, 45. — 1841. 
MiCAUD , Jules , directeur en retraite de la succursale de la 

Banque, rue des Granges, 38. — 1855. 
Michel, Brice, décorateur des promenades de la ville; Fontaine- 

£cu (banlieue). — 1865. 
MoNiN , Henri, professeur d'histoire h la Faculté des lettres, rue 

Saint-Jean, 2. — 1865. 



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— 390 — 

MM. 

MoiufOT, Théodose, docteur en médecine, Grande-Rue, 79. ~ 

4 856. 
MoRiL, Ernest, docteur en médecine, rue Moncey, 42. — 4863. 
MonniLLi, Alfred, banquier, rue de la Préfecture, 31. — 4856. 
MuHiiR, Aug., propriétaire, rue des Chambrettes, 40. — 4857. 
NoiRBT, voyer de la ville, rue de la Madeleine, 49. —* 4855. 
d'Oriyal, Léon, propriétaire, rue du Clos, 22. — 4854. 
D*OiiVAL, Paul, conseiller à la Cour impériale, Grande-Rue, 72. 

— 4852. 

OuDBT, avocat, rue Moncey, 2. — 4855. 
Outhinin-Chalàndri, fabricant de papier et imprimeur, rue des 

Granges, 23.-4843. 
OuTHiifiif-CHALÀifDRi, Josoph, Grando-Rue, 68. — 4856. 
Pàillot, Justin, naturaliste, rue d'Anvers, 43. — 4857. 
Paihchaux, Francisque, architecte, rue Neuve, 48. — 4859. 
PiRCBROT, architecte, rue du Chateur, 25. — 4844. 
Périard, docteur en médecine, rue du Clos-St-Paul, 6. — 4864. 
PiRRBT père, entrepreneur de menuiserie, rue du Lycée, 45. — 

4865. 
PiRRBT fils, entrepreneur de menuiserie, rue du Lycée, 45. — 

4865. 
Pétet, chirurgien-dentiste, Grande-Rue, 70. — 4842. 
PiTiTHOGuiNiN, notaire, rue de la Préfecture, 42. — 4857. 
PiGUBT, Emm., fabric. d'horlogerie, place St-Pierre, 9. — 4856. 
PoiGNANB, premier avocat général, rue des Granges, 38. 

— 4856. 

PoiGNAifi), médecin-vétérinaire, Grande-Rue, 64. — 4855. 

PoRTBRBT, propriétaire, Grande-Rue, 409. — 4857. 

PouRCT DB LusANS, doctour en médecine , rue de la Préfecture, 

23. — 4840. 
Proudhon, Camille, conseiller à la Cour impériale, Grande-Rue, 

429.-4856. 
Proudhon, Léon, adjoint au maire de la ville, rue de la Préfec- 

fecture, 25.-4856. 



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— 39< — 

MM. 
Racike, Louis, négociant, rue Battant, 7. — 4857. 
RàciHE, Pierre, négociant, rue Battant, 7. — 1859. 
Raciki, Pierre-Joseph, avoué» rue du Clos, 16. — 1856. 
Rayibi, Franç.-Joseph, ancien avoué; Saint-Claude (banlieue}. 

— 1858. 

Reboul, prof, à la Faculté des sciences, rue Neuve, 18. — 1861. 
Rbhaud, Franc., négociant, abbaye Saint-Paul. — 1859. 
Rbhaud, Louis, ancien pharmacien, rue d* Anvers, 4. ^ 1854. 
RBifAUD, Victor, comptable de la caisse d'épargne , rue de la 

Préfecture, 16. — 1855. 
RBTKÂUihDuctEOx» professeur à l'Ecole d'artillerie, rue Ronchaux, 

%2. — 1840. 
Righâedet, X , fabric. d'horlogerie, Grande-Rue, 54. — 1859. 
RiTH, Arth., docteur en médec, rue du Chateur, 16. — 1860. 
RoBLOT, imprimeur, rue du Clos, 31 . — 1863. 
RoLLOT, contrôleur des contributions indirectes en retraite ; les 

Chapraîs (banlieue). — 1846. 
Saixt-Eyb, Charles, entrepreneur de serrurerie, place Granvelle. 

— 1865. 
Sàiwt-Evb, Louis, fondeur en métaux, rue de Chartres, 8. — 

1852. 
DE Saihte-Agàthe, Louis, président de la Chambre de commerce, 

Grande-Rue, 42. — 1851. 
Sanget, Louis, employé au bureau central de la compagnie des 

forges de Franche-Comté; Montjoux (banlieue). — 1855. 
Sabrazin fils, propriétaire de mines; Laissey (Doubs). — 1862. 
ScHALLEB, vérificateur-adjoint des poids et mesures, rue Neuve, 

9. — 1851. 
SicARD, Honoré, négociant, rue de la Préfecture. 4. — 1859. 
SiLVAHT, rentier, Grande-Rue, 44. — 1860. 
Sire, Georges, directeur de l'Ecole d'horlogerie, rue Saint- 
Antoine, 6. — 1847. 
SocDRE, André, contrôleur de la garantie, rue do l'Arsenal, 9. 

— 1865. 



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— 392 — 

MM. 

Taillbur, teinturier, rue d'Arènes, 33. — 1858. 

iHifiBAUD, chanoine, Grande-Rue, 442. — 1855. 

TouRNiBR, Justin^ propriétaire, Grande-Rue, 42. — 4855. 

Trayelit, essayeur de la garantie, rue St-Vincent, 53. — 4854* 

TafiHOLiÈRcs, Jules, avocat, rue Saint-Vincent, 22. — 4840. 

TancHBLUT, photographe, rue de l'Arsenal, 7. — 4854. 

Vàllubt, lithographe, rue de Glères, 24. — 4864. 

Varàignb, Charles, premier commis à la direction des contribu- 
tions indirectes, rue Saint-Vincent, 48. — 4856. 

Vauchbrbt, capitaine d'artill. ; les Chaprais (banlieue). — 4857. 

Vbil-Picàrd, Adolphe, propriétaire, Grande-Rue, 44. — 4859. 

DB Vbzbt (le comte), propriétaire, rue Neuve, 47 ter. — 4859. 

Vézuh, prof, à la Faculté des sciences, rue Neuve, 24. — 4860. 

Vivibr, employé à la mairie, rue de Chartres, 22. — 4840. 

VoiRiN, voyag. de commerce, rue de la Préfecture, 48. — 4857. 

Voisin, Pierre, propriétaire-agriculteur; Montrapon (banlieue). 
— 4855. 

VoozBAu, conservateur des forêts, rue des Granges, 38. — 4856. 

Vuillbrbt, Just, juge au tribunal, secrétaire de la commission 
municipale d'archéologie, rue Saint-Jean, 44. — 4854. 

Zédbt, docteur en médecine; Lons-le-Saunier (Jura). — 4854. 

Membres correspondants. 
MM. 
Bàbinbt, capitaine au 5® régiment d'artillerie; Strasbourg.— 

4854. 
AB Bancen BL , chef de bataillon du génie en retraite ; Liesle 

(Doubs). — 4854. 
BiLRDT, Henri, pharmacien ; Saint-Dié (Vosges). — 4853. 
Bàrrjll, maire de la ville de Mortoau (Doubs). — 4864. 
Barthod, Charles, conducteur des ponts et chausséea; Morteau 

(Doubs). — 4856. 
Bàtàillàrd, Claude-Jos., greffier de la justice de paix ; Audeux 

(Doubs). — 4857. 



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— 393 — 

MH. 
Bbauquibr, économe de lycée on retraite; Hon^oux (banUeue). 

— 4843. 

BBLTBÉHiEUXt agent do change; La Rochelle (Charente-Infér.). 

— 1856. 

Benoit, Claude-Emile, rérificateur des douanes; Paris, «me du 

Faubourg-Saint-Martin, 488. — 4854. 
BBNorr, docteur en médecine; Giromagny (Haut-Rhin). — 4867. 

* Bbrthaud, profess. au lycée ; Mâcon (Saône-et-Loire). — 4860. 
Bbrthot, ingénieur en chef du canal en retraite; Pouilly (Saône- 

el-Loire). — 4854. 
Bbsson, gérant des forges ; Bourguignon- lez -Pont-de-Roide 

(Doubs). — 4859. 
Bbttbnd, Abel, imprim.-lithog.; Lure (Haute-Saône). — 4862. 

* Bbuqub, triangulateur au service de la topographie algérienne ; 
Constantine. — 4853. 

Bbubthbrbt, Paul, rédacteur en chef de la France centrale; 
Blois (Loir-et-Cher). — 4865. 

Billbgârt, Alexandre, fabricant de vin de Champagne; Hareuil- 
sur-Aï (Marne). — 4860. 

BiLUBT, Francisque, propriétaire; Lyon (Rhône). — 4860. 

Blanchb, naturaliste; Dole (Jura). — 4865. 

^ DB BoiSLBcoHTB (le vicomto), général de division ; Paris , bou- 
levard Haussmann, 82. — 4854. 

Boisson, Emile, propriétaire; Moncley (Doubs). — 4865. 

Boisson, Joseph, pharmacien; Lure (Haute-Saône). — 4862. 

Bolo, médecin- major à Thôpital militaire; Strasbourg (Bas- 
Rhin). — 4855. 

Bonjour, Jacques, naturaliste; Champagnole (Jura). — 4849. 

* BouiLLBT, Appolon, entrepreneur, place du Jardin-Public, à 
Nice (Alpes-Maritimes). — 4860. 

BoovoT, chef de bataillon du géuie; Salins (Jura). — 4864. 
Bràngbt, conducteur des ponts et chauss. ; Terre-Noire (Loire). 
— 1852. 

* Bredin, professeur au lycée; Vesoul (Haute-Saône). — 4857» 



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— 394 - 

MM. 

BucHBT, Alexandre, propriétaire; Gray (Haute-Saône). — 4859. 

BuQUBT, Paul, ingénieur-chimiste; Dieuze (Meurthe), — 4858. 

Carhb, cond. des trav. du chemin de fer; Dole (Jura). — 4856. 

Cartbrbau, docteur en médec. ; Bar-sur-Seine (Aube). — 4858. 

Castan , Francis , lieutenant au 5* régiment d*artillerie ; Stras- 
bourg. — 4860. 

Cbssac, archéologue, rue des Feuillantines, 64, Paris. — 4863. 

Chahbbtron, lieutenant-colonel d*artillerie; La Fère (Aisne). — 
4864. 

Champin, sous-préfet; Baume-les-Dames (Doubs). — 4865. 

* Chaxaud, archiviste du département de TAllier; Moulins. — 

4865. 
Chbrbonnbau, directeur du collège arabe ; Alger. — 4857. 
Chopard, Séraphin, conducteur des ponts et chaussées, attaché 

aux travaux du chemin de fer; Poligny (Jura). — 4844 . 
Cloz, Louis, peintre; Lons-le-Saunier (Jura). — 4863. 
CoLARD, chef d'institution ; Ecully (Rhône). — 4857. 
CoLARD, Charles, architecte; Lure (Haute-Saône). — 4864. 
Colin, juge de paix ; Pontarlier (Doubs). -— 4864. 

* CoNTBJBAN, Charles, professeur à la Faculté des sciences; Poi- 

tiers (Vienne). — 4854. 
CoRDiBR, Jules-Joseph, employé des douanes; Villers-le-Lac 
(Doubs). — 4868. 

* CoTTBAU , juge au tribunal de première instance ; Auxerre 

(Yonne). — 4860. 

* CouTHBRUT, Aristide, notaire; Lure (Haute-Saône). — 4862. 
Crbbblt, Justin, employé aux forges de Franche-Comté ; Frai- 

sans (Jura). — 4865. 
CuiNBT, curé; Amancey (Doubs). — 4844. 
Curé, docteur en médecine; Pierre (Saône-et-Loire). — 4855. 
Darlot, ingénieur-opticien, rue Chapon, 44, Paris. — - 4864. 
DB LA PoRTF, médociu du Corps législatif; Paris. — 4862. 
Dblbulb, instituteur; Jougne (Doubs). — 4863, 



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- SfiS — 

HM* 

DtpiiUBS, Auguste, ayocat, bibliothécaire de la ville de Lure 

(Haute-Saône). — 4859. 
Dbscos, ingénieur des mines; Paris. — 1858. 
DrmM, ingénieur des ponts et chaussées; Réthel (Ardennes). — 

4851. 

* DiuLLiif, Eugène, banquier; Epernay (Marne] . — 1860. 
Devaux, pharmacien; Gy (Haute-Saône). — 1860. 

DtT, conservateur des hypothèques; Laon (Aisne). — 1853. 
DiDiiR, Jules, pharmacien; Lure (Haute-Saône). — 1864. 
DoiHiT, chef de service de la compagnie des chemins de fer de 

Paris h Lyon ; Paris. — 1857. 
Ddbost, Jules, mettre de forges ; Châtillon-sur-Lizon (Doubs). 

— 1840. 

DoMORTiiE, Eugène, négociant; Lyon (Rhône). — 1857. 
DuRfiAULT, ingénieur du canal du Centre; Chalon-sur-Saône 

(Saône-et-Loire). — 1855. 
Faiym (Pierre), apiculteur; Seurre (Côte-d'Or). — 4865. 

* FArvRi b'Esnans, docteur en médecine; Baume-les-Dames 

(Doubs). — 1842. 

* Fallot, architecte; Montbéliard (Doubs). — 1858. 
Fargiaud, professeur de Faculté en retraite; Saint -Léonard 

(Haute-Vienne). — 4842. 
Favrb, Alphonse, professeur; Genève (Suisse). — 4862. 

* DE Ferrt, Henri, maire de Bussières, par Saint-Sorlin , près 
Mâcon (Saône-et-Loire). — 4860. 

* Fétel, curé; la Rivière (Doubs). — 4854. 
FoLTÊTE, curé ; Verne (Doubs). — 4858. 

Fortuné, Pierre-Félix, employé aux forges de Franche-Comté ; 
Fraisans (Jura). — 4865. 

* DE Fromentel, docteur en médecine; Gray (Haute-Saône). — 

4857. 
Gentilhomme, pharmacien de l'Empereur; Plombières (Vosgos). 

— 4859. 

Gevrrt, Alfred, avocat; Vesoul (Haute-Saône). — 4860. 



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— 396 — 

MM. 

'*' GiRARDiER, agent voyer d'arrondissement; Pontarlier (Doubs). 

— 4856. 

GiROD, Louis, architecte; Pontarlier (Doubs). — 1851. 

* GooRON, doyen de la Faculté des sciences; Nancy (Meurthe). 

— 1843. 

GoGUEL, Charles, manufacturier; le Logelbach (Haut-Rhin). — 

1856. 
GoGUEL, pasteur ; Sainte-Suzanne, près Montbéliard (Doubs). — 

1864. 
GoGUELT, Jules, architecte; Baume-les-Dames (Doubs). — 1856. 
^ Gràndmougiit , architecte de la ville et des bains ; Luxeuil 

(Hâute-Saône). — 1858. 
GaosMOUGiN, curé; Miserey (Doubs). — 1860. 

* Guillemot, Ant., entomologiste; Thiers (Puy-de-Dôme). — 
^854. 

Gdyot, inspecteur des lignes télégraphiques; Strasbourg (Bas- 
Rhin). — 1852. 

Hàllet, Pierre, agent voyer d'arrondissement; Gray (Haute- 
Saône). — 1859. 

Hbnriet, médecin; Mont-de-Laval (Doubs). — 1854. 

Henry, vérificateur des poids et mesures, Baume-les-Dames 
(Doubs). — 1861. 

JiccARD, Auguste, naturaliste; le Locle, canton de Neuchâtel 
(Suisse). — 1860. 

Jeànnbnet, Victor, professeur de dessin au lycée; Vesoul 
(Haute-Saône). — 1858. 

JouART, notaire; Gray (Haute-Saône) — 1856. 

JuKCA^ archiviste-paléographe; Paris. — 1863. 

Klein, ancien juge au tribunal de commerce de la Seine ; Paris. 

— 1858. 

* KoECHLiN, Oscar, chimiste; Dornach (Haut-Rhin). — 1858. 
KoHLER , Xavier, président de la Société jurassienne d'Emula- 
tion; Porentruy, canton de Berne (Suisse). — 1864. 

KoHLMANN, receveur de Tenreg.; Rodez (Aveyron). — 1861. 



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MM. 

* KoLui» Charles, constructeur; Lons-le-Sauoier (Jura). — 

4856. 
Lambirt, Léon, ingénieur en chef du canal du Centre ; Chalon- 
sur-Saône. — 1852. 

* Lamottb, directeur de hauts-fourneaux ; Ottange» par Aumetz 
(Moselle). — 1859. 

* LiLHGLOis, juge de paix; Dole (Jura). — 1854. 
LAimmifiER, chef du dépôt des forges de Larians; Lyon, rue 

Sainte-Hélène, 10. — 1855. 
Latour du Mooun, député du Doubs, rue de la Madeleine, 7, 
Paris. — 1864. 

* LinmBifT, Charles, ingénieur civil, rue de Chabrol, 35, Paris. 
— 1860. 

* BB LÀVBtNBLLB, iuspectour des lignes télégraphiques, membre 

du Conseil général de la Dordogne; rue Saint-Dominique- 
Saint-Germain, 87, Paris. — 1855. 

* Lbbbau, chef du service commercial de la compagnie des forges 

de Franche-Comté; Fraisans (Jura). — 1859. 

Lenormànd, avocat; Vire (Calvados). — 1843. 

Liras, inspecteur d'Académie; Monde (Lozère). — 1858. 

Lhommb, Victor, directeur des douanes et des contributions indi- 
rectes; Colmar (Haut-Rhin). — 1842. 

LiGiBE, Arthur, pharmacien; Salins (Jura). — 1863. 

LoiE, professeur de chimie h la Faculté des sciences; Lyon 
(Rhône). — 1855. 

LoRT, professeur de géologie à la Faculté des sciences; Grenoble 
(Isère). — 1857. 

* Maillard, docteur en médecine; Dijon (Côte-d'Or). — 1855. 
Mairbt, garde-mines; Gray (Haute-Saône). — 1860. 
Maisonnbt, curé; Villers-Pater (Haute-Saône). — 1856. 
Marcou, Jules, géologue; Salins (Jura). — 1854. 

Marks, Paul, dodteur en médecine ; t^aris. — 1860. 
DB Marmibr (le duc), député au Corps législatif; Seveux (Haute* 
Saône). — 1854. 



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- 398 — 

MM. 

Màrqui8bt, Gaston, propriétaire; Fontaine-lez-Luxeuil (Haute- 
Saône). —< 858. 
Martin, docteur en médecine ; Aumessas (Gard). — 1855. 

* Màtuby, Charles, pharmacien; Ornans (Doubs). — 1856. 
Màussibr, ingénieur civil; Saint-Etienne (Loire). — 1859. 
Hbillbt, pharmacien et archéologue ; Poitiers (Vienne). — 1866. 
dbMenthon, René, botaniste; château de Saint-Loup-lez-Graj 

(Haute-Saône). — 1854. 

* MiCBBL , Auguste , instituteur communal ; Mulhouse ( Haut- 
Rhin). —1842. 

MiCHBLOT, ingénieur en chef des ponts et chaussées , rue de la 

Chaise, 24, Paris. — 1858. 
MiLLBR, Maurice, caissier; Lure (Haute-Saône). — 1864; 
MoifNiBR, Désiré, homme de lettres; Domblans (Jura). — 1846. 
HoRÉTiN, docteur en médec, rue de Rivoli, 68, Paris. — 1857. 
MuNiBR, médecin ^ Foncine-lo-Haut (Jura). — 1847. 
MosTOif, docteur en médecine ; Beaucourt (Haut-Rhin). — 1864. 
DB Nbrvaux, Edmond, chef de bureau au ministère de l'Intérieur; 

Paris. — 1856. 
NicoLBT, Victor, docteur en médecine au service de la marine. 

— 1865. 

Ordinaire db la Coloncb, chef d'escadron d'artillerie en retraite; 
Bordeaux (Gironde). — 1856. 

* Parandibr, inspecteur général des ponts et chaussées, rue de 

Berri, 43, Paris. — 1852. 

Parisot, Louis, pharmacien ; Belfort (Haut-Rhin). — 1855. 

Parmbntier, Jules, membre du conseil général de la Haute- 
Saône; Lure. — 1864. 

Parriaux, Vital, maire de la commune de Jougne (Doubs). — 
1863. 

Pécoul, Auguste, archiviste-paléographe, rue Jacob, 50, Paris. 

— 1865. 

Perron, docteur en médecine; les Chaprais (banlieue de Besan- 
çon}.— 1861. 



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ItM. 
PiiRON , conservateur du Musée d*histoire natureUe de Grajr 

(Haute-Saône). — 4857. 
PiRsoR, professeur de Faculté en retraite; Paris. — 1851 . 
PsssiÈiES, architecte; Pontarlier (Doubs). — 1853. 
Pbugiot, Constant, membre du Conseil général; Âudincourt 

(Doubs). — 1857. 
PinRBT, docteur en médecine; Luxeuil (Haute-Saône). — 1860. 
PôifB, doct. en médecine, maire de la ville de Pontarlier (Doubs). 

— 1842. 

DU PouBT, général en retraite; Pelousey (Doubs). — 1865. 
Prbvot, Eugène, avocat; Lure (Haute-Saône). — 1864. 
PiouDHOK, Hippolyte, membre du Conseil d'arrondissement ; 
Omans (Doubs). — 1854. 

* QuÉLBT, Lucien, doct. en médecine; Hérimoncourt (Doubs). 

— 1862. 

QuiQUBREZ, ancien préfet de Delémont; Bellerive, canton do 

Berne (Suisse). — 1864. 
Rbbillard, pasteur; Trémoins (Haute-Saône). — 1856. 

* Rbnaui), Alphonse, ofQcier principal d'administration de l'hô- 

pital militaire de Vincennes. — 1855. 

RBifAUB, doct. en médecine; Goux-les-Usiers (Doubs). — 1854. 

Rbquibr, intendant militaire; Bourges. — 1857. 

Rbvon, Pierre, banquier; Gray (Haute-Saône). — 1858. 

Richard, Ch., docteur en médecine; Aulrey-lez-Gray [Haute- 
Saône).- 1861. 

RniGBL, pasteur; Montbéliard (Doubs). — 1864. 

Rouget, docteur en médecine ; Arbois (Jura). — 1856. 

RouxBL, professeur de physique au lycée ; La Rochelle (Cha- 
rente-Inférieure. — 1864. 

RuFFBT, Jules, docteur en médecine, rue des Moulins, 20, Paris. 

— 1863. 

Samann, Louis, naturaliste, rue de Mézières, 6, Paris. — 1860. 
DB Saussure, Henri, naturaliste; Annemasse (Haute-Savoie). — 
1854. 



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— 400 - 

M&t. 

* Sarrette, lieutenant-colonel au 86« de ligne ; Tours (Indre^* 
Loirej. — 1864. 

Sàutibr, chef de bataillon du génie; Toulon (Var). — 4848. 

* Thénàrd (le baron), membre de T Institut (Acad. des sdences); 

Talmay(Côtc-d'Or). — 4854. 
TissoT, doyen de la Faculté des lettres; Dijon (Côle-ni'Or). — 

4859. 
TouBiN, Charles, professeur au collège; Salins (Jura). — 4856. 
Touret, Félix, percepteur ; Nans-sous-Sainte-Anne (Doubs). — 

4854. 

* TouRNiBR, Ed., docteur ès-lettres, rue de Vaugirard, 98, Paris. 

— 4854. 

Tràvelbt, Nicolas, adjoint au maire de Bourguignon-lez-Morey 

(Haute-Saône;. — 4857. 
TuETET, Alexandre, archiviste aux archives de TEmpire; Paris. 

— 4863. 

Vàlfrbt, Jules, hommes de lettres, boulevard Malhesherbes, 36, 

Paris. — 4860. 
Yendrelt, pharmacien ; Champagney (Haute-Saône). — 4863. 
Vieille, Emile, voyageur en librairie, maison Victor Hasson, 

rue de TEcole-de-Médecine, 47, Paris. — 4862. 
Vieille, Eugène, fabricant de meules ; La Ferté-sous-Jouarre 

(Seine-et-Marne). — 4860. 
Vivien de SAiNT-MARTiif, géographe, quai Bourbon, 45, Paris. 

— 4863. 

Wàger, Henri, artiste peintre; Morteau (Doubs). — 4853. 
Wetzel, architecte de la ville; Monlbéliard (Doubs). — 4864. 
Wet, Francis, inspecteur général des archives de France; Paris, 
rue du Havre, 44. — 4860. 



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Sociétés correapondantet. 



Le millésime indique l'année dans laquelle ont commencé les relations. 



Comité impérial des Travaux historiques et des Sociétés savantes 

près le Ministère de rinstruction publique (deux exemplaires 

des Mémoires). — \S&6. 
Académie des Sciences, Belles-Lettres et Arts de Besançon. — 

4841. 
Société d'Agriculture, Sciences naturelles et Arts du département 

du Doubs; Besançon. — 1841. 
Société d*Emulation du département du Jura ; Lons-le-Saunier. 

— 18U. 

Société d*IIistoire naturelle du département de la Moselle; Metz. 

— 1845. 
Société Eduenne; Autun. — 1846. 

Société vaudoise des Sciences naturelles ; Lausaùne. *— 1847. 
Société Géologique de France; Paris. — 1847. 
Société Linnéenne de Lyon. — 1849. 
Société d'Agriculture, d'Histoire naturelle et Arts utiles de Lyon. 

— 1850. 

Académie des Sciences, Belles- Lettres et Arts de Lyon. — 1850. 
Société Philomatique de Verdun. — 1851. 
Société Archéologique de l'Orléanais; Orléans. — 1851. 
Société des Sciences médicales de l'arrondissement de Gannat 

(AUier). — 1851. 
Société Archéologique et Historique du Limousin ; Limoges. «^ 

1852. 
Société des Sciences historiques et naturelles de l'Yonne ; 

Auxerre. — 1859. 
Société des Sciences naturelles de Cherbourg. — 1854. 

S6 



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— 402 — 

Société d*HorticuIture pratique du département du Rhône ; Lyon. 

— 1853. 

Commission Archéologique du département du Doubs; Besançon. 

— 4853. 

Société d*Emulation de Hontbéliard. — 1854. 

Société des Sciences naturelles du grand-duché de Luxembourg; 

Luxembourg. — 1854. 
Institut impérial et royal de Géologie de Tempire d'Autriche 

( Kaiserlich'-KœnigHch geàlogische Reichsanstalt); Vienne. 

— 1855. 

Société d'Emulation du département des Vosges; Epinal. — 
1855. 

Société Industrielle d*Angers et du département de Maine-et- 
Loire; Angers. — 1855. 

Académie des Sciences, Arts et Belles-Lettres de Dijon. — 1856. 

Société Agricole, Scientifique et Littéraire des Pyrénées-Orien- 
tales; Perpignan. — 1856. 

Société d'Agriculture, Commerce, Sciences et Arts du départe- 
ment de la Marne; Châlous. — 1856. 

Société Linnéenne de Normandie; Caon. — 1857. 

Société de l'Industrie de la Mayenne; Laval. — 1857. 

Société d'Histoire et d'Archéologie de Chalon-sur-Saône. — 
1857. 

Société de Statistique et d'Histoire naturelle du département de 
l'Isère; Grenoble. — 1857. 

Société helvétique des Sciences naturelles fAUgemeine schwei" 
zerische Gesellschaft fur die gesammten Naturwissenschaf- 
Un); Zurich. — 1857. 

Société Académique de Maine-et-Loire; Angers. — 1857. 

Société Historique et Littéraire du Bas-Limousin ; Tulle. — 1857. 

Société des Sciences naturelles et médicales de la Haute-Hesse 
C Oberhessische Gesellschaft fur Natur und Heilkunde); 
Giessen. — 1858. 

Société d'Histoire naturelle de Berne (Demerische Natur for- 
schenden Gesellschaft). — 1859. 



Sa. 



Google 



— 403 — 

Société Littéraire et Philosophique de Manchester (Liierary and 

Philosophical Society of Manchester. — 4859. 
Société de Physique et des Sciences naturelles de Zurich (Natur- 

forschenden Gesellxchaft in Zurich). — 1859. 
Société Académique des Hautes-Pyrénées; Tarbes. — 4859. 
Société d'Emulation du département de TÂIlier; Moulins. — 

4860. 
Société ScientiQque et Littéraire de Castres. — 4860. 
Société d*Agricullure, Sciences et Arts de Poligny. — 4860. 
Société d'Histoire naturelle de Colmar. — 4860. 
Société d'Agriculture de Rochefort. — 4864. 
Société française d'Archéologie; Caen. — 4864. 
Société de Médecine de Besançon. — 4864. 
Société royale physico-économique de Kœnigsberg (Kcmigliche 

physikalisch-cekonomiscbe GeselUchaft zu Kcmigsbêrg). — 

4864. 
Société jurassienne d'Emulation à Porentruy, canton de Berne 

(Suisse). — 4864. 
Commission d'Archéologie de la Haute-Saône; YesouL — 4864. 
Société d'Agriculture et d'Industrie agricole du département de 

la Côte-d'Or ; Dijon. — 4 861 . 
Société neuchâteloise des Sciences naturelles ; Neuchâtel (Suisse). 

— 4862. 
Société d'Agriculture do Compiègne (Oise). — 4862. 
Société Académique des Sciences, Arts, Belles-Lettres, Agricul- 
ture et Industrie de Saint-Quentin (Aisne).. — 1869. 
Société de secours des Amis des Sciences; Paris. — 4863. 
Société d'Histoire naturelle de l'Ardèche; Privas. — 4863. 
Société d'Histoire et d'Archéologie de Genève. — 4863. 
Société des Antiquaires de Zurich. — 4864. 
Société Polymalhique du Morbihan ; Vannes. — 4864. 
Société des Sciences naturelles et médicales de Seine-et-Oise ; 

Versailles. — 4865. 
Société de Lecture de Besançon. — 4865. 



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— 40* — 

Académie royale des Sciences de Bavière à Munidi, représentée 
par H. Scheuringi libraire, à Lyon. — 1865. 

Société d* Archéologie , Sciences , Lettres et Arts de Seine-et- 
Marne; Melun. — 4865. 

Société de Linguistique; Paris, rue de Lille, 34. — 1865. 

Société d'Histoire naturelle de Boston (Amérique), représentée 
par MM. Gustave Bossange et C*, libraires, quai Voltaire, S5, 
à Paris. — 1865. 



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— *05 — 



ATAirr DROIT A uii iziMPLAiti DIS stfaoïAms. 



Bibliothèque de la Tille de Besançon. 

Id. de l'Ecole impériale d'artillerie de Besaoços. 

Id. de la ville de Baame-les-Dames. 

Id. de la ville de Montbéliard. 

Id. de la ville de Pontarlier. 

Id. de la ville de Vesoul. 

Id. de la ville de Gray. 

Id. de la viUe de Lure. 

Id. de la ville de Lons-le-Saunier. 

Id. de la ville de Dole. 

Id. de la ville de Poligny. 

Id. de la ville de Salins. 

Id. de la ville d' Artois. 



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— 408 — 

Séance publique du 14 décembre 1865 xxxiii, xxxit, xxxt 

Banquet du 14 décembre 1865 xxxr, xxxri 

Toasts portes par IIM. le PaipxT du Doubs, Gexnier, 
Gastan, Delacroix (Alphonse), Girod (Victor) et 

GlIRC DB LaNDRISSE XXXTI-XL 

MÉMOIRES. 

Examen du armes trouvées h Alise-Sainte-Reine [Côte-d'Or], 

par M. J. QnicHSRAT (1 planche) 1 

Sur le dégagement de chaleur éULala formation des eilicaUe, 

par M. MiRART (1 pi.) 25 

Expériences sur l'action capillaire, par M. Minart 32 

Note sur la généalogie de la famille Perrenot de GranvelUf par 

M. Marlet 41 

La question d^Àlesia résolue mathématiqtiement en faveur d'A- 
laise, par M. Sarrbtte (1 pi.) 46 

V Autel celtique de Saint-Maximin, par M. A. Delacroix (1 pi.). 101 
J^ocuments relatifs au Concours régional agricole de Besançon 

en 48i5, recueillis et publiés par M. Gastan 105 

Coup-d'œil sur l'histoire et les travaux de la Société d'Emula^ 

tion du Doubs, par M. Grenier 230 

De l'emploi des eaux minérales chez les anciens, par M. Emile 

Delacroix 239 

L'Evêque de Paris Hugues de Besançon, par M. Castah 250 

Sur l'Apiculture, par M. P. Faivrb (1 planche) 271 

Epponine et 2a Bdum^Novre, par M. A. Delacroix 280 

Rechsrckss sur la mortalité dans le département du Doubs, par 

M. Gh. Perron (1 planche) 2d5 

Etude des travaux de siège SAlesia, par M. L. Gallotti 340 

Le Mont-Auxois, par M. L. Gallotti 361 

OBJETS DIVERS. 

Dons faits à la Société en 1865 376 

Envois des Sociétés correspondantes en 1865 379 

Liste des membres de la Société 382 

Liste des Sociétés correspondantes 401 

Bibliothèques publiques recevant les Mémoires 405 



BetâDÇOB, imp. et lith. Dodi? tn tt C«, Gr.^Rat, 41 



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/tA. 



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DATE DUE 




























































































_ 



STANFORD UNIVERSITY UBRARIES 

STANFORD, CAUFORNIA 

94505 




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